{"id":706,"date":"2016-04-06T14:16:15","date_gmt":"2016-04-06T18:16:15","guid":{"rendered":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=706"},"modified":"2023-05-10T15:37:11","modified_gmt":"2023-05-10T19:37:11","slug":"7-lenroulement-du-moi-et-la-pulsion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=706","title":{"rendered":"8- L&rsquo;enroulement du moi et la pulsion"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">\u00c0 partir de ce que nous avons abord\u00e9 dans les sections 5 et 6, soit la m\u00e9thode de la \u00ab&nbsp;mise \u00e0 plat&nbsp;\u00bb qui serait requise pr\u00e9cis\u00e9ment parce que dans l\u2019organisation de la psych\u00e9 il s\u2019est produit des \u00ab&nbsp;enroulements&nbsp;\u00bb, je me propose maintenant d\u2019examiner si cela peut nous aider \u00e0 approcher la question de la pulsion sous un angle un peu diff\u00e9rent.<br>J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 Laplanche, pour qui \u00ab&nbsp;toute topique est du moi&nbsp;\u00bb. Ne pourrait-on pas dire aussi que la pulsion est quelque chose qui peut \u00eatre ressenti et pens\u00e9 comme pouss\u00e9e parce que le moi essaie pr\u00e9cis\u00e9ment de <em>s\u2019opposer<\/em> au mouvement, \u00e0 la transformation. <em>Et si c\u2019est le cas, il faut alors se demander pourquoi le moi s\u2019y oppose <\/em><sup class='footnote'><a href='#fn-706-1' id='fnref-706-1' onclick='return fdfootnote_show(706)'>1<\/a><\/sup>. Nous l\u2019avons vu: pour Freud, si le moi existe, il ne peut qu\u2019<em>inhiber<\/em> les processus psychiques primaires, autrement dit, la vie hautement mobile de la psych\u00e9 avant qu\u2019elle ne se diff\u00e9rencie. Ceci devrait, me semble-t-il, nous inciter \u00e0 essayer de penser la pulsion comme ce qui se r\u00e9v\u00e8le lorsque les choses sont v\u00e9cues du point de vue d\u2019une instance qui <em>par d\u00e9finition<\/em> est appel\u00e9e \u00e0 la refuser. Ce point de vue du moi d\u2019o\u00f9 \u00e9mane toute conception topique, il nous faut d\u2019abord essayer de le sp\u00e9cifier en nous demandant comment se produit cette diff\u00e9renciation topique qui conduit \u00e0 la formation d\u2019un moi au milieu du \u00ab&nbsp;d\u00e9sordre&nbsp;\u00bb primordial. Dans un deuxi\u00e8me temps, il nous faudra par contre nous demander ce que signifie la pulsion pour que le moi s\u2019y oppose. Cette question revient \u00e0 nous demander, comme nous avons commenc\u00e9 \u00e0 le faire lors de notre r\u00e9cente rencontre, ce qu\u2019on entend au juste par sexuel (ou <em>sexual<\/em>) en psychanalyse. Question, comme on l&rsquo;a vu, assez difficile.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/MoiProjet.jpg\" rel=\"attachment wp-att-675\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"168\" src=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/MoiProjet-300x168.jpg\" alt=\"MoiProjet\" class=\"wp-image-675\" srcset=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/MoiProjet-300x168.jpg 300w, https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/MoiProjet-768x431.jpg 768w, https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/MoiProjet-1024x574.jpg 1024w, https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/MoiProjet.jpg 1462w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>1- La diff\u00e9renciation topique.<br><\/strong><br>On se souviendra que dans la <em>Projet<\/em>, Freud pose la formation du moi en termes d\u2019un r\u00e9seau de neurones \u00ab&nbsp;bien fray\u00e9s&nbsp;\u00bb entre eux, c&rsquo;est-\u00e0-dire fortement associ\u00e9s selon un principe qui, quelques cinquante ans plus tard,&nbsp; vers 1948, allait \u00eatre repris dans le cadre de recherches en neurophysiologie, par le psychologue Donald Hebb, de l\u2019Universit\u00e9 McGill. Ce principe porte d\u2019ailleurs encore le nom de \u00ab&nbsp;Loi de Hebb&nbsp;\u00bb et fait toujours autorit\u00e9 pour ce qui concerne la th\u00e9orie des r\u00e9seaux de neurones c\u00e9r\u00e9braux. Cette loi s\u2019\u00e9nonce s\u2019\u00e9nonce ainsi: \u00ab&nbsp;<em>Neurons that fire together, wire together<\/em>.&nbsp;\u00bb (Des neurones qui d\u00e9chargent simultan\u00e9ment s\u2019associent entre eux.) Ce n\u2019est pas le lieu ici d\u2019entrer dans les d\u00e9tails, mais une lecture attentive du m\u00e9canisme appel\u00e9 par Freud \u00ab&nbsp;frayage neuronal&nbsp;\u00bb montre ais\u00e9ment que c\u2019est exactement la m\u00eame id\u00e9e que celle de Hebb. Ce dernier avait d\u2019ailleurs une certaine connaissance de l\u2019\u0153uvre de Freud, mais il ne pouvait probablement pas avoir lu le <em>Projet<\/em> puisque la premi\u00e8re publication de celui-ci (avec une partie de la correspondance Freud-Fliess) date de 1950. Hebb a donc formul\u00e9 la m\u00eame id\u00e9e que Freud, mais en toute ind\u00e9pendance.<br>Ce qui devrait nous int\u00e9resser surtout ici c\u2019est que, avec cette notion de frayage, Freud a imagin\u00e9 une fa\u00e7on de rendre compte de l\u2019amorce d\u2019une diff\u00e9renciation topique majeure: la formation d\u2019un moi \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un r\u00e9seau au d\u00e9but non diff\u00e9renci\u00e9.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Bien entendu il s\u2019agit d\u2019un mod\u00e8le th\u00e9orique et, faut-il souligner, appartenant \u00e0 un mod\u00e8le <em>neuronal<\/em>; un mod\u00e8le qui par ailleurs laisse de c\u00f4t\u00e9 bien des aspects; par exemple: Quelles fonctions de ce moi sont inn\u00e9es? Lesquelles sont acquises et seront de nature pleinement psychique? Mais nous laisserons cela de c\u00f4t\u00e9 pour le moment. Ce qui est plus fondamental, c\u2019est que la constitution d\u2019un tel r\u00e9seau est l\u2019\u00e9quivalent du tra\u00e7age d\u2019une fronti\u00e8re, d\u2019une limite; la constitution d\u2019une <em>forme<\/em> d\u00e9limitant un moi d\u2019un non-moi (ou d\u2019un \u00ab&nbsp;hors-moi&nbsp;\u00bb). Int\u00e9ressant aussi est le fait que Freud n\u2019invoque aucune intervention \u00ab&nbsp;magique&nbsp;\u00bb, mais pose (tout comme Hebb le fera plus tard) que, par les lois m\u00eames du fonctionnement neuronal, <em>quelque chose s\u2019auto-organise<\/em>, s\u2019auto diff\u00e9rencie. Cette auto-organisation est en parfaite congruence avec les conceptions les plus modernes de la compr\u00e9hension des syst\u00e8mes tant biologiques que sociaux. On peut faire appel ici \u00e0 la notion d\u2019<em>autopoi\u00e8se <\/em>(Varela), et consid\u00e9rer ensuite le <em>trac\u00e9<\/em> du moi comme la constitution de ce que le m\u00eame Varela appelle la \u00ab&nbsp;cl\u00f4ture op\u00e9rationnelle&nbsp;\u00bb. Cette notion de \u00ab&nbsp;cl\u00f4ture op\u00e9rationnelle&nbsp;\u00bb est fondamentale en ceci qu\u2019elle d\u00e9limite deux r\u00e9gimes de fonctionnement diff\u00e9rents (et pas seulement en biologie, d\u2019ailleurs). Les lois ne sont pas les m\u00eames \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de cette cl\u00f4ture et d\u00e8s lors que celle-ci existe, les \u00e9changes entre les deux parties du syst\u00e8me ainsi constitu\u00e9 doivent se faire de mani\u00e8re \u00e0 respecter le maintien de la dite cl\u00f4ture et de la <em>diff\u00e9rence<\/em> qui s\u2019est ainsi \u00e9tablie au sein du \u00ab&nbsp;tout&nbsp;\u00bb d\u2019origine. L\u2019<em>enroulement <\/em>dont nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 \u00e0 la section 6 n\u2019est donc rien d\u2019autre que ce <em>trac\u00e9<\/em>, cette partition qui scinde une (mythique) unit\u00e9 primordiale. Quelque chose <em>s\u2019inscrit<\/em> dans cette unit\u00e9, et en s\u2019inscrivant elle la \u00ab&nbsp;d\u00e9chire&nbsp;\u00bb, la divise en deux parties distinctes, en un \u00ab&nbsp;dedans&nbsp;\u00bb et un \u00ab&nbsp;dehors&nbsp;\u00bb du moi <sup class='footnote'><a href='#fn-706-2' id='fnref-706-2' onclick='return fdfootnote_show(706)'>2<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est raisonnable d\u2019imaginer que si Freud n\u2019a pas publi\u00e9 le <em>Projet, <\/em>pourtant r\u00e9dig\u00e9 avec passion entre avril et septembre 1895, c\u2019est qu\u2019il savait bien que le mod\u00e8le qu\u2019il y avait d\u00e9pos\u00e9 est purement fictif et qu\u2019il ne tiendrait pas face \u00e0 la critique de la part des neurologues. Ceux-ci se seraient sans doute insurg\u00e9s contre l\u2019absence de quelque base anatomique ou exp\u00e9rimentale que ce soit. N\u2019oublions pas que nous sommes \u00e0 l\u2019\u00e9poque des grandes d\u00e9couvertes concernant les aires c\u00e9r\u00e9brales (de Broca, de Wernicke) et que les substrats anatomiques sur lesquels s\u2019appuient ces d\u00e9couvertes sont de premi\u00e8re importance, puisque c\u2019est la corr\u00e9lation entre les l\u00e9sions observables (\u00e0 l\u2019autopsie) et les pertes fonctionnelles observ\u00e9es du vivant du patient qui ont permis d\u2019identifier ces centres importants. Or Freud avait tent\u00e9, avec son <em>Projet<\/em>, quelque chose de beaucoup plus grandiose: fonder neurologiquement une \u00ab&nbsp;psychologie scientifique&nbsp;\u00bb. Autrement dit il a essay\u00e9 d\u2019imaginer ce que serait l\u2019assise neurologique des fonctions les plus globales et les plus \u00e9lev\u00e9es: la m\u00e9moire, la pens\u00e9e, le jugement etc. Il a voulu faire un tr\u00e8s grand bond en avant, mais il savait bien que quantit\u00e9 de ses assertions auraient n\u00e9cessit\u00e9 une masse \u00e9norme d\u2019\u00e9tudes neuro-anatomiques et neuro-physiologiques qui \u00e9taient alors hors de port\u00e9e. Freud laisse donc le <em>Projet<\/em> dans ses tiroirs et se met plut\u00f4t \u00e0 l\u2019\u00e9tude du r\u00eave, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 une approche purement psychologique des m\u00eames questions. C\u2019est ce qu\u2019on retrouve dans <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/em> de 1900, dont il est maintenant acquis que le Chapitre 7 est une version \u00ab&nbsp;psychologique&nbsp;\u00bb de plusieurs \u00e9l\u00e9ments majeurs du <em>Projet<\/em> formul\u00e9 cinq ans plus t\u00f4t. Ce qui est int\u00e9ressant pour notre propos actuel est que, ce faisant, Freud a pr\u00e9serv\u00e9 une logique tout \u00e0 fait semblable: il y a, dans le chapitre 7 \u00e9galement, une cl\u00f4ture op\u00e9rationnelle, un \u00ab&nbsp;enroulement&nbsp;\u00bb, qu\u2019il prend m\u00eame la peine de dessiner plus d\u2019une fois <sup class='footnote'><a href='#fn-706-3' id='fnref-706-3' onclick='return fdfootnote_show(706)'>3<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2- Le sexuel (ou <em>Sexual<\/em>).<br><\/strong><br>Il vaut la peine pour le moment de prendre en consid\u00e9ration l\u2019autre aspect de la question. D\u00e9j\u00e0, par la position du moi en tant qu\u2019inhibiteur \u2014&nbsp;chose \u00e9tablie dans le <em>Projet,<\/em> donc en 1895, c&rsquo;est-\u00e0-dire avant qu\u2019il ne soit question de pulsions dans la th\u00e9orie de Freud&nbsp;\u2014, il \u00e9tait in\u00e9vitable que la seule pulsion dont le moi aurait \u00e0 se d\u00e9fendre, c\u2019est la pulsion sexuelle. Pourquoi cela? Tout d\u2019abord, parce que en dehors de la (ou des) pulsion(s) sexuelle(s), il n\u2019y a que des pulsions d\u2019auto-conservation et l\u2019on voit mal, du moins \u00e0 premi\u00e8re vue, pourquoi le moi se d\u00e9fendrait contre sa propre auto-conservation. Certes, la faim, la soif, le besoin de chaleur etc. sont aussi des \u00ab&nbsp;exigences de travail&nbsp;\u00bb impos\u00e9es \u00e0 la psych\u00e9 du fait de sa liaison avec le corps, mais on n\u2019entre pas en conflit avec la faim ou la soif, on ne peut de toute fa\u00e7on l\u2019inhiber, sinon avec une strat\u00e9gie tr\u00e8s simple: celle qui consiste \u00e0 la satisfaire. La fonction d\u2019inhibition, il faut le remarquer, joue quand m\u00eame un r\u00f4le ici: il s\u2019agit du fait que la pr\u00e9sence du moi impose un <em>retard<\/em> dans la production d\u2019une r\u00e9ponse motrice \u00e0 un <em>stimulus<\/em> quel qu\u2019il soit. Mais en d\u00e9finitive, ce retard n\u2019est pas de l\u2019ordre du conflit, au contraire: en emp\u00eachant une r\u00e9ponse trop rapide, de type r\u00e9flexe, le moi s\u2019assure de ne pas s\u2019\u00e9puiser en une vaine activit\u00e9: il v\u00e9rifie, avant de laisser la voie libre \u00e0 la motricit\u00e9, que ce qui est repr\u00e9sent\u00e9 dans la m\u00e9moire comme objet satisfaisant existe <em>aussi<\/em> dans le monde r\u00e9el. L\u2019inhibition dans ce cas est au service de la satisfaction effective <sup class='footnote'><a href='#fn-706-4' id='fnref-706-4' onclick='return fdfootnote_show(706)'>4<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les pulsions sexuelles, pour leur part, peuvent \u00eatre inhib\u00e9es et m\u00eame orient\u00e9es vers autre chose que leur satisfaction \u00ab&nbsp;naturelle&nbsp;\u00bb. Un moi inhibiteur est dans ce cas capable, jusqu\u2019\u00e0 un certain point, de carr\u00e9ment refuser de donner acc\u00e8s \u00e0 la satisfaction. La pulsion n\u2019est pas pour autant d\u00e9truite et elle exercera une pression constante, continuant de harceler, pour ainsi dire, le moi, puisque celui-ci est ce qui lui oppose un premier obstacle, interne \u00e0 l\u2019organisme. Et c\u2019est ici que les destins particuliers de la pulsion sexuelle se r\u00e9v\u00e8lent, non comme des caract\u00e9ristiques naturelles, mais plut\u00f4t comme les cons\u00e9quences de l\u2019inhibition elle-m\u00eame, du <em>retard<\/em> dans la satisfaction qu\u2019impose le moi.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019approche que nous sommes en train de suivre ici me semble en mesure de nous informer un peu plus sur les caract\u00e9ristiques propres du pulsionnel sexuel. Puisque nous disons que les pulsions d\u2019auto-conservation (aussi appel\u00e9es par Freud \u00ab&nbsp;pulsions du moi&nbsp;\u00bb) ne subissent un retard impos\u00e9 par le moi que pour mieux \u00eatre satisfaites (cela suppose \u00e9videmment des conditions de vie optimales), nous n\u2019avons pas besoin de chercher tr\u00e8s longtemps avant de constater que les pulsions sexuelles \u2014 relativement ind\u00e9pendantes du probl\u00e8me de la survie, voire mettant parfois celle-ci en danger&nbsp;\u2014, peuvent du m\u00eame coup se concevoir comme beaucoup plus mobiles, d\u00e9pla\u00e7ables, d\u00e9tournables; elles sont plus \u00ab&nbsp;a\u00e9riennes&nbsp;\u00bb, pourrait-on dire. Elles peuvent d\u2019autant plus se faire insistantes, peu importe les circonstances, qu\u2019elles ne sont pas de nature \u00e0 imposer un seul type de satisfaction: la satisfaction r\u00e9elle. Il y a, pour ainsi dire, une certaine \u00ab&nbsp;gratuit\u00e9&nbsp;\u00bb de la pulsion sexuelle, <em>prise \u00e0 son niveau le plus simple,<\/em> c&rsquo;est-\u00e0-dire au niveau o\u00f9 on la compare aux pulsions du moi. Je souligne que je fais ainsi une \u00e9norme simplification d\u00e9coulant du fait que je d\u00e9cris ici les pulsions sexuelles comme si elles op\u00e9raient <em>dans le m\u00eame domaine<\/em> que les pulsions d\u2019auto-conservation. Or il n\u2019en est rien, et nous aurons \u00e0 reparler bient\u00f4t de cet aspect. Mais si nous poursuivons le parall\u00e8le, on voit tout de suite la pulsion sexuelle se mettre \u00e0 <em>d\u00e9river<\/em> par rapport \u00e0 la notion g\u00e9n\u00e9rique de pulsion. Alors m\u00eame que nous essayons de la tenir sur le m\u00eame plan que toute autre pulsion (au sens premier que donne Freud \u00e0 ce terme et qui inclut les pulsions d\u2019auto-conservation) on la voit commencer \u00e0 s\u2019\u00e9chapper, \u00e0 <em>nous<\/em> \u00e9chapper. Les quatre composantes de la pulsion (source, pouss\u00e9e, but, objet) semblent assez appropri\u00e9es pour des pulsions quelconques, mais on peut vite s\u2019apercevoir que dans le cas de la pulsion sexuelle, elles s\u2019appliquent de mani\u00e8re assez bancale.<\/p>\n\n\n\n<p>On n\u2019a pas suffisamment remarqu\u00e9, \u00e0 ce sujet, ce sur quoi la structure m\u00eame du texte <em>Pulsion et destins de pulsions<\/em> devrait nous alerter&nbsp;: que beaucoup de choses que nous sommes port\u00e9s \u00e0 appliquer \u00e0 la notion de pulsion sexuelle ne sont en fait, dans le texte de Freud, que relatives \u00e0 la pulsion <em>quelconque<\/em>. Or la pulsion quelconque, c\u2019est la pulsion d\u2019auto-conservation. Quant \u00e0 la pulsion sexuelle, elle est vraiment \u00e0 part, et cela m\u00eame si Freud ne semble pas le remarquer, ou en tout cas ne pas le dire explicitement dans ce texte. Pourtant, ce sont les d\u00e9veloppements m\u00eames apport\u00e9s par Freud dans la deuxi\u00e8me section de ce texte qui nous forcent \u00e0 nous apercevoir du caract\u00e8re singulier de la pulsion sexuelle, de ce en quoi elle ne s\u2019apparente que tr\u00e8s peu aux pulsions en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut dire que la pulsion sexuelle se d\u00e9marque, d\u00e9rive, voire <em>d\u00e9colle<\/em> (prend son envol) non seulement par rapport \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 de la pulsion, mais \u00e9galement par rapport \u00e0 la notion commune de sexualit\u00e9. Ceci est quelque chose de tr\u00e8s sp\u00e9cifique \u00e0 la psychanalyse et qui s\u2019impose \u00e0 mesure que l\u2019on creuse les textes de Freud, parfois ind\u00e9pendamment du texte manifeste. Il faudrait id\u00e9alement se tourner de nouveau vers <em>Trois essais sur la th\u00e9orie sexuelle<\/em>, mais comme nous sommes dans <em>Pulsion et destins de pulsions,<\/em> je crois qu\u2019il vaut mieux rester encore un certain temps sur ce texte qui est tr\u00e8s parlant.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La loi d\u2019inertie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je disais donc que la pulsion est ce \u00e0 quoi est confront\u00e9 le moi du moment que, suivant Freud, on le con\u00e7oit comme avant tout une fonction d\u2019inhibition. Mais ici un lecteur attentif aura remarqu\u00e9 que Freud, d\u00e8s les premi\u00e8res pages de <em>Pulsion et destins de pulsions<\/em>, pose ce qu\u2019il appelle \u00ab&nbsp;une pr\u00e9supposition fondamentale&nbsp;\u00bb, et m\u00eame \u00ab&nbsp;la plus importante de ces pr\u00e9suppositions&nbsp;\u00bb, une de celles dont il disait dans son introduction au texte, qu\u2019elles guident l\u2019\u00e9laboration d\u2019un concept et la cueillette des donn\u00e9es de l\u2019exp\u00e9rience. Je le cite:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Elle [cette pr\u00e9supposition] est de nature biologique, elle travaille avec le concept de tendance (\u00e9ventuellement celui de finalit\u00e9) et s\u2019\u00e9nonce: le syst\u00e8me nerveux est un appareil auquel est impartie la fonction d\u2019\u00e9liminer de nouveau les stimuli qui lui parviennent, de les ramener \u00e0 un niveau aussi bas que possible, ou qui voudrait, si seulement cela \u00e9tait possible, <em>se maintenir absolument sans stimulus<\/em>.&nbsp;\u00bb (Italiques ajout\u00e9s par moi.)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Un peu plus bas dans le m\u00eame paragraphe, il appelle cela \u00ab&nbsp;[l\u2019] intention id\u00e9ale&nbsp;\u00bb de l\u2019organisme, et je crois qu\u2019il vaut la peine de souligner ce terme d\u2019<em>id\u00e9al<\/em> sur lequel nous pourrions avoir \u00e0 revenir. Pour l\u2019instant, toutefois, il nous faut prendre en consid\u00e9ration un petit probl\u00e8me. C\u2019est que, \u00e0 premi\u00e8re vue, si l\u2019ensemble du syst\u00e8me vise \u00e0 ramener les stimuli \u00e0 un niveau aussi bas que possible ou, id\u00e9alement, \u00e0 se maintenir absolument sans stimuli, on a donc l\u2019impression que d\u00e9j\u00e0 la pulsion n\u2019est pas la bienvenue non seulement dans le moi, mais <em>dans tout le syst\u00e8me<\/em>. Comment, en effet, concilier les pulsions qui surgissent dans l\u2019organisme en tant que stimuli internes et continus, avec un syst\u00e8me nerveux qui veut s\u2019en d\u00e9barrasser le plus vite et le plus totalement possible? Le \u00ab&nbsp;syst\u00e8me&nbsp;\u00bb serait-il en conflit avec lui-m\u00eame? Ou peut-\u00eatre faut-il ici entendre l\u2019expression \u00ab&nbsp;syst\u00e8me nerveux&nbsp;\u00bb comme \u00e9quivalent du \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb? Ce serait une option \u00e0 la rigueur soutenable, mais je crois que s\u2019offre \u00e0 nous ici l\u2019occasion de d\u00e9gager une particularit\u00e9 de la pens\u00e9e freudienne&nbsp;: c\u2019est qu\u2019elle comporte une sorte de structure \u00ab&nbsp;gigogne&nbsp;\u00bb. Je veux dire par l\u00e0 que Freud d\u00e9crit des situations \u00e0 deux niveaux, \u00ab&nbsp;macro&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;micro&nbsp;\u00bb, mais en y voyant \u00e0 l\u2019\u0153uvre une m\u00eame loi de fonctionnement, ou \u00e0 tout le moins un fonctionnement analogue. Ainsi, ayant constat\u00e9, avec la neurologie de son temps, que le neurones, pris isol\u00e9ment, sont des cellules dont la stimulation re\u00e7ue est aussit\u00f4t transmise aux neurones voisins, il en d\u00e9duit que tout neurone a pour premi\u00e8re propri\u00e9t\u00e9 de se d\u00e9barrasser d\u00e8s que possible de la \u00ab&nbsp;quantit\u00e9&nbsp;\u00bb de stimuli re\u00e7ue et de revenir \u00e0 l\u2019\u00e9tat de repos. C\u2019est le \u00ab&nbsp;principe d\u2019inertie neuronale&nbsp;\u00bb d\u00e9crit en 1895, qui, comme on peut le remarquer dans la citation ci-dessus, sera plus tard transpos\u00e9e \u00e0 tout le syst\u00e8me nerveux.<\/p>\n\n\n\n<p>On voit donc que, d\u2019une part, Freud pense encore, en 1915, en s\u2019appuyant sur ce que l\u2019exp\u00e9rience neurologique lui a enseign\u00e9. D\u2019autre part, que cette neurologie est \u00ab&nbsp;dat\u00e9e&nbsp;\u00bb. Si on peut se permettre une br\u00e8ve digression neurologique, on notera qu\u2019en effet, selon la neurologie contemporaine, les choses sont beaucoup plus compliqu\u00e9es que ce qu\u2019\u00e9nonce Freud, tant en 1895 qu\u2019en 1915. Au niveau des neurones, la transmission de la \u00ab&nbsp;quantit\u00e9&nbsp;\u00bb n\u2019est plus tout \u00e0 fait comme la concevait Freud&nbsp;: les mol\u00e9cules de neurotransmetteurs lib\u00e9r\u00e9es dans l\u2019espace synaptique ne comportent pas une \u00ab&nbsp;quantit\u00e9&nbsp;\u00bb, mais plut\u00f4t une \u00ab&nbsp;information&nbsp;\u00bb qui peut \u00eatre excitatrice ou inhibitrice selon les neurotransmetteurs et les types de cellules impliqu\u00e9s. Cependant, la notion de quantit\u00e9 n\u2019est pas compl\u00e8tement disparue&nbsp;: elle se retrouve dans la <em>force<\/em> des connections synaptiques. En effet, on sait maintenant que le renforcement d\u2019une connexion synaptique se fait par la croissance, le long des axones et des dendrites, d\u2019un plus grand nombre d\u2019<em>\u00e9pines synaptiques,<\/em> ce qui amplifie la communication synaptique. On pourrait ainsi parler, sinon de quantit\u00e9, du moins de plus ou moins grande \u00ab&nbsp;densit\u00e9&nbsp;\u00bb du r\u00e9seau de connections, ce qui n\u2019est qu\u2019une autre version de la quantit\u00e9. Par ailleurs, dans la construction de r\u00e9seaux de neurones artificiels, comme il s\u2019en fait dans les recherches actuelles, on parle de \u00ab&nbsp;poids synaptique&nbsp;\u00bb. Tout cela pour dire qu\u2019on n\u2019en a pas vraiment fini avec la quantit\u00e9. <sup class='footnote'><a href='#fn-706-5' id='fnref-706-5' onclick='return fdfootnote_show(706)'>5<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Retenons \u00e9galement que dans ce qu\u2019\u00e9crit Freud, la tendance \u00e0 l\u2019\u00e9limination des stimuli est pos\u00e9e comme une pr\u00e9supposition th\u00e9orique, comme un principe ou encore comme une vis\u00e9e \u00ab&nbsp;id\u00e9ale&nbsp;\u00bb, un \u00ab&nbsp;si seulement cela \u00e9tait possible&nbsp;\u00bb . On reconna\u00eet-l\u00e0 une \u00ab&nbsp;machine helmholtzienne&nbsp;\u00bb, du nom de Helmholtz, un des grands savants dans la lign\u00e9e de qui s\u2019inscrivait Freud. Ce mod\u00e8le helmholtzien est repris pr\u00e9sentement par un chercheur renomm\u00e9 en neurosciences, du nom de Karl Friston <sup class='footnote'><a href='#fn-706-6' id='fnref-706-6' onclick='return fdfootnote_show(706)'>6<\/a><\/sup>. Cette \u00ab&nbsp;machine helmholtzienne&nbsp;\u00bb est, elle aussi, th\u00e9orique; elle d\u00e9crit les formules r\u00e9gissant un organisme ou un syst\u00e8me biologique (le cerveau, notamment) dont la loi g\u00e9n\u00e9rale est de fonctionner de mani\u00e8re \u00e0 tenir au plus bas niveau l\u2019\u00e9nergie libre, c&rsquo;est-\u00e0-dire le d\u00e9sordre. Freud appelait cela: lier la quantit\u00e9 d\u2019excitation et dans sa derni\u00e8re th\u00e9orie de l\u2019appareil psychique il dit de cette fonction de liaison que c\u2019est la <em>principale t\u00e2che<\/em> de l\u2019appareil <sup class='footnote'><a href='#fn-706-7' id='fnref-706-7' onclick='return fdfootnote_show(706)'>7<\/a><\/sup>. Pour rendre plus palpable l\u2019int\u00e9r\u00eat de cette notion, Friston explique que cela pourrait se formuler par cette vis\u00e9e : \u00e9viter le plus possible la <em>surprise<\/em>, ce qui, une fois de plus, s\u2019accorde tr\u00e8s bien avec la th\u00e9orie freudienne, Je pense ici \u00e0 la th\u00e9orie expos\u00e9e dans <em>Au-del\u00e0 du principe de plaisir<\/em> \u00e0 propos du traumatisme: celui-ci se produit lorsque l\u2019appareil psychique est pris dans un \u00e9tat d\u2019impr\u00e9paration (la surprise, c\u2019est cela) et n\u2019a pas la possibilit\u00e9 de mobiliser les d\u00e9fenses.<\/p>\n\n\n\n<p>On voit donc que la \u00ab&nbsp;biologie freudienne&nbsp;\u00bb, si on peut l\u2019appeler ainsi, peut \u00e0 la fois \u00eatre assez vieillotte et cependant comporter des vues qui tiennent encore la route aujourd\u2019hui sous des aspects essentiels. On voit aussi, ave Friston, que des concepts psychologiques, comme celui de \u00ab&nbsp;surprise&nbsp;\u00bb, ne tardent pas \u00e0 se montrer d\u00e8s qu\u2019on se pose la question du sens que les fonctions neuronales peuvent bien \u00ab&nbsp;incarner&nbsp;\u00bb. Autrement dit, la neurobiologie a ceci de particulier qu\u2019elle ne tarde pas \u00e0 conduire vers des conceptions psychologiques. Encore faut-il passer d\u2019un domaine \u00e0 l\u2019autre en y mettant toutes les pr\u00e9cautions n\u00e9cessaires.<br>Jusqu\u2019ici, nous avons donc examin\u00e9 la pens\u00e9e de Freud sur les pulsions en suivant la ligne th\u00e9orique plus ou moins neurobiologique qui remonte assez loin dans les d\u00e9buts de son \u0153uvre. Mais au fait, qu\u2019avait-il donc observ\u00e9 chez ses patients pour essayer de penser selon ces termes? Et quelle version pleinement m\u00e9tapsychologique peut-on d\u00e9gager de tout cela? [\u00c0 suivre].<\/p>\n\n\n\n<p>NOTES<\/p>\n\n\n<div class='footnotes' id='footnotes-706'><div class='footnotedivider'><\/div><ol><li id='fn-706-1'> Note apr\u00e8s-coup (Octobre 2016): On trouvera dans l&rsquo;article portant le num\u00e9ro 11.3 et intitul\u00e9 \u00ab Processus et hypostase \u00bb une explicitation, sous un tout autre angle, du probl\u00e8me de l&rsquo;opposition du moi \u00e0 la pulsion<em>.&nbsp;<\/em>On verra que ce n&rsquo;est pas tant que le moi s&rsquo;<em>oppose<\/em> au mouvement; c&rsquo;est qu&rsquo;il&nbsp;<em>est<\/em> un moment d&rsquo;arr\u00eat des processus psychiques. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-706-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-706-2'> Voir Derrida, \u00ab&nbsp;Freud et la sc\u00e8ne de l\u2019\u00e9criture&nbsp;\u00bb, in <em>L\u2019\u00e9criture et la diff\u00e9rence,<\/em> Seuil, coll. Points. Voir aussi J.F. Lyotard, \u00ab&nbsp;<em>Logos <\/em>et <em>techn<\/em>\u00e8, ou la t\u00e9l\u00e9graphie&nbsp;\u00bb, in <em>L\u2019inhumain<\/em>, Galil\u00e9e, 1988, r\u00e9\u00e9dition Klincksieck, 2014. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-706-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-706-3'> Nous reviendrons sans doute sur cet aspect, mais pour qui veut s\u2019avancer sur la question, voir J. Laplanche, <em>Probl\u00e9matiques V,<\/em> <em>Le Baquet &#8211; Transcendance du Transfert<\/em>, PUF, coll. Quadrige. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-706-3'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-706-4'> Voir S. Freud, \u00ab&nbsp;La n\u00e9gation&nbsp;\u00bb (1925). <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-706-4'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-706-5'> Au plan clinique, l\u2019\u0153uvre de Michel de M\u2019Uzan est exemplaire par l\u2019usage fr\u00e9quent qu\u2019il fait de la notion de quantit\u00e9, ou si l\u2019on veut, du point de vue \u00e9conomique. Voir notamment son fameux article \u00ab&nbsp;Les esclaves de la quantit\u00e9&nbsp;\u00bb, in <em>La bouche de l\u2019inconscient, <\/em>Paris, Gallimard, 1994. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-706-5'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-706-6'> Pour les plus curieux, ou courageux, d\u2019entre vous, je mets dans la section \u00ab&nbsp;documents&nbsp;\u00bb un article de Friston, bien qu\u2019il s\u2019av\u00e8re assez \u00e9loign\u00e9 de notre type habituel de lectures. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-706-6'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-706-7'> Cf. <em>Au-del\u00e0 du principe de plaisir<\/em>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-706-7'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 partir de ce que nous avons abord\u00e9 dans les sections 5 et 6, soit la m\u00e9thode de la \u00ab&nbsp;mise \u00e0 plat&nbsp;\u00bb qui serait requise pr\u00e9cis\u00e9ment parce que dans l\u2019organisation de la psych\u00e9 il s\u2019est produit des \u00ab&nbsp;enroulements&nbsp;\u00bb, je me propose maintenant d\u2019examiner si cela peut nous aider \u00e0 approcher la question de la pulsion<a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=706\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a08- L&rsquo;enroulement du moi et la pulsion\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-706","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-proposes-a-la-discussion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/706","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=706"}],"version-history":[{"count":17,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/706\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2385,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/706\/revisions\/2385"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=706"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=706"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=706"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}