{"id":2524,"date":"2020-03-14T18:45:10","date_gmt":"2020-03-14T22:45:10","guid":{"rendered":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2524"},"modified":"2024-08-02T18:54:22","modified_gmt":"2024-08-02T22:54:22","slug":"27-paradigme-et-transduction-quantite-et-sens-solipsisme-ou-intersubjectivite-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2524","title":{"rendered":"27- PARADIGME ET TRANSDUCTION. QUANTIT\u00c9 ET SENS. SOLIPSISME OU INTERSUBJECTIVIT\u00c9?"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Ann\u00e9e 2019-2020<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>L\u2019\u00caTRE EN QUESTION<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>PARADIGME ET TRANSDUCTION. QUANTIT\u00c9 ET SENS. SOLIPSISME OU INTERSUBJECTIVIT\u00c9?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Dominique Scarfone<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/27-PARADIGME-ET-TRANSDUCTION.-QUANTITE-ET-SENS.-SOLIPSISME-OU-INTERSUBJECTIVITE.pdf\">VERSION PDF<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Si on est en droit de penser que tout ce que l\u2019humain pense, dit ou fait est en r\u00e9alit\u00e9 une tentative de r\u00e9ponse \u00e0 une question, il reste que cette question peut ne pas avoir \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e consciemment, voire, pas formul\u00e9e du tout. L\u2019expression&nbsp;\u00ab&nbsp;\u00eatre en question&nbsp;\u00bb d\u00e9crirait plut\u00f4t une situation de base de l\u2019\u00eatre humain, expos\u00e9 comme on l\u2019a vu \u00e0 l\u2019\u00e9nigme du message de l\u2019autre et, par la suite, \u00e0 sa propre \u00e9nigme qu\u2019est l\u2019inconscient. Pourquoi alors poser le probl\u00e8me en termes de \u00ab&nbsp;questions&nbsp;\u00bb&nbsp;? Il faut accepter d\u2019\u00e9largir le sens de ce mot si l\u2019on consid\u00e8re que chez l\u2019humain la psych\u00e9-corps est constamment excit\u00e9e, d\u00e9rang\u00e9e, intrigu\u00e9e, irrit\u00e9e, sollicit\u00e9e, s\u00e9duite, provoqu\u00e9e, bref, interrog\u00e9e par ce qui vient de l\u2019autre. Je vous soumets donc l\u2019id\u00e9e que tout ce qui nous d\u00e9porte un tant soit peu de notre continuit\u00e9, de notre routine, de notre somnolence, de notre continuel discours int\u00e9rieur etc. cela peut se concevoir comme une \u00ab&nbsp;question&nbsp;\u00bb. Le mot m\u00eame de \u00ab&nbsp;question&nbsp;\u00bb remonte au latin quaestio qui lui-m\u00eame d\u00e9rive du verbe quaerere = qu\u00e9rir qui va aussi avec enqu\u00eater. La question correspond donc, sans surprise, \u00e0 la qu\u00eate. Mais il y a eu aussi la pratique de \u00ab&nbsp;questionner&nbsp;\u00bb, ce qui pouvait se dire aussi \u00ab&nbsp;soumettre \u00e0 la question&nbsp;\u00bb, qui signifiait interroger, en usant au besoin de la torture pour arracher des aveux\u2026 Une \u00ab&nbsp;question&nbsp;\u00bb a aussi pris le sens d\u2019un sujet \u00e0 controverse, voire d\u2019une dispute, d\u2019un d\u00e9bat (disputatio \u00e9tant une discussion). Histoire de dire que \u00ab&nbsp;question&nbsp;\u00bb n\u2019est pas un mot quelconque.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9rangement, le trouble, l\u2019interrogation, nous pouvons le signaler par des questions, implicites ou explicites : \u00ab&nbsp;Qu\u2019arrive-t-il&nbsp;? Qu\u2019y a-t-il&nbsp;? Que me veut-on&nbsp;? Pourquoi moi&nbsp;?&nbsp;\u00bb etc. Ces interrogations mettent en marche la fonction fondamentale de la psych\u00e9 d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e, qui est de \u00ab&nbsp;traduire&nbsp;\u00bb<sup class='footnote'><a href='#fn-2524-1' id='fnref-2524-1' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>1<\/a><\/sup> et, traduisant, de construire du sens. Je rappelle \u00e0 pr\u00e9sent que si la psych\u00e9 a besoin de formuler des r\u00e9ponses, c\u2019est pour diminuer la tension produite par les \u00ab&nbsp;questions&nbsp;\u00bb que lui pose la rencontre de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9. Cette baisse de tension, c\u2019est tout le sens du principe de plaisir tel qu\u2019invoqu\u00e9 par Freud \u00e0 la suite de Fechner, principe qui s\u2019accorde avec celui de von Helmholtz, selon lequel la t\u00e2che essentielle du syst\u00e8me nerveux central, c\u2019est d\u2019abaisser au plus bas niveau possible la quantit\u00e9 d\u2019\u00e9nergie libre. Cette notion d\u2019\u00e9nergie libre renvoie, notons-le, au point de vue \u00e9conomique de la m\u00e9tapsychologie de Freud. Elle a \u00e9t\u00e9 examin\u00e9e par Breuer et Freud d\u00e8s les \u00c9tudes sur l\u2019hyst\u00e9rie (1895), et Freud la reprendra fr\u00e9quemment par la suite, y compris assez tard dans son \u0153uvre, dans Au-del\u00e0 du principe de plaisir (1919-20). L\u00e0, Freud affirme \u00e0 son tour que la t\u00e2che fondamentale de la psych\u00e9 peut se formuler en termes \u00e9conomiques comme la t\u00e2che de lier l\u2019\u00e9nergie d\u2019excitation. Un \u00e9chec grave de cette liaison, c\u2019est ce qui produit un traumatisme psychique.<\/p>\n\n\n\n<p>En revenant ainsi au point de vue \u00e9conomique, nous nous inscrivons dans la ligne des souhaits de Freud qui d\u00e9plorait souvent le trop peu d\u2019usage qu\u2019on fait de ce point de vue dans les \u00e9crits psychanalytiques. Ce point de vue concerne la notion de quantit\u00e9 et correspond donc \u00e0 ce qui \u00e9chappe \u00e0 la repr\u00e9sentation, du moins tant que la quantit\u00e9 en question (!) n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;enrob\u00e9e&nbsp;\u00bb dans une forme (ou, si l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re, tant que la quantit\u00e9 ne s\u2019est pas investie dans une forme). Dans un des premiers textes m\u00e9tapsychologiques, intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Les n\u00e9vropsychoses de d\u00e9fense&nbsp;\u00bb<sup class='footnote'><a href='#fn-2524-2' id='fnref-2524-2' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>2<\/a><\/sup> Freud termine par cette remarque:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je vais pour finir rappeler en peu de mots la repr\u00e9sentation adjuvante dont je me suis servi dans cette pr\u00e9sentation des n\u00e9vroses de d\u00e9fense. C\u2019est la repr\u00e9sentation selon laquelle, dans les fonctions psychiques, quelque chose est \u00e0 diff\u00e9rencier (montant d\u2019affect, somme d\u2019excitation) qui a toutes les propri\u00e9t\u00e9s d\u2019une quantit\u00e9 \u2013&nbsp;bien que nous ne poss\u00e9dions aucun moyen de mesurer celle-ci&nbsp;\u2013, quelque chose qui est capable d\u2019agrandissement, d\u2019amoindrissement, de d\u00e9placement et d\u2019\u00e9conduction [d\u00e9charge], et qui s\u2019\u00e9tend sur les traces m\u00e9morielles des repr\u00e9sentations, un peu comme une charge \u00e9lectrique sur la surface des corps.&nbsp;\u00bb (p. 17-18, italiques ajout\u00e9s par moi.)<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette citation, c\u2019est la quantit\u00e9 qui, comme une charge \u00e9lectrique, \u00ab&nbsp;enrobe&nbsp;les traces m\u00e9morielles de repr\u00e9sentations&nbsp;\u00bb. Dans le cas Dora, Freud parle au contraire de l\u2019enrobage psychique (donc: enrobage par la repr\u00e9sentation) d\u2019un noyau de n\u00e9vrose actuelle. On voit donc que l\u2019on peut, indiff\u00e9remment, se repr\u00e9senter la quantit\u00e9 comme enrob\u00e9e de repr\u00e9sentation ou, comme ci-haut, la quantit\u00e9 qui s\u2019\u00e9tend sur les traces des repr\u00e9sentations (notons l\u2019expression). Quelle que soit l\u2019image que l\u2019on se donne, on voit que la quantit\u00e9 ne voyage pas seule. Il y a toujours une forme qui enrobe \u2013&nbsp;ou est enrob\u00e9e par&nbsp;\u2013 la quantit\u00e9 d\u2019\u00e9nergie. J\u2019emploie le mot \u00ab&nbsp;enrob\u00e9e&nbsp;\u00bb pour dire que la quantit\u00e9 ne s\u2019est pas transform\u00e9e en qualit\u00e9, mais que la forme se pr\u00eate (c\u2019est encore l\u2019Entgegenkommen dont nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9) \u00e0 la quantit\u00e9 (ou que la quantit\u00e9 se pr\u00eate \u00e0 la forme). Cette prestation mutuelle est une liaison et comporte de ce fait un d\u00e9lai, voire une inhibition de la d\u00e9charge. Mais l\u2019inhibition est seulement partielle parce qu\u2019on peut noter que la jonction forme-quantit\u00e9, permet que la quantit\u00e9 soit per\u00e7ue; or cette manifestation de la quantit\u00e9 se trouve \u00e0 baisser la tension, agissant ainsi comme une d\u00e9charge modul\u00e9e. Il s\u2019agit de la dimension affective de toute repr\u00e9sentation et de son expression.<\/p>\n\n\n\n<p>Au plan clinique, c\u2019est ce dont parle Freud en 1914 en introduisant la notion de perlaboration (Durcharbeitung, Working-through): processus qui est lent \u2013 \u00ab&nbsp;une \u00e9preuve de patience&nbsp;\u00bb, \u00e9crit Freud&nbsp;\u2013 mais qu\u2019on \u00ab&nbsp;peut mettre en parall\u00e8le avec l\u2019\u201cabr\u00e9action\u201d des montants d\u2019affect rest\u00e9s coinc\u00e9s&nbsp;\u00bb<sup class='footnote'><a href='#fn-2524-3' id='fnref-2524-3' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>3<\/a><\/sup> Cette fonction d\u2019inhibition par la liaison de la quantit\u00e9 dans une forme n\u2019est pas sans rappeler aussi le commentaire de Freud \u00e0 propos du moi, dans le Projet de 1895, \u00e0 savoir que sa seule pr\u00e9sence a un effet d\u2019inhibition. Or dans ce texte, le moi n\u2019est autre qu\u2019un ensemble de \u00ab&nbsp;neurones&nbsp;\u00bb bien fray\u00e9s (on peut aussi dire: repr\u00e9sentations interconnect\u00e9es); par cons\u00e9quent on peut dire que le moi n\u2019est autre qu\u2019une forme se pr\u00eatant \u00e0 la circulation de la quantit\u00e9 d\u2019excitation. On peut dire aussi qu\u2019une fois que cette forme centrale du moi est en place, les autres formes \u2013&nbsp;celles qui seront trouv\u00e9es ensuite du fait de la tra(ns)duction&nbsp;\u2013 auront tendance \u00e0 s\u2019agglutiner \u00e0 cette forme principale, et cela selon le principe m\u00eame du frayage qui a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 la formation et au maintien du moi et qui donne lieu \u00e0 ce qu\u2019il appelle alors \u00ab&nbsp;investissement lat\u00e9ral&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une digression : Simondon, la transduction et l\u2019individuation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il me faut ici, avant de poursuivre, introduire quelques notions prises chez Gilbert Simondon, un philosophe qu\u2019on gagne \u00e0 conna\u00eetre. Je m\u2019int\u00e9resse ici \u00e0 son ouvrage intitul\u00e9 L\u2019individuation psychique et collective<sup class='footnote'><a href='#fn-2524-4' id='fnref-2524-4' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>4<\/a><\/sup>, o\u00f9 se trouve mise au centre la notion de transduction. Bien que je me sois int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 la transduction longtemps avant de conna\u00eetre l\u2019\u0153uvre de Simondon, je crois que l\u2019on trouve chez lui une conception de la chose qui a beaucoup de r\u00e9sonances avec ce dont j\u2019essaie de traiter ici. Comme le titre du livre l\u2019indique, Simondon parle avant tout d\u2019un processus d\u2019individuation, qu\u2019on peut \u00e0 mon avis aussi appeler \u00ab&nbsp;diff\u00e9renciation&nbsp;\u00bb. Simondon prend comme mod\u00e8le de base un processus tr\u00e8s \u00e9l\u00e9mentaire: celui de la formation d\u2019un cristal au sein d\u2019une solution sursatur\u00e9e. En effet, mettez plus de sel que ne peut en dissoudre un liquide \u00e0 la temp\u00e9rature de la pi\u00e8ce, mais en ayant chauff\u00e9 ce dernier pour qu\u2019il en dissolve la totalit\u00e9, puis refroidissez le liquide lentement et ins\u00e9rez un \u00ab&nbsp;germe de cristal&nbsp;\u00bb, et vous verrez se former autour de ce germe un cristal qui se met \u00e0 cro\u00eetre de fa\u00e7on tr\u00e8s ordonn\u00e9e comme si une main invisible le fa\u00e7onnait tr\u00e8s m\u00e9ticuleusement. \u00c9videmment, il n\u2019y a pas de main invisible. Il y a le processus que Simondon appelle transduction, qui signifie la reproduction de proche en proche d\u2019une m\u00eame structure. La structure cristalline existante semble \u00ab&nbsp;inviter&nbsp;\u00bb (autre version possible de l\u2019Entgegekommen) les sels en solution sursatur\u00e9e \u00e0 venir s\u2019organiser selon le m\u00eame patron autour d\u2019elle.<\/p>\n\n\n\n<p>On aura reconnu dans ce \u00ab&nbsp;de proche en proche&nbsp;\u00bb l\u2019id\u00e9e de paradigme selon Agamben que nous a expos\u00e9e Richard Simpson la fois derni\u00e8re et qui frappe par la description d\u2019un processus tr\u00e8s semblable \u00e0 celui de transduction. Comme je le signalais l\u2019autre jour, le terme de transduction avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 par Jean Piaget lorsque celui-ci \u00e9tablissait que la logique de l\u2019enfant, au stade de pens\u00e9e qu\u2019il nomme \u00ab&nbsp;pr\u00e9-op\u00e9ratoire&nbsp;\u00bb, n\u2019est ni inductive ni d\u00e9ductive, mais transductive, ce qui correspond presque mot pour mot \u00e0 ce qu\u2019\u00e9crit Agamben, cit\u00e9 par Simpson: \u00ab&nbsp;Le paradigme est une forme de connaissance ni inductive ni d\u00e9ductive, mais analogique, qui proc\u00e8de de singularit\u00e9 en singularit\u00e9&nbsp;\u00bb<sup class='footnote'><a href='#fn-2524-5' id='fnref-2524-5' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>5<\/a><\/sup>. Piaget dit que l\u2019enfant au stade de pens\u00e9e pr\u00e9-op\u00e9ratoire utilise \u00ab&nbsp;le raisonnement transductif qui conclut du singulier au singulier&nbsp;\u00bb<sup class='footnote'><a href='#fn-2524-6' id='fnref-2524-6' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>6<\/a><\/sup>. Il nous faudrait un trop long d\u00e9tour pour examiner le fait que Piaget associe cette logique transductive \u00e0 la notion de participation dans la pens\u00e9e \u00ab&nbsp;primitive&nbsp;\u00bb, qu\u2019il d\u00e9finit ainsi:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Nous appellerons \u00ab participation \u00bb, conform\u00e9ment \u00e0 la d\u00e9finition donn\u00e9e par M. L\u00e9vy-Bruhl, la relation que la pens\u00e9e primitive croit apercevoir entre deux \u00eatres ou deux ph\u00e9nom\u00e8nes qu\u2019elle consid\u00e8re soit comme partiellement identiques, soit comme ayant une influence \u00e9troite l\u2019un sur l\u2019autre, bien qu\u2019il n\u2019y ait entre eux ni contact spatial, ni connexion causale intelligible. On peut discuter l\u2019application de ce concept \u00e0 la pens\u00e9e de l\u2019enfant, mais c\u2019est une question de mots. Il se peut que la participation chez l\u2019enfant diff\u00e8re de la participation chez le primitif. Mais elles se ressemblent et il suffit de cela pour que nous soyons autoris\u00e9s \u00e0 choisir notre vocabulaire parmi les expressions les plus ad\u00e9quates qu\u2019on ait trouv\u00e9es pour peindre la pens\u00e9e primitive : nous ne pr\u00e9jugeons pas, pour autant, de l\u2019identit\u00e9 des diff\u00e9rentes formes de participation que l\u2019on peut distinguer.&nbsp;\u00bb (op. cit. p. 113, italiques ajout\u00e9s par moi).<\/p>\n\n\n\n<p>Je laisse de c\u00f4t\u00e9 la discussion de ce qu\u2019il faut entendre par \u00ab&nbsp;primitif&nbsp;\u00bb, notion aujourd\u2019hui fort critiqu\u00e9e, et pour cause. Retenons pour le moment que si cela semble loin de la croissance des cristaux d\u00e9crite par Simondon, \u00e0 laquelle Piaget ne pensait probablement pas, il est n\u00e9anmoins \u00e0 noter que dans les deux cas la logique semble comparable: \u00ab&nbsp;de proche en proche&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;du singulier au singulier&nbsp;\u00bb semblent d\u00e9crire un m\u00eame type de mouvement. Simondon dit par ailleurs qu\u2019un nouveau cristal qui vient de s\u2019ajouter \u00e0 la masse cristalline en croissance sert \u00e0 son tour de mod\u00e8le (on pourrait dire de paradigme) pour les formations de cristal qui suivront.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela pose la question de savoir ce qui se passe quand certaines formes produites ne s\u2019associent pas facilement au moi et restent dans la zone interm\u00e9diaire entre inconscient et pr\u00e9concient-conscient. Freud les appelle les rejetons de l\u2019inconscient.<sup class='footnote'><a href='#fn-2524-7' id='fnref-2524-7' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>7<\/a><\/sup> Mais quelles sont les caract\u00e9ristiques qui font que ces formes s\u2019int\u00e8grent moins facilement que d\u2019autres dans le moi&nbsp;? Nous avons l\u2019impression qu\u2019il faut dans ce cas consid\u00e9rer que ces formes restent porteuses de \u00ab&nbsp;restes pulsionnels&nbsp;\u00bb,&nbsp;c&rsquo;est-\u00e0-dire, sont encore dot\u00e9es d\u2019un quantum d\u2019\u00e9nergie non-li\u00e9e. La forme interm\u00e9diaire ainsi trouv\u00e9e n\u2019a pas totalement li\u00e9 le quantum d\u2019\u00e9nergie et par cons\u00e9quent ne peut pas totalement \u00eatre \u00ab&nbsp;int\u00e9gr\u00e9e&nbsp;\u00bb au moi.<sup class='footnote'><a href='#fn-2524-8' id='fnref-2524-8' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>8<\/a><\/sup> Les formes interm\u00e9diaires dans lesquelles Freud voit des rejetons de l\u2019inconscient, qui \u00ab&nbsp;appartiennent qualitativement au syst\u00e8me Pcs [c\u2019est-\u00e0-dire : ils ont une forme] mais de fait \u00e0 l\u2019Ics. [c\u2019est-\u00e0-dire : ils son encore essentiellement porteurs d\u2019une \u00e9nergie non-li\u00e9e]&nbsp;\u00bb<sup class='footnote'><a href='#fn-2524-9' id='fnref-2524-9' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>9<\/a><\/sup>. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment, on peut pousser la question plus loin. En r\u00e9alit\u00e9, il ne saurait y avoir quoi que ce soit de diff\u00e9renci\u00e9 et encore vivant, qui ne serait pas porteur d\u2019un charge d\u2019\u00e9nergie encore disponible (\u00e9nergie libre). Ainsi, Simondon \u00e9crit:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;\u2026l\u2019individu comme \u00eatre d\u00e9fini, isol\u00e9, consistant, [entendre, un \u00e9l\u00e9ment diff\u00e9renci\u00e9] ne serait qu\u2019une des deux parts de la r\u00e9alit\u00e9 compl\u00e8te [\u2026] il serait le r\u00e9sultat d\u2019un certain \u00e9v\u00e9nement organisateur [\u2026] le partageant en deux r\u00e9alit\u00e9s compl\u00e9mentaires: l\u2019individu et le milieu associ\u00e9 apr\u00e8s l\u2019individuation; le milieu associ\u00e9 est le compl\u00e9ment de l\u2019individu par rapport au tout originel.&nbsp;\u00bb<sup class='footnote'><a href='#fn-2524-10' id='fnref-2524-10' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>10<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on voulait absolument traduire cela en langage m\u00e9tapsychologique on pourrait dire qu\u2019un quantum d\u2019\u00e9nergie psychique trouve dans le champ o\u00f9 il appara\u00eet un \u00ab&nbsp;germe organisateur&nbsp;\u00bb, ce qui donne lieu \u00e0 une diff\u00e9renciation [Simondon dit: individuation] au sein de ce champ entre une forme et ce qui devient son milieu parce que la forme n\u2019a pas absorb\u00e9 toute l\u2019\u00e9nergie. Or, ce qui importe, c\u2019est qu\u2019aucun syst\u00e8me vivant ne peut rester tel sans avoir un milieu associ\u00e9 qui lui procure en continu cette \u00e9nergie. Simondon appelle cela la \u00ab&nbsp;m\u00e9tastabilit\u00e9&nbsp;\u00bb du syst\u00e8me, puisque une stabilit\u00e9 totale, obtenue une fois pour toutes, c\u2019est tout simplement la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>La formation du moi au sein d\u2019un ensemble ? au d\u00e9part indiff\u00e9renci\u00e9, telle que la d\u00e9crit Freud dans le Projet me semble correspondre tout \u00e0 fait \u00e0 cette id\u00e9e. Le moi s\u2019organise par voie de frayage qui forme un tout m\u00e9tastable avec les \u00ab&nbsp;neurones&nbsp;\u00bb qui ne s\u2019y sont pas associ\u00e9s et o\u00f9 l\u2019\u00e9nergie circule librement.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais on peut poursuivre sur cette lanc\u00e9e en se demandant si, dans les faits, le moi lui-m\u00eame ne serait pas cette sorte de syst\u00e8me hybride, comme se le repr\u00e9sentait d\u2019ailleurs Freud dans Le moi et le \u00e7a, tendu entre inconscient et pr\u00e9conscient-conscient, avec des racines dans le \u00e7a et des antennes dans le syst\u00e8me perception-conscience orient\u00e9 vers le monde ext\u00e9rieur (Pc-Cs d\u2019o\u00f9 arrivent les \u00ab&nbsp;germes organisateurs). Le moi lui-m\u00eame serait subdivis\u00e9 en une part tr\u00e8s (voire trop) coh\u00e9rente, faite d\u2019habitus, de traits de caract\u00e8re difficilement amovibles, et une part plus mobile, dot\u00e9e d\u2019une \u00e9nergie moins li\u00e9e. Nous le retrouverions ainsi d\u2019une part, selon la d\u00e9finition classique, comme \u00ab&nbsp;surface&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;projection d\u2019une surface&nbsp;\u00bb, mais peut-\u00eatre plus encore comme interface entre l\u2019inconscient et le monde ext\u00e9rieur. Dans ce sens, le moi ne peut-\u00eatre que m\u00e9tastable, toujours remis en question, tant par ce qui vient du refoul\u00e9 (autre \u00ab&nbsp;int\u00e9rieur&nbsp;\u00bb, si on veut) que de ce qui vient de l\u2019autre ext\u00e9rieur, et le for\u00e7ant \u00e0 perp\u00e9tuellement se questionner\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Qu\u2019entendons-nous par \u00ab&nbsp;quantit\u00e9&nbsp;\u00bb?<\/strong><br>Revenons bri\u00e8vement \u00e0 la notion de transduction. Si on pense \u00e0 ce qui se passe quand la quantit\u00e9 est \u00ab&nbsp;capt\u00e9e&nbsp;\u00bb dans une forme, enrob\u00e9e par elle, on voit tout de suite que le terme de traduction ne saurait convenir. La quantit\u00e9, en effet, ne se pr\u00e9sente pas comme un syst\u00e8me de signes qu\u2019on pourrait traduire en un autre syst\u00e8me de signes. La quantit\u00e9 d\u2019excitation est largement \u00e9trang\u00e8re au \u00ab&nbsp;signifier que&nbsp;\u00bb, mais aussi relativement ind\u00e9pendante du \u00ab&nbsp;signifier \u00e0&nbsp;\u00bb que pourtant elle accompagne. \u00c0 supposer que l\u2019on puisse mesurer l\u2019excitation, on ne noterait pas n\u00e9cessairement une correspondance entre l\u2019intensit\u00e9 du message \u00e9manant de l\u2019autre et la quantit\u00e9 d\u2019excitation que cela cause au p\u00f4le r\u00e9cepteur. Un \u00ab&nbsp;message&nbsp;\u00bb quantitativement tr\u00e8s \u00ab&nbsp;t\u00e9nu&nbsp;\u00bb peut avoir valeur traumatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons que nous sommes en pr\u00e9sence de syst\u00e8mes op\u00e9rationnellement clos (Varela). Cette cl\u00f4ture n\u2019est pas de type g\u00e9ographique, mais plut\u00f4t de type fonctionnel. Quelque chose se pr\u00e9sente au p\u00f4le perceptif du syst\u00e8me et y cause un d\u00e9rangement auquel le syst\u00e8me r\u00e9pond d\u2019abord en se r\u00e9organisant lui-m\u00eame, selon ses propres lois de fonctionnement. L\u2019organisme r\u00e9cepteur ne laisse donc pas \u00ab&nbsp;entrer&nbsp;\u00bb le sens, il le construit \u00e0 partir de l\u2019ensemble des stimuli per\u00e7us. Jusqu\u2019\u00e0 un certain point, cela est vrai m\u00eame dans la traduction litt\u00e9raire&nbsp;: le traducteur \u00e9labore un sens \u00e0 partir de sa propre langue (langue d\u2019arriv\u00e9e), en respectant autant que possible les lois propres \u00e0 celle-ci, mais il peut arriver que le travail de traduction l\u2019oblige \u00e0 cr\u00e9er des formes nouvelles dans la langue d\u2019arriv\u00e9e. Cet aspect de \u00ab&nbsp;construction&nbsp;\u00bb est dramatiquement plus apparent dans le cas de la transduction parce que, comme on a d\u00e9j\u00e0 vu, ce qui est \u00e0 transduire ne se pr\u00e9sente pas comme syst\u00e8me de signes, mais essentiellement comme quantit\u00e9, voire, dans le cas de l\u2019infans, comme bruit. La quantit\u00e9 qui nous importe en psychanalyse, ce n\u2019est donc pas la quantit\u00e9 en tant que mesurable (p. ex. masse, poids, largeur, voltage) mais plut\u00f4t en tant que pouvant ou non \u00eatre li\u00e9e au sein d\u2019un sens. Notons ici qu\u2019une forme linguistique qui nous est totalement \u00e9trang\u00e8re se pr\u00e9sentera \u00e0 nos oreilles comme plus proche du bruit que du sens, m\u00eame si on a l\u2019intuition qu\u2019elle v\u00e9hicule une intention de communication.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Du solipsisme freudien<\/strong><br>Le m\u00e9canisme de la transduction sur lequel je reviens n\u2019est pas aussi \u00e9loign\u00e9 de nos pr\u00e9occupations pratiques de psychanalystes qu\u2019il peut le sembler. En r\u00e9alit\u00e9 il a des implications assez imm\u00e9diates pour ce qui se passe dans le cours de l\u2019analyse, notamment quant \u00e0 la question du transfert et de l\u2019interpr\u00e9tation\/construction. Mais avant m\u00eame de parler de ces aspects assez centraux, notons combien la notion de transduction, avec sa n\u00e9cessaire construction \u00e0 partir de ce qui arrive au p\u00f4le r\u00e9cepteur, rend compte ais\u00e9ment des \u00ab&nbsp;malentendus&nbsp;\u00bb se produisant en s\u00e9ance tout comme dans la vie ordinaire. En effet, s\u2019il s\u2019agissait de simplement traduire ce que l\u2019autre dit, on pourrait \u00e0 la limite recourir \u00e0 un dictionnaire (certaines pratiques, caricaturales, font \u00e0 peu-pr\u00e8s cela: \u00ab Vous avez dit x, dira l\u2019analyste omniscient, mais vous vouliez dire y&nbsp;\u00bb). Or, la prise en compte de la cl\u00f4ture op\u00e9rationnelle de tout syst\u00e8me psychique et du processus de transduction qui op\u00e8re \u00e0 ses fronti\u00e8res, avec sa n\u00e9cessaire construction du sens, cela pose une objection majeure aux approches dites \u00ab&nbsp;relationnelles&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;intersubjectives&nbsp;\u00bb \u2013 dans la mesure o\u00f9 l\u2019intersubjectivit\u00e9 est entendue au sens de deux subjectivit\u00e9s qui \u00e9changent entre elles et partagent des contenus communs. Ce sur quoi j\u2019insiste ici, c\u2019est que du fait de la construction autonome du sens, il y a de bonnes raisons de ne pas l\u00e2cher le point de vue freudien que l\u2019on a trop facilement tax\u00e9 de \u00ab&nbsp;solipsiste&nbsp;\u00bb en donnant, bien entendu, \u00e0 ce mot un sens totalement p\u00e9joratif.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est ind\u00e9niable que Freud a g\u00e9n\u00e9ralement examin\u00e9 les choses dans le cadre de la psych\u00e9 individuelle. On sait aussi qu\u2019avec l\u2019abandon de la th\u00e9orie de la s\u00e9duction il a rel\u00e9gu\u00e9 au second plan la \u00ab&nbsp;primaut\u00e9 de l\u2019autre&nbsp;\u00bb, selon l\u2019expression de Laplanche. Cependant, il convient de souligner qu\u2019aborder, comme il l\u2019a fait, la psych\u00e9 individuelle en tant qu\u2019organe s\u00e9par\u00e9 correspond tout \u00e0 fait \u00e0 la notion d\u2019autopo\u00ef\u00e8se et de cl\u00f4ture op\u00e9rationnelle (Varela, Luhmann) ou de \u00ab&nbsp;syst\u00e8me m\u00e9tastable&nbsp;\u00bb (Simondon). Mais il faut aussi noter que Freud a bien tenu compte de la possible rencontre de deux psychismes, et il a m\u00eame, \u00e0 l\u2019occasion, employ\u00e9 une m\u00e9taphore qui aurait pu \u00eatre un bon exemple de transduction, c&rsquo;est-\u00e0-dire la m\u00e9taphore du t\u00e9l\u00e9phone! Il vaut la peine de citer Freud in extenso. Il vient de donner plusieurs conseils aux m\u00e9decins (analystes) et il arrive \u00e0 cette conclusion:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab [Les r\u00e8gles d\u00e9j\u00e0 \u00e9nonc\u00e9es] veulent toutes cr\u00e9er chez le m\u00e9decin le pendant \u00e0 la \u201cr\u00e8gle fondamentale psychanalytique\u201d \u00e9tablie pour l\u2019analys\u00e9. De m\u00eame que l\u2019analys\u00e9 doit communiquer tout ce qu\u2019il attrape au vol dans son auto-observation, en refr\u00e9nant toutes les objections logiques et affectives qui veulent l\u2019inciter \u00e0 faire une s\u00e9lection, de m\u00eame le m\u00e9decin doit se mettre dans la situation d\u2019exploiter aux fins de l\u2019interpr\u00e9tation, de la reconnaissance de l\u2019inconscient cach\u00e9, tout ce qui lui est communiqu\u00e9, sans remplacer par une censure personnelle la s\u00e9lection \u00e0 laquelle renonce le malade; pour le r\u00e9sumer en une formule: il doit tourner vers l\u2019inconscient \u00e9metteur du malade son propre inconscient en tant qu\u2019organe r\u00e9cepteur, se r\u00e9gler ainsi sur l\u2019analys\u00e9 comme le r\u00e9cepteur du t\u00e9l\u00e9phone est r\u00e9gl\u00e9 sur la platine.&nbsp;\u00bb[11, Freud, 1912: \u00ab&nbsp;Conseils au m\u00e9decin dans le traitement psychanalytique&nbsp;\u00bb, OCFP, vol. X1, p. 149-150.]<\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait comprendre cette m\u00e9taphore comme allant de soi: l\u2019inconscient du patient \u00ab&nbsp;\u00e9met&nbsp;\u00bb et celui de l\u2019analyste \u00ab&nbsp;re\u00e7oit&nbsp;\u00bb\u2026 quoi de plus \u00e9vident&nbsp;? Cependant, Freud file la m\u00e9taphore un peu plus avant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;De m\u00eame que le r\u00e9cepteur transforme en ondes sonores les oscillations \u00e9lectriques de la ligne induites par des ondes sonores, de m\u00eame l\u2019inconscient du m\u00e9decin est apte \u00e0 r\u00e9tablir, \u00e0 partir des rejetons de l\u2019inconscient qui lui sont communiqu\u00e9s, cet inconscient qui a d\u00e9termin\u00e9 les id\u00e9es incidentes du malade.&nbsp;\u00bb (p. 150.)<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait tentant de voir dans ce dernier passage une allusion de Freud au m\u00e9canisme de transduction, au sens que j\u2019ai indiqu\u00e9. H\u00e9las! Il semble bien que ce n\u2019est pas ce qu\u2019il a en t\u00eate. Il sait bien que dans le mod\u00e8le m\u00e9taphorique qu\u2019il invoque surviennent des changements successifs quant \u00e0 la sorte de \u00ab&nbsp;v\u00e9hicule&nbsp;\u00bb&nbsp;: ondes sonores \u2013&gt; oscillations \u00e9lectriques \u2013&gt; ondes sonores, mais il semble n\u00e9anmoins croire que l\u2019inconscient de l\u2019analyste peut reconstruire ce qu\u2019\u00e9met l\u2019inconscient de l\u2019analysant tout aussi fid\u00e8lement que le r\u00e9cepteur t\u00e9l\u00e9phonique reproduit les ondes sonores \u00e9mise \u00e0 l\u2019autre bout du fil par l\u2019\u00e9metteur. Toutefois, Freud semble aussi conscient de la limite inh\u00e9rente \u00e0 la m\u00e9taphore t\u00e9l\u00e9phonique puisqu\u2019il poursuit en recommandant \u00e0 l\u2019analyste de s\u2019\u00eatre soumis lui-m\u00eame \u00e0 une \u00ab&nbsp;purification psychanalytique&nbsp;\u00bb afin, visiblement, de r\u00e9duire les interf\u00e9rences dans la r\u00e9ception que peuvent provoquer ses propres \u00ab&nbsp;complexes personnels&nbsp;\u00bb. Il semble donc d\u2019une part conscient de la transformation des \u00ab&nbsp;oscillations \u00e9lectriques&nbsp;\u00bb en \u00ab&nbsp;ondes sonores&nbsp;\u00bb, mais d\u2019autre part il semble croire possible que l\u2019analyste \u00ab&nbsp;purifi\u00e9&nbsp;\u00bb par sa propre analyse, soit capable d\u2019une r\u00e9ception \u00ab&nbsp;nette&nbsp;\u00bb de ce qu\u2019\u00e9met l\u2019inconscient de l\u2019analysant.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela demande \u00e9videmment commentaire. On peut d\u2019une part avoir l\u2019impression que Freud croit \u00e0 la communication d\u2019inconscient \u00e0 inconscient. Et cependant, si nous prenons sa m\u00e9taphore plus \u00e0 la lettre qu\u2019il ne le fait lui-m\u00eame, nous pouvons lui r\u00e9torquer que justement, le mod\u00e8le t\u00e9l\u00e9phonique, avec ses deux transformations successives du signal \u2013&nbsp;sans compter le bruit in\u00e9vitable, voire la \u00ab&nbsp;friture&nbsp;\u00bb possible sur la ligne \u2013 suppose que la r\u00e9ceptivit\u00e9 que peut offrir l\u2019analyste ne saurait \u00eatre totalement fid\u00e8le. C\u2019est que la psych\u00e9 de l\u2019analyste ne peut abolir sa propre cl\u00f4ture op\u00e9rationnelle. Ce qu\u2019\u00e9met l\u2019inconscient de l\u2019analysant va bien entendu susciter une \u00ab&nbsp;r\u00e9ponse&nbsp;\u00bb dans l\u2019inconscient de l\u2019analyste, mais rien ne saurait garantir la parfaite ad\u00e9quation de ce que l\u2019analyste re\u00e7oit avec ce que l\u2019analysant \u00e9met, ni par cons\u00e9quent l\u2019ad\u00e9quation de la r\u00e9ponse.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est bien \u00e0 ce constat que Freud parvient vers la fin de sa vie, dans \u00ab&nbsp;Constructions dans l\u2019analyse&nbsp;\u00bb. L\u2019analyste, dit-il, \u00ab a \u00e0&nbsp;deviner l\u2019oubli\u00e9 \u00e0 partir des indices que celui-ci a laiss\u00e9s derri\u00e8re lui ou, pour parler plus exactement. de le construire&nbsp;\u00bb<sup class='footnote'><a href='#fn-2524-11' id='fnref-2524-11' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>11<\/a><\/sup> Il \u00e9crit aussi \u00ab&nbsp;Nous ne tenons la construction isol\u00e9e pour rien d\u2019autre qu\u2019une supposition qui attend examen, confirmation ou rejet.&nbsp;\u00bb (p. 69, italiques ajout\u00e9s par moi.) Et d\u2019o\u00f9 viendra cette confirmation ou ce rejet? Selon que l\u2019on obtient ou on du nouveau mat\u00e9riel: s\u2019il ne se passe rien, on aura seulement perdu tu temps. Du mat\u00e9riel nouveau sugg\u00e8re au contraire qu\u2019on est sur la voie juste. Une preuve indirecte, c\u2019est une expression comme: \u00ab&nbsp;Je n\u2019aurais jamais pens\u00e9 cela (\u00e0 cela)&nbsp;\u00bb&nbsp;(p. 67.) Pour finir, il semble ne pas avoir vraiment besoin d\u2019atteindre \u00e0 la rem\u00e9moration elle-m\u00eame. Il conclut en effet&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;La voie qui part de la construction devrait se terminer dans le souvenir chez l\u2019analys\u00e9; elle ne va pas toujours aussi loin. Bien souvent on n\u2019arrive pas \u00e0 amener le patient au souvenir du refoul\u00e9. En revanche, en conduisant correctement l\u2019analyse on obtient chez lui une conviction assur\u00e9e de la v\u00e9rit\u00e9 de la construction, ce qui du point de vue th\u00e9rapeutique a le m\u00eame effet qu\u2019un souvenir recouvr\u00e9.&nbsp;Dans quelles circonstances cela a lieu et de quelle fa\u00e7on il est possible qu\u2019un substitut apparemment imparfait produise quand m\u00eame un plein effet, cela reste mati\u00e8re pour une recherche ult\u00e9rieure&nbsp;\u00bb (p. 69-70.)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ma connaissance, Freud, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 deux ans plus tard, n\u2019est revenu sur cette question que bri\u00e8vement dans l\u2019Abr\u00e9g\u00e9 de psychanalyse, \u00e9crit inachev\u00e9 de 1938, mais sans y apporter du nouveau.<sup class='footnote'><a href='#fn-2524-12' id='fnref-2524-12' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>12<\/a><\/sup> Pour ma part, je crois qu\u2019il y a lieu de reprendre la discussion sur ce sujet en parcourant successivement les textes cit\u00e9s de 1912, mais aussi celui de 1914, intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Rem\u00e9moration, r\u00e9p\u00e9tition, perlaboration&nbsp;\u00bb, d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9, pour revenir ensuite \u00e0 celui de 1937 sur les constructions. On pourrait peut-\u00eatre s\u2019apercevoir alors que Freud nous a fourni quelques outils qui nous aident \u00e0 d\u00e9placer le probl\u00e8me, \u00e0 l\u2019inscrire dans une autre perspective que celle du \u00ab&nbsp;souvenir recouvr\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Retour \u00e0 1914<\/strong><br>Relisant \u00ab&nbsp;Rem\u00e9moration, r\u00e9p\u00e9tition, perlaboration&nbsp;\u00bb on s\u2019aper\u00e7oit en effet que ces trois termes donnent des buts de l\u2019analyse une image bien plus fine que celle de banalement \u00ab&nbsp;lever l\u2019amn\u00e9sie&nbsp;\u00bb. Car encore faut-il se demander ce que signifie \u00ab&nbsp;se rem\u00e9morer&nbsp;\u00bb, ce que cela change. Le texte de 1914 exige une certaine ex\u00e9g\u00e8se afin de pr\u00e9ciser le sens des termes. Va encore pour le terme de r\u00e9p\u00e9tition, quoique l\u00e0 aussi il faut apporter des pr\u00e9cisions. Mais les termes de rem\u00e9moration et perlaboration demandent r\u00e9flexion. Comme j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 discut\u00e9 assez en d\u00e9tail de cette question, je me permets de renvoyer ici \u00e0 un texte qui date de 2007 au sujet de la r\u00e9p\u00e9tition, mais qui concerne aussi la rem\u00e9moration. (Pour la version en anglais, voir ici.)<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que je veux surtout souligner par ce retour au texte de 1914, c\u2019est qu\u2019il offre d\u00e9j\u00e0 une perspective originale par rapport au probl\u00e8me des constructions, que ce soit en tant que pr\u00e9lude \u00e0 la rem\u00e9moration ou en tant que qu\u2019elles y suppl\u00e9ent. Si se rem\u00e9morer, c\u2019est amener ce qui se r\u00e9p\u00e8te \u00e0 se \u00ab&nbsp;reproduire dans le domaine psychique&nbsp;\u00bb, alors il ne s\u2019agit pas tant de retrouver le souvenir pr\u00e9cis \u2013&nbsp;car n\u2019oublions que la d\u00e9formation nous prive de toute pr\u00e9cision en ce domaine (cf. Udo Hock). Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019entra\u00eener une modification \u00e9conomique au sein de la psych\u00e9. La r\u00e9p\u00e9tition est de l\u2019ordre de l\u2019acte, ce qui la tire du c\u00f4t\u00e9 de la d\u00e9charge et contourne les processus de rem\u00e9moration. La rem\u00e9moration, quant \u00e0 elle, introduit un retard dans la d\u00e9charge, le fonctionnement psychique \u00e9tant maintenu au plan le plus \u00e9lev\u00e9, celui de la pens\u00e9e. On a vu plus haut que Freud lui-m\u00eame voit dans \u00ab&nbsp;Je n\u2019avais pas pens\u00e9 cela (\u00e0 cela)&nbsp;\u00bb une bonne indication de la justesse du travail d\u2019analyse. Mais ne \u00ab&nbsp;ne pas y avoir pens\u00e9&nbsp;\u00bb peut tr\u00e8s bien signifier que c\u2019est maintenant la premi\u00e8re fois qu\u2019on y pense. Cela se pr\u00e9sente comme une question de technique, mais il y a aussi des cons\u00e9quences \u00e9thiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Du point de vue technique, avec sa m\u00e9taphore t\u00e9l\u00e9phonique de 1912, Freud semblait consid\u00e9rer l\u2019\u00e9coute analytique comme devant capter des formes inconscientes qui auraient \u00e9t\u00e9 toutes faites pour \u00eatre refl\u00e9t\u00e9es telles quelles \u00e0 l\u2019analysant. Or on aurait pu, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 cette \u00e9poque, opposer plusieurs arguments \u00e0 une telle conception. On aurait pu faire valoir, entre autres choses, que le travail de l\u2019analyste n\u2019est pas de redire en d\u2019autres mots ce que l\u2019on suppose pr\u00e9sent dans la communication inconsciente de l\u2019analysant (\u00e0 l\u2019exemple du \u00ab&nbsp;dictionnaire&nbsp;\u00bb mentionn\u00e9 plus haut), mais d\u2019aider ce dernier \u00e0 d\u00e9construire son propre discours pour, chemin faisant, voir \u00e9merger des pens\u00e9es inattendues. On s\u2019entend que celles-ci doivent \u00e0 leur tour \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es, mais il est d\u2019exp\u00e9rience commune que s\u2019offrent alors \u00e0 l\u2019analyste plusieurs interpr\u00e9tations possibles et qu\u2019il n\u2019existe pas de manuel pour l\u2019aider \u00e0 choisir. L\u2019analyste doit donc autant que possible laisser op\u00e9rer en lui ce que Michel de M\u2019Uzan appelle un \u00ab&nbsp;darwinisme interpr\u00e9tatif&nbsp;\u00bb : entre plusieurs formulations possibles, une d\u2019entre elles aura pris de l\u2019avance, rel\u00e9guant les autres \u00e0 l\u2019arri\u00e8re plan, mais rien ne dit que l\u2019interpr\u00e9tation qui a eu la pr\u00e9f\u00e9rence \u00e9tait n\u00e9cessairement la meilleure. L\u2019essentiel est ici de nature \u00e9thique&nbsp;:&nbsp;l\u2019analyste doit tout faire pour ne pas choisir en fonction de ses propres pr\u00e9jug\u00e9s moraux, ni de ses propres pr\u00e9f\u00e9rences th\u00e9oriques; pour cela, il doit veiller sur la m\u00e9thode, ce qui revient aussi \u00e0 laisser le processus se d\u00e9ployer avec le moins d\u2019interf\u00e9rences possibles.<\/p>\n\n\n\n<p>Laplanche, qui insiste sur la primaut\u00e9 de l\u2019autre, a n\u00e9anmoins pos\u00e9 qu\u2019arrive un moment dans l\u2019organisation du moi o\u00f9 celui-ci se ferme sur lui-m\u00eame. Il appelle cela la \u00ab&nbsp;cl\u00f4ture ptol\u00e9ma\u00efque&nbsp;\u00bb, par r\u00e9f\u00e9rence au syst\u00e8me astronomique de Ptol\u00e9m\u00e9e qui pla\u00e7ait la terre au centre et posait que le soleil, la lune et les \u00e9toiles tournaient autour d\u2019elle.<sup class='footnote'><a href='#fn-2524-13' id='fnref-2524-13' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>13<\/a><\/sup> De m\u00eame, une fois referm\u00e9 sur lui-m\u00eame, le moi se sent au centre, voire se consid\u00e8re comme le tout de la personnalit\u00e9 psychique. Mais cet \u00ab&nbsp;\u00e9go-centrisme&nbsp;\u00bb correspond tout de m\u00eame \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9. Walter J. Freeman, neurophysiologiste respect\u00e9 de l\u2019universit\u00e9 Berkeley, a pu d\u00e9montrer qu\u2019il existe n\u00e9cessairement, au plan c\u00e9r\u00e9bral, ce qu\u2019il a appel\u00e9 un \u00ab&nbsp;solipsistic gulf&nbsp;\u00bb, un \u00ab&nbsp;foss\u00e9 solipsiste&nbsp;\u00bb. Freeman a montr\u00e9, exp\u00e9riences \u00e0 l\u2019appui, que le cerveau ne re\u00e7oit pas de l\u2019information, mais la construit de l\u2019int\u00e9rieur \u00e0 partir des stimuli venant de l\u2019ext\u00e9rieur. Il a montr\u00e9 que m\u00eame quand les stimuli sont identiques d\u2019une fois \u00e0 l\u2019autre, le cerveau y r\u00e9pond de fa\u00e7on certes semblable, mais jamais identique. Les trac\u00e9s \u00e9lectro-enc\u00e9phalographiques de la perception de stimuli r\u00e9p\u00e9t\u00e9s \u00e0 l\u2019identique montrent que d\u2019une fois \u00e0 l\u2019autre il y a, oui, une sorte de noyau commun reconnaissable (comme la signature des stimuli en question), mais que pourtant le trac\u00e9 d\u2019ensemble varie grandement. Il y a donc, m\u00eame au niveau strictement neuronal, un degr\u00e9 de \u00ab&nbsp;construction solipsiste&nbsp;\u00bb.<sup class='footnote'><a href='#fn-2524-14' id='fnref-2524-14' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>14<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Si m\u00eame au plan c\u00e9r\u00e9bral il n\u2019y a pas transmission mais construction de l\u2019information, alors on ne saurait croire non plus \u00e0 la transmission directe d\u2019un sens qui serait capt\u00e9 par l\u2019analyste et renvoy\u00e9 \u00e0 l\u2019analysant par l\u2019interpr\u00e9tation. On a plut\u00f4t affaire \u00e0 une incitation \u00e0 construire du sens. L\u2019analyste n\u2019est donc pas un interpr\u00e8te qui trouve du sens \u00e0 communiquer \u00e0 l\u2019analysant. M\u00eame quand il se conduit comme si c\u2019\u00e9tait le cas, l\u2019analyste ne fait que construire. L\u2019interpr\u00e9tation, quant \u00e0 elle, est une intervention ponctuelle, une sorte de \u00ab&nbsp;signalement&nbsp;\u00bb, si l\u2019on peut dire, par lequel est mobilis\u00e9e l\u2019attention de l\u2019analysant. Apr\u00e8s quoi les fonctions tra(ns)ductives de ce dernier construiront le sens par elles-m\u00eames. Il s\u2019ensuit que l\u2019approche \u00ab&nbsp;intersubjective&nbsp;\u00bb et le recours \u00e0 la \u00ab&nbsp;compr\u00e9hension empathique&nbsp;\u00bb sont des m\u00e9thodes fort douteuses puisqu\u2019elles supposent un passage du sens d\u2019un membre \u00e0 l\u2019autre du couple analytique, en plus de se fier aveugl\u00e9ment aux manifestations d\u2019affect, en oubliant leur grande d\u00e9pla\u00e7abilit\u00e9 et donc leur capacit\u00e9 de nous induire en erreur. <sup class='footnote'><a href='#fn-2524-15' id='fnref-2524-15' onclick='return fdfootnote_show(2524)'>15<\/a><\/sup> L\u2019exp\u00e9rience montre au contraire que la communication est marqu\u00e9e par le malentendu, jusques et y compris dans ce qu\u2019on se dit \u00e0 soi-m\u00eame. Sans quoi on n\u2019aurait nul besoin de psychanalyse&nbsp;! Plus encore, la r\u00e9flexion nous conduit \u00e0 poser que, pour des raisons \u00e0 la fois techniques et \u00e9thiques, il ne saurait y avoir de \u00ab&nbsp;bien entendu&nbsp;\u00bb. L\u2019accord entre deux ou plusieurs psych\u00e9s individuelles se passe le plus souvent \u00e0 un tout autre plan que celui de la r\u00e9alit\u00e9 objective, un plan qui concerne l\u2019\u00c9ros, comme nous le discuterons plus tard. Je dis bien l\u2019\u00c9ros et non le Sexuel, pour marquer que l\u2019\u00c9ros d\u00e9signe un sexuel \u00ab&nbsp;att\u00e9nu\u00e9&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;canalis\u00e9&nbsp;\u00bb, ou si l\u2019on veut \u00ab&nbsp;d\u00e9sexualis\u00e9&nbsp;\u00bb, et qui rel\u00e8ve du le r\u00e9gime narcissique de la libido, et, par l\u00e0, de la psychologie de masse. Tout \u00ab&nbsp;bien entendu&nbsp;\u00bb m\u00e9rite de ce fait d\u2019\u00eatre\u2026 mis en question.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n<div class='footnotes' id='footnotes-2524'><div class='footnotedivider'><\/div><ol><li id='fn-2524-1'> &nbsp;Comme d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9. il serait plus exact de parler de transduction plut\u00f4t que de traduction. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2524-2'> S. Freud, 1894, OCFP, vol III, p. 3-18. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2524-3'> S. Freud,  1914, Rem\u00e9moration, r\u00e9p\u00e9tition et perlaboration, OCFP, vol. XII, p. 195-196. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-3'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2524-4'> Paris, Aubier, 1989. Livre qui n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019un chapitre d\u2019un ouvrage plus volumineux: L\u2019individuation \u00e0 la lumi\u00e8re des notions de forme et d\u2019information, Grenoble, \u00c9dition Millon, collection \u00ab&nbsp;Krisis&nbsp;\u00bb, 2017. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-4'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2524-5'> G. Agamben, <em>Signatura rerum. Sur la m\u00e9thode. <\/em>Paris, Vrin, 2008, p. 34. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-5'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2524-6'> J. Piaget, La repr\u00e9sentation du monde chez l\u2019enfant, Paris, PUF, 1947\/2013, p. 142. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-6'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2524-7'> Voir \u00ab&nbsp;L\u2019inconscient&nbsp;\u00bb, 1915, OCFP, vol. XIII, p. 231. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-7'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2524-8'> Il y a lieu d\u2019ailleurs d\u2019interroger ce terme d\u2019int\u00e9gration, dont ont fait couramment usage sans trop pr\u00e9ciser ce qu\u2019on entende par l\u00e0. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-8'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2524-9'> Op. cit. p. 231. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-9'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2524-10'> Simondon, L\u2019individuation \u00e0 la lumi\u00e8re\u2026, op. cit. p. 63. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-10'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2524-11'> S. Freud, Constructions dans l\u2019analyse, OCFP, vol XX, p. 62. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-11'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2524-12'> S. Freud, <em>Abr\u00e9g\u00e9 de psychanalyse<\/em>, OCFP, vol. XX, p. 270-271. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-12'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2524-13'> Il faut souligner ici que la cl\u00f4ture ptol\u00e9ma\u00efque du moi referme aussi la psych\u00e9 dans son ensemble. Voir&nbsp; l&rsquo;article 4. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-13'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2524-14'> Voir Freeman, W.J., Societies of Brains. A study in the neuroscience of love and hate. Hillsdale N.J. Lawrence Erlbaum, 1995, et How brains make up their minds, London: Weidenfeld &amp; Nicolson, 1999. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-14'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2524-15'> &nbsp;Laurence Kahn, L\u2019analyste apathique et le patient postmoderne, Paris, L\u2019Olivier. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2524-15'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ann\u00e9e 2019-2020 L\u2019\u00caTRE EN QUESTION PARADIGME ET TRANSDUCTION. QUANTIT\u00c9 ET SENS. SOLIPSISME OU INTERSUBJECTIVIT\u00c9? Dominique Scarfone VERSION PDF Si on est en droit de penser que tout ce que l\u2019humain pense, dit ou fait est en r\u00e9alit\u00e9 une tentative de r\u00e9ponse \u00e0 une question, il reste que cette question peut ne pas avoir \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e<a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2524\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a027- PARADIGME ET TRANSDUCTION. QUANTIT\u00c9 ET SENS. SOLIPSISME OU INTERSUBJECTIVIT\u00c9?\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2524","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-proposes-a-la-discussion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2524","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2524"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2524\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2535,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2524\/revisions\/2535"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2524"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2524"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2524"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}