{"id":2284,"date":"2023-02-05T17:06:24","date_gmt":"2023-02-05T22:06:24","guid":{"rendered":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2284"},"modified":"2024-02-20T10:33:11","modified_gmt":"2024-02-20T15:33:11","slug":"50-chapitre-vii-b-la-regression-3eme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2284","title":{"rendered":"50- CHAPITRE VII-B- La r\u00e9gression &#8211; 3\u00e8me partie"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\"><span style=\"font-size: 12pt;\">S\u00c9MINAIRE \u00ab&nbsp;PENSER AVEC FREUD&nbsp;\u00bb<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><span style=\"font-size: 12pt;\">ANN\u00c9E 2022-2023<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>RELIRE <em>L\u2019INTERPR\u00c9TATION DU R\u00caVE<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Document 50<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><span style=\"font-size: 12pt;\">CHAPITRE VII<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><span style=\"font-size: 12pt;\">B- LA R\u00c9GRESSION &#8211; 3\u00e8me partie<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Dominique Scarfone<\/em><\/span><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/50-Chap.-VII-B-La-regression-3e-partie-copie.pdf\">Cliquer ici pour version pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><strong>Une r\u00e9gr\u00e9dience qui va\u2026 vers l\u2019avant<\/strong><br>Demandons-nous d\u2019abord o\u00f9 se fait, selon le mot de Freud, le \u00ab&nbsp;coup d\u2019envoi de la formation du r\u00eave&nbsp;\u00bb. La r\u00e9ponse simple est \u00ab&nbsp;dans le syst\u00e8me <em>Ics<\/em>.&nbsp;\u00bb (594) Mais Freud ajoute que ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait exact puisque<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab&nbsp;la formation du r\u00eave est oblig\u00e9e de se rattacher \u00e0 des pens\u00e9es de r\u00eave qui appartiennent au syst\u00e8me du pr\u00e9conscient [bien que] la <em>force de pulsion pour le r\u00eave<\/em> est fournie par l\u2019<em>Ics<\/em>.&nbsp;\u00bb (595).<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019attire \u00e0 nouveau l\u2019attention sur l\u2019expression \u00ab&nbsp;force de pulsion&nbsp;\u00bb (<em>Triebkraft<\/em>)&nbsp;: c\u2019est la deuxi\u00e8me fois dans cette section du chapitre que Freud emploie l\u2019expression. Une premi\u00e8re fois dans la r\u00e9capitulation du d\u00e9but (p. 586) o\u00f9 il parle du r\u00eave et de \u00ab&nbsp;sa force de pulsion&nbsp;\u00bb (<em>seine Triebkraft<\/em>), tandis que la seconde fois, comme nous venons de le voir, il parle de la force de pulsion <em>pour<\/em> le r\u00eave, <em>fournie<\/em> <em>par l\u2019Ics<\/em>. Cela sugg\u00e8re qu\u2019en voyant le mot \u00ab&nbsp;pulsion&nbsp;\u00bb, il convient d\u2019entendre \u00ab&nbsp;la force de pulsion&nbsp;\u00bb, autrement dit, la <em>pouss\u00e9e<\/em>. Sans m\u2019attarder sur ce point, je tenais \u00e0 souligner que c\u2019est bien ainsi que Freud semble penser la chose. Cela nous aide aussi \u00e0 r\u00e9aliser qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019attribuer le r\u00eave exclusivement \u00e0 l\u2019un ou l\u2019autre des syst\u00e8mes, mais bien de voir \u00e0 l\u2019\u0153uvre une \u00ab&nbsp;force de pulsion&nbsp;\u00bb qui tel un mouvement ondulatoire se propage d\u2019un syst\u00e8me \u00e0 l\u2019autre<sup class='footnote'><a href='#fn-2284-1' id='fnref-2284-1' onclick='return fdfootnote_show(2284)'>1<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud d\u00e9crit ensuite en mots ce que ses sch\u00e9mas illustrent, soit la progression de l\u2019excitation du p\u00f4le de la perception au p\u00f4le de la motricit\u00e9 <em>et<\/em> de la conscience. Cette proximit\u00e9 de la conscience avec le p\u00f4le moteur va m\u00e9riter qu\u2019on s\u2019y arr\u00eate, parce que cela va concerner la r\u00e9gression dans le r\u00eave. Le \u00absch\u00e9ma enroul\u00e9\u00bb va nous y aider (voir plus loin). En attendant, notons qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tat de veille la voie vers la conscience est barr\u00e9e par une \u00ab&nbsp;censure de r\u00e9sistance&nbsp;\u00bb (595), alors que durant le sommeil les pens\u00e9es de r\u00eave <em>ont acc\u00e8s<\/em> \u00e0 la conscience, \u00ab&nbsp;mais, souligne Freud, la question se pose de savoir par quelle voie et gr\u00e2ce \u00e0 quelle modification&nbsp;\u00bb. (595)<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, la pens\u00e9e de Freud se pr\u00e9cise. Si cet acc\u00e8s \u00e0 la conscience durant le sommeil ne d\u00e9pendait que de l\u2019abaissement de la censure entre inconscient et pr\u00e9conscient, tout serait simple:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab&nbsp;nous obtiendrions des r\u00eaves faits du mat\u00e9riel de nos repr\u00e9sentations, lesquelles ne comportent pas le caract\u00e8re hallucinatoire qui maintenant nous int\u00e9resse.&nbsp;\u00bb (595)<\/p>\n\n\n\n<p>De tels r\u00eaves sont d\u2019ailleurs parfois possibles, \u00e0 preuve le r\u00eave dit \u00ab&nbsp;Autodidasker&nbsp;\u00bb (chap. VI, p. 342 et suivantes), o\u00f9 il n\u2019appara\u00eet que ce seul mot, un n\u00e9ologisme compos\u00e9 de fragments d\u2019autres mots. Ici, point de formation d\u2019images, et pourtant Freud produit presque trois pages d\u2019associations pour l\u2019interpr\u00e9ter! Cette interpr\u00e9tation ressemble \u00e0 celle qu\u2019il est possible de faire \u00e0 propos d\u2019un lapsus \u2013 n\u00e9cessairement commis \u00e0 l\u2019\u00e9tat de veille. De retour au chapitre VII (p. 652), ce m\u00eame r\u00eave permettra \u00e0 Freud de signaler que les m\u00e9canismes de condensation et de d\u00e9placement font leur \u0153uvre m\u00eame quand il n\u2019y a pas r\u00e9gression vers l\u2019hallucination. Voil\u00e0 donc un point d\u2019\u00e9tabli: le caract\u00e8re hallucinatoire du r\u00eave semble ind\u00e9pendant des processus primaires. Freud se demande donc \u00e0 pr\u00e9sent ce qu\u2019il y a de particulier dans le r\u00eave proprement hallucinatoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab&nbsp;Ce qui se passe dans le r\u00eave hallucinatoire, nous ne pouvons le d\u00e9crire autrement qu\u2019en disant&nbsp;: l\u2019excitation prend une voie r\u00e9trograde. Au lieu de se propager vers l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 motrice de l\u2019appareil, elle se propage vers l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 sensitive et parvient finalement au syst\u00e8me des perceptions. Si nous appelons <em>progr\u00e9diente<\/em> la direction dans laquelle le processus psychique se prolonge, \u00e0 partir de l\u2019inconscient, dans l\u2019\u00e9tat de veille, nous sommes en droit de dire du r\u00eave qu\u2019il a une caract\u00e8re <em>r\u00e9gr\u00e9dient<\/em>.\u00bb (p. 595).<\/p>\n\n\n\n<p>Freud souligne aussit\u00f4t que ce mouvement r\u00e9gr\u00e9dient <em>n\u2019est pas exclusif au r\u00eave<\/em>&nbsp;; il se produit aussi, par exemple, dans la rem\u00e9moration intentionnelle o\u00f9 l\u2019on peut revenir \u00ab&nbsp;de tel ou tel acte de repr\u00e9sentation complexe jusqu\u2019au mat\u00e9riel brut des traces mn\u00e9siques qui sont \u00e0 sa base&nbsp;\u00bb (596). Cependant, compar\u00e9e \u00e0 la r\u00e9gression onirique, il manque \u00e0 cette r\u00e9gression \u00e0 l\u2019\u00e9tat de veille une caract\u00e9ristique essentielle&nbsp;: \u00ab&nbsp;elle n\u2019est pas en mesure de produire une vivification hallucinatoire des images perceptives&nbsp;\u00bb (596). D\u2019o\u00f9 vient alors la diff\u00e9rence&nbsp;? Freud rappelle qu\u2019en parlant du travail de condensation (au d\u00e9but du chapitre VI) il avait \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de postuler un <em>transfert<\/em> de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre des <em>intensit\u00e9s<\/em> rattach\u00e9es aux repr\u00e9sentations. Et Freud d\u2019ajouter&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est vraisemblablement cette modification [\u2026] qui rend possible d\u2019investir le syst\u00e8me de la <em>Pc<\/em> en direction inverse, \u00e0 partir des pens\u00e9es, jusqu\u2019\u00e0 la pleine vivacit\u00e9 sensorielle.&nbsp;\u00bb (596)<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Freud, fid\u00e8le \u00e0 lui-m\u00eame, ne se laisse pas s\u00e9duire par ses propres hypoth\u00e8ses&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous n\u2019avons rien fait d\u2019autre que donner un nom \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne inexplicable&nbsp;\u00bb, s\u2019empresse-t-il d\u2019ajouter \u00e0 sa description de la r\u00e9gression, en notant &nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c0 quoi bon donner un nom si cela ne nous enseigne rien de nouveau&nbsp;?&nbsp;\u00bb Il s\u2019inscrit ainsi dans le sillage de Guillaume d\u2019Occam (1285-1347), philosophe m\u00e9di\u00e9val qui a formul\u00e9 le principe de parcimonie, soit l\u2019exigence de ne pas multiplier inutilement les concepts s\u2019ils ne nous apprennent rien de plus que ce que l\u2019on sait d\u00e9j\u00e0. Pour \u00eatre admissible, un nouveau concept doit renvoyer \u00e0 quelque chose qui n\u2019a pas d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit sous un autre nom. Cela concorde aussi avec l\u2019id\u00e9e que l\u2019explication la plus simple est toujours la meilleure. Freud doit donc tenter de montrer que le concept de r\u00e9gression est justifi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De l\u2019utilit\u00e9 des sch\u00e9mas<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab&nbsp;Eh bien, j\u2019estime que le nom de \u201cr\u00e9gression&nbsp;\u00bb nous sert dans la mesure o\u00f9 il rattache le fait qui nous est connu au sch\u00e9ma de l\u2019appareil animique pourvu d\u2019une direction. Mais c\u2019est l\u00e0 que pour la premi\u00e8re fois il s\u2019av\u00e8re payant d\u2019avoir \u00e9tabli un tel sch\u00e9ma.&nbsp;Car une autre particularit\u00e9 de la formation du r\u00eave nous deviendra intelligible <em>sans nouvelle r\u00e9flexion<\/em>, avec la seule aide du sch\u00e9ma. \u00bb (596)<\/p>\n\n\n\n<p>Cette derni\u00e8re remarque (\u00absans nouvelle r\u00e9flexion\u00bb) me semble des plus int\u00e9ressantes. Elle nous dit que le sch\u00e9ma de l\u2019appareil psychique qu\u2019il a dessin\u00e9 aux pages pr\u00e9c\u00e9dentes a beau n\u2019\u00eatre qu\u2019une fiction th\u00e9orique, mais que s\u2019il est bien con\u00e7u il devra s\u2019av\u00e9rer dot\u00e9 d\u2019une capacit\u00e9 heuristique, c&rsquo;est-\u00e0-dire, devra nous aider \u00e0 mieux concevoir autre chose&nbsp;\u00ab&nbsp;sans nouvelle r\u00e9flexion&nbsp;\u00bb. J\u2019entends l\u00e0 que la r\u00e9flexion qui a \u00e9t\u00e9, pour ainsi dire, d\u00e9pos\u00e9e dans le sch\u00e9ma nous aide \u00e0 aller plus loin. Dans le cas pr\u00e9sent, le sch\u00e9ma s\u2019av\u00e8re \u00ab&nbsp;payant&nbsp;\u00bb<sup class='footnote'><a href='#fn-2284-2' id='fnref-2284-2' onclick='return fdfootnote_show(2284)'>2<\/a><\/sup> en nous aidant \u00e0 mieux comprendre l\u2019exp\u00e9rience hallucinatoire du r\u00eave.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sch\u00e9ma permet d\u2019abord d\u2019expliquer un fait d\u2019observation&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab&nbsp;que toutes les relations de pens\u00e9e entre les pens\u00e9es de r\u00eave se perdent ou bien ne trouvent qu\u2019une expression laborieuse lors du travail du r\u00eave&nbsp;\u00bb (597)<\/p>\n\n\n\n<p>Freud fait ici allusion \u00e0 l\u2019absence dans le r\u00eave, d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9e au chap. VI, des mots de liaison comme \u00ab&nbsp;quand, parce que, de m\u00eame que, quoique, ou bien\u2026ou bien&nbsp;\u00bb (p. 356) et de toutes les autres pr\u00e9positions et conjonctions du discours secondaire. On comprend, en se r\u00e9f\u00e9rant au sch\u00e9ma, que ces relations ne se retrouvent pas entre les premi\u00e8res traces mn\u00e9siques (Tm, Tm\u2019) situ\u00e9es \u00e0 gauche, mais peuvent op\u00e9rer dans les syst\u00e8mes situ\u00e9s plus loin (sp\u00e9cialement dans les syst\u00e8me <em>Pcs<\/em>, faut-il supposer), et qu\u2019elles seront \u00e0 nouveau perdues lors du mouvement r\u00e9gr\u00e9dient&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab&nbsp;<em>L\u2019agencement des pens\u00e9es de r\u00eave est dissous, lors de la r\u00e9gression, en son mat\u00e9riel brut.<\/em>&nbsp;\u00bb (597)<\/p>\n\n\n\n<p>Suivre le sch\u00e9ma permet aussi de faire d\u2019autres suppositions. Rappelons que Freud se demandait pr\u00e9c\u00e9demment&nbsp;\u00ab&nbsp;par quelle voie et gr\u00e2ce \u00e0 quelle modification&nbsp;\u00bb les pens\u00e9es de r\u00eave se procurent l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la conscience. Eh bien, le sch\u00e9ma permet de formuler certaines hypoth\u00e8ses. Si nous reprenons le mod\u00e8le de l\u2019appareil psychique (dans sa forme \u00ab&nbsp;d\u00e9roul\u00e9e&nbsp;\u00bb), les choses semblent se pr\u00e9senter ainsi&nbsp;:<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/image-2023-02-5-17-06.png\" alt=\"image-2023-02-5-17-06.png\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><\/p>\n\n\n\n<p>On voit d\u2019abord que le \u00ab&nbsp;coup d\u2019envoi&nbsp;\u00bb, comme indiqu\u00e9 par Freud, ne part pas d\u2019une excitation ext\u00e9rieure, mais d\u2019une trace mn\u00e9sique. En effet, puisque le r\u00eaveur est endormi, la fl\u00e8che aff\u00e9rente de gauche est \u00e0 toute fin utile abolie. Le processus part donc d\u2019une trace <em>Tm<\/em>, et suivant un mouvement <em>progr\u00e9dient<\/em> va se rattacher \u00e0 des pens\u00e9es pr\u00e9conscientes (<em>Pcs)<\/em>. Mais rendu l\u00e0, le mouvement trouve le chemin vers la motricit\u00e9 barr\u00e9 (fl\u00e8che eff\u00e9rente <em>M<\/em>). Le processus n\u2019a par cons\u00e9quent d\u2019autre choix que de faire marche arri\u00e8re (r\u00e9gression) et revenir ainsi au p\u00f4le de la perception, mais en ayant re\u00e7u en chemin un <em>transfert d\u2019intensit\u00e9<\/em>. J\u2019entends pour ma part que tout se passe comme si les traces mn\u00e9siques qui avaient \u00e9t\u00e9 parcourues une premi\u00e8re fois dans les sens progr\u00e9dient, sont parcourues \u00e0 nouveau, et donc sur-excit\u00e9es, si l\u2019on peut dire. Nous aurons \u00e0 revenir \u00e0 cet aspect. En attendant, c\u2019est Freud qui r\u00e9sume&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab&nbsp;De jour il y a un courant continu s\u2019\u00e9coulant du syst\u00e8me ? de la <em>Pc<\/em> jusqu\u2019\u00e0 la motilit\u00e9&nbsp;; celui-ci cesse la nuit et ne pourrait plus opposer d\u2019obstacle \u00e0 une reflux de l\u2019excitation.&nbsp;\u00bb (597)<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut ici suivre attentivement un raisonnement compliqu\u00e9. Freud ne dit pas que,&nbsp;de nuit, le courant continu du jour se modifie, il dit qu\u2019il <em>cesse<\/em>. Cela nous importe parce que cela veut dire que c\u2019est l\u2019absence de ce courant continu diurne qui fait que la r\u00e9gression vers la perception est possible chez le sujet endormi. Bien que ce ne soit pas explicitement formul\u00e9 ainsi, il faut supposer que Freud pose de fait <em>deux courants<\/em>, tous deux pr\u00e9sents de jour, mais dont l\u2019un, appelons-le \u00ab&nbsp;courant externe&nbsp;\u00bb, lorsqu\u2019il est activ\u00e9 par des sollicitations intenses issues du monde ext\u00e9rieur, l\u2019emporte sur l\u2019autre courant (appelons-le \u00ab courant interne \u00bb) qui fonctionne \u00e0 des niveaux d\u2019\u00e9nergie moins intenses. D\u2019ordinaire, donc, le courant externe occulte, inhibe le courant interne. On retrouve ici la fonction essentiellement inhibitrice du moi. Sans cette inhibition, l\u2019autre courant se manifesterait sans entraves et, issu des traces mn\u00e9siques, irait toujours exciter <em>de l\u2019int\u00e9rieur<\/em> le p\u00f4le <em>Pcpt<\/em> donnant ainsi lieu, de jour comme de nuit, \u00e0 la confusion entre perception et m\u00e9moire: s\u2019ensuivraient un m\u00e9lange d\u2019hallucinations, propos et actes confus <sup class='footnote'><a href='#fn-2284-3' id='fnref-2284-3' onclick='return fdfootnote_show(2284)'>3<\/a><\/sup>. De jour, normalement, cela ne se produit pas parce que l\u2019appareil est \u00abbranch\u00e9\u00bb \u00e0 ses deux extr\u00e9mit\u00e9s sur le monde ext\u00e9rieur o\u00f9 les intensit\u00e9s sont beaucoup plus fortes qu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur <sup class='footnote'><a href='#fn-2284-4' id='fnref-2284-4' onclick='return fdfootnote_show(2284)'>4<\/a><\/sup>. Mais comme de nuit l\u2019appareil est pratiquement \u00abd\u00e9branch\u00e9\u00bb, le courant principal cesse. On pourrait penser: donc le courant interne a la voie libre! Mais non, puisque le d\u00e9branchement du p\u00f4le moteur emp\u00eache du m\u00eame coup le plein accomplissement de sa trajectoire. N\u2019ayant pas acc\u00e8s \u00e0 la motricit\u00e9, le courant interne est oblig\u00e9 de rester\u2026 interne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9gression vers l\u2019infantile<\/strong><br>Mais allons voir ce que Freud \u00e9crit tout de suite apr\u00e8s, lorsqu\u2019il se fait \u00e0 lui-m\u00eame une mise en garde &nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00abIl faudra cependant, dans l\u2019explication de la r\u00e9gression du r\u00eave, prendre en consid\u00e9ration ces autres r\u00e9gressions qui se produisent des <em>des \u00e9tats de veille morbide<\/em>s [o\u00f9 le courant principal est suppos\u00e9ment pr\u00e9sent]. Dans ces formes, l\u2019argument qui vient d\u2019\u00eatre donn\u00e9 nous laisse en panne. On en arrive \u00e0 la r\u00e9gression malgr\u00e9 le courant sensitif ininterrompu dans la direction progr\u00e9diente.&nbsp;\u00bb (597)<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 une fois encore Freud ne s\u2019esquivant pas devant les probl\u00e8mes. Il semble dire&nbsp;: j\u2019avais l\u00e0 une bonne id\u00e9e, mais il y a un os\u2026&nbsp;la r\u00e9gression ne se produit pas que dans le r\u00eave, et le m\u00e9canisme invoqu\u00e9 pour le r\u00eave (disparition du courant principal) ne semble pas applicable \u00e0 la r\u00e9gression morbide dans l\u2019\u00e9tat de veille qui est pourtant du m\u00eame ordre. Il faut donc trouver un autre facteur qui rend cette derni\u00e8re possible. Et voici ce qu\u2019il trouve&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab&nbsp;Pour les hallucinations de l\u2019hyst\u00e9rie, de la parano\u00efa, pour les visions des personnes \u00e0 l\u2019esprit normal, je peux fournir une \u00e9claircissement &nbsp;: elles correspondent effectivement \u00e0 des r\u00e9gressions, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu\u2019elles sont des pens\u00e9es transform\u00e9es en images, <em>et seules connaissent cette transformation les pens\u00e9es qui sont en corr\u00e9lation intime avec des souvenirs r\u00e9prim\u00e9s ou rest\u00e9s inconscients<\/em>.&nbsp;\u00bb (597-598)<\/p>\n\n\n\n<p>Freud donne alors deux exemples, mais qui ne sont pas pleinement satisfaisants parce que les ph\u00e9nom\u00e8nes hallucinatoires sont tr\u00e8s proches du moment du sommeil&nbsp;; le premier lors de l\u2019endormissement, le second tout de suite apr\u00e8s le r\u00e9veil. Il invoque donc un troisi\u00e8me exemple, tir\u00e9 de ses \u00ab&nbsp;Nouvelles remarques surs les psychon\u00e9vroses-de-d\u00e9fense&nbsp;\u00bb (1896) &nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab&#8230;Dans ce cas de transformation r\u00e9gr\u00e9diente des pens\u00e9es on ne saurait omettre l\u2019influence d\u2019un souvenir r\u00e9prim\u00e9 ou rest\u00e9 inconscient, le plus souvent un souvenir infantile.\u00bb (599)<\/p>\n\n\n\n<p>Cela pourrait ressembler \u00e0 une explication qui n\u2019explique rien (voir plus haut). Freud semble ajouter le mot \u00abinconscient\u00bb ou \u00abinfantile\u00bb et le tour serait jou\u00e9s. Mais il n\u2019en reste pas l\u00e0. En quoi le raccordement \u00e0 un souvenir infantile est-il un \u00e9l\u00e9ment de solution&nbsp;? C\u2019est que le souvenir rest\u00e9 inconscient\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab&nbsp;\u2026attire en quelque sorte dans la r\u00e9gression la pens\u00e9e qui est en liaison avec lui et qui est emp\u00each\u00e9e dans son expression par la censure, <em>la r\u00e9gression \u00e9tant cette forme de pr\u00e9sentation dans laquelle le souvenir est lui-m\u00eame psychiquement pr\u00e9sent<\/em>.&nbsp;\u00bb (599)<\/p>\n\n\n\n<p>Notons que \u00able souvenir est lui-m\u00eame psychiquement pr\u00e9sent\u00bb; ce n\u2019est dinc pas un souvenir au sens ordinaire. Et il pr\u00e9cise peu apr\u00e8s&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab&nbsp;les sc\u00e8nes <em>infantiles<\/em>, (qu\u2019elles soient des souvenirs ou des fantaisies) quand on r\u00e9ussit \u00e0 les rendre conscientes, sont vues de mani\u00e8re hallucinatoire et <em>ne se d\u00e9partissent de ce caract\u00e8re que lors de leur communication.<\/em>&nbsp;\u00bb (599)<\/p>\n\n\n\n<p>On voit que l\u2019argumentation de Freud vient de changer quelque peu&nbsp;: ce ne sont plus les souvenirs <em>en tant que souvenirs<\/em> qui font la diff\u00e9rence \u2013 cela peut \u00eatre aussi des fantaisies&nbsp;\u2013, mais le fait que ce soient des <em>sc\u00e8nes infantiles<\/em> (retenons ce terme)\u2026 L\u2019<em>autre sc\u00e8ne<\/em> \u00e9voqu\u00e9e par Freud au d\u00e9but du chapitre en citant Fechner, on aurait pu croire que nous allions la retrouver en tant que lieu psychique, mais peut-\u00eatre faut-il d\u00e9sormais l\u2019entendre dans l\u2019autre sens du mot sc\u00e8ne &nbsp;: non un lieu ou espace sc\u00e9nique, mais une sc\u00e8ne au sens que le mot prend dans \u00ab&nbsp;sc\u00e8ne de m\u00e9nage&nbsp;\u00bb, dans \u00ab&nbsp;acte II, sc\u00e8ne 3&nbsp;\u00bb, ou encore dans \u00ab&nbsp;sc\u00e8ne de film\u00bb. Ici, c\u2019est la sc\u00e8ne infantile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab&nbsp;D\u2019apr\u00e8s cette conception, le r\u00eave pourrait \u00eatre d\u00e9crit aussi comme le <em>substitut de la sc\u00e8ne infantile<\/em>, modifi\u00e9 par le <em>transfert<\/em> sur quelque chose de r\u00e9cent. La sc\u00e8ne infantile ne peut imposer son renouvellement&nbsp;; il lui faut se contenter du retour en tant que r\u00eave.&nbsp;\u00bb (600)<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p><strong>Deux remarques:<\/strong><br>1- Durant le sommeil, la m\u00e9moire ne peut \u00eatre activ\u00e9e efficacement; quand Freud \u00e9crit que \u00abla sc\u00e8ne infantile ne peut imposer son renouvellement\u00bb, je crois qu\u2019il veut dire qu\u2019elle ne donne pas lieu \u00e0 cette reconstruction permanente des souvenirs qui est le propre de la rem\u00e9moration (cf. \u00abLes souvenirs de couverture\u00bb). \u00c0 la place, survient la sc\u00e8ne <em>v\u00e9cue<\/em>, se pr\u00e9sentant au p\u00f4le de la perception-conscience (<em>Pcpt-Cs<\/em>) <em>sur le mode hallucinatoire<\/em>.<br>Par ailleurs, avec l\u2019exemple du r\u00eave <em>Autodidasker<\/em>, Freud a pu nous signaler que les processus de d\u00e9placement et de condensation jouent aussi dans des r\u00eaves qui <em>ne conduisent pas<\/em> \u00e0 la vivification hallucinatoire&nbsp;! On dirait bien, par cons\u00e9quent, que ce n\u2019est pas la r\u00e9gression <em>topique<\/em> (vers le p\u00f4le perceptif) qui est la clef du probl\u00e8me de la formation du r\u00eave en tant que <em>v\u00e9cu<\/em>. Peut-\u00eatre alors devrons-nous penser la r\u00e9gression autrement&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><br>2- Si, comme il le dit dans sa note de la page 594 au sujet du sch\u00e9ma enroul\u00e9, les extr\u00e9mit\u00e9s perception et conscience co\u00efncident (\u00ab&nbsp;<em>Pc=Cs&nbsp;<\/em>\u00bb), alors un mouvement strictement <em>progr\u00e9dient<\/em> au sein de l\u2019appareil finit toujours, de jour comme de nuit, par repasser par le p\u00f4le <em>Pc<\/em>! Et cela est vrai <em>pour les deux courant<\/em>s. Il n\u2019est donc nul besoin de faire faire litt\u00e9ralement marche arri\u00e8re \u00e0 un courant pour le voir parvenir au p\u00f4le perception (<em>Pcpt-Cs<\/em>) <sup class='footnote'><a href='#fn-2284-5' id='fnref-2284-5' onclick='return fdfootnote_show(2284)'>5<\/a><\/sup>. Il s\u2019ensuit que le mot \u00ab&nbsp;r\u00e9gression&nbsp;\u00bb ne signifie pas une r\u00e9gression <em>topique <\/em>ou<em> g\u00e9ographique<\/em> (un mouvement \u00e0 rebours dans l\u2019espace)<sup class='footnote'><a href='#fn-2284-6' id='fnref-2284-6' onclick='return fdfootnote_show(2284)'>6<\/a><\/sup>&nbsp;; il d\u00e9signe plut\u00f4t une r\u00e9gression vers un autre \u00e9tat psychique, peut-\u00eatre y voyons-nous d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9gression <em>formelle,&nbsp;<\/em>un <em>effet sur la forme <\/em>que les chapitres pr\u00e9c\u00e9dents nous ont amplement d\u00e9crit.&nbsp;<br>Une autre observation de Freud, d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9e (599), vient \u00e0 l\u2019appui de cette id\u00e9e, quand il \u00e9crit que dans sa pratique avec les hyst\u00e9riques, le caract\u00e8re hallucinatoire du retour du souvenir <em>dispara\u00eet quand la sc\u00e8ne est<\/em> <em>communiqu\u00e9e<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire quand elle est mise en mots. Mise en mots, remarquons, qui est une des manifestations de la motricit\u00e9. Avant d\u2019\u00eatre une manifestation \u00abintellectuelle\u00bb, rappelons que la parole engage la motricit\u00e9, la phonation, et pas seulement: il y a les muscles stri\u00e9s de la langue, du diaphragme etc. mais aussi les muscles lisses des visc\u00e8res, des glandes, des art\u00e9rioles\u2026 bref tout ce qui concourt \u00e0 faire \u00e9prouver l\u2019\u00e9motion qui accompagne la parole <sup class='footnote'><a href='#fn-2284-7' id='fnref-2284-7' onclick='return fdfootnote_show(2284)'>7<\/a><\/sup>.&nbsp;<br>On dirait bien que, tant dans le r\u00eave que dans la psychopathologie, la r\u00e9gression d\u00e9signe en fin de compte la pr\u00e9dominance du \u00ab&nbsp;courant interne&nbsp;\u00bb en tant que courant infantile au sens pr\u00e9cis du terme <em>in-fans<\/em> : l\u2019in-fantile est ce qui n\u2019est pas encore repris dans la parole (et donc dans les processus secondaires, la conscience etc.)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on revient \u00e0 ce que peut nous enseigner le sch\u00e9ma, l<em>\u2019attraction par les sc\u00e8nes infantiles<\/em> (599-600), ne serait-ce pas l\u2019activation, voire la suractivation de traces mn\u00e9siques (par essence <em>in-fantiles) <\/em>du fait des multiples passages \u00e0 travers elles du courant interne, puisque la sortie vers la motricit\u00e9 est bloqu\u00e9e. Une sc\u00e8ne infantile serait ainsi une exp\u00e9rience sensorielle non encore transpos\u00e9e ou transduite dans une forme langagi\u00e8re secondaris\u00e9e et qui ne peut l\u2019\u00eatre non plus durant le r\u00eave lui-m\u00eame.Souvenons-nous que dans les r\u00eaves, les mots, s\u2019il semble e en avoir, n\u2019en sont pas vraiment. La consistance des propositions freudiennes, depuis le <em>Projet<\/em> et \u00abLes n\u00e9vropsychoses de d\u00e9fense\u00bb est impressionnante.<\/p>\n\n\n\n<p>Allons un peu plus loin. Les pens\u00e9es de r\u00eave, avons-nous vu, ne sont pas des pens\u00e9es du jour qui seraient simplement reprises la nuit; m\u00eame si des pens\u00e9es du jour peuvent se prolonger dans le sommeil et servir d\u2019amorce au r\u00eaver, il ne faut pas confondre restes diurnes et pens\u00e9es du r\u00eave. Les pens\u00e9es de r\u00eave, ce sont les <em>pens\u00e9es-souhait<\/em> de la psych\u00e9 nocturne, les <em>pens\u00e9es-sc\u00e8nes infantiles <\/em>qui font du r\u00eave une <em>exp\u00e9rience v\u00e9cue<\/em> sur le mode hallucinatoire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le sch\u00e9ma enroul\u00e9&#8230;<\/strong><br>\u00c0 partir de ce qui vient d\u2019\u00eatre dit on peut (en fait, on doit) transformer \u00e0 nouveau le sch\u00e9ma de l\u2019appareil animique pour le repr\u00e9senter dans sa forme enroul\u00e9e. Je m\u2019appuie une fois encore sur Laplanche, dans le volume V des <em>Probl\u00e9matiques.<\/em> Apr\u00e8s avoir \u00ab&nbsp;enroul\u00e9&nbsp;\u00bb le sch\u00e9ma de Freud, comme je l\u2019ai illustr\u00e9 dans le document pr\u00e9c\u00e9dent, il le simplifie ainsi&nbsp;:<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/PastedGraphic-2023-02-5-17-06-full.png\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/PastedGraphic-2023-02-5-17-06.png\" alt=\"PastedGraphic-2023-02-5-17-06.png\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Sch\u00e9ma propos\u00e9 par Jean Laplanche, <em>Probl\u00e9matiques V<\/em>, p. 71.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Les termes courant externe et courant interne sont ajout\u00e9s par moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Il met ainsi en \u00e9vidence les <em>deux courants psychiques<\/em> dont nous avons parl\u00e9 plus haut&nbsp;; un courant dit \u00ab&nbsp;externe&nbsp;\u00bb, branch\u00e9 sur monde ext\u00e9rieur et par l\u00e0 constamment soumis \u00e0 la stimulation au p\u00f4le perception, supposant aussi un moi \u00e9veill\u00e9, capable d\u2019ouvrir les vannes de la d\u00e9charge motrice, ou de retenir celle-ci selon les circonstances. Durant le sommeil, ce courant est interrompu, laissant l\u2019autre courant, interne fonctionner seul. Dans ce sch\u00e9ma enroul\u00e9 Laplanche fait n\u00e9anmoins une concession \u00e0 l\u2019id\u00e9e de mouvement \u00ab&nbsp;r\u00e9gr\u00e9dient&nbsp;\u00bb en repr\u00e9sentant le courant interne par une fl\u00e8che qui va <em>en sens contraire<\/em> du courant externe. Mais notons que les deux courants se rejoignent \u00e0 un point de tangence qui n\u2019est autre que la jonction entre perception et conscience, le p\u00f4le <em>Pcpt-Cs<\/em>. Pour rendre cela plus clair, j\u2019ai \u00ab&nbsp;compl\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb le diagramme de Laplanche comme ci-dessous&nbsp;:<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/PastedGraphic1-2023-02-5-17-06-full.png\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/PastedGraphic1-2023-02-5-17-06.png\" alt=\"PastedGraphic1-2023-02-5-17-06.png\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><\/p>\n\n\n\n<p>Mais il y a plus&nbsp;: dans ce sch\u00e9ma, en mettant en relief l\u2019aspect tangentiel du rapport entre le courant externe et le courant interne, Laplanche souligne que cela met en \u00e9vidence<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab&nbsp;\u00e0 la fois le fonctionnement autonome de l\u2019appareil du r\u00eave, le circuit \u201cinterne\u201d, et son branchement en d\u00e9rivation, en marginalit\u00e9 sur le circuit \u201cexterne\u201d.&nbsp;\u00bb (Laplanche, <em>op. cit.<\/em> p. 72)<\/p>\n\n\n\n<p>Ce rapport tangentiel, ou de marginalit\u00e9, nous pouvons le g\u00e9n\u00e9raliser, dit Laplanche, \u00e0 d\u2019autres formations de l\u2019inconscient o\u00f9 une semblable mise en marge, ou exclusion, op\u00e8re \u00e9galement. Pour cela, il faut d\u2019abord bien voir que le courant externe est celui du vital, de l\u2019adaptatif ou de l\u2019auto-conservatif \u00ab&nbsp;sur lequel vient se brancher le circuit sexuel, fantasmatique, en grande partie inconscient&nbsp;\u00bb (72). Une autre occurrence de ce rapport de tangence et d\u2019exclusion, ce sera, par exemple, la situation analytique&nbsp;: celle-ci est bien entendu en contact avec le domaine du vital ou de l\u2019adaptatif, mais pour que l\u2019analyse soit possible il faut, durant la s\u00e9ance, mettre ce domaine en marge, l\u2019exclure afin de laisser surgir plus nettement le domaine du sexuel et du fantasme.<br>Pour ma part, je crois qu\u2019on peut aussi \u00e9tendre le mod\u00e8le plus largement encore, en faisant valoir comment s\u2019y int\u00e8grent aussi bien le soma, le syst\u00e8me nerveux central (SNC), le refoul\u00e9 et le moi, dans une s\u00e9rie d\u2019embo\u00eetements mais dont le caract\u00e8re <em>tangentiel<\/em> ne doit pas \u00eatre perdu de vue, avec la perception-conscience qui constitue ce point de tangence. Cela donne le diagramme suivant que je me propose de commenter plus longuement un jour.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/PastedGraphic4-2023-02-5-17-06.png\" alt=\"PastedGraphic4-2023-02-5-17-06.png\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">?<\/p>\n\n\n<div class='footnotes' id='footnotes-2284'><div class='footnotedivider'><\/div><ol><li id='fn-2284-1'> Rappelons que le sens originel de \u00ab&nbsp;pulsion&nbsp;\u00bb est \u00ab&nbsp;propagation du mouvement&nbsp;\u00bb. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2284-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2284-2'> Dans la philosophie pragmatiste du grand psychologue et philosophe am\u00e9ricain William James, contemporain de Freud, un concept n\u2019est valable que s\u2019il comporte un \u201cpayload\u201d, litt\u00e9ralement&nbsp;: \u201cune charge payante\u201d, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu\u2019il n\u2019est pas un v\u00e9hicule sans contenu sp\u00e9cifique. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2284-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2284-3'> C\u2019est sans doute ce qui explique l\u2019int\u00e9r\u00eat que porte Freud \u00e0 la \u00ab&nbsp;confusion hallucinatoire aigu\u00eb&nbsp;\u00bb de Meunert. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2284-3'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2284-4'> Il s\u2019ensuit qu\u2019une fa\u00e7on de comprendre la censure ou la r\u00e9sistance, c\u2019est tout simplement d\u2019y voir \u00e0 l\u2019\u0153uvre la pr\u00e9dominance d\u2019un courant sur l\u2019autre. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2284-4'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2284-5'>&nbsp;Cela concorde, d\u2019ailleurs avec le fait que dans le syst\u00e8me nerveux central (le cerveau, si l\u2019on veut) il ne saurait y avoir de marche arri\u00e8re, \u00e0 moins qu\u2019il n\u2019y ait carr\u00e9ment destruction de tissu c\u00e9r\u00e9bral. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2284-5'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2284-6'>&nbsp;Les m\u00e9taphores spatiales, ne sont que des\u2026 m\u00e9taphores. Freud nous a d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9venu de ne pas chercher \u00e0 localiser l\u2019appareil psychique, puisque c\u2019est une fiction th\u00e9orique. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2284-6'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-2284-7'>&nbsp;Dans le Projet Freud indiquait la d\u00e9charge motrice sous ces deux modes, le second mode correspondant \u00e0 ce qu\u2019il nommait les \u00abneurones s\u00e9cr\u00e9toires\u00bb ou \u00abneurones-cl\u00e9s\u00bb. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2284-7'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S\u00c9MINAIRE \u00ab&nbsp;PENSER AVEC FREUD&nbsp;\u00bb ANN\u00c9E 2022-2023 RELIRE L\u2019INTERPR\u00c9TATION DU R\u00caVE Document 50 CHAPITRE VII B- LA R\u00c9GRESSION &#8211; 3\u00e8me partie Dominique Scarfone Cliquer ici pour version pdf Une r\u00e9gr\u00e9dience qui va\u2026 vers l\u2019avantDemandons-nous d\u2019abord o\u00f9 se fait, selon le mot de Freud, le \u00ab&nbsp;coup d\u2019envoi de la formation du r\u00eave&nbsp;\u00bb. La r\u00e9ponse simple est \u00ab&nbsp;dans<a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2284\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a050- CHAPITRE VII-B- La r\u00e9gression &#8211; 3\u00e8me partie\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2284","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-proposes-a-la-discussion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2284","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2284"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2284\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2405,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2284\/revisions\/2405"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2284"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2284"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2284"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}