{"id":614,"date":"2016-01-30T11:25:41","date_gmt":"2016-01-30T16:25:41","guid":{"rendered":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=614"},"modified":"2021-05-18T10:00:16","modified_gmt":"2021-05-18T14:00:16","slug":"pourquoi-partir-de-la-pulsion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=614","title":{"rendered":"2 &#8211; Pourquoi partir de la pulsion?"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Dans le cours de l\u2019\u00e9criture de mon introduction, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 conduit sans l\u2019avoir pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9 vers le concept de pulsion chez Freud. Cela, non pour \u00e9tudier les pulsions en tant que telles <sup class='footnote'><a href='#fn-614-1' id='fnref-614-1' onclick='return fdfootnote_show(614)'>1<\/a><\/sup>, mais en consid\u00e9rant que la question se pr\u00eate bien au projet de voir la pens\u00e9e de Freud \u00e0 l\u2019\u0153uvre. La notion de pulsion est, en elle-m\u00eame, objet de discussion, voire de discorde entre analystes, quand il s\u2019agit, par exemple, de la pulsion de mort; mais l\u2019id\u00e9e de pulsion en g\u00e9n\u00e9ral est remise en question tout aussi bien. Mon propos ici ne sera pas de prendre position, \u00ab&nbsp;pour&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;contre&nbsp;\u00bb la pulsion, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un programme politique. L\u2019objet de notre s\u00e9minaire \u00e9tant la pens\u00e9e freudienne, le mouvement de la pens\u00e9e autour de cette notion de pulsion est des plus int\u00e9ressants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une certaine fa\u00e7on, le mouvement qui, dans l\u2019article \u00ab&nbsp;Pulsions et destins de pulsions&nbsp;\u00bb conduit Freud de la notion physiologique de <em>stimulus<\/em> \u2014&nbsp;issu de l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019organisme \u2014 \u00e0 celle, m\u00e9tapsychologique, de <em>pulsion<\/em> \u2014originant de l\u2019int\u00e9rieur&nbsp;\u2014 est, \u00e0 \u00e9chelle r\u00e9duite, le m\u00eame que celui qui l\u2019a conduit de la neurologie \u00e0 l\u2019invention de la psychanalyse. Il s\u2019agit non d\u2019une rupture, mais d\u2019une <em>d\u00e9rivation<\/em>. Cela est particuli\u00e8rement visible \u00e0 la lecture des travaux majeurs produit entre 1890 et 1895: La <em>Contribution \u00e0 l\u2019\u00e9tude des aphasies<\/em> et le <em>Projet de psychologie scientifique<\/em> (aussi connu sous le nom d\u2019<em>Esquisse d\u2019une psychologie scientifique<\/em>). Nous pourrons y revenir. Cette d\u00e9rivation par Freud de la m\u00e9tapsychologie \u00e0 partir de la neurologie fait en sorte que les concepts et le vocabulaire de la psychanalyse, qui ont ouvert sur un domaine d\u2019exp\u00e9rience et de pens\u00e9e tout \u00e0 fait nouveau, pr\u00e9servent malgr\u00e9 tout un certain rapport \u00e0 la source extra\u2014 ou pr\u00e9-analytique. Les deux auteurs du <em>Vocabulaire de la psychanalyse<\/em>, Laplanche et Pontalis, ont tous deux exprim\u00e9 des choses fort int\u00e9ressantes \u00e0 ce sujet dans deux articles s\u00e9par\u00e9s. <sup class='footnote'><a href='#fn-614-2' id='fnref-614-2' onclick='return fdfootnote_show(614)'>2<\/a><\/sup> Ainsi, Pontalis \u00e9crivait-il&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab Le langage psychanalytique, pr\u00e9sente souvent un caract\u00e8re m\u00e9taphorique, marqu\u00e9 d\u2019anthropomorphisme (exemples : \u00e7a, surmoi) ou de r\u00e9f\u00e9rences explicites \u00e0 des registres non psychologiques (neuro-physiologie, biologie, mythologie). Ce caract\u00e8re m\u00e9taphorique prend en psychanalyse une valeur particuli\u00e8re, irr\u00e9ductible \u00e0 celle qu\u2019offre l\u2019emploi d\u2019images venant simplement illustrer des notions. [&#8230;] La diversit\u00e9 des registres utilis\u00e9s ne serait pas alors \u00e0 comprendre comme simple diversit\u00e9 des mod\u00e8les op\u00e9ratoires. Elle marque l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019un langage unifi\u00e9 \u00e9tant donn\u00e9 la nature m\u00eame de l\u2019objet \u00e0 appr\u00e9hender. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et Laplanche, dans une formulation l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rente, de faire noter que les entit\u00e9s psychanalytiques \u2014&nbsp;c\u2019est-\u00e0-dire, non pas les concepts mais ce que ces concepts d\u00e9signent \u2014 s\u2019obtiennent par d\u00e9rivation m\u00e9tonymique et m\u00e9taphorique, c&rsquo;est-\u00e0-dire par ressemblance et par voisinage. Mais il prend bien soin de mettre en garde contre une conception trop \u00ab&nbsp;langagi\u00e8re&nbsp;\u00bb de ces deux m\u00e9canismes de d\u00e9rivation:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab&nbsp;Ce serait cependant limiter ind\u00fbment nos conclusions que de les resserrer en la formule: les ph\u00e9nom\u00e8nes de langage structurent de part en part l\u2019\u00eatre humain. Ne serait-ce pas oublier, par exemple, qu\u2019au niveau m\u00eame de la biologie, un ph\u00e9nom\u00e8ne comme celui de la g\u00e9n\u00e9ration peut \u00e0 juste titre \u00eatre rapport\u00e9 \u00e0 ces deux axes: continuit\u00e9 ave l\u2019organisme g\u00e9niteur, ressemblance avec celui-ci?&nbsp;\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Autrement dit, la d\u00e9rivation par voisinage ou par ressemblance n\u2019est pas <em>elle-m\u00eame<\/em> une simple m\u00e9taphore. Il y a, \u00e0 sa racine, un rapport r\u00e9el. Pour revenir \u00e0 la pulsion, ce serait autant une erreur de vouloir r\u00e9duire sa conception psychanalytique \u00e0 celle d\u2019un \u00ab&nbsp;grand besoin&nbsp;\u00bb biologique, que de penser la s\u00e9parer irr\u00e9m\u00e9diablement de sa racine corporelle. Si, comme le propose Pontalis, les diverses origines des notions psychanalytiques imposent un langage qui ne peut \u00eatre unifi\u00e9, cela est peut-\u00eatre aussi la cons\u00e9quence du fait que l\u2019objet de la psychanalyse, l\u2019objet de sa recherche et de son travail, c\u2019est l\u2019\u00eatre humain dans toute sa complexit\u00e9, un \u00eatre somato-psychique, <em>corps<\/em>, mais dot\u00e9 d\u2019<em>histoire<\/em>; et surtout, \u00eatre auto-th\u00e9orisant, c&rsquo;est-\u00e0-dire qui parle de lui-m\u00eame, qui se fait une id\u00e9e de lui-m\u00eame, qui se raconte sa propre histoire. De sorte que biologie, psychologie, anthropologie, sociologie, mythologie, histoire\u2026 tout cela est n\u00e9cessairement mis \u00e0 contribution dans la conception psychanalytique. Cela peut parfois para\u00eetre \u00e9tourdissant et donner de la psychanalyse l\u2019image d\u2019un fatras, d\u2019un capharna\u00fcm dans lequel chacun est libre de choisir le c\u00f4t\u00e9 qui lui convient. Mais une autre vision possible, celle qui suppose qu\u2019il y a dans tout cela une m\u00e9thode \u00e0 l\u2019\u0153uvre, une tournure d\u2019esprit si l\u2019on veut.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi s\u2019attarder \u00e0 cette tournure d\u2019esprit plut\u00f4t que d\u2019examiner les seules propositions que la psychanalyse freudienne avance? C\u2019est que, comme il deviendra \u00e0 mon avis \u00e9vident, <em>ce que<\/em> la fa\u00e7on freudienne de penser met de l&rsquo;avant est solidaire du <em>comment<\/em> elle pense. Cela r\u00e9v\u00e8le qu\u2019entre les extr\u00eames de l\u2019objectivisme des sciences physico-chimiques et le subjectivisme de l\u2019introspection, entre la connaissance biologique de \u00ab&nbsp;l\u2019homme neuronal&nbsp;\u00bb et la connaissance sociologique de \u00ab&nbsp;l\u2019homme statistique&nbsp;\u00bb, entre la description en troisi\u00e8me personne et l\u2019auto-description en premi\u00e8re personne, se dessine une troisi\u00e8me voie de la connaissance, sp\u00e9cifique \u00e0 la psychanalyse <em>parce que<\/em> sp\u00e9cifique \u00e0 l\u2019\u00eatre humain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous lisons attentivement le texte de Freud sur les pulsions, nous voyons que la distinction et le maintien des liens sont tous deux pr\u00e9sents, au point o\u00f9 Freud peut m\u00eame sembler ne pas aller au bout de son enqu\u00eate psychanalytique.<br>Son texte se divise en deux grandes parties: la premi\u00e8re concerne les pulsions en g\u00e9n\u00e9ral; il s\u2019agit de pr\u00e9ciser la notion de pulsion en tant que <em>stimulus<\/em>, mais d\u2019origine interne. \u00c0 la diff\u00e9rence des <em>stimuli<\/em> ordinaires (passagers, voire accidentels), la pulsion est con\u00e7ue comme \u00e9manant de <em>l\u2019int\u00e9rieur du corps<\/em> avec cette autre caract\u00e9ristique, qu\u2019elle exerce une <em>pression constante<\/em> tant qu\u2019elle n\u2019a pas re\u00e7u satisfaction. Mais \u00e0 ce stade de l\u2019expos\u00e9 de Freud il est bon de se rappeler qu\u2019il parle de pulsions en g\u00e9n\u00e9ral. La faim et la soif, par exemple, correspondent tout \u00e0 fait \u00e0 la d\u00e9finition. Il en va de m\u00eame pour les quatre composantes de la pulsion (source, pouss\u00e9e, but et objet) s\u2019appliquent \u00e0 toutes les pulsions.<br>La deuxi\u00e8me partie se concentre sur les pulsions sexuelles. Freud vient de pr\u00e9ciser qu\u2019il n\u2019est pas du tout acquis que la s\u00e9paration entre \u00ab&nbsp;pulsions du Moi&nbsp;\u00bb (ou d\u2019autoconservation) et pulsions sexuelles soit une condition n\u00e9cessaire:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab&nbsp;\u2026[E]lle est une simple construction adjuvante qui ne sera maintenue qu\u2019aussi longtemps qu\u2019elle s\u2019av\u00e9rera utile, et dont le remplacement par une autre n\u2019apportera pas de changements aux r\u00e9sultats de notre travail de description et de mise en ordre.&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;171)<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Freud explique aussit\u00f4t qu\u2019il fait la distinction entre les deux cat\u00e9gories \u00e0 cause de l\u2019<em>occasion<\/em> que la pratique de la psychanalyse lui a fourni: la pratique avec les \u00ab&nbsp;n\u00e9vroses de transfert&nbsp;\u00bb o\u00f9 il a pu \u00ab&nbsp;discerner qu\u2019un conflit entre les revendications de la sexualit\u00e9 et celles du moi se trouve \u00e0 la racine de chaque affection de cette sorte&nbsp;\u00bb (p. 177-178). C\u2019est donc, dirait-on, le hasard de la pratique clinique qui l\u2019a amen\u00e9 \u00e0 porter son attention aux pulsions sexuelles. Et on le dirait presque prescient des changements qu\u2019il apportera apr\u00e8s 1920 lorsqu\u2019il ajoute:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab&nbsp;Quoiqu\u2019il en soit, il est possible qu\u2019une \u00e9tude approfondie des autres affections n\u00e9vrotiques (surtout des psychon\u00e9vroses narcissiques: les schizophr\u00e9nies) vienne obliger \u00e0 modifier cette formule et, en m\u00eame temps, \u00e0 grouper autrement les pulsions originaires.&nbsp;\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>On voit donc que, du moins dans le cours de l\u2019\u00e9laboration de la pens\u00e9e, Freud est loin de poser des concepts fermement \u00e9tablis. Il essaie tout simplement de se donner des instruments de pens\u00e9e (c\u2019est cela des concepts: des outils) gr\u00e2ce auxquels il peut mettre un certain ordre, ne serait-ce que provisoire, dans ce qu\u2019il recueille de l\u2019exp\u00e9rience. Et il accepte d\u2019avance que cet ordre puisse, voire doive, \u00eatre modifi\u00e9 par l\u2019acquisition de nouvelles donn\u00e9es de l\u2019exp\u00e9rience.<br>On pourrait l\u2019imaginer r\u00e9sumant, en 1915, sa mani\u00e8re de concevoir ces probl\u00e8mes \u00e0 peu pr\u00e8s comme ceci:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab&nbsp;J\u2019ai constat\u00e9 quelque chose comme un conflit entre les revendications de la sexualit\u00e9 et le moi des n\u00e9vros\u00e9s que j\u2019ai eu \u00e0 traiter. J\u2019essaie de m\u2019approcher d\u2019une conception g\u00e9n\u00e9rale de ce qui se passe dans ces conflits. Je constate que la sexualit\u00e9 figure parmi les grands besoins de l\u2019organisme, au m\u00eame titre que la faim ou la soif. Ces grands besoins se distinguent des <em>stimuli<\/em> ordinaires par le fait qu\u2019ils viennent de l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019organisme et qu\u2019ils ne se dissipent pas s\u2019ils n\u2019ont pas trouv\u00e9 l\u2019objet de leur satisfaction.<br>On peut appeler <em>pulsions<\/em> ces grands besoins pour les distinguer des <em>stimuli<\/em> ordinaires. En essayant de mettre un certain ordre dans le domaine des pulsions, mon exp\u00e9rience m\u2019am\u00e8ne \u00e0 mettre celles que j\u2019ai pu \u00e9tudier de plus pr\u00e8s \u2014&nbsp;les pulsions sexuelles&nbsp;\u2014 dans une classe \u00e0 part, puisqu\u2019elles semblent entrer dans un rapport diff\u00e9rent avec le moi. Celui-ci peut \u00eatre dit en bon voisinage avec les pulsions d\u2019autoconservation, puisque celles-ci, comme leur nom l\u2019indique, sont au service de la pr\u00e9servation du moi et de l\u2019organisme dont il est le repr\u00e9sentant. Les pulsions sexuelles, par contre, peuvent entrer en conflit avec le moi. Il ya donc lieu de les distinguer pour cette raison. En effet, elles ne semblent pas aussi clairement au service du moi, mais bien plus au service de l\u2019esp\u00e8ce. Autant on peut dire que la sexualit\u00e9 est une fonction de l\u2019organisme, autant on peut voir le rapport inverse: c\u2019est l\u2019organisme qui est au service des exigences de l\u2019esp\u00e8ce, \u00e0 travers la sexualit\u00e9. J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 propos\u00e9, en 1905, qu\u2019on pourrait donner le nom de <em>libido<\/em> \u00e0 l\u2019\u00e9nergie qui anime la pulsion sexuelle, \u00e9quivalente de la <em>faim<\/em> pour la pulsion de nutrition. (Cf. <em>Trois Essais sur la th\u00e9orie sexuelle<\/em>)<br>J\u2019essaie maintenant de suivre le chemin qui s\u2019ouvre devant moi par cette mise en ordre entre les sortes de pulsion et voir o\u00f9 cela m\u00e8ne. Je mets donc \u00e0 plus fort grossissement mon examen des pulsions sexuelles. Je constate alors que, \u00e0 la diff\u00e9rence des autres pulsions, les revendications des pulsions sexuelles peuvent avoir des destins tr\u00e8s particuliers: renversement en leur contraire, retournement sur la personne propre, refoulement, sublimation\u2026 rien de tout cela ne peut se produire avec la faim ou la soif\u2026\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>On voit ainsi que le proc\u00e9d\u00e9 d\u2019investigation de Freud est tr\u00e8s simple et qu\u2019il suit exactement le chemin qu\u2019il a d\u00e9crit au tout d\u00e9but de son texte (cf. la longue citation dans mon article pr\u00e9c\u00e9dent). On voit \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u0153uvre le m\u00e9canisme de <em>d\u00e9rivation<\/em> dont nous parlions au d\u00e9but.<br>L\u2019erreur \u00e0 ne pas commettre ici est de penser que cela n\u2019est que sp\u00e9culation et n\u2019a que peu ou pas d\u2019utilit\u00e9 clinique. Bien au contraire! D\u2019une part, nous sommes partis de l\u2019observation proprement clinique. Ensuite Freud a invoqu\u00e9 un facteur de motivation des conduites humaines: les grands besoins. Mais en \u00e9tudiant le plus pr\u00e8s le grand besoin qu\u2019est la sexualit\u00e9 il en observe les diff\u00e9rences tr\u00e8s significatives d\u2019avec les autres. Ceci ouvre alors la porte \u00e0 bien des consid\u00e9rations, mais dont Freud dit d\u2019embl\u00e9e que tout cela n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre coul\u00e9 dans le b\u00e9ton\u2026<br>Cela est une bonne nouvelle pour la psychanalyse: c\u2019est la preuve que celle-ci n\u2019est pas une \u00ab&nbsp;v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00e0 un sage sur la montagne&nbsp;\u00bb, ce n\u2019est pas un dogme auquel il faut adh\u00e9rer, mais une proposition pour comprendre des ph\u00e9nom\u00e8nes qui autrement restent inexpliqu\u00e9s. Mieux encore: cette mise en ordre nous appara\u00eet en r\u00e9trospective comme bien articul\u00e9e \u00e0 ce qui, plus ou moins spontan\u00e9ment, s\u2019est mis en place peu \u00e0 peu comme m\u00e9thode de traitement en psychanalyse: la d\u00e9limitation de l\u2019espace analytique, avec son cadre physique, temporel et l\u2019attitude requise des deux participants. Nous y reviendrons.<br>C\u2019est aussi, par cons\u00e9quent, une bonne nouvelle pour nous, puisque Freud, contrairement \u00e0 l\u2019image qu\u2019on v\u00e9hicule parfois, nous accorde d\u2019avance la possibilit\u00e9 de d\u00e9crire les choses autrement s\u2019il se trouve que de nouveaux faits ou de nouvelles perspectives semblent le permettre, voire l\u2019exiger.<\/p>\n\n\n<div class='footnotes' id='footnotes-614'><div class='footnotedivider'><\/div><ol><li id='fn-614-1'> Pour ceux que cela int\u00e9resse, j\u2019ai mis en ligne, \u00e0 la page \u00ab&nbsp;documents&nbsp;\u00bb, mon petit bouquin <em>Les Pulsions,<\/em> (Que sais-je?, 2004, \u00e9puis\u00e9). <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-614-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-614-2'> J. Laplanche, \u00ab&nbsp;D\u00e9rivation des entit\u00e9s psychanalytiques&nbsp;\u00bb, in <em>Le primat de l\u2019autre en psychanalyse,<\/em> Paris, Flammarion, \u00ab&nbsp;Champs&nbsp;\u00bb, 1992; J.-B. Pontalis, \u00ab&nbsp;Question de mots&nbsp;\u00bb, in <em>Apr\u00e8s Freud,<\/em> Gallimard, coll. \u00ab&nbsp;Tel&nbsp;\u00bb, 1968. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-614-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le cours de l\u2019\u00e9criture de mon introduction, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 conduit sans l\u2019avoir pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9 vers le concept de pulsion chez Freud. Cela, non pour \u00e9tudier les pulsions en tant que telles 1, mais en consid\u00e9rant que la question se pr\u00eate bien au projet de voir la pens\u00e9e de Freud \u00e0 l\u2019\u0153uvre. La notion de pulsion<a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=614\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a02 &#8211; Pourquoi partir de la pulsion?\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-614","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-proposes-a-la-discussion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/614","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=614"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/614\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1755,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/614\/revisions\/1755"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=614"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=614"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=614"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}