{"id":2410,"date":"2023-08-16T15:31:38","date_gmt":"2023-08-16T19:31:38","guid":{"rendered":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2410"},"modified":"2023-08-16T15:54:26","modified_gmt":"2023-08-16T19:54:26","slug":"chapitre-vii-c-sur-laccomplissement-de-souhait-1ere-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2410","title":{"rendered":"51- Chapitre VII- C- Sur l&rsquo;accomplissement de souhait &#8211; 1\u00e8re partie"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\">S\u00c9MINAIRE \u00ab&nbsp;PENSER AVEC FREUD&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">ANN\u00c9E 2023-2024<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>RELIRE <em>L\u2019INTERPR\u00c9TATION DU R\u00caVE<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Document 51<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">CHAPITRE VII<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">C- SUR L\u2019ACCOMPLISSEMENT DE SOUHAIT &#8211; 1\u00e8re partie<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Dominique Scarfone<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/51-Chapitre-VII-C-Accomplissement-de-souhait-1.pdf\">Obtenir la version .pdf<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Freud a d\u00e9j\u00e0 consacr\u00e9 un court chapitre au r\u00eave comme accomplissement de souhait (Chap. III), mais il s\u2019agissait alors de <em>documenter<\/em> cette affirmation qui cl\u00f4turait le chapitre II, o\u00f9 il avait analys\u00e9 le r\u00eave dit \u00ab&nbsp;de l\u2019injection \u00e0 Irma&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\u201cUne fois achev\u00e9 le travail d\u2019interpr\u00e9tation, le r\u00eave s\u2019av\u00e8re \u00eatre un accomplissement de souhait.\u201d (156)<\/pre>\n\n\n\n<p>\u00c0 pr\u00e9sent, il s\u2019agit plut\u00f4t de <em>discuter<\/em> de cette th\u00e8se si simple en apparence, de la <em>th\u00e9oriser<\/em>. C\u2019est l\u2019autre r\u00eave d\u00e9sormais c\u00e9l\u00e8bre, le r\u00eave de l\u2019enfant qui br\u00fble, qui va lui servir d\u2019amorce. Si ce r\u00eave compte pour Freud, c\u2019est parce que, selon toute apparence, il milite <em>contre<\/em> la \u00ab&nbsp;doctrine de l\u2019accomplissement de souhait&nbsp;\u00bb. Freud, comme il le fera souvent, choisit d\u2019affronter la contradiction, de partir du contre-exemple, ou de ce qui semble tel, pour mieux affermir sa position:<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\u00ab&nbsp;[L]e p\u00e8re tire de la lueur qui atteint son \u0153il, alors m\u00eame qu'il dort, la conclusion inqui\u00e8te qu\u2019un cierge est tomb\u00e9 et a pu mettre le feu au cadavre ; cette conclusion, il la transforme en un r\u00eave, en lui faisant rev\u00eatir une situation qui frappe les sens et en la mettant au temps pr\u00e9sent. Quel r\u00f4le l'accomplissement de souhaits joue-t-il l\u00e0, et comment pourrait-on donc aller jusqu'\u00e0 m\u00e9conna\u00eetre ici la surpuissance de la pens\u00e9e qui se prolonge \u00e0 partir de l'\u00e9tat de veille ou bien qui est suscit\u00e9 par la nouvelle impression sensorielle ?&nbsp;\u00bb (604)<\/pre>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019imm\u00e9diat, Freud ne trouve rien \u00e0 redire \u00e0 ses propres objections et il en conclut qu\u2019il faut r\u00e9fl\u00e9chir davantage \u00e0 la question de l\u2019accomplissement de souhait.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il propose d\u2019abord qu\u2019au plan manifeste, on peut diviser les r\u00eaves en deux groupes: ceux qui se pr\u00e9sentent ouvertement comme satisfaisant un souhait (cas typique des r\u00eaves d\u2019enfants, mais qui semblentpouvoir se rencontrer aussi chez les adultes) ; d\u2019autres dont l\u2019accomplissement de souhait est m\u00e9connaissable, \u0153uvre de la censure\/d\u00e9formation.<\/p>\n\n\n\n<p>Il se demande alors d&rsquo;o\u00f9 provient le souhait dans chaque r\u00eave. Et tout d\u2019abord, pour que cette question, ce \u00ab&nbsp;d\u2019o\u00f9?\u00bb soit possible, il faut bien postuler une opposition \u00ab&nbsp;entre la vie diurne devenue consciente et une activit\u00e9 psychique <em>rest\u00e9e<\/em> inconsciente qui ne peut se rendre d\u00e9celable que pendant la nuit.&nbsp;\u00bb Notons, avec le mot \u00abrest\u00e9e\u00bb que Freud postule non seulement <em>deux<\/em> activit\u00e9s psychiques, mais aussi l\u2019ordre de leur apparition: la vie psychique diurne est <em>devenue consciente<\/em>, la vie psychique nocturne est <em>rest\u00e9e inconsciente<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Trois origines possibles du souhait sont propos\u00e9es. Les deux premi\u00e8res apparaissent \u00e0 l\u2019intersection, pourrait-on dire, entre vie psychique diurne et nocturne:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>1- Souhait excit\u00e9 dans la journ\u00e9e par des circonstances externes et rest\u00e9 en suspens: souhait reconnu, mais non liquid\u00e9. Dans le mod\u00e8le th\u00e9orique de l\u2019appareil psychique il se situe dans le <em>Pcs. <\/em>Exemple: le r\u00eave de la petite fille \u00ab&nbsp;qui prolonge le tour sur le lac interrompu pendant la journ\u00e9e&nbsp;\u00bb (606, r\u00eave rapport\u00e9 en p. 164).<\/p>\n\n\n\n<p>2- Souhait apparu durant la journ\u00e9e, mais rejet\u00e9; il reste non liquid\u00e9, mais aussi <em>r\u00e9prim\u00e9 <\/em>(<em>unterdr\u00fcckter<\/em>; notons que Freud ne dit pas \u00ab&nbsp;refoul\u00e9&nbsp;\u00bb). Dans le mod\u00e8le tripartite de l\u2019appareil, il a \u00e9t\u00e9 <em>repouss\u00e9<\/em> vers l\u2019<em>Ics. <\/em>Exemple, le r\u00eave \u00ab&nbsp;pour toute commande ult\u00e9rieure, indiquer le num\u00e9ro&nbsp;\u00bb (606).<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me ne concernerait que la vie psychique nocturne:<\/p>\n\n\n\n<p>3- Souhait sans relation avec la vie diurne, qui n\u2019entre en mouvement que la nuit venue, \u00e0 partir du <em>r\u00e9prim\u00e9<\/em> (<em>Unterdr\u00fcckten<\/em>). Dans le sch\u00e9ma, Freud ne le situe pas pr\u00e9cis\u00e9ment, mais il le dit \u00ab&nbsp;absolument incapable de passer au-del\u00e0 du syst\u00e8me de l\u2019<em>Ics.<\/em>&nbsp;\u00bb (605) Nombreux exemples parmi les r\u00eaves analys\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>4- Il s\u2019av\u00e8re toutefois que, comme les trois mousquetaires, les trois origines sont au nombre de quatre&#8230; En effet, une quatri\u00e8me source est la motion de souhait \u00ab&nbsp;actuelle&nbsp;\u00bb, surgie durant le sommeil lui-m\u00eame, par exemple en r\u00e9ponse au stimulus de la soif, ou au besoin sexuel. Noter ici qu\u2019il s\u2019agit du <em>besoin<\/em> sexuel au sens \u00ab&nbsp;actuel&nbsp;\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire au sens de l\u2019excitation du moment, et ne se confond pas avec ce qui s\u2019appellera plus tard le sexuel infantile. Non pas qu\u2019il n\u2019y ait aucun rapport entre les deux, mais pour le moment Freud s\u2019en tient au fait observable: il y a une excitation sexuelle du dormeur, analogue \u00e0 l\u2019excitation caus\u00e9e par la soif, ou le froid, qui toutes peuvent se trouver repr\u00e9sent\u00e9es dans un r\u00eave. Comme on le voit, Freud ne m\u00eale pas ici \u00e0 ses observations la th\u00e9orie qu\u2019il d\u00e9rivera plus tard de la r\u00e9flexion sur ces observations. Cela est tr\u00e8s important pour la solidit\u00e9 de son propos.<\/p>\n\n\n\n<p>La conclusion g\u00e9n\u00e9rale est qu\u2019un r\u00eave peut \u00eatre suscit\u00e9 par des souhaits de provenances diverses&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ainsi tous les souhaits semblent avoir d\u2019abord m\u00eame valeur et m\u00eame pouvoir pour la formation de r\u00eave.&nbsp;\u00bb (606)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Deux remarques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Deux \u00ab&nbsp;d\u00e9tails&nbsp;\u00bb attirent ici l\u2019attention. <em>Le premier<\/em>, d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, c\u2019est l\u2019usage du mot \u00abr\u00e9prim\u00e9\u00bb (<em>unterdr\u00fcckter<\/em> dans l\u2019original allemand). C\u2019est une expression que Freud emploie rarement et qui, faut-il souligner, n\u2019est pas l\u2019\u00e9quivalent exact de refoul\u00e9 <sup class='footnote'><a href='#fn-2410-1' id='fnref-2410-1' onclick='return fdfootnote_show(2410)'>1<\/a><\/sup>. La r\u00e9pression est une op\u00e9ration plus g\u00e9n\u00e9rale que le refoulement. Selon le <em>Vocabulaire<\/em> de Laplanche et Pontalis, le refoulement serait une des formes possibles de la r\u00e9pression. Mais en un sens plus restreint, la r\u00e9pression diff\u00e8re du refoulement soit par le caract\u00e8re conscient de l\u2019op\u00e9ration, le contenu devenant alors pr\u00e9conscient; la r\u00e9pression peut \u00eatre obtenue par inhibition ou suppression d\u2019un affect. On peut alors se demander pourquoi, dans les passage que nous examinons, Freud emploie le mot <em>Unterdr\u00fcckung<\/em> (r\u00e9pression) et ses d\u00e9riv\u00e9s au lieu de <em>Verdr\u00e4ngung <\/em>(refoulement). Une r\u00e9ponse simple serait qu\u2019il ne s\u2019agit que d\u2019une variation de style. Apr\u00e8s tout, puisque le refoulement est un cas particulier de la r\u00e9pression, il en a le bien le droit. Mais entre alors en ligne de compte <em>l\u2019autre d\u00e9tail<\/em>&nbsp;: c\u2019est que, dit Freud, le troisi\u00e8me type de souhait \u00ab&nbsp;est absolument incapable de passer au-del\u00e0 du syst\u00e8me de l\u2019<em>Ics.<\/em>&nbsp;\u00bb (605)<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, il faut suivre patiemment son propos. Comme d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9, Freud ne dit pas clairement que la source se trouve <em>dans<\/em> syst\u00e8me <em>Ics<\/em>; il dit que la motion de souhait est \u00ab&nbsp;absolument incapable&nbsp;\u00bb d\u2019aller au-del\u00e0 de l\u2019<em>Ics. <\/em>Se pourrait-il alors qu\u2019elle ne soit pas \u00ab&nbsp;r\u00e9prim\u00e9e&nbsp;\u00bb mais, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, <em>refoul\u00e9e&nbsp;<\/em>? Si c\u2019est le cas, qu\u2019est-ce que cela nous dit de plus&nbsp;? Je suis port\u00e9 \u00e0 penser que lorsque Freud emploie le verbe \u00ab&nbsp;r\u00e9primer&nbsp;\u00bb plut\u00f4t que \u00ab&nbsp;refouler&nbsp;\u00bb, c\u2019est parce qu\u2019il pense \u00e0 quelque chose ayant d\u00e9j\u00e0 franchi les limites de l\u2019<em>Ics<\/em> et ayant \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;repouss\u00e9&nbsp;\u00bb dans un deuxi\u00e8me temps. Dans ce cas on parle bien s\u00fbr de <em>refoulement secondaire,<\/em> qui peut bien \u00eatre un cas particulier de la r\u00e9pression. Mais alors, cela dit aussi que dans le cas de ce qui&nbsp;\u00ab&nbsp;est absolument incapable de passer au-del\u00e0 du syst\u00e8me de l\u2019<em>Ics<\/em>&nbsp;\u00bb, la question de le repousser ou de le r\u00e9primer ne se pose tout simplement pas: on ne saurait repousser ce qui ne s\u2019est pas encore avanc\u00e9 au-del\u00e0 de l\u2019<em>Ics<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Que gagnons-nous \u00e0 faire cette distinction? Je crois que nous y gagnons une meilleure compr\u00e9hension de la diff\u00e9rence entre refoulement primaire et refoulement secondaire, m\u00eame si Freud est loin, en cette ann\u00e9e 1899, d\u2019utiliser ces termes (il le fera en 1915). Ce qu\u2019on peut en d\u00e9duire, c\u2019est que le refoulement secondaire est bien un cas particulier de r\u00e9pression, mais que l\u2019id\u00e9e de r\u00e9primer ou de repousser ne tient plus lorsqu\u2019il s\u2019agit du refoul\u00e9 primaire ou originaire. Le refoulement originaire correspond plus exactement \u00e0 la d\u00e9finition d\u00e9sormais famili\u00e8re de la \u00ab&nbsp;lettre 52&nbsp;\u00bb (lettre \u00e0 Fliess du 6 d\u00e9cembre 1896)&nbsp;: un d\u00e9faut de traduction et non une r\u00e9pression de ce qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 traduit.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"blob:https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/da448d10-51f1-4f12-ae75-460ef361b2a3\" alt=\"Deux modes du refoulement.png\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Retour au texte<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la conclusion que tous les souhaits ont la m\u00eame valeur, Freud oppose aussit\u00f4t une objection. S\u2019il ne fait pas de doute que dans les r\u00eaves d\u2019enfants un souhait non liquid\u00e9 de la journ\u00e9e suffit \u00e0 susciter un r\u00eave en lien avec lui, il faut noter que justement, c\u2019est le souhait d\u2019un enfant, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00ab&nbsp;poss\u00e9dant cette force propre \u00e0 l\u2019infantile&nbsp;\u00bb (606). C\u2019est ce qui lui fait douter que la m\u00eame chose puisse se produire chez les adultes:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\u00ab&nbsp;Je doute tout \u00e0 fait qu\u2019un souhait non accompli dans la journ\u00e9e suffise chez un adulte \u00e0 cr\u00e9er un r\u00eave. Il me semble bien plut\u00f4t qu\u2019avec la domination progressive de notre vie pulsionnelle par l\u2019activit\u00e9 pensante, nous renon\u00e7ons de plus en plus \u00e0 la formation ou \u00e0 la conservation, tenues pour inutiles, des souhaits aussi intenses que ceux que conna\u00eet l\u2019enfant.&nbsp;\u00bb (606)<\/pre>\n\n\n\n<p>Certes, des variations sont possibles \u00e0 ce sujet selon les individus, mais Freud est si convaincu de ce qu\u2019il vient d\u2019\u00e9crire qu\u2019il formule ensuite une r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale: Le souhait issu du conscient joue certes une part, mais le r\u00eave ne se produira que si ce souhait re\u00e7oit un renforcement venu de l\u2019inconscient \u2013&nbsp;&nbsp;et nous avons vu \u00e0 la section pr\u00e9c\u00e9dente&nbsp; (B) que cela signifie justement <em>le renforcement par l\u2019infantile<\/em>. Les souhaits diurnes des adultes ne gardent donc pas leur force durant le sommeil comme le font ceux des enfants, mais l\u2019infantile inconscient peut leur apporter le suppl\u00e9ment n\u00e9cessaire pour la production d\u2019un r\u00eave. La r\u00e8gle s\u2019\u00e9nonce comme suit:<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\u00ab&nbsp;Je me repr\u00e9sente que le souhait conscient ne devient l\u2019excitateur du r\u00eave que s\u2019il r\u00e9ussit \u00e0 \u00e9veiller un souhait inconscient ayant un \u00e9nonc\u00e9 semblable, par lequel il se renforce.&nbsp;<em>\u00bb <\/em>(607)<\/pre>\n\n\n\n<p>Notons ici une fois de plus l\u2019allure de s\u00e9lection darwinienne du processus pos\u00e9 par Freud: des souhaits conscients non accomplis, il peut y en avoir autant qu\u2019on veut, mais ne se retrouvera \u00e0 la source d\u2019un r\u00eave que celui poss\u00e9dant une similitude, un point commun avec un souhait inconscient. Nous retrouvons ainsi les notions de <em>d\u00e9termination<\/em> et de <em>surd\u00e9termination<\/em> que nous avons discut\u00e9es dans le document 47, \u00e0 propos de la section A du chapitre VII. On voit ici encore que le souhait qui amorce la formation d\u2019un r\u00eave doit avoir des d\u00e9terminations multiples (surd\u00e9termination).<\/p>\n\n\n\n<p>Cela donne aussi \u00e0 Freud l\u2019occasion de dire comment il con\u00e7oit les souhaits inconscients:<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\u00ab&nbsp;toujours en mouvement, toujours pr\u00eats \u00e0 parvenir \u00e0 se procurer une expression, lorsque l'occasion s\u2019offre \u00e0 eux de s'allier \u00e0 une motion venant du conscient, \u00e0 transf\u00e9rer leur grande intensit\u00e9 sur celle, moindre, de cette derni\u00e8re. \u00bb (607; cf. aussi la note de bas de page.)<\/pre>\n\n\n\n<p>Jolie description du r\u00e9gime des processus primaires caract\u00e9risant l\u2019inconscient; description qu\u2019il faudrait, me semble-t-il, toujours garder \u00e0 l\u2019esprit: le mouvement constant, la grande disponibilit\u00e9 aux alliances et aux transferts d\u2019intensit\u00e9. Garder \u00e0 l\u2019esprit, donc, que l\u2019inconscient n\u2019est pas une archive poussi\u00e9reuse, mais, pour paraphraser Derrida, une archive \u00ab&nbsp;enfi\u00e9vr\u00e9e&nbsp;\u00bb. Un ensemble en mouvement qui r\u00e9pond toujours \u00ab&nbsp;pr\u00e9sent&nbsp;\u00bb. On pourrait aussi attribuer \u00e0 ces souhaits inconscient un caract\u00e8re <em>pulsionnel<\/em>. Non pas pour \u00e9tablir une parfaite identit\u00e9 entre souhait et pulsion, puisque ce sont l\u00e0 deux cat\u00e9gories nettement distinctes. Mais on peut n\u00e9anmoins voir le prolongement de la notion de pulsion dans ce caract\u00e8re \u00ab&nbsp;toujours en mouvement&nbsp;\u00bb du souhait inconscient. La pulsion n\u2019est pas une entit\u00e9 \u00e0 situer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du souhait, mais une quantit\u00e9 de mouvement qui peut se manifester ou bien en tant qu\u2019affect, ou bien en tant qu\u2019\u00e9tat du souhait \u00abtoujours en mouvement\u00bb, ou encore en tant que caract\u00e8re \u00absurpuissant\u00bb d\u2019une repr\u00e9sentation, par exemple dans la n\u00e9vrose de contrainte, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Le \u00ab&nbsp;toujours en mouvement&nbsp;\u00bb des souhaits <em>Ics<\/em>, Freud le r\u00e9p\u00e8te quelques lignes plus loin, en ajoutant que ces souhaits sont \u00ab&nbsp;pour ainsi dire immortels&nbsp;\u00bb et il redouble \u00e0 leur propos les all\u00e9gories: comme des Titans qui, ensevelis, peuvent encore faire trembler la terre, ou (dans la note de bas de page) comme les ombres du monde souterrain dans l\u2019Odyss\u00e9e, qui \u00ab&nbsp;s\u2019\u00e9veillent \u00e0 une vie nouvelle d\u00e8s qu\u2019elles ont bu du sang&nbsp;\u00bb. (607, note 1.)<\/p>\n\n\n\n<p>Si donc, au Chapitre III, Freud s\u2019\u00e9tait convaincu que les r\u00eaves sont des accomplissements de souhait sur la base d\u2019observations empiriques, c&rsquo;est-\u00e0-dire vu les r\u00e9sultats de ses analyses de r\u00eaves, on le voit ici th\u00e9oriser ses observations et en tirer une conception des actes psychiques inconscients. Il op\u00e8re du m\u00eame coup un raccordement avec l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019analyse des n\u00e9vroses. Il en vient ainsi \u00e0 \u00e9carter ce qu\u2019il disait pr\u00e9c\u00e9demment, que la provenance des r\u00eaves serait indiff\u00e9rente, et d\u00e9clare plut\u00f4t ceci:<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\u00ab&nbsp;le souhait qui trouve sa pr\u00e9sentation dans le r\u00eave, ne peut \u00eatre qu\u2019un souhait infantile. \u00bb (608)<\/pre>\n\n\n\n<p>Autrement dit, chez l\u2019adulte, les souhaits qui persistent de la journ\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente ne sont que des pr\u00e9textes, des amorces, ayant un r\u00f4le comparable \u00ab&nbsp;au mat\u00e9riel des sensations actuelles durant le sommeil&nbsp;\u00bb (608). Le vrai souhait dont il vaut la peine de s\u2019occuper, c\u2019est le souhait infantile parce que c\u2019est lui, pourrait-on ajouter, qui est l\u2019objet de la d\u00e9formation inh\u00e9rente \u00e0 la production des r\u00eaves qui nous poursuivent, c\u2019est lui qui donne aux r\u00eaves leur caract\u00e8re \u00e9nigmatique. Et Freud d\u2019ajouter:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\u00ab&nbsp;Je sais que cette vision des choses n\u2019est pas d\u00e9montrable de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale; mais j\u2019affirme qu\u2019elle est fr\u00e9quemment d\u00e9montrable, m\u00eame l\u00e0 o\u00f9 on n\u2019aurait pas suppos\u00e9 cela, et elle n\u2019est pas r\u00e9futable de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale.&nbsp;\u00bb<\/pre>\n\n\n\n<p>Cela dit, Freud sent le besoin de ne pas compl\u00e8tement disqualifier les processus pr\u00e9conscients et il proc\u00e8de alors \u00e0 une nouvelle liste, celle des motions de pens\u00e9e diurnes se prolongeant dans le r\u00eave (608-609):<\/p>\n\n\n\n<p>1- ce qui, pendant la journ\u00e9e, de par un emp\u00eachement fortuit n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 men\u00e9 \u00e0 sa fin ;<\/p>\n\n\n\n<p>2- ce qui, de par l\u2019engourdissement, de notre force de pens\u00e9e est non liquid\u00e9, ce qui est non r\u00e9solu;<\/p>\n\n\n\n<p>3- ce qui, au cours de la journ\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9 et r\u00e9prim\u00e9;<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019ajoute ce que Freud qualifie de \u00ab&nbsp;puissant quatri\u00e8me groupe&nbsp;\u00bb :<\/p>\n\n\n\n<p>4- ce qui, \u00e0 longueur de journ\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 mis en mouvement dans notre <em>Ics<\/em> par le travail du pr\u00e9conscient ;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>et enfin, un cinqui\u00e8me groupe :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>5- les impressions de la journ\u00e9e indiff\u00e9rentes, et pour cela rest\u00e9es non liquid\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>De ces groupes, Freud indique que ce sont des <em>restes de la vie diurne<\/em> dont les \u00ab&nbsp;intensit\u00e9s psychiques&nbsp;\u00bb s\u2019introduisent dans l\u2019\u00e9tat de sommeil et \u00ab&nbsp;luttent pour s\u2019exprimer&nbsp;\u00bb (notons une fois de plus le darwinisme). Leur expression est modifi\u00e9e par l\u2019\u00e9tat de sommeil qui comporte une modification d\u00e9s investissements dans le <em>Pcs<\/em>, tandis que rien de l\u2019<em>Ics<\/em> n\u2019est modifi\u00e9 par le sommeil. On retrouve ainsi le mod\u00e8le des deux courants psychiques examin\u00e9s dans le document pr\u00e9c\u00e9dent (50), dont l\u2019un (le courant diurne) est interrompu, laissant toute la place \u00e0 l\u2019autre. Cet autre courant, <em>Ics<\/em>, on ne le dira pas \u00ab&nbsp;nocturne&nbsp;\u00bb, puisqu\u2019il est <em>toujours pr\u00e9sent<\/em>, de jour comme de nuit. C\u2019est une autre fa\u00e7on de concevoir ce qui nous faisait dire r\u00e9cemment que le mode hallucinatoire est le mode de base et qui est d\u2019ordinaire inhib\u00e9 par les processus diurnes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme on le voit, l\u2019\u00e9tude du r\u00eave nous informe aussi sur la vie \u00e9veill\u00e9e et sur le fait que, dans des moments de rel\u00e2chement de l\u2019attention, le mode hallucinatoire se glisse inopin\u00e9ment dans notre v\u00e9cu; pas n\u00e9cessairement sous la forme d\u2019une pleine hallucination, mais \u00e0 travers tous ces petits incidents: r\u00eaveries diurnes, illusions visuelles ou auditives, lapsus\u2026 Les fant\u00f4mes psychiques, les \u00ab&nbsp;ombres souterraines&nbsp;\u00bb, ne sont certes pas aussi bien abreuv\u00e9es que durant le sommeil, mais elles sont l\u00e0, constamment en mouvement, toujours pr\u00eates \u00e0 entrer en sc\u00e8ne d\u00e8s qu\u2019une r\u00e9sonance est possible avec des \u00e9v\u00e9nements de la vie \u00e9veill\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud illustre cela en reprenant un de ses r\u00eaves (Otto a les signes de la maladie de Basedow\u2014 une hyperthyro\u00efdie). Ce r\u00eave semble \u00e0 prime abord refl\u00e9ter non un souhait, mais un inqui\u00e9tude du jour pr\u00e9c\u00e9dent. C\u2019est \u00e0 travers une identification \u00e0 l\u2019un des personnages du r\u00eave que Freud retrouve le souhait implicite. Il l\u2019explique ainsi:<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\u00ab&nbsp;Il fallait que je sois toujours pr\u00eat, dans l\u2019<em>Ics<\/em>, \u00e0 l\u2019identification avec les professeur R., car par elle s\u2019accomplissait un des immortels souhaits d\u2019enfance, ce souhait qu\u2019est la soif des grandeurs.&nbsp;\u00bb (610)<\/pre>\n\n\n\n<p>Soulignons \u00ab&nbsp;toujours pr\u00eat \u00e0 l\u2019identification&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;immortels souhaits d\u2019enfance&nbsp;\u00bb&nbsp;: cela aussi nous sugg\u00e8re une conception de l\u2019inconscient bien \u00e9loign\u00e9e de celle des m\u00e9taphores spatiales. En continuit\u00e9 avec la notion de l\u2019hallucinatoire de base, il faut se repr\u00e9senter les motions inconscientes comme constamment \u00e0 l\u2019\u0153uvre, comme un \u00ab&nbsp;mouvement brownien&nbsp;\u00bb de particules toujours \u00e0 la recherche de voies pour l\u2019expression et trouvant ces voies dans des dispositions tout aussi permanentes de la part inconsciente du moi (dans l\u2019exemple du r\u00eave de Freud, l\u2019\u00eatre toujours pr\u00eat \u00e0 l\u2019identification avec un c\u00e9l\u00e8bre professeur). Et d\u2019ailleurs, le \u00ab&nbsp;puissant quatri\u00e8me groupe&nbsp;\u00bb mentionn\u00e9 plus haut est form\u00e9 de ce qui, partant du travail du pr\u00e9conscient durant la journ\u00e9e, met constamment en mouvement tant de choses de l\u2019<em>Ics<\/em>. Jamais rien de statique, donc, dans l\u2019appareil de l\u2019\u00e2me. Quand Freud parlera plus tard de fixations \u00e0 des stades libidinaux, il faudra par cons\u00e9quent se demander de quelle fixit\u00e9 il est question. Peut-\u00eatre faudra-t-il les consid\u00e9rer comme ayant seulement l\u2019apparence de points d\u2019arr\u00eat et se les repr\u00e9senter plut\u00f4t comme des ronds-points o\u00f9 le processus psychique qui s\u2019y engage ne trouve pas la sortie et continue \u00e0 tourner en rond autour d\u2019un probl\u00e8me difficile ou impossible \u00e0 \u00e9laborer. C\u2019est ce mouvement circulaire qui donne le change pour une immobilisation mais qui nous deviendra familier avec la notion de contrainte de r\u00e9p\u00e9tition.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est, me semble-t-il, \u00e0 partir d\u2019une telle conception que Freud est capable de d\u00e9celer le souhait inconscient l\u00e0 o\u00f9 il ne semble y avoir que de l\u2019inqui\u00e9tude:<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\u00ab&nbsp;La pens\u00e9e du jour, qui en soi n\u2019est pas un souhait, mais au contraire une inqui\u00e9tude, dut se procurer par une voie quelconque le rattachement \u00e0 un souhait infantile, \u00e0 pr\u00e9sent inconscient et r\u00e9prim\u00e9, qui la fit ensuite, quoique d\u00fbment arrang\u00e9e, \u201csurgir\u201d pour la conscience.&nbsp;\u00bb (610)<\/pre>\n\n\n\n<p><strong>Des ajouts tardifs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la suite de cette derni\u00e8re remarque apparaissent plusieurs paragraphes que Freud ajoute en 1919. L\u2019ann\u00e9e n\u2019est pas n\u2019importe laquelle, puisque nous savons qu\u2019elle est celle de la r\u00e9daction d\u2019<em>Au-del\u00e0 du principe de plaisir<\/em> o\u00f9 est r\u00e9vis\u00e9 et amend\u00e9 le th\u00e9or\u00e8me du r\u00eave comme accomplissement de souhait. Dans ces ajouts, Freud semblera \u00e9voquer la possibilit\u00e9 de cette remise en question (611) mais il semblera aussi h\u00e9siter et proposera pour finir que m\u00eame les r\u00eaves de d\u00e9plaisir sont des accomplissements de souhait.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\u00ab&nbsp; Un souhait inconscient et refoul\u00e9 \u2013 dont l\u2019accomplissement ne pourrait \u00eatre ressenti par le moi du r\u00eaveur autrement que comme p\u00e9nible \u2013 s\u2019est servi de l\u2019occasion qui lui est offerte par la persistance de l\u2019investissement des restes du jour p\u00e9nibles, leur a pr\u00eat\u00e9 son appui et les a rendus aussi capables de passer dans le r\u00eave.&nbsp;\u00bb(611)<\/pre>\n\n\n\n<p>Le souhait refoul\u00e9 serait donc capable de faire fl\u00e8che de tout bois, ne se souciant aucunement de la qualit\u00e9 de plaisir ou de d\u00e9plaisir du reste diurne, du moment qu\u2019il trouve un point par lequel s\u2019y accrocher. On voit que, dans le texte de ces ajouts, nous ne sommes pas encore entr\u00e9s dans l\u2019au-del\u00e0 du principe de plaisir.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud poursuit dans cette veine en parlant des r\u00eaves de punition qui accomplissent eux aussi un souhait inconscient, \u00ab&nbsp;celui d\u2019une punition du r\u00eaveur pour une motion de souhait non permise qui a \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9e&nbsp;\u00bb (612). Mais une diff\u00e9rence importante est alors introduite, puisqu\u2019ici le souhait inconscient qui pr\u00e9domine est un souhait <em>du moi<\/em>. Freud peut sembler jouer ici \u00e0 \u00ab&nbsp;pile je gagne, face tu perds&nbsp;\u00bb&nbsp;: que le r\u00eave cache ou montre le plaisir, qu\u2019il se manifeste comme d\u00e9plaisir ou comme punition, peu importe, il y a toujours moyen de trouver le motif de l\u2019accomplissement de souhait. Pourtant, il proc\u00e8de selon une logique rigoureuse par laquelle le r\u00eave de punition introduit une nouvelle dimension&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\u00ab&nbsp;Les r\u00eaves de punition indiquent donc la possibilit\u00e9 d\u2019une participation encore plus \u00e9tendue du moi \u00e0 la formation du r\u00eave&nbsp;\u00bb (612).<\/pre>\n\n\n\n<p>Cela a l\u2019air d\u2019un simple amendement, mais annonce pourtant quelque chose de plus significatif dont on trouvera des \u00e9chos quelques ann\u00e9es plus tard, dans <em>Le moi et le \u00e7a. <\/em>En effet, apr\u00e8s la phrase que je viens de citer, il ajoute ceci:<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\u00ab&nbsp;Le m\u00e9canisme de la formation du r\u00eave devient, d'une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, beaucoup plus transparent, si, \u00e0 la place de l'opposition entre \u201cconscient\u201d et \u201cinconscient\u201d , on met celle entre \u201cmoi\u201d et \u201crefoul\u00e9\u201d. \u00bb<\/pre>\n\n\n\n<p>Dans ces paragraphes qui, je le rappelle, datent de 1919, on voit donc se profiler la seconde topique, sans que celle-ci soit d\u00e9j\u00e0 clairement formul\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\u00ab&nbsp;Le caract\u00e8re essentiel des r\u00eaves de punition resterait donc que pur eux, ce qui devient formateur du r\u00eave, ce n'est pas le souhait, inconscient venu du refoul\u00e9 (du syst\u00e8me <em>Ics<\/em>), mais c'est le souhait de punition r\u00e9agissant contre lui, appartenant au moi, bien qu'il soit inconscient (c.-\u00e0-d. pr\u00e9conscient).&nbsp;\u00bb (612)<\/pre>\n\n\n\n<p>Freud commence ainsi \u00e0 relativiser l\u2019importance des mots \u00ab&nbsp;inconscient&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;conscient&nbsp;\u00bb et \u00e0 leur pr\u00e9f\u00e9rer l\u2019opposition moi\/refoul\u00e9. Mais attention: le souhait de punition du moi, \u00e0 ce stade de sa pens\u00e9e, ne doit pas \u00eatre confondu avec le masochisme. La punition est ici le prix \u00e0 payer pour un souhait secr\u00e8tement entretenu. Il faut souffrir pour expier une faute, une satisfaction secr\u00e8te. Le masochisme lui, c\u2019est autre chose: la satisfaction r\u00e9side dans la souffrance elle-m\u00eame. Celle-ci est recherch\u00e9e pour elle-m\u00eame et non comme \u00abprix \u00e0 payer\u00bb. Freud, comme on le voit, ne formule pas encore son renversement de position concernant le masochisme en tant que position primaire du moi. C\u2019est seulement dans une note de bas de page ajout\u00e9e encore plus tard, en 1930, qu\u2019il souligne que dans ce passage il y avait lieu de \u00ab&nbsp;faire sa place au sur-moi reconnu plus tard par la psychanalyse&nbsp;\u00bb (612, n. 1).<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir rapport\u00e9 un r\u00eave \u00e0 l\u2019appui de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de, Freud avance une analogie qu\u2019il vaut la peine de garder \u00e0 l\u2019esprit:<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\u00ab&nbsp;[Il] est fort possible qu'une pens\u00e9e du jour joue pour le r\u00eave le r\u00f4le de l'entrepreneur ; mais l'entrepreneur qui, comme on-dit, a l'id\u00e9e est pouss\u00e9 \u00e0 la transposer en acte, ne peut pourtant rien faire sans capital ; il a besoin de capitaliste qui subvienne aux d\u00e9penses, et ce capitaliste qui fait face a la d\u00e9pense psychique pour le r\u00eave est, chaque fois et indiscutablement, quelle que puisse \u00eatre la pens\u00e9e du jour, un souhait provenant de l'inconscient.<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">D'autres fois, c'est le capitaliste lui-m\u00eame qui est l'entrepreneur ; c'est m\u00eame pour le r\u00eave, le cas le plus habituel. Par le travail du jour, un souhait inconscient a \u00e9t\u00e9 suscit\u00e9, et c'est lui qui cr\u00e9e alors le r\u00eave. De m\u00eame, les processus du r\u00eave trouve aussi leur parall\u00e8le dans toutes les autres modalit\u00e9s du rapport \u00e9conomique utilis\u00e9 ici comme exemple ; l'entrepreneur peut lui-m\u00eame apporter un rien de capital ; plusieurs entrepreneurs peuvent s'adresser au m\u00eame capitaliste ; plusieurs capitalistes peuvent apporter en commun la contribution n\u00e9cessaire aux entrepreneurs. Il y a donc aussi des r\u00eaves qui sont port\u00e9s par plus d'un souhait de r\u00eave, et beaucoup d'autres variations de ce genre qui sont faciles \u00e0 n\u00e9gliger et qui n'offrent plus d'int\u00e9r\u00eat pour nous. Ce qui, dans cette discussion sur le souhait de r\u00eave, est encore inachev\u00e9, nous ne pourrons le compl\u00e9ter que plus tard. \u00bb (615)<\/pre>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><\/p>\n\n\n<div class='footnotes' id='footnotes-2410'><div class='footnotedivider'><\/div><ol><li id='fn-2410-1'>&nbsp;\u00c0 ce sujet, on peut \u00eatre induit en erreur par le fait que \u00ab&nbsp;refoulement&nbsp;\u00bb (<em>Verdr\u00e4ngung<\/em>) se dit en anglais \u00ab&nbsp;<em>repression<\/em>&nbsp;\u00bb, tandis que le terme fran\u00e7ais \u00ab&nbsp;r\u00e9pression&nbsp;\u00bb (<em>Unterdr\u00fcckung<\/em>) se dit en anglais \u00ab&nbsp;<em>suppression<\/em>&nbsp;\u00bb. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2410-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S\u00c9MINAIRE \u00ab&nbsp;PENSER AVEC FREUD&nbsp;\u00bb ANN\u00c9E 2023-2024 RELIRE L\u2019INTERPR\u00c9TATION DU R\u00caVE Document 51 CHAPITRE VII C- SUR L\u2019ACCOMPLISSEMENT DE SOUHAIT &#8211; 1\u00e8re partie Dominique Scarfone Obtenir la version .pdf Freud a d\u00e9j\u00e0 consacr\u00e9 un court chapitre au r\u00eave comme accomplissement de souhait (Chap. III), mais il s\u2019agissait alors de documenter cette affirmation qui cl\u00f4turait le chapitre<a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2410\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a051- Chapitre VII- C- Sur l&rsquo;accomplissement de souhait &#8211; 1\u00e8re partie\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2410","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-proposes-a-la-discussion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2410","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2410"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2410\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2433,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2410\/revisions\/2433"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2410"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2410"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2410"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}