{"id":2442,"date":"2023-11-04T09:32:21","date_gmt":"2023-11-04T13:32:21","guid":{"rendered":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2442"},"modified":"2024-01-10T15:21:46","modified_gmt":"2024-01-10T20:21:46","slug":"2442","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2442","title":{"rendered":"52- CHAP. VII-C Sur l&rsquo;accomplissement de souhait &#8211; 2e partie."},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>S\u00c9MINAIRE \u00ab&nbsp;PENSER AVEC FREUD&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Document 52<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">ANN\u00c9E 2023-2024<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>RELIRE <em>L\u2019INTERPR\u00c9TATION DU R\u00caVE<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">CHAPITRE VII<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">C- SUR L\u2019ACCOMPLISSEMENT DE SOUHAIT &#8211; 2<sup>e<\/sup> partie<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Dominique Scarfone<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/52-Chap-VII-C-LACCOMPLISSEMENT-DE-SOUHAIT-2.pdf\">Version PDF<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le transfert dans la production du r\u00eave<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le mot transfert refait soudain son apparition sous la plume de Freud \u00e0 la page 617. Freud revient sur le probl\u00e8me du r\u00f4le que jouent les restes diurnes; il se dit que puisque nous les retrouvons tr\u00e8s souvent, ils doivent bien servir une fonction importante. Fid\u00e8le \u00e0 sa m\u00e9thode comparative, il puise dans son exp\u00e9rience avec les n\u00e9vroses. Il dit comprendre alors que les restes diurnes sont tr\u00e8s n\u00e9cessaires parce que, comme les n\u00e9vroses le lui ont appris:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab &#8230;la repr\u00e9sentation inconsciente est <em>absolument incapable<\/em> en tant que telle d\u2019entrer dans le pr\u00e9conscient et qu\u2019elle ne peut <em>y manifester un effet <\/em>qu\u2019en se mettant en liaison avec une repr\u00e9sentation innocente appartenant d\u00e9j\u00e0 au pr\u00e9conscient, en <em>transf\u00e9rant <\/em>sur elle son intensit\u00e9 et en <em>se laissant recouvrir par elle<\/em>. C\u2019est l\u00e0 le fait du <em>transfert<\/em>, qui d\u00e9tient l\u2019\u00e9lucidation de tant d\u2019\u00e9v\u00e9nements frappants dans la vie d\u2019\u00e2me des n\u00e9vros\u00e9s.&nbsp;\u00bb (615-616, italiques ajout\u00e9s.)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ce passage m\u00e9rite qu\u2019on s\u2019y arr\u00eate parce qu\u2019il comporte en fait tout un programme que nous retrouverons sous la plume de Freud dans ses textes m\u00e9tapsychologiques des ann\u00e9es 1915. Notons pour commencer cette affirmation forte selon laquelle la repr\u00e9sentation inconsciente est absolument incapable de p\u00e9n\u00e9trer dans le pr\u00e9conscient. Nous la retrouverons examin\u00e9e par le d\u00e9tail dans le texte de la s\u00e9rie \u00ab&nbsp;M\u00e9tapsychologie&nbsp;\u00bb intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;L\u2019inconscient&nbsp;\u00bb, o\u00f9 Freud s\u2019attardera, par exemple, \u00e0 la question de savoir quelles conditions doit remplir une repr\u00e9sentation inconsciente pour devenir consciente.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce rappel nous \u00e9claire sur la conception que se fait Freud de l\u2019inconscient et de ses voies d\u2019acc\u00e8s. S\u2019il a pu \u00e9crire que <em>l\u2019analyse <\/em>du r\u00eave est la voie royale <em>vers<\/em> l\u2019inconscient, nulle part il n\u2019affirme que le r\u00eave <em>est<\/em> l\u2019inconscient ou que son analyse ouvre grandes les portes de celui-ci. Les mots importants sont ici \u00ab&nbsp;analyse&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;vers&nbsp;\u00bb; il s\u2019agit d\u2019un cheminement qui, comme on le dit souvent, compte plus que l\u2019arriv\u00e9e. Dans notre parler quotidien nous pouvons facilement oublier que nous n\u2019avons en effet pas d\u2019acc\u00e8s direct \u00e0 l\u2019inconscient&nbsp;; que l\u2019inconscient demeure une hypoth\u00e8se. Hypoth\u00e8se dont on ne peut se passer, mais qui reste une hypoth\u00e8se, nous obligeant \u00e0 \u00ab&nbsp;reconna\u00eetre&nbsp;\u00bb l\u2019existence d\u2019un inconscient (de repr\u00e9sentations inconscientes<sup class='footnote'><a href='#fn-2442-1' id='fnref-2442-1' onclick='return fdfootnote_show(2442)'>1<\/a><\/sup>) \u00e0 travers ses effets&nbsp;; ces effets perturbent le moi qui se voudrait ma\u00eetre en sa maison.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019acc\u00e8s direct \u00e0 l\u2019inconscient \u00e9tant exclu, Freud a travaill\u00e9 fort, comme on sait, pour \u00ab&nbsp;faire parler&nbsp;\u00bb le r\u00eave, c\u2019est-\u00e0-dire comprendre les rouages par lesquels cet \u00e9v\u00e9nement incongru de la nuit s\u2019av\u00e8re un compromis entre des processus psychiques h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, dont une partie nous est famili\u00e8re, mais l\u2019autre pas. Le chapitre VI de <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/em>, que nous avons patiemment \u00e9tudi\u00e9 l\u2019an dernier, nous montre comment il est possible \u00e0 Freud, en travaillant avec m\u00e9thode \u2013&nbsp;et un peu de g\u00e9nie, faut-il avouer\u2013, d\u2019extraire des informations pr\u00e9cieuses pour arriver \u00e0 quelques conclusions utiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ma part, ce que je trouve admirable, c\u2019est que Freud ne propose pas une myriade de rouages compliqu\u00e9s, mais aboutit pour finir \u00e0 un ensemble assez compact de concepts clairement d\u00e9finis et solidaires entre eux. Comme on l\u2019a vu au chapitre VI, l\u2019effort d\u2019analyse de ses propres r\u00eaves et de ceux de ses patients am\u00e8ne Freud \u00e0 conclure que les processus \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la production du r\u00eave \u2013&nbsp;les chevilles ouvri\u00e8res&nbsp;\u2013 sont au nombre de quatre&nbsp;: <em>condensation<\/em>, <em>d\u00e9placement<\/em>, <em>prise en compte de la pr\u00e9sentabilit\u00e9<\/em> et <em>\u00e9laboration secondaire<\/em>. Cette sobri\u00e9t\u00e9 th\u00e9orique est \u00e0 souligner&nbsp;; elle est la marque d\u2019un esprit scientifique qui, suivant le pr\u00e9cepte de Guillaume d\u2019Occam, ne multiplie pas les concepts inutilement. Ces quatre processus sont par ailleurs d\u00e9crits <em>op\u00e9rationnellement<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire en nous d\u00e9crivant le <em>comment <\/em>et non seulement le <em>quoi<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il importe aussi de remarquer que ces quatre processus ne se situent pas au m\u00eame niveau que le postulat examin\u00e9 par Freud dans la pr\u00e9sente section&nbsp; et qui dit que <em>le r\u00eave est en d\u00e9finitive un accomplissement de souhait<\/em>. En fait, les quatre m\u00e9canismes doivent venir <em>\u00e0 l\u2019appui<\/em> de ce postulat. C\u2019est ainsi que Freud invoque un <em>transfert<\/em> qui a lieu entre le \u00ab&nbsp;capital&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2013 c\u2019est-\u00e0-dire les motions refoul\u00e9es qui contribuent au r\u00eave, mais qui sont impossibles \u00e0 conna\u00eetre en elles-m\u00eames \u2013 et les images retenues de la journ\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, les \u00ab&nbsp;restes du jour&nbsp;\u00bb. Ce transfert d\u2019intensit\u00e9, qu\u2019est-ce d\u2019autre sinon l\u2019\u0153uvre d\u2019un des quatre m\u00e9canismes, c\u2019est-\u00e0-dire le <em>d\u00e9placement<\/em>&nbsp;? On sait que plus tard, encore une fois dans la <em>M\u00e9tapsychologie<\/em> de 1915, Freud posera qu\u2019une pulsion est repr\u00e9sent\u00e9e psychiquement par deux repr\u00e9sentants, la repr\u00e9sentation et le quantum d\u2019affect. Dans ses textes <em>Le refoulement<\/em> et <em>L\u2019inconscient<\/em> Freud soulignera que l\u2019affect en tant que tel n\u2019est pas refoul\u00e9, mais qu\u2019il peut \u00eatre r\u00e9prim\u00e9<sup class='footnote'><a href='#fn-2442-2' id='fnref-2442-2' onclick='return fdfootnote_show(2442)'>2<\/a><\/sup>. En fait, on peut dire que l\u2019affect, en tant que quantit\u00e9 d\u2019\u00e9nergie, n\u2019a nul besoin d\u2019\u00eatre refoul\u00e9 puisqu\u2019il est ais\u00e9ment <em>d\u00e9pla\u00e7able<\/em>, <em>transf\u00e9rable<\/em> d\u2019une repr\u00e9sentation \u00e0 une autre.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est la m\u00eame chose qui se passe avec les reste diurnes&nbsp;: l\u2019intensit\u00e9 de la pouss\u00e9e d\u2019un souhait refoul\u00e9 se transf\u00e8re sur un de ces restes&nbsp;; il suffit pour cela que ce reste s\u2019offre par quelque d\u00e9tail \u00e0 un rapprochement, par ressemblance (aspect iconique) ou voisinage (aspect indiciel), avec le souhait inconscient <sup class='footnote'><a href='#fn-2442-3' id='fnref-2442-3' onclick='return fdfootnote_show(2442)'>3<\/a><\/sup>. Remarquons un point int\u00e9ressant&nbsp;: quand Freud d\u00e9crit ce transfert d\u2019intensit\u00e9, il dit du m\u00eame coup que la repr\u00e9sentation inconsciente se laisse <em>recouvrir<\/em> par la repr\u00e9sentation pr\u00e9consciente tir\u00e9e du reste diurne. Cela conforte ce que nous avions d\u00e9velopp\u00e9 lorsque nous avons discut\u00e9, il y a d\u00e9j\u00e0 quelques ann\u00e9es, la notion d\u2019investissement. On avait alors indiqu\u00e9&nbsp;qu\u2019on peut voir l\u2019investissement de deux points de vue oppos\u00e9s et que le terme allemand <em>Besetzung<\/em>&nbsp;se pr\u00eate m\u00eame linguistiquement \u00e0 ces deux points de vue: soit que la quantit\u00e9 est investie, plac\u00e9e (<em>besetz<\/em>) dans une repr\u00e9sentation \u2013&nbsp;c\u2019est le cas du \u00ab&nbsp;transfert d\u2019intensit\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2013&nbsp;; soit qu\u2019une nouvelle repr\u00e9sentation vienne <em>recouvrir<\/em> la repr\u00e9sentation inconsciente, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une nappe qui sert \u00e0 couvrir (<em>besetz<\/em>) une table pour les convives<sup class='footnote'><a href='#fn-2442-4' id='fnref-2442-4' onclick='return fdfootnote_show(2442)'>4<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment ce d\u00e9placement d\u2019intensit\u00e9 se laisse-t-il soup\u00e7onner&nbsp;? Par un aspect que Freud a d\u00e9tect\u00e9 plusieurs ann\u00e9es auparavant, lorsqu\u2019il a not\u00e9 le caract\u00e8re \u00ab&nbsp;surfort&nbsp;\u00bb de certaines repr\u00e9sentations ou id\u00e9es dans les n\u00e9vroses&nbsp;; repr\u00e9sentations, id\u00e9es, dont on ne voit pas au d\u00e9part pourquoi elles prennent autant d\u2019importance dans l\u2019esprit du n\u00e9vros\u00e9. De m\u00eame, dans le cas du r\u00eave, le d\u00e9placement sur une repr\u00e9sentation \u00ab&nbsp;innocente&nbsp;\u00bb venant des restes du jour charge celle-ci d\u2019une intensit\u00e9 \u00ab&nbsp;d\u2019une grandeur imm\u00e9rit\u00e9e&nbsp;\u00bb (617). L\u2019autre possibilit\u00e9 \u00e9tant que la repr\u00e9sentation refoul\u00e9e elle-m\u00eame se m\u00eale au reste du jour et le d\u00e9forme, conf\u00e9rant \u00e0 cette image ordinaire un aspect \u00e9trange, caract\u00e9ristique des images de r\u00eave.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette capacit\u00e9 de transfert, note Freud, explique \u00e0 la fois qu\u2019on retrouve dans le r\u00eave des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la journ\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente et que ces restes soient apparemment insignifiants. Insignifiants, ces restes le sont bien&nbsp;si on les consid\u00e8re isol\u00e9ment; mais c\u2019est l\u00e0 leur \u00ab&nbsp;avantage&nbsp;\u00bb, si l\u2019on peut dire&nbsp;puisque par leur aspect anodin ils passent mieux la censure&nbsp;; ils sont comme la marchandise de peu de valeur sous laquelle le contrebandier cache le produit de luxe\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, les restes du jour<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;&#8230;ne font pas qu\u2019emprunter quelque chose \u00e0 l\u2019<em>Ics<\/em> lorsqu\u2019ils obtiennent de participer \u00e0 la formation du r\u00eave, \u00e0 savoir <em>la force de pulsion dont dispose le souhait refoul\u00e9<\/em>, mais encore offrent aussi \u00e0 l\u2019inconscient quelque chose d\u2019indispensable, le n\u00e9cessaire point d\u2019attache pour le transfert\u2026&nbsp;\u00bb (p. 618, italiques ajout\u00e9s)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Noter ici \u00ab&nbsp;la force de pulsion (<em>Triebkraft<\/em>) dont dispose le refoul\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;: invitation, d\u2019une part, \u00e0 cesser de concevoir les pulsions comme des \u00ab&nbsp;entit\u00e9s&nbsp;\u00bb pour n\u2019en retenir que l\u2019aspect \u00ab&nbsp;force&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;pouss\u00e9e&nbsp;\u00bb&nbsp;; d\u2019autre part, \u00e0 consid\u00e9rer s\u00e9rieusement le fait que quelque chose comme un <em>souhait<\/em> puisse poss\u00e9der une force de pulsion. Ceci contraste avec la lecture que l\u2019on fait souvent, o\u00f9 la pulsion serait quelque chose de biologique qui devrait ensuite se \u00ab&nbsp;psychiser&nbsp;\u00bb, sans qu\u2019on puisse expliquer comment s\u2019accomplit un tel miracle. On voit, au contraire, que chez Freud un fait aussi immat\u00e9riel qu\u2019un souhait est dit poss\u00e9der une \u00ab&nbsp;force de pulsion&nbsp;\u00bb. Bien s\u00fbr, la cl\u00e9 est ici que ce souhait est <em>refoul\u00e9, <\/em>ce qui demanderait que l\u2019on s\u2019attarde \u00e0 quelle transformation fait r\u00e9f\u00e9rence ce mot de \u00ab&nbsp;refoul\u00e9&nbsp;\u00bb pour qu\u2019il poss\u00e8de une \u00ab&nbsp;force de pulsion&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de quitter la question des restes diurnes, Freud formule une derni\u00e8re remarque, tout aussi \u00e9tonnante&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Il n\u2019y a pas de doute que ce sont eux [les restes du jour] les v\u00e9ritables perturbateurs du sommeil, et non pas le r\u00eave, qui s\u2019efforce au contraire de prendre le sommeil sous sa protection.&nbsp;\u00bb (618)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Je dis que cette remarque est \u00e9tonnante, parce que, une fois de plus, le sens commun nous ferait croire que pour Freud, les perturbateurs par excellence ce sont les souhaits (ou d\u00e9sirs) inconscients. Ne vient-il pas de dire, quelques paragraphes plus haut, que parfois le \u00ab&nbsp;capitaliste&nbsp;\u00bb (le souhait inconscient) peut se faire entrepreneur (amorcer un r\u00eave)&nbsp;? Freud semble donc dire \u00e0 pr\u00e9sent que, oui, l\u2019entrepreneur du r\u00eave peut \u00eatre ou bien le moi qui veut continuer \u00e0 dormir ou bien le souhait refoul\u00e9 qui veut trouver \u00e0 s\u2019accomplir, mais que dans les deux cas, ce qui donne \u00e0 l\u2019entrepreneur et au capitaliste l\u2019occasion d\u2019entreprendre, ce sont ces restes du jour qui ouvrent, pour ainsi dire, le chantier parce qu\u2019un travail de pens\u00e9e du jour est rest\u00e9 inachev\u00e9 et donc demande \u00e0 la psych\u00e9 de continuer \u00e0 travailler m\u00eame de nuit. Entrepreneur et capitaliste font faire \u00e0 la psych\u00e9 du temps suppl\u00e9mentaire, et qui plus est, de nuit&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Cela peut sembler un d\u00e9tail, mais concorde avec ce que nous pouvons jeter comme second regard sur la th\u00e9orie des pulsions et du refoulement. On a en effet, \u00e0 mon avis, trop tendance \u00e0 n\u00e9gliger le r\u00f4le des pulsions du moi qui, quand leurs t\u00e2ches restent inaccomplies, comme le sugg\u00e8rent les restes du jour, persistent \u00e0 r\u00e9clamer leur d\u00fb. Les \u00ab&nbsp;pulsions du moi&nbsp;\u00bb, assimil\u00e9es par Freud \u00e0 l\u2019auto-conservation, ont \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de bien des discussions et peut-\u00eatre, pour finir, d\u2019un s\u00e9rieux malentendu. Ce malentendu provient du fait que <em>dans la pratique<\/em> il s\u2019agit en effet, par la mise en place du cadre analytique et le recours \u00e0 la m\u00e9thode freudienne, <em>de les exclure<\/em>, ou du moins de les mettre entre parenth\u00e8ses pour laisser jouer le sexuel seul. Mais cette exclusion m\u00e9thodique dans la pratique a fini par les d\u00e9valuer dans la th\u00e9orie, \u00e0 les en exclure \u00e9galement. Or, ici les choses se compliquent passablement, signe qu\u2019il y aurait de quoi mener une enqu\u00eate plus soutenue pour aborder la question dans une perspective plus nette. Par exemple, une r\u00e9flexion sur<em> l\u2019exclusion<\/em> dont l\u2019autoconservation <em>doit<\/em> faire l\u2019objet dans la mise en place du cadre analytique pourrait-elle nous indiquer que, puisqu\u2019il nous faut constamment travailler \u00e0 l\u2019exclure, c\u2019est que l\u2019autoconservation fait bien partie du paysage\u2026 Autrement dit, la psychanalyse devrait constamment tenir compte, m\u00eame si n\u00e9gativement, de l\u2019auto-conservation. Et s\u2019il faut en tenir compte, aussi bien l\u2019examiner de plus pr\u00e8s. Faute de quoi, la pens\u00e9e psychanalytique pr\u00e9sente des failles par o\u00f9 s\u2019engouffrent des erreurs th\u00e9oriques et pratiques.<\/p>\n\n\n\n<p>La fa\u00e7on dont les milieux psychanalytiques ont r\u00e9agi \u00e0 l\u2019apparition de la th\u00e9orie de l\u2019attachement est \u00e0 ce titre embl\u00e9matique&nbsp;: soit une adoption enthousiaste, au m\u00e9pris de toute pr\u00e9caution \u00e9pist\u00e9mologique quant \u00e0 l\u2019articulation avec la psychanalyse proprement dite&nbsp;: certains ont consid\u00e9r\u00e9 la dite th\u00e9orie comme partie prenante de la psychanalyse, voire son fondement&nbsp;; d\u2019autres ont manifest\u00e9 un d\u00e9sint\u00e9ressement sans appel, voire un rejet. Or, ce qui fait l\u2019originalit\u00e9 de la psychanalyse, c\u2019est de se situer en position oblique par rapport aux savoirs positifs. Non pour s\u2019y opposer, ni les importer tels quels, mais pour comprendre en quoi la prise en compte du refoulement, de l\u2019<em>Ics<\/em>, nous les fait aborder sous un angle in\u00e9dit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais au fait, qu\u2019est-ce qu\u2019un souhait&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ayant mis en lumi\u00e8re la force de pulsion d\u2019un souhait refoul\u00e9 et le transfert possible sur des repr\u00e9sentations \u00e0 l\u2019origine bien innocentes, Freud se demande&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;&#8230;Pourquoi l\u2019inconscient dans le sommeil ne peut-il offrir rien d\u2019autre que la force de pulsion pour un accomplissement de souhait? La r\u00e9ponse \u00e0 cette question ne manquera pas de jeter une lumi\u00e8re sur la nature psychique du souhaiter&nbsp;; elle sera donn\u00e9e \u00e0 l\u2019aide du sch\u00e9ma de l\u2019appareil psychique.&nbsp;\u00bb (619)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et, parlant de l\u2019appareil psychique, Freud commence par rappeler que, comme tout appareil vivant, il est n\u00e9cessairement le r\u00e9sultat d\u2019une \u00e9volution&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Nous ne doutons pas que c\u2019est appareil lui aussi n\u2019ait atteint sa perfection actuelle que par la voie d\u2019un long d\u00e9veloppement.&nbsp;\u00bb (619)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il fait alors appel, tacitement, \u00e0 un principe pos\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but du <em>Projet<\/em> de 1895, le <em>principe d\u2019inertie<\/em>, soit \u00ab&nbsp;la tendance \u00e0 se maintenir le plus possible sans stimulus&nbsp;\u00bb. C\u2019est un principe auquel Freud se r\u00e9f\u00e9rera constamment, que ce soit en 1915 dans <em>Pulsion et destins de pulsions<\/em>ou en 1920, dans <em>Au-del\u00e0 du principe de plaisir<\/em>. C\u2019est un principe qui, comme tout principe, ne peut \u00eatre pos\u00e9 que th\u00e9oriquement parce que \u00ab&nbsp;la n\u00e9cessit\u00e9 de la vie&nbsp;\u00bb obligera bient\u00f4t l\u2019organisme \u00e0 lui d\u00e9sob\u00e9ir. Cette n\u00e9cessit\u00e9 de la vie, ce sont les \u00ab&nbsp;grands besoins corporels&nbsp;\u00bb \u2013&nbsp;besoins <em>internes<\/em> que Freud appellera \u00ab&nbsp;pulsions d\u2019auto-conservation&nbsp;\u00bb&nbsp;; p. ex. la faim, la soif\u2013 et qui donnent \u00ab&nbsp;le coup d\u2019envoi&nbsp;\u00bb au d\u00e9veloppement de l\u2019appareil psychique. Celui-ci est en effet contraint de renoncer \u00e0 son inertie et \u00e0 chercher dans l\u2019environnement r\u00e9ponse \u00e0 ses besoins.<\/p>\n\n\n\n<p>Il convient ici de suivre le raisonnement de Freud pas \u00e0 pas&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022Le besoin interne cr\u00e9e une <em>excitation<\/em>&nbsp;;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 celle-ci va chercher \u00e0 s\u2019\u00e9couler (selon le principe d\u2019inertie) dans la motilit\u00e9 \u2013\u00ab&nbsp;modification interne&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;expression d\u2019\u00e9motion&nbsp;\u00bb&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022Exemple&nbsp;: L\u2019enfant affam\u00e9 va crier ou gigoter, en d\u00e9saide&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022Mais cela ne change rien \u00e0 la situation&nbsp;; l\u2019excitation interne n\u2019est pas un stimulus momentan\u00e9, mais une force \u00e0 l\u2019action <em>continue<\/em>&nbsp;; [Soulignons que \u00ab&nbsp;excitation d\u2019origine <em>interne<\/em>&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;pouss\u00e9e <em>continue<\/em>&nbsp;\u00bb sont les deux crit\u00e8res qui d\u00e9finiront une <em>pulsion<\/em> dans <em>Pulsion et destins de pulsions <\/em>(1915).]<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022Un tournant ne peut intervenir que si, <em>par une voie quelconque<\/em> \u2013&nbsp;chez l\u2019enfant au moyen d\u2019une <em>aide \u00e9trang\u00e8r<\/em>e \u2013 est v\u00e9cue <em>l\u2019exp\u00e9rience de satisfaction<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022Un constituant essentiel de cette exp\u00e9rience v\u00e9cue est l\u2019apparition <em>d\u2019une certaine<\/em> <em>perception<\/em> (ex. nourriture)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022dont <em>l\u2019image mn\u00e9sique<\/em> (<em>Erinnerungsbild<\/em>) reste d\u00e9sormais associ\u00e9e \u00e0 la <em>trace m\u00e9morielle<\/em> (<em>Ged\u00e4chtnisspur<\/em>) de l\u2019excitation de besoin.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Images mn\u00e9siques, traces mn\u00e9siques<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Notons au passage les appellations diff\u00e9rentes&nbsp;: <em>image<\/em> mn\u00e9sique de la perception de la nourriture, mais <em>trace<\/em> m\u00e9morielle de l\u2019excitation du besoin. Il y a lieu de penser que ces termes diff\u00e9rents ne sont pas choisis au hasard. D\u2019une part, les images, Freud les a toujours consid\u00e9r\u00e9es comme ayant leur origine dans la perception du monde ext\u00e9rieur. Tout ce qui est repr\u00e9sent\u00e9 a jadis \u00e9t\u00e9 per\u00e7u <sup class='footnote'><a href='#fn-2442-5' id='fnref-2442-5' onclick='return fdfootnote_show(2442)'>5<\/a><\/sup>. D\u2019autre part, on ne saurait avoir une <em>image<\/em> de l\u2019excitation caus\u00e9e par le besoin (sauf par un recours \u00e0 des m\u00e9taphores se rapportant \u00e0 des perceptions autres), mais on en garde s\u00fbrement la <em>trace<\/em>. Ainsi, on ne peut reproduire dans sa m\u00e9moire la <em>sensation<\/em> de faim, \u00e0 moins d\u2019\u00eatre actuellement affam\u00e9. Cette diff\u00e9rence entre image mn\u00e9sique et trace mn\u00e9sique, bien que Freud ne l\u2019ait pas \u00e9labor\u00e9e explicitement, est rep\u00e9rable \u00e0 travers tout son \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un autre ordre d\u2019id\u00e9es on peut remarquer que la description de l\u2019<em>association<\/em> entre l\u2019image de la nourriture et la trace de l\u2019excitation ressemble beaucoup \u00e0 un <em>conditionnement<\/em> auquel le grand chercheur russe Pavlov travaillait entre 1890 et 1900, c\u2019est-\u00e0-dire pratiquement \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque&nbsp;! Mais comme nous allons tout de suite le voir, Freud atterrira ailleurs que dans une psychologie du conditionnement.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, quel rapport entre tout ce d\u00e9veloppement qui va du besoin \u00e0 l\u2019image mn\u00e9sique de ce qui satisfait le besoin&nbsp;? C\u2019est que, dit Freud, quand le besoin se pr\u00e9sentera de nouveau, l\u2019association ainsi \u00e9tablie entre besoin et image retenue de la perception satisfaisante fera en sorte que la motion psychique provoqu\u00e9e par le retour du besoin r\u00e9veillera cette image.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Une telle motion est ce que nous appelons un souhait.&nbsp;\u00bb (620)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cela donne \u00e0 penser. Nous notons que ce qui s\u2019appelle souhait n\u2019est pas une formulation de pens\u00e9e du genre \u00ab&nbsp;Mon dieu, faites que\u2026&nbsp;\u00bb, mais que c\u2019est <em>l\u2019apparition m\u00eame de l\u2019image mn\u00e9sique qui satisfait le besoin<\/em>&nbsp;! C\u2019est une sorte de court-circuit entre le manque et sa satisfaction imaginaire. Il n\u2019y pas de hiatus entre le besoin et la formulation d\u2019un v\u0153u, mais pr\u00e9sentation par le plus court chemin de la r\u00e9ponse au manque, avec pour seul d\u00e9faut que la r\u00e9ponse est immat\u00e9rielle&nbsp;: c\u2019est la retrouvaille de la perception, mais sans la chose qui, dans un premier temps, avait donn\u00e9 lieu \u00e0 cette perception. Or,<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;&#8230;la r\u00e9apparition de la perception <em>est<\/em> l\u2019accomplissement de souhait&#8230;&nbsp;\u00bb (620, italiques ajout\u00e9s)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>On voit donc que tout se d\u00e9roule sur un plan que l\u2019on pourrait dire virtuel, purement psychique, sans \u00e9gard pour un r\u00e9f\u00e9rent externe. D\u2019ailleurs Freud pr\u00e9cise encore plus son id\u00e9e&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;&#8230;et le plein investissement de la perception \u00e0 partir de l\u2019excitation de besoin est la voie la plus courte menant \u00e0 l\u2019accomplissement de souhait.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>On aura compris que quand Freud parle de l\u2019investissement de la perception, il veut dire de l\u2019image mn\u00e9sique laiss\u00e9e par la perception&nbsp;; mais il veut sans doute dire aussi <em>le plein investissement de l\u2019appareil de perception<\/em>, o\u00f9 l\u2019on reconna\u00eetra le \u00ab&nbsp;transfert d\u2019intensit\u00e9&nbsp;\u00bb que nous avons discut\u00e9 au d\u00e9but du pr\u00e9sent document. L\u2019intensit\u00e9 de l\u2019investissement est telle qu\u2019elle donne lieu \u00e0 un halluciner.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour comprendre le rapport avec le r\u00eave, il faut suivre encore une fois de pr\u00e8s le raisonnement de Freud&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022Il doit d\u2019abord poser que l\u2019appareil psychique, avant que son \u00e9volution soit compl\u00e8te, a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 dans un \u00ab&nbsp;\u00e9tat primitif&nbsp;\u00bb dans lequel cette voie, ce court-circuit dont nous venons de parler, \u00e9tait effectivement parcouru et donnait lieu \u00e0 l\u2019hallucination. Cela visait une identit\u00e9 de perception, c\u2019est-\u00e0-dire revoir les lieux, les personnes, les choses, bref les coordonn\u00e9es perceptibles de l\u2019exp\u00e9rience de satisfaction.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022Il pose ensuite que durant le sommeil, la \u00ab&nbsp;vie nocturne&nbsp;\u00bb remet l\u2019appareil dans cet \u00e9tat primitif qui autrefois r\u00e9gnait m\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9tat de veille, ce qui lui fait r\u00e9sumer&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Le r\u00eaver est un morceau de la vie d\u2019\u00e2me enfantine surmont\u00e9e&nbsp;\u00bb (621)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>En chemin vers cette conclusion tr\u00e8s sommaire, il aura discut\u00e9 de comment, selon lui, dans la vie \u00e9veill\u00e9e, le sujet peut ne pas rester captif de la reviviscence hallucinatoire. C\u2019est que, dit-il, avec la seule hallucination,&nbsp;la satisfaction n\u2019intervient pas, le besoin persiste, et l\u2019organisme s\u2019\u00e9puiserait \u00e0 maintenir l\u2019investissement interne de l\u2019appareil perceptif (investissement de l\u2019image mn\u00e9sique qui donne l\u2019hallucination) aussi fort que l\u2019investissement externe (que la perception effective du monde ext\u00e9rieur). (620)<\/p>\n\n\n\n<p>Freud pose alors qu\u2019il faut qu\u2019intervienne, toujours dans la vie \u00e9veill\u00e9s, une inhibition de cette tendance hallucinatoire, \u0153uvre d\u2019un \u00ab&nbsp;deuxi\u00e8me syst\u00e8me&nbsp;\u00bb, qu\u2019il ne nomme pas mais que l\u2019on peut ais\u00e9ment reconna\u00eetre&nbsp;: c\u2019est un syst\u00e8me, dit-il, qui \u00ab&nbsp;domine la motilit\u00e9 volontaire&nbsp;\u00bb ce qui est clairement l\u2019attribut particulier que Freud reconna\u00eet toujours au <em>moi<\/em>. Ce deuxi\u00e8me syst\u00e8me rend possible<em> l\u2019examen de r\u00e9alit\u00e9<\/em>. On notera que, par contraste, l\u2019hallucinatoire reprend ses droits parfois dans des moments transitoires de la vie \u00e9veill\u00e9e, mais plus souvent durant le sommeil et dans le cours d\u2019une psychose. Dans les deux cas le moi a, en quelque sorte, rompu les amarres avec la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure, suspendant tout \u00ab&nbsp;examen de r\u00e9alit\u00e9&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00ab&nbsp;rupture&nbsp;\u00bb doit toutefois elle-m\u00eame \u00eatre d\u00e9finie&nbsp;: que signifie-t-elle, comment se produit-elle&nbsp;? Le lien essentiel que Freud \u00e9tablit entre la notion de moi et le contr\u00f4le de la motilit\u00e9 peut servir d\u2019indice, mais \u00e0 condition de ne pas s\u2019en tenir \u00e0 un rapport brut. Dans le cours des nos recherches sur le sujet, Marie Leclaire et moi avons conclu qu\u2019il fallait prendre en compte l\u2019existence de deux types de traces mn\u00e9siques, les traces perceptives et les traces motrices. Freud avait bien propos\u00e9 dans le <em>Projet<\/em> ces deux types de traces, mais sans faire usage de cette dualit\u00e9 dans une d\u00e9finition de l\u2019examen de r\u00e9alit\u00e9 (\u00e9preuve de r\u00e9alit\u00e9) et en ne s\u2019en tenant qu\u2019\u00e0 une conception empirique du genre \u00ab&nbsp;si l\u2019objet suit mon mouvement, il est hallucin\u00e9&nbsp;\u00bb, ce qui ne r\u00e9sout en fait rien<sup class='footnote'><a href='#fn-2442-6' id='fnref-2442-6' onclick='return fdfootnote_show(2442)'>6<\/a><\/sup>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cela nous ram\u00e8ne au chapitre sur la r\u00e9gression. L\u2019absence de motricit\u00e9 effective durant le r\u00eave, dit Freud, conduit \u00e0 la r\u00e9gression topique vers le p\u00f4le perceptif. Peut-\u00eatre, mais dans ce cas qu\u2019en est-il de l\u2019hallucination chez un sujet psychotique libre de bouger autant qu\u2019il veut&nbsp;? Si on se rapporte au contraire au plan des traces mn\u00e9siques on se rend compte qu\u2019elles peuvent \u00eatre r\u00e9activ\u00e9es ensemble ou s\u00e9par\u00e9ment. Les traces perceptives seules, si elles ne sont pas accompagn\u00e9es de la r\u00e9activation de la m\u00e9moire motrice, donnent lieu \u00e0 l\u2019hallucination. Souvenons-nous que Freud attribue au moi le contr\u00f4le de la motricit\u00e9. Qu\u2019est-ce \u00e0 dire&nbsp;? Le moi pourrait-il en d\u00e9finitive \u00eatre con\u00e7u comme \u00ab&nbsp;m\u00e9moire motrice&nbsp;\u00bb&nbsp;? On pourrait le penser, puisque les traces motrices sont sans aucun doute n\u00e9cessaires au contr\u00f4le de la motricit\u00e9. C\u2019est ce qui nous permet de poser que si les traces motrices sont r\u00e9activ\u00e9es en m\u00eame temps que les traces de la perception, <em>ce qui revient \u00e0 dire que le moi est pr\u00e9sent et actif<\/em>, alors l\u2019hallucination est inhib\u00e9e, et cela, <em>peu importe si le sujet lui-m\u00eame est capable ou non de bouger<\/em> (pensons par exemple \u00e0 un sujet quadrapl\u00e9gique\u2026 il peut bien entendu <em>r\u00eaver<\/em> qu\u2019il marche, mais, d\u2019ordinaire, \u00e0 l\u2019\u00e9tat de veille, il <em>n\u2019hallucine pas<\/em> la chose).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00eave et psychopathologie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La question du rapport \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 occupera Freud plusieurs fois encore au cours de son oeuvre. Notamment en 1911, avec ses \u00ab&nbsp;Formulations sur les deux principes de l\u2019advenir psychique&nbsp;\u00bb de m\u00eame qu\u2019avec le texte sur le Pr\u00e9sident Schreber, puis de nouveau avec deux courts textes de 1924, intitul\u00e9s \u00ab&nbsp;N\u00e9vrose et Psychose&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;La perte de r\u00e9alit\u00e9 dans la n\u00e9vrose et la psychose.&nbsp;\u00bb Mais d\u00e9j\u00e0 dans les pages finales de la section que nous \u00e9tudions il se pr\u00e9occupe de la question de l\u2019hallucination \u00e0 l\u2019\u00e9tat de veille. Cela lui permet, dit-il, de tenter de compl\u00e9ter l\u2019\u00e9chafaudage th\u00e9orique, puisque l\u2019\u00e9tude du r\u00eave n\u2019est apr\u00e8s tout qu\u2019un moyen de se faire une meilleure id\u00e9e du fonctionnement psychique en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir affirm\u00e9 que \u00ab&nbsp;le r\u00eaver est un morceau de la vie d\u2019\u00e2me enfantine surmont\u00e9e&nbsp;\u00bb (621), Freud \u00e9voque aussit\u00f4t les psychoses o\u00f9 ce mode de travail s\u2019impose aussi \u00e0 l\u2019\u00e9tat de veille.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Les motions de souhait inconscientes aspirent visiblement \u00e0 s\u2019affirmer aussi dans la journ\u00e9e, et le fait du <em>transfert<\/em>, de m\u00eame que les <em>psychoses<\/em>, nous enseignent qu\u2019elles voudraient, par la voie traversant le syst\u00e8me du pr\u00e9conscient, p\u00e9n\u00e9trer jusqu\u2019\u00e0 la conscience et <em>parvenir \u00e0 la domination de la motilit\u00e9<\/em>.&nbsp;\u00bb (621, italiques ajout\u00e9s)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Notons d\u2019abord la continuit\u00e9, \u00e0 premi\u00e8re vue surprenante, entre transfert et psychoses&nbsp;; non que le transfert soit un ph\u00e9nom\u00e8ne psychotique (quoique, comme nous savons, il y a les transferts d\u00e9lirants), mais que tous deux, transfert et psychose, renvoient \u00e0 une m\u00eame tendance de base&nbsp;: les motions de souhait <em>Ics<\/em> cherchent \u00e0 se frayer une voie vers la motilit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire vers la possibilit\u00e9 d\u2019agir effectivement pour l\u2019obtention de la satisfaction.<\/p>\n\n\n\n<p>Notons du m\u00eame coup que Freud pose ainsi un conflit permanent entre ces motions inconscientes et le moi, une comp\u00e9tition incessante pour qui commandera la motilit\u00e9. Le moi, ici, ne d\u00e9signe&nbsp; pas le sujet conscient de lui-m\u00eame et qui d\u00e9lib\u00e8re&nbsp;; il lui suffit d\u2019\u00eatre cet ensemble de traces assez solidement fray\u00e9es entre elles d\u00e9crit dans le <em>Projet<\/em>, ensemble qui impose de par sa seule pr\u00e9sence un \u00ab&nbsp;investissement lat\u00e9ral&nbsp;\u00bb aux processus psychiques, et inhibe ainsi leur libre \u00e9coulement. Soulignons une fois de plus le caract\u00e8re \u00ab&nbsp;darwinien&nbsp;\u00bb de comp\u00e9tition <em>impersonnelle<\/em> entre tendances oppos\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant le sommeil, pourtant, il est possible au moi de baisser la garde, pr\u00e9cis\u00e9ment parce que de motilit\u00e9 il n\u2019y a point. La \u00ab&nbsp;censure critique&nbsp;\u00bb entre <em>Ics<\/em> et <em>Pcs<\/em> peut donc se rel\u00e2cher \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9tat de sommeil garantit la s\u00e9curit\u00e9 de la forteresse \u00e0 garder&nbsp;\u00bb (622). Mais ce fait attire aussit\u00f4t l\u2019attention sur les conditions de la vie \u00e9veill\u00e9e, quand un tel rel\u00e2chement de la censure n\u2019est pas d\u00fb au sommeil mais \u00e0 un \u00e9tat pathologique, \u00e9tat qui peut par ailleurs comporter un \u00ab&nbsp;renforcement pathologique des excitations inconscientes&nbsp;\u00bb&nbsp;; celles-ci&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;se soumettent alors le <em>Pcs<\/em> [et] dominent \u00e0 partir de lui nos paroles et nos actions, ou bien, obtiennent par contrainte la r\u00e9gression hallucinatoire [\u2026] Cet \u00e9tat, nous l\u2019appelons psychose. \u00bb (622)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ces consid\u00e9rations \u00e9tablissent donc une base comparative, entre r\u00eave et psychose, permettant de tirer des r\u00e8gles plus g\u00e9n\u00e9rales, pour \u00ab&nbsp;construire l\u2019\u00e9chafaudage psychologique&nbsp;\u00bb (622).<\/p>\n\n\n\n<p>Une de ces conclusions g\u00e9n\u00e9rales est de pouvoir&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;conf\u00e9rer au <em>souhait<\/em> la valeur <em>d\u2019unique force de pulsion psychique<\/em> pour le r\u00eave&nbsp;\u00bb (622, italiques ajout\u00e9s).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Les italiques soulignent nouveau le fait que le souhait en tant que tel est une force de pulsion psychique. Mais je note au passage que Freud ne dit pas \u00ab&nbsp;souhait inconscient&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;souhait refoul\u00e9&nbsp;\u00bb, mais simplement \u00ab&nbsp;souhait&nbsp;\u00bb. Nous verrons bient\u00f4t pourquoi.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre conclusion permise&nbsp;: le r\u00eave est \u00e0 ranger \u00ab&nbsp;dans un ensemble qui peut englober aussi d\u2019autres formations psychiques&nbsp;\u00bb (622-623). En effet, si un syst\u00e8me <em>Ics <\/em>existe, le r\u00eave ne saurait en \u00eatre la seule manifestation&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Il doit bien y avoir encore d\u2019autres formes d\u2019accomplissements de souhait anormaux que le r\u00eave.&nbsp;\u00bb (623)&nbsp;<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Freud se tourne cette fois vers les psychon\u00e9vroses et invoque son exp\u00e9rience clinique pour affirmer que les sympt\u00f4mes de ces n\u00e9vroses aussi sont un accomplissement de souhait <em>Ics<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes ainsi ramen\u00e9s \u00e0 ce que je notais \u00e0 l\u2019instant, que Freud n\u2019a mentionn\u00e9 que \u00ab&nbsp;le souhait&nbsp;\u00bb, sans le qualifier, comme unique force de pulsion. C\u2019est que, parlant des n\u00e9vroses, il se ravise et pr\u00e9cise que les sympt\u00f4mes r\u00e9sultent en d\u00e9finitive d\u2019un compromis entre les souhaits <em>Ics <\/em>et la la formation r\u00e9actionnelle contre celui-ci. C\u2019est \u00e9crit dans une note ajout\u00e9e en 1914, mais Freud avait exprim\u00e9 la m\u00eame id\u00e9e dans le texte de 1900, quelques lignes plus bas&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Le sympt\u00f4me n\u2019est pas seulement l\u2019expression d\u2019un souhait inconscient r\u00e9alis\u00e9&nbsp;; il faut encore que s\u2019y ajoute un souhait provenant du pr\u00e9conscient, qui s\u2019accomplit par le m\u00eame sympt\u00f4me\u2026&nbsp;\u00bb (623).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Une telle conception du sympt\u00f4me et du r\u00eave comme form\u00e9s par des contributions venant de deux c\u00f4t\u00e9s, Freud l\u2019avait d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9e d\u00e8s les <em>\u00c9tudes sur l\u2019hyst\u00e9rie<\/em>, quand il parlait du sympt\u00f4me comme un <em>infiltrat<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire le r\u00e9sultat d\u2019une interp\u00e9n\u00e9tration d\u2019\u00e9l\u00e9ments relevant de l\u2019inconscient et d\u2019\u00e9l\u00e9ments provenant du moi, et o\u00f9 \u00ab&nbsp;c\u2019est la r\u00e9sistance qui repr\u00e9sente l\u2019\u00e9l\u00e9ment infiltrant&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Fort bien&nbsp;! Mais alors, cela veut-il dire que le r\u00eave, lui, ne conna\u00eet pas un tel conflit entre le souhait <em>Ics<\/em> et le souhait <em>Pcs<\/em>&nbsp;? Au niveau des contenus, peut-\u00eatre pas, mais il y a quand m\u00eame le conflit entre le souhait <em>Ics <\/em>et le souhait de continuer \u00e0 dormir. D\u2019o\u00f9, \u00e0 nouveau, le recours au r\u00eave de l\u2019enfant qui br\u00fble. Le p\u00e8re fait un r\u00eave qui d\u2019une part prolonge la vie de l\u2019enfant, mais d\u2019autre part essaie de pr\u00e9server l\u2019\u00e9tat de sommeil\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class='footnotes' id='footnotes-2442'><div class='footnotedivider'><\/div><ol><li id='fn-2442-1'> Je n\u00e9glige ici volontairement le probl\u00e8me que pose l\u2019expression \u00ab&nbsp;repr\u00e9sentation inconsciente&nbsp;\u00bb. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2442-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2442-2'> Voir notre discussion r\u00e9cente sur refoulement et r\u00e9pression \u2013 document <a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/51-Chapitre-VII-C-Accomplissement-de-souhait-1.pdf\">51<\/a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2442-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2442-3'> Je rappelle que ic\u00f4ne et indice sont deux cat\u00e9gories de signes dans la classification de Peirce, la troisi\u00e8me cat\u00e9gorie \u00e9tant le symbole linguistique. Pour le rapprochement, voir notre discussion sur le sens des mots \u00ab&nbsp;d\u00e9termination&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;surd\u00e9termination&nbsp;\u00bb, notamment dans le document<a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2120\"> 41<\/a> portant justement sur le d\u00e9placement. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2442-3'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2442-4'> Voir les documents <a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1230\">31<\/a> et <a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1640\">32<\/a> de notre s\u00e9minaire de l\u2019ann\u00e9e 2020-2021. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2442-4'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2442-5'> Voir Freud (1925) La n\u00e9gation, OCP vol. XVII, p. 169. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2442-5'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2442-6'> Leclaire M. et Scarfone, D. (2000) Vers une conception unitaire de l\u2019\u00e9preuve de r\u00e9alit\u00e9, <em>Revue fran\u00e7aise de psychanalyse, <\/em>vol. LXX, 3, p. 885-912. Article <a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/LeclaireScarfone-VersUneConception-RFP.pdf\">disponible<\/a> dans la section \u00ab&nbsp;Documents&nbsp;\u00bb du site web. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2442-6'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S\u00c9MINAIRE \u00ab&nbsp;PENSER AVEC FREUD&nbsp;\u00bb Document 52 ANN\u00c9E 2023-2024 RELIRE L\u2019INTERPR\u00c9TATION DU R\u00caVE CHAPITRE VII C- SUR L\u2019ACCOMPLISSEMENT DE SOUHAIT &#8211; 2e partie Dominique Scarfone Version PDF Le transfert dans la production du r\u00eave Le mot transfert refait soudain son apparition sous la plume de Freud \u00e0 la page 617. Freud revient sur le probl\u00e8me du<a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2442\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a052- CHAP. 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