{"id":985,"date":"2017-02-11T14:58:25","date_gmt":"2017-02-11T19:58:25","guid":{"rendered":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=985"},"modified":"2021-12-24T12:38:17","modified_gmt":"2021-12-24T17:38:17","slug":"17-sur-deux-courts-textes-de-freud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=985","title":{"rendered":"17- Sur deux courts textes de Freud"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>I- N\u00e9vrose et Psychose (1923)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Dans ce texte Freud semble vouloir mettre \u00e0 l\u2019\u00e9preuve le deuxi\u00e8me mod\u00e8le topique qu\u2019il vient de proposer la m\u00eame ann\u00e9e dans \u00ab&nbsp;Le moi et le \u00e7a&nbsp;\u00bb. La question semble \u00eatre celle-ci: Est-ce que ce mod\u00e8le peut servir \u00e0 mieux formuler la probl\u00e9matique de la psychose par contraste avec la n\u00e9vrose &nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Il r\u00e9pond d\u2019abord sch\u00e9matiquement: la n\u00e9vrose correspond \u00e0 un conflit entre le moi et le \u00e7a; la psychose \u00e0 une perturbation des relations du moi avec le monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>Il met aussit\u00f4t en garde contre une telle simplification.<\/p>\n\n\n\n<p>En termes de seconde topique, la n\u00e9vrose (\u00e9minemment: la n\u00e9vrose de transfert i.e. hyst\u00e9rie et n\u00e9vrose obsessionnelle) peut en effet se concevoir comme un refus du moi d\u2019admettre ou de d\u00e9charger des motions pulsionnelles du \u00e7a, ou encore de leur nier un objet. Le refoul\u00e9 se trouve alors une repr\u00e9sentance substitutive et un compromis doit \u00eatre trouv\u00e9 sous la forme d\u2019un sympt\u00f4me. Le moi combat contre ce sympt\u00f4me; le sympt\u00f4me insiste, le combat se r\u00e9p\u00e8te et ainsi de suite\u2026 et voil\u00e0 une n\u00e9vrose. Les choses se compliquent tout de suite un peu, puisque dans le refus du moi contre le refoul\u00e9, intervient le surmoi. C\u2019est une complication parce que les commandements du surmoi sont, dit-il, issus des \u00ab\u00a0influences du monde ext\u00e9rieur r\u00e9el ayant trouv\u00e9 leur repr\u00e9sentance dans le surmoi\u00a0\u00bb (p. 4). Donc, le combat n\u2019est pas strictement entre deux instances (moi\/\u00e7a) mais intervient aussi une troisi\u00e8me instance (le surmoi) et celle-ci implique \u00e0 son tour les influences d\u2019un quatri\u00e8me facteur: le monde ext\u00e9rieur\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Freud r\u00e9sume: \u00ab&nbsp;Au service du surmoi et de la r\u00e9alit\u00e9, le moi est entr\u00e9 en conflit avec le \u00e7a, et voil\u00e0 l\u2019\u00e9tat des choses dans les n\u00e9vroses de transfert&nbsp;\u00bb (Ibid.)<\/p>\n\n\n\n<p>Notons la triple alliance moi-surmoi-r\u00e9alit\u00e9 contre le \u00e7a, et mentionnons tout de suite les questions que cela pose sur la nature et l\u2019origine du surmoi. Freud y revient \u00e0 la fin de l\u2019article (p. 6):<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;[\u2026] le surmoi [\u2026] r\u00e9unit en lui, en une connexion non encore perc\u00e9e \u00e0 jour, des influences venant du \u00e7a, tout comme du monde ext\u00e9rieur, et est en quelque sorte un prototype id\u00e9al pour ce \u00e0 quoi vise toute aspiration du moi, la r\u00e9conciliation des ses multiples relations de d\u00e9pendance. Le comportement du surmoi devrait, ce qui jusqu\u2019ici n\u2019est pas encore arriv\u00e9, \u00eatre pris en consid\u00e9ration dans toutes les formes d\u2019entr\u00e9e en maladie psychique&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>On voit ainsi le surmoi se profiler d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de cet article. Le surmoi y est<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>d\u2019abord pr\u00e9sent\u00e9 comme repr\u00e9sentant des influences du monde ext\u00e9rieur;<\/li><li>ensuite comme alli\u00e9 au moi contre le \u00e7a;<\/li><li>troisi\u00e8mement comme comportant aussi des influences du \u00e7a;<\/li><li>finalement comme incarnant un prototype id\u00e9al des vis\u00e9es du moi.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Probl\u00e8me des plus int\u00e9ressants sur lequel il faudrait avoir le temps de se pencher en d\u00e9tail. Pour le moment, examinons ce qu\u2019il en est de la question de l\u2019hallucinatoire dans ce texte.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la psychose les choses se pr\u00e9sentent d\u2019abord, l\u00e0 aussi, en toute simplicit\u00e9 : la rupture du moi avec la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure donne pr\u00e9s\u00e9ance \u00e0 la formation d\u2019une n\u00e9o-r\u00e9alit\u00e9 sous la domination des vis\u00e9es du \u00e7a. (p. 4-5)<\/p>\n\n\n\n<p>On retrouve l\u00e0, \u00e0 peu de choses pr\u00e8s, le m\u00e9canisme du r\u00eave, mais n\u2019oublions pas que dans la formation des r\u00eaves intervient le moi, et que tout comme dans la n\u00e9vrose, le r\u00eave est une formation de compromis, donc le \u00e7a n\u2019a pas une totale libert\u00e9 dans la cr\u00e9ation de la n\u00e9o-r\u00e9alit\u00e9 onirique. Ce mod\u00e8le apparent\u00e9 au r\u00eave s\u2019applique ais\u00e9ment \u00e0 la psychose nomm\u00e9e \u00ab&nbsp;confusion hallucinatoire aigu\u00eb&nbsp;\u00bb, o\u00f9 il n\u2019y a pas de formation d\u00e9lirante stable comme dans les psychoses chroniques (exemple clinique ici). Dans les d\u00e9lires plus durables on a plut\u00f4t l\u2019impression que le d\u00e9lire intervient comme une \u00ab&nbsp;pi\u00e8ce rapport\u00e9e&nbsp;\u00bb destin\u00e9e \u00e0 boucher le trou form\u00e9 par la rupture avec la r\u00e9alit\u00e9. Tentative de r\u00e9paration (ou d\u2019auto-gu\u00e9rison) du rapport avec la r\u00e9alit\u00e9, le d\u00e9lire se pr\u00e9sente comme l\u2019expression la plus frappante de la psychose, bien qu\u2019il ne soit que la tentative d\u2019en gu\u00e9rir.<\/p>\n\n\n\n<p>Donc, ici \u00e9galement, mais par un autre chemin, on retrouve une analogie entre les m\u00e9canismes du r\u00eave, des n\u00e9vroses et des psychoses. Le d\u00e9lire \u00e9galement est une tentative de trouver une nouveau compromis \u2014certes plus probl\u00e9matique\u2014 entre les motions pulsionnelles et la r\u00e9alit\u00e9. Ce n\u2019est pas la m\u00eame sorte de compromis que dans le r\u00eave ou la n\u00e9vrose, mais c\u2019est n\u00e9anmoins une tentative remettre un certain ordre apr\u00e8s la rupture. Nous verrons Freud s\u2019occuper de cette ressemblance entre n\u00e9vrose et psychose dans le second texte. Mais d\u00e9j\u00e0 dans celui-ci il formule des id\u00e9es communes aux deux formes cliniques, posant l\u2019\u00e9tiologie commune dans \u00ab&nbsp;le refusement, le non-accomplissement des souhaits d\u2019enfance \u00e9ternellement incoercibles&nbsp;\u00bb et dont il dit que \u00ab&nbsp;ce refusement est en dernier ressort toujours un refusement externe&nbsp;\u00bb. (p. 5-6).<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 l\u2019effet pathog\u00e8ne diff\u00e9rent, il \u00ab&nbsp;d\u00e9pend de ce que le moi, dans une telle tension conflictuelle, ou bien reste fid\u00e8le \u00e0 sa d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard du monde ext\u00e9rieur et tente de b\u00e2illonner le \u00e7a, ou bien se laisse terrasser par le \u00e7a et par l\u00e0 arracher \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Notons que dans les deux cas, <em>c\u2019est le moi qui est mal pris, malade<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s ces remarques, Freud introduit la complication, due au surmoi, que nous avons d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9e plus haut. Il faut, ajoute-t-il, toujours examiner le r\u00f4le du surmoi, et il donne en exemple la m\u00e9lancolie comme une pathologie sp\u00e9cifique d\u2019un conflit direct entre moi et surmoi, pathologie rang\u00e9e comme \u00ab&nbsp;psychon\u00e9vrose narcissique&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud r\u00e9sume: \u00ab&nbsp;la n\u00e9vrose de transfert [psychon\u00e9vrose classique] correspond au conflit entre moi et \u00e7a, la n\u00e9vrose narcissique \u00e0 celui entre moi et surmoi, la psychose entre moi et monde ext\u00e9rieur.&nbsp;\u00bb (p. 6) Mais il se d\u00e9p\u00eache de se demander si, avec cette nouvelle formulation, nous avons appris quelque chose que nous ne savions pas d\u00e9j\u00e0 ou \u00ab&nbsp;seulement enrichi notre tr\u00e9sor de formules&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, cela lui permet de souligner le fait que dans tous les cas, il s\u2019agit d\u2019un \u00e9chec du moi. Mais cela ne fait que poser une question plus fondamentale: non pas \u00ab&nbsp;comment le moi tombe-t-il malade&nbsp;\u00bb mais au contraire, <em>comment fait-il pour \u00e9chapper aux conflits toujours pr\u00e9sents entre les instances sans tomber malade<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il identifie aussit\u00f4t deux facteurs:<\/p>\n\n\n\n<p>1- les conditions \u00e9conomiques: il s\u2019agit de l\u2019\u00e9conomie libidinale, du facteur quantitatif, comme il l\u2019appelle aussi parfois. C\u2019est-\u00e0-dire, quelle instance est la plus forte (ce qui fait aussi intervenir des facteurs constitutionnels).<\/p>\n\n\n\n<p>2- la possibilit\u00e9 pour le moi de se <em>d\u00e9former<\/em> plut\u00f4t que de s\u2019effondrer; il peut m\u00eame se fissurer et se diviser: \u00ab&nbsp;Par l\u00e0 les incons\u00e9quences, bizarreries et folies des hommes acc\u00e8deraient \u00e0 une m\u00eame lumi\u00e8re que leurs perversions sexuelles, par l\u2019acceptation desquelles ils s\u2019\u00e9pargnent en effet des refoulements.&nbsp;\u00bb (p. 7) [Freud reviendra plus tard dans d\u2019autres textes sur la notion de d\u00e9formation du moi.]<\/p>\n\n\n\n<p>Et il conclut en se posant une autre question: il faut se demander quel est le m\u00e9canisme, analogue au refoulement, par lequel le moi se d\u00e9tache du monde ext\u00e9rieur [dans la psychose]. Il doit en tout cas correspondre \u00e0 un <em>retrait de l\u2019investissement<\/em> \u00e9mis par le moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette derni\u00e8re phrase peut \u00e9tonner, puisque Freud avait d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 de ce retrait d\u2019investissement de la r\u00e9alit\u00e9 dans son texte de 1914 \u00ab&nbsp;Pour introduire le narcissisme&nbsp;\u00bb, dans lequel il posait que les ph\u00e9nom\u00e8nes classiques d\u2019entr\u00e9e dans la psychose (sentiment de fin du monde, hypocondrie et m\u00e9galomanie) s\u2019expliquaient ais\u00e9ment par le retrait de l\u2019investissement dans le monde ext\u00e9rieur et le reflux dans le moi de la libido ainsi retir\u00e9e au monde. On voit \u00e0 pr\u00e9sent que Freud ne se contente pas de cette formulation trop g\u00e9n\u00e9rale qu\u2019est le retrait d\u2019investissement. En effet, dans le refoulement aussi il y a retrait d\u2019investissement (d\u2019une repr\u00e9sentation). Or, il serait inappropri\u00e9 de dire que dans la psychose le moi refoule le monde ext\u00e9rieur, puisque cela \u00e9quivaudrait \u00e0 aplatir et \u00e0 banaliser le sens sp\u00e9cifique du <em>m\u00e9canisme<\/em> du refoulement. Il faut donc, semble dire Freud, trouver quel est le m\u00e9canisme par lequel le moi se d\u00e9tache du monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce sujet, on trouvera une discussion et des r\u00e9f\u00e9rences d\u00e9taill\u00e9es dans le <em>Vocabulaire de la psychanalyse<\/em> de Laplanche &amp; Pontalis, \u00e0 la voix \u00ab&nbsp;Forclusion&nbsp;\u00bb. Ce dernier terme est la traduction propos\u00e9e par Lacan du terme&nbsp;<em>Verwerfung<\/em>, qui peut vouloir dire: refus, rejet ou, dans le mot compos\u00e9 <em>Urteilsverwerfung<\/em>, jugement de condamnation. Lacan a tir\u00e9 le concept du c\u00f4t\u00e9 de sa propre th\u00e9orie du signifiant, donnant au mot un sens plus restrictif que ne le fait Freud. L&amp;P concluent dans leur article \u00ab&nbsp;en se limitant au point de vue terminologique, que l\u2019usage du terme de <em>Verwerfung<\/em> ne recouvre pas toujours ce que connote \u201cforclusion\u201d et, \u00e0 l\u2019inverse, que d\u2019autres termes freudiens d\u00e9signent ce que Lacan cherche \u00e0 mettre en \u00e9vidence.&nbsp;\u00bb (p. 165) Ces autres termes, ce sont; <em>Ablehnen<\/em> (\u00e9carter, d\u00e9cliner), <em>Aufheben<\/em> (supprimer, abolir) et <em>Verleugnen<\/em> (d\u00e9nier, \u00e0 ne pas confondre avec <em>Verneinen<\/em>, qui veut dire \u00ab&nbsp;nier&nbsp;\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>Mais peut-\u00eatre la question de la rupture avec la r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est-elle pas aussi sp\u00e9cifique \u00e0 la psychose qu\u2019on serait port\u00e9 \u00e0 le croire&nbsp;? Si c\u2019est le cas, alors y aura peut-\u00eatre moyen de creuser davantage le m\u00e9canisme de cette rupture avec la r\u00e9alit\u00e9. La question sera reprise par Freud dans le second des deux petits textes que nous \u00e9tudions en ce moment.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>II- La perte de la r\u00e9alit\u00e9 dans la n\u00e9vrose et la psychose (1924)<br><\/strong><br>1- Freud commence par faire le lien avec le texte pr\u00e9c\u00e9dent en r\u00e9sumant la diff\u00e9rence entre n\u00e9vrose et psychose. Il attire aussi l\u2019attention sur une conclusion \u00e0 laquelle on serait tent\u00e9 d\u2019arriver au sujet du rapport \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9: \u00ab&nbsp;La perte de la r\u00e9alit\u00e9 serait, pour la psychose, donn\u00e9e d\u2019embl\u00e9e; pour la n\u00e9vrose, devrait-on estimer, elle serait \u00e9vit\u00e9e&nbsp;\u00bb (p. 37).<\/p>\n\n\n\n<p>2- En fait, il va imm\u00e9diatement contester cette conclusion, en soulignant que<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;toute n\u00e9vrose perturbe d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre le rapport du malade \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, est pour lui un moyen de se retirer d\u2019elle et, dans ses conformations graves, signifie directement une fuite hors de la vie r\u00e9elle&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>3- Mais alors, demande-t-il, d\u2019o\u00f9 vient l\u2019apparente contradiction entre les m\u00e9canismes de n\u00e9vrose et ceux de la psychose&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;La contradiction ne subsiste en effet qu\u2019aussi longtemps que nous envisageons la situation de d\u00e9part de la n\u00e9vrose, dans laquelle le moi, au service de la r\u00e9alit\u00e9, proc\u00e8de \u00e0 un refoulement de la motion pulsionnelle. <em>Mais ceci n\u2019est pas encore la n\u00e9vrose elle-m\u00eame.<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 37, italiques ajout\u00e9s.)<\/p>\n\n\n\n<p>Freud, comme on voit, se trouve ainsi \u00e0 d\u00e9placer et \u00e0 reformuler le probl\u00e8me. Souvenons-nous en effet qu\u2019il se demandait, \u00e0 la fin du texte pr\u00e9c\u00e9dent, quel serait l\u2019\u00e9quivalent, pour la rupture avec la r\u00e9alit\u00e9 dans la psychose, du refoulement de la n\u00e9vrose. En constatant que le refoulement n\u2019est qu\u2019une condition initiale et non la n\u00e9vrose elle-m\u00eame il me semble dire implicitement ceci: on ne peut mettre sur un m\u00eame plan le refoulement et la rupture avec la r\u00e9alit\u00e9; la question \u00e9tait en fait mal pos\u00e9e, puisque dans les deux types de pathologie il y a rupture avec la r\u00e9alit\u00e9. <em>La rupture avec la r\u00e9alit\u00e9, advient dans la n\u00e9vrose secondairement au refoulement, tandis que dans la psychose elle serait un fait premier.<\/em> Si donc nous investiguons les diff\u00e9rences dans les fa\u00e7ons respectives de rompre avec la r\u00e9alit\u00e9, alors nous en apprendrons sans doute un peu plus sur les deux pathologies et leurs m\u00e9canismes.<\/p>\n\n\n\n<p>Revenant \u00e0 la n\u00e9vrose, il indique que \u00ab&nbsp; Celle-ci consiste bien plut\u00f4t dans les processus qui apportent un <em>d\u00e9dommagement <\/em>\u00e0 la part du \u00e7a soumise \u00e0 dommage, donc <em>dans la r\u00e9action contre le refoulement et le ratage de celui-ci.<\/em>&nbsp;\u00bb (ibid. italiques ajout\u00e9s). La n\u00e9vrose, comme il l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9 dans le premier texte, r\u00e9sulte donc de la lutte secondaire contre le retour du refoul\u00e9 et contre les formations de compromis auxquelles le moi a d\u00fb se r\u00e9soudre. Freud pr\u00e9cise en effet ceci:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;l\u2019investigation de d\u00e9tail montre que la perte de r\u00e9alit\u00e9 concerne pr\u00e9cis\u00e9ment ce morceau de la r\u00e9alit\u00e9 <em>dont l\u2019exigence a eu pour [r\u00e9sultat] le refoulement pulsionnel<\/em>.&nbsp;\u00bb (italiques ajout\u00e9s).<\/p>\n\n\n\n<p>Autrement dit, Freud reprend ici ce qu\u2019il avait dit dans le texte pr\u00e9c\u00e9dent, que les oppositions binaires sont trop simples. Oui, le moi dans la n\u00e9vrose est en en conflit avec le \u00e7a, mais dans le compromis qu\u2019il doit signer avec celui-ci, il doit renoncer \u00e0 la part de r\u00e9alit\u00e9 qui est le prix \u00e0 payer pour pouvoir refouler la motion pulsionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud donne un exemple clinique tir\u00e9 des <em>\u00c9tudes sur l\u2019hyst\u00e9rie,<\/em> exemple que je n\u2019ai pas besoin de reprendre ici. Un autre bref exemple clinique (tir\u00e9 d\u2019un cas r\u00e9el de ma pratique) peut apporter de l\u2019eau au moulin de Freud&nbsp;: une jeune femme qui doit refouler violemment des motions pulsionnelles incestueuses envers son p\u00e8re (\u00e9videmment inconscientes et que nous ne pourrons conna\u00eetre qu\u2019\u00e0 la faveur de l\u2019analyse) n\u2019y parvient qu\u2019\u00e0 condition de ne pouvoir avoir de relations sexuelles compl\u00e8tes avec aucun homme. Elle d\u00e9veloppe pour cela un vaginisme serr\u00e9 qui la rend imp\u00e9n\u00e9trable, \u00e0 son grand d\u00e9sarroi; mais ce n\u2019est pas tout; elle devient aussi agoraphobe et ne peut se d\u00e9placer hors de chez elle qu\u2019accompagn\u00e9e d\u2019une amie; agoraphobie dont on comprendra avec le temps une des raisons: ne pas risquer, en sortant de chez elle seule, d\u2019\u00e9veiller des d\u00e9sirs sexuels. Ainsi, elle ne risque pas de se retrouver seule avec un homme qui pourrait l\u2019int\u00e9resser sexuellement. Elle a bien un colocataire m\u00e2le, mais il est homosexuel. Le pan de la r\u00e9alit\u00e9 ainsi perdu est celui qui concerne les partenaires h\u00e9t\u00e9rosexuels \u00e9voquant trop clairement le premier homme de sa vie: le p\u00e8re. Les sympt\u00f4mes (vaginisme, agoraphobie) sont le d\u00e9dommagement d\u00fb au \u00e7a pour avoir barr\u00e9 la route au d\u00e9sir incestueux. Mais nous verrons que cela n\u2019est possible que par la production d\u2019autre chose.<\/p>\n\n\n\n<p>4- Mais alors, demande Freud, y aurait-il dans la psychose aussi deux \u00e9tapes: une premi\u00e8re qui arrache le moi \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, suivie d\u2019une compensation qui cherche \u00e0 r\u00e9parer le dommage caus\u00e9 au rapport avec la r\u00e9alit\u00e9&nbsp;? La r\u00e9ponse est oui. La seconde \u00e9tape, \u00e9crit Freud \u00ab&nbsp;r\u00e9instaure alors la relation \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 <em>aux d\u00e9pens du \u00e7a<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 38, italiques ajout\u00e9s).<\/p>\n\n\n\n<p>Ici encore il faut lire attentivement et ne pas c\u00e9der \u00e0 la tentation de sch\u00e9matiser. Ce \u00ab&nbsp;aux d\u00e9pens du \u00e7a&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;at the expense of the Id&nbsp;\u00bb dans la traduction de Strachey) pourrait en effet nous faire croire que le \u00e7a \u00ab&nbsp;perd quelque chose&nbsp;\u00bb au change puisque la restauration du lien \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 se fait \u00e0 ses d\u00e9pens. Mais ce n\u2019est pas ainsi. En fait nous avons ici la mise en application du point de vue \u00e9conomique de la m\u00e9tapsychologie auquel Freud faisait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la fin du texte pr\u00e9c\u00e9dent. \u00ab&nbsp;Aux d\u00e9pens du \u00e7a&nbsp;\u00bb cela signifie que le retrait d\u2019investissement de la r\u00e9alit\u00e9 op\u00e9r\u00e9 par le moi sera <em>compens\u00e9 par un investissement venant du \u00e7a<\/em>. Le moi s\u2019est retir\u00e9 d\u2019une partie plus ou moins grande de la r\u00e9alit\u00e9 et le \u00e7a prend alors, pour ainsi dire, les affaires en main. Et comme dans les affaires humaines courantes, celui qui investit a son mot \u00e0 dire sur ce qu\u2019on produit. La n\u00e9o-r\u00e9alit\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour compenser la rupture op\u00e9r\u00e9e par le moi se fera donc en fonction des int\u00e9r\u00eats pulsionnels \u00e9manant du \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, il y a beaucoup de ressemblance entre n\u00e9vrose et psychose:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;La seconde \u00e9tape es donc, dans la n\u00e9vrose comme dans la psychose, port\u00e9e par les m\u00eames tendances, elle sert dans les deux cas les aspirations de puissance du \u00e7a qui ne se laisse pas contraindre par la r\u00e9alit\u00e9. N\u00e9vrose et psychose sont donc l\u2019une comme l\u2019autre l\u2019expression de la r\u00e9bellion du \u00e7a contre le monde ext\u00e9rieur, de son d\u00e9plaisir ou, si l\u2019on veut, de son incapacit\u00e9 \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 la N\u00e9cessit\u00e9 r\u00e9elle, \u00e0 l\u2019<em>Anank\u00e8<\/em>.&nbsp;\u00bb (p. 39)<\/p>\n\n\n\n<p>5- Mais il y a aussi des diff\u00e9rences:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;N\u00e9vrose et psychose se diff\u00e9rencient bien davantage l\u2019une de l\u2019autre dans la premi\u00e8re r\u00e9action engag\u00e9e que dans la tentative de r\u00e9paration qui la suit.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, puisque dans la n\u00e9vrose le moi cherche \u00e0 se soustraire \u00e0 pouss\u00e9e pulsionnelle tandis que dans la psychose il cherche \u00e0 se soustraire \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette diff\u00e9rence aura des cons\u00e9quences sur le r\u00e9sultat final: dans la n\u00e9vrose la r\u00e9alit\u00e9 est <em>\u00e9vit\u00e9e<\/em> sur le mode de la fuite; dans la psychose, elle est <em>remani\u00e9e<\/em> <em>dans sa construction.<\/em> Ou encore:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Dans la psychose, \u00e0 la fuite initiale succ\u00e8de une phase active de reconstruction, dans la n\u00e9vrose, \u00e0 l\u2019ob\u00e9issance initiale [succ\u00e8de] une tentative de fuite apr\u00e8s-coup. Ou bien, pour l\u2019exprimer autrement : la n\u00e9vrose ne d\u00e9nie pas la r\u00e9alit\u00e9, elle veut seulement ne rien savoir d\u2019elle; la psychose la d\u00e9nie et cherche \u00e0 la remplacer.&nbsp;\u00bb (ibid.)<\/p>\n\n\n\n<p>6- Mais comment, en travaillant sur quels mat\u00e9riaux, se fait la reconstruction de la r\u00e9alit\u00e9 dans la psychose&nbsp;? R\u00e9ponse de Freud:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Sur les pr\u00e9cipit\u00e9s psychiques des relations entretenues jusqu\u2019alors avec elles, donc sur les traces mn\u00e9siques, les repr\u00e9sentations et les jugements qu\u2019on avait jusqu\u2019alors tir\u00e9s d\u2019elle et par lesquels elle se trouvait repr\u00e9sent\u00e9e dans la vie d\u2019\u00e2me.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Donc, l\u00e0 encore, pas de diff\u00e9rence avec la n\u00e9vrose ou la \u00ab&nbsp;normalit\u00e9&nbsp;\u00bb! D\u2019ailleurs, chez le psychotique aussi la relation \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 une relation achev\u00e9e une fois pour toutes : \u00ab&nbsp;elle \u00e9tait continuellement enrichie et modifi\u00e9e par de nouvelles perceptions.&nbsp;\u00bb [on retrouve ainsi le mod\u00e8le des retranscriptions continuelles; cf. la \u00ab&nbsp;lettre 52&nbsp;\u00bb et le texte sur les souvenirs-\u00e9crans. ].<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ainsi, poursuit Freud, s\u2019instaure pour la psychose, elle aussi, la t\u00e2che de se procurer des perceptions telles qu\u2019elles correspondraient \u00e0 la nouvelle r\u00e9alit\u00e9\u2026&nbsp;\u00bb telle que remani\u00e9e en fonction des int\u00e9r\u00eats du \u00e7a. Notons ici le m\u00e9canisme <em>parfaitement normal<\/em> auquel ob\u00e9it la psych\u00e9 du psychotique: comme toute psych\u00e9 elle doit trouver dans le monde ext\u00e9rieur des perceptions qui valident la conception nouvelle de la r\u00e9alit\u00e9. Et comme il ya de bonnes chances pour que la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure ne co\u00efncide pas avec la n\u00e9o-r\u00e9alit\u00e9 du psychotique, la pseudo-confirmation sera apport\u00e9e \u00ab&nbsp;de la fa\u00e7on la plus fondamentale par la voie de l\u2019hallucination.&nbsp;\u00bb (p. 40)<\/p>\n\n\n\n<p>Cette description plus compl\u00e8te des m\u00e9canismes nous permet par la m\u00eame occasion de comprendre pourquoi, tout en ob\u00e9issant au \u00e7a, la formation de psychose ne produit pas un \u00e9tat de b\u00e9atitude permanent. On observe, surtout au moment de l\u2019entr\u00e9e dans la psychose, des \u00e9tats d\u2019euphorie&nbsp;: le sujet se sent avoir enfin trouv\u00e9 \u00ab&nbsp;la&nbsp;\u00bb solution \u00e0 ses difficult\u00e9s, \u00ab&nbsp;tout&nbsp;\u00bb s\u2019explique enfin, etc. mais, comme le rappelle Freud, \u00ab&nbsp;les formations d\u00e9lirantes et les hallucinations, dans tant de formes et de cas de psychose, font montre du caract\u00e8re le plus p\u00e9nible et sont reli\u00e9es \u00e0 un d\u00e9veloppement d\u2019angoisse&nbsp;\u00bb. Pourquoi&nbsp;? Parce que la construction de la n\u00e9o-r\u00e9alit\u00e9 est toujours confront\u00e9e aux forces oppos\u00e9es: celles de la r\u00e9alit\u00e9, des donn\u00e9es contradictoires que fournit la perception. Celle-ci doit donc elle-m\u00eame \u00eatre d\u00e9form\u00e9e, dans l\u2019hallucination.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud note la persistance de l\u2019analogie avec le m\u00e9canisme de la n\u00e9vrose: dans celle ci, le refoul\u00e9 fait in\u00e9vitablement retour et il faudra passer un compromis pour \u00e9viter l\u2019angoisse qui accompagne le retour du refoul\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Dans la psychose, vraisemblablement, <em>le morceau de r\u00e9alit\u00e9 \u00e9cart\u00e9 s\u2019impose sans cesse \u00e0 la vie d\u2019\u00e2me<\/em>, comme dans la n\u00e9vrose la pulsion refoul\u00e9e, et c\u2019est pourquoi les suites sont \u00e9galement les m\u00eames dans les deux cas.&nbsp;\u00bb (p. 40, italique ajout\u00e9s)<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son texte sur le Pr\u00e9sident Schreber, Freud avait pos\u00e9 que&nbsp;\u00ab&nbsp;ce qui [du rapport \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9] a \u00e9t\u00e9 int\u00e9rieurement supprim\u00e9 fait retour de l\u2019ext\u00e9rieur&nbsp;\u00bb [dans le d\u00e9lire et les hallucinations]. (Vol. X, p. 294).<\/p>\n\n\n\n<p>7- Mais il y a plus. Une autre analogie est que dans la n\u00e9vrose comme dans la psychose le \u00ab&nbsp;d\u00e9dommagement&nbsp;\u00bb n\u2019apporte pas une satisfaction compl\u00e8te. Cependant, il y a entre n\u00e9vrose et psychose une diff\u00e9rence d\u2019<em>accent<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la psychose, l\u2019accent repose sur la premi\u00e8re \u00e9tape (rupture avec la r\u00e9alit\u00e9), et Freud pr\u00e9cise que cette \u00e9tape est \u00ab&nbsp;morbide en soi et ne peut conduire qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tat de maladie&nbsp;\u00bb; dans la n\u00e9vrose, c\u2019est la seconde \u00e9tape qui est importante: l\u2019\u00e9chec du refoulement et le retour du refoul\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud r\u00e9it\u00e8re que dans la n\u00e9vrose il y a aussi une fuite de la r\u00e9alit\u00e9 (vs. remodelage de la r\u00e9alit\u00e9 dans la psychose), mais il ajoute d\u00e9sormais que la n\u00e9vrose aussi comporte un remplacement de la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9vit\u00e9e: c\u2019est la fonction de la fantaisie ou fantasme.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais dans la psychose aussi, semble dire Freud, le monde de la fantaisie est le \u00ab&nbsp;magasin \u00e0 provisions&nbsp;\u00bb pour la construction de la n\u00e9o-r\u00e9alit\u00e9. Le probl\u00e8me est que ce nouveau monde veut se mettre \u00e0 la place de la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure l\u00e0 o\u00f9 la fantaisie n\u00e9vrotique, comme le jeu des enfants, s\u2019appuie encore sur la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure partag\u00e9e. La diff\u00e9rence entre n\u00e9vrose et psychose consiste donc non pas tant dans perte de la r\u00e9alit\u00e9, conclut Freud, que <em>dans la fa\u00e7on d\u2019y apporter un substitut<\/em>. (p. 41).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I- N\u00e9vrose et Psychose (1923) Dans ce texte Freud semble vouloir mettre \u00e0 l\u2019\u00e9preuve le deuxi\u00e8me mod\u00e8le topique qu\u2019il vient de proposer la m\u00eame ann\u00e9e dans \u00ab&nbsp;Le moi et le \u00e7a&nbsp;\u00bb. 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