{"id":2143,"date":"2022-07-08T09:50:26","date_gmt":"2022-07-08T13:50:26","guid":{"rendered":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2143"},"modified":"2023-05-10T15:16:54","modified_gmt":"2023-05-10T19:16:54","slug":"45-chap-vii-pages-introductives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2143","title":{"rendered":"45- Chap. VII &#8211; Pages introductives"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\">S\u00c9MINAIRE \u00ab&nbsp;PENSER AVEC FREUD&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">ANN\u00c9E 2022-2023<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">RELIRE <em>L\u2019INTERPR\u00c9TATION DU R\u00caVE<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Document 45<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">CHAPITRE VII<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">PAGES INTRODUCTIVES<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Dominique Scarfone<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/45-Chap.VII-PagesIntroductives.pdf\"><strong>Obtenir version .pdf<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Le parcours que nous avons fait l\u2019an dernier, des chapitres II \u00e0 VI de <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave,<\/em> nous a montr\u00e9 en quoi il \u00e9tait possible \u00e0 Freud de faire la lumi\u00e8re sur les processus psychiques inconscients \u00e0 partir du travail de d\u00e9composition m\u00e9thodique, de d\u00e9tissage, de ce que le travail de r\u00eave a tram\u00e9 durant la nuit. Dans l\u2019<em>Odyss\u00e9e<\/em>, P\u00e9n\u00e9lope, esp\u00e9rant toujours le retour d\u2019Ulysse, tissait le jour et d\u00e9tissait la nuit. Le r\u00eaveur tisse de nuit et nous l\u2019aidons \u00e0 d\u00e9tisser de jour\u2026 Laplanche fait remarquer que dans le cas de P\u00e9n\u00e9lope, le verbe grec employ\u00e9 pour parler du d\u00e9tissage est <em>analuein,<\/em> qui veut dire \u00ab&nbsp;d\u00e9faire, d\u00e9composer&nbsp;\u00bb, d\u2019o\u00f9 provient en droit ligne le mot <em>analyse. <\/em>On peut donc, \u00e9crit Laplanche, dire de P\u00e9n\u00e9lope que \u00ab&nbsp;de jour, elle tissait un grand tissu et la nuit elle l\u2019analysait&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9nouant les fils du r\u00eave Freud nous a appris \u00e0 distinguer entre contenu manifeste et contenu latent, mais il a surtout insist\u00e9 pour dire que ce qui compte le plus, c\u2019est ce qui se passe entre les deux contenus, c&rsquo;est-\u00e0-dire le <em>travail de r\u00eave<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Je mentionne une fois de plus la note de bas de page ajout\u00e9e par Freud en 1925 (p. 557-558) parce qu\u2019elle me para\u00eet de premi\u00e8re importance pour la compr\u00e9hension de ce que va faire Freud dans le chapitre que nous nous appr\u00eatons \u00e0 aborder.<\/p>\n\n\n\n<p>Une premi\u00e8re cons\u00e9quence de l\u2019importance capitale accord\u00e9e au travail de r\u00eave est que, malgr\u00e9 le titre du livre, le but ultime de toute l\u2019\u00e9tude de Freud n\u2019est pas tant d\u2019<em>interpr\u00e9ter<\/em> le r\u00eave, au sens de trouver ce qu\u2019il veut dire, que de comprendre comment se fait le passage entre <em>deux sc\u00e8nes psychiques<\/em>, sc\u00e8nes que pour le moment nous pouvons d\u00e9signer avec les expressions \u00ab&nbsp;manifeste&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;latent&nbsp;\u00bb. Cependant, il nous faut tout de suite \u00eatre avertis que ces deux termes peuvent nous lancer sur une fausse piste puisqu\u2019ils continuent \u00e0 insinuer qu\u2019il s\u2019agit de simplement trouver le latent derri\u00e8re le manifeste. Or, ce n\u2019est pas de cela qu\u2019il s\u2019agit, comme Freud y insiste dans sa note de bas de page; ou du moins, ce n\u2019est l\u00e0 au fond qu\u2019un <em>pr\u00e9texte<\/em> afin de d\u00e9couvrir comment \u00ab&nbsp;\u00e7a travaille&nbsp;\u00bb dans les coulisses du r\u00eave. Dans ce sens, on peut dire que le chapitre VII est un vaste d\u00e9veloppement de cette note ajout\u00e9e apr\u00e8s-coup \u2013&nbsp;un quart de si\u00e8cle plus tard!&nbsp;\u2013 \u00e0 la fin du chapitre VI. Le r\u00eave est un objet d\u2019\u00e9tude particuli\u00e8rement int\u00e9ressant parce qu\u2019il pr\u00e9sente, comme les sympt\u00f4mes hyst\u00e9riques, deux faces; parce qu\u2019il est, comme eux, le produit d\u2019un compromis et qu\u2019il offre par cons\u00e9quent une aubaine: gr\u00e2ce \u00e0 lui on peut entrevoir quelque chose de l\u2019<em>autre sc\u00e8ne<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Fort bien! Mais, dans ces trois courtes pages qui ouvrent le chapitre VII, Freud sonne en quelque sorte la fin de la r\u00e9cr\u00e9ation. Il nous dit que jusqu\u2019ici nous avons eu la partie facile&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;Jusqu\u2019ici, tous les chemins suivis, \u00e0 moins que je ne me trompe beaucoup, nous ont conduits \u00e0 la lumi\u00e8re, vers l\u2019\u00e9claircissement et vers la compr\u00e9hension totale; \u00e0 partir du moment o\u00f9 nous allons p\u00e9n\u00e9trer plus profond\u00e9ment dans les processus animiques du r\u00eaver, tous les sentiers d\u00e9boucheront dans l\u2019obscurit\u00e9.&nbsp;\u00bb (563)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Nous voil\u00e0 donc pr\u00e9venus&nbsp;: nous allons vers l\u2019inconnu. Et voici pourquoi:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;Il nous est impossible d\u2019arriver \u00e0 \u00e9claircir le r\u00eave en tant que processus psychique, car expliquer veut dire ramener \u00e0 du connu, et il n\u2019y a pas pour l\u2019instant de connaissance psychologique \u00e0 laquelle nous puissions subordonner ce qui se laisse inf\u00e9rer comme base d\u2019explication \u00e0 partir de l\u2019examen psychologique des r\u00eaves. Nous serons au contraire oblig\u00e9s de poser une s\u00e9rie de nouvelles hypoth\u00e8ses qui effleurent de leurs suppositions la construction de l\u2019appareil animique et le jeu des forces en lui\u2026&nbsp;\u00bb (563)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019ici, donc, Freud a pu d\u00e9crire un certain nombre de caract\u00e9ristiques, d\u00e9couvrir certaines constantes, certaines \u00ab&nbsp;lois&nbsp;\u00bb r\u00e9gissant la production de r\u00eaves, mais le probl\u00e8me est que rien de cela ne repose sur une base psychologique connue. Il lui faudra d\u00e9sormais construire lui-m\u00eame la base, jusqu\u2019ici invisible, sur laquelle reposent les observations men\u00e9es par le d\u00e9tail dans les chapitres pr\u00e9c\u00e9dents. Freud se sent dans l\u2019obligation de litt\u00e9ralement <em>fonder une nouvelle psychologie<\/em>, un peu comme il a fallu faire en physique au cours de ces m\u00eames ann\u00e9es, lorsqu\u2019on a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 expliquer certains ph\u00e9nom\u00e8nes avec des formules nouvelles qui ne cadraient pas avec celles de la physique classique.<\/p>\n\n\n\n<p>Notons au passage la prudence de Freud. Il est conscient que devant l\u2019obscurit\u00e9 dans laquelle la psychologie classique le laisse pour ce qui concerne la production du r\u00eave, il ne peut formuler que de nouvelles \u00ab&nbsp;hypoth\u00e8ses&nbsp;\u00bb qui \u00ab&nbsp;effleurent&nbsp;\u00bb la construction.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un r\u00eave particulier<\/strong><br>Freud commence le chapitre VII d\u2019une fa\u00e7on qui, si on y regarde bien, est assez \u00e9tonnante: il raconte un r\u00eave en apparence assez simple, mais auquel il va accorder une grande importance. On remarque d\u2019abord que ce n\u2019est pas un de ses propres r\u00eaves, ni un r\u00eave qui lui aurait \u00e9t\u00e9 racont\u00e9 par la personne qui l\u2019a r\u00eav\u00e9. Ce r\u00eave, dit-il, lui a \u00e9t\u00e9 racont\u00e9 par une de ses patientes qui elle-m\u00eame l\u2019avait entendu raconter dans une conf\u00e9rence sur le r\u00eave!<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;[Ce r\u00eave] m\u2019a \u00e9t\u00e9 racont\u00e9 par une patiente qui elle-m\u00eame en a eu connaissance dans une conf\u00e9rence sur le r\u00eave; sa v\u00e9ritable source m\u2019est rest\u00e9e inconnue. Mais il a fait impression sur cette dame par son contenu, car elle n\u2019a pas manqu\u00e9 de le re-r\u00eaver, c&rsquo;est-\u00e0-dire de r\u00e9p\u00e9ter des \u00e9l\u00e9ments du r\u00eave dans son r\u00eave \u00e0 elle pour exprimer par ce transfert leur concordance sur un point d\u00e9termin\u00e9.&nbsp;\u00bb (561)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Plusieurs choses \u00e9tonnent donc dans ces premiers paragraphes. Tout d\u2019abord, que ce r\u00eave soit pratiquement repris par ou\u00ef-dire; ensuite, la possibilit\u00e9 qu\u2019un r\u00eave impressionne au point d\u2019\u00eatre r\u00eav\u00e9 \u00e0 nouveau par une autre personne \u2013 ce qui signifie, bien entendu, que ce n\u2019est que le contenu manifeste qui est repris. Mais qu\u2019en est-il alors des pens\u00e9es de r\u00eave? On notera ensuite le mot \u00ab&nbsp;transfert&nbsp;\u00bb qui se pr\u00e9sente ici inopin\u00e9ment, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 Freud n\u2019a pas encore pris toute la mesure de ce ph\u00e9nom\u00e8ne dans le cadre du travail en s\u00e9ance, comme le montrent ses interventions aupr\u00e8s de Dora, dont le traitement s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 en 1899, ann\u00e9e de la parution du livre que nous avons sous les yeux.<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous commen\u00e7ons par ce dernier point, il y a, autour de ce r\u00eave, plusieurs transferts en marche: Freud qui manifeste son propre transfert intense sur ce r\u00eave rapport\u00e9 par une patiente qui elle-m\u00eame avait transf\u00e9r\u00e9 sur le r\u00e9cit de ce r\u00eave au point d\u2019en reprendre des \u00e9l\u00e9ments dans un r\u00eave \u00e0 elle\u2026 et l\u2019on peut supposer que le conf\u00e9rencier de la bouche duquel elle avait entendu ce r\u00eave avait lui-m\u00eame op\u00e9r\u00e9 un transfert sur ce r\u00eave d\u2019on ne sait qui!<\/p>\n\n\n\n<p>Ce r\u00eave a eu une belle carri\u00e8re sous la plume de nombreux commentateurs de Freud. \u00ab&nbsp;P\u00e8re, ne vois-tu donc pas que je br\u00fble?&nbsp;\u00bb semble cr\u00e9er des r\u00e9sonances tr\u00e8s fortes, susciter bien des transferts longtemps apr\u00e8s sa publication. Sans doute le th\u00e8me de l\u2019enfant mort, du p\u00e8re qui le r\u00eave encore vivant et capable de lui parler de sa br\u00fblure \u2013 qu\u2019on peut entendre au sens m\u00e9taphorique dans des connotations diverses, sexuelles entre autres \u2013, cela alors qu\u2019il est litt\u00e9ralement en train de br\u00fbler\u2026 La r\u00e9f\u00e9rence implicite au Roi des Aulnes, que Freud, pourtant grand connaisseur de l\u2019\u0153uvre de Goethe, ne semble pas remarquer\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Comme d\u2019habitude, nous ne nous attarderons pas \u00e0 ces aspects, par ailleurs passionnants, puisque notre objet n\u2019est pas de fouiller dans l\u2019\u00e2me de Sigmund, mais de nous instruire de ce que Freud extrait de l\u2019\u00e9tude et la d\u00e9composition de ce r\u00eave. Et il faut dire que nous ne manquerons pas de mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un r\u00eave transparent ?<\/strong><br>Je ne reprendrai pas ici le contenu manifeste du r\u00eave, jugeant pr\u00e9f\u00e9rable que chacun le consulte directement dans le texte.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l\u2019avoir livr\u00e9 au lecteur, Freud affirme: \u00ab&nbsp;L\u2019explication de ce r\u00eave \u00e9mouvant est des plus simples et fut d\u2019ailleurs donn\u00e9e correctement par le conf\u00e9rencier\u2026\u00bb (561) Cette explication concerne la lumi\u00e8re vive des flammes qui \u00ab&nbsp;arriva dans l\u2019\u0153il du dormeur&nbsp;\u00bb et suscita la m\u00eame conclusion qu\u2019il en aurait tir\u00e9e \u00e9veill\u00e9: un feu s\u2019\u00e9tait d\u00e9clar\u00e9, par la chute d\u2019un cierge sur le cadavre de l\u2019enfant. Mais Freud, qui ne trouve rien \u00e0 modifier \u00e0 cette lecture du r\u00eave, se doit quand m\u00eame d\u2019y ajouter quelque chose de plus sp\u00e9cifique:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;\u2026l\u2019exigence que le contenu du r\u00eave doive \u00eatre surd\u00e9termin\u00e9 et le discours de l\u2019enfant compos\u00e9 \u00e0 partir de paroles qu\u2019il a effectivement prononc\u00e9es dans la vie et qui se rattachent \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements importants pour le p\u00e8re. Par exemple la plainte: Je br\u00fble, se rattachant \u00e0 la fi\u00e8vre qu\u2019avait l\u2019enfant quand il est mort, et les mots : P\u00e8re, ne vois-tu donc pas? \u00e0 une autre occasion inconnue de nous mais riche en affects.&nbsp;\u00bb (562)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>L\u2019autre v\u00e9rification que fait Freud, est celle concernant l\u2019accomplissement de souhait. Cela commence, comme il se doit, par un \u00e9tonnement: puisque nous comprenons que le p\u00e8re avait per\u00e7u les flammes, on se serait attendu \u00e0 un r\u00e9veil imm\u00e9diat; or, on peut dire que le r\u00eaveur prend le temps de, justement, faire un r\u00eave \u00e0 partir de cela.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;Nous devons alors \u00eatre attentifs au fait que ce r\u00eave, lui non plus, n\u2019est pas d\u00e9pourvu d\u2019un accomplissement de souhait&nbsp;\u00bb (562)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le souhait d\u00e9celable est celui de prolonger la vie de l\u2019enfant, ne serait-ce que d\u2019un bref moment; il s\u2019agit de revoir son enfant vivant, bien que br\u00fblant.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;Si le p\u00e8re s\u2019\u00e9tait d\u2019abord r\u00e9veill\u00e9 et avait alors tir\u00e9 la conclusion qui le conduisit dans la chambre mortuaire, il aurait en quelque sorte raccourci la vie de l\u2019enfant de ce moment-l\u00e0.&nbsp;\u00bb (562)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il faut n\u00e9anmoins redire que ce r\u00eave, d\u00e9sormais c\u00e9l\u00e8bre et maintes fois comment\u00e9, est analys\u00e9 par Freud apr\u00e8s qu\u2019il lui soit parvenu par une voie triplement indirecte: racont\u00e9 par une patiente qui l\u2019a entendu lors d\u2019une conf\u00e9rence, d\u2019o\u00f9 l\u2019on peut supposer que le conf\u00e9rencier n\u2019\u00e9tait pas le r\u00eaveur\u2026 Comme accroc \u00e0 la m\u00e9thode profess\u00e9e par Freud, on ne fait pas mieux (ou pire)! Si ce r\u00eave est malgr\u00e9 tout important, c\u2019est qu\u2019il pose de bonnes questions, comme Freud le note aussit\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le probl\u00e8me<\/strong><br>Freud nous laisse imm\u00e9diatement savoir en quoi ce r\u00eave l\u2019int\u00e9resse. Mais il commence par donner un extr\u00eame r\u00e9sum\u00e9 des six premiers chapitres du livre:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;Nous nous sommes jusqu\u2019ici avant tout souci\u00e9s de savoir en quoi consiste le sens secret des r\u00eaves, par quelle voie ce dernier est trouv\u00e9 et de quels moyens le travail du r\u00eave s\u2019est servi pour le cacher. Les t\u00e2ches de l\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave \u00e9taient jusqu\u2019\u00e0 maintenant au centre de notre champ de vision.&nbsp;\u00bb (562)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Autrement dit, jusqu\u2019ici nous avons abord\u00e9 les questions du point de vue de la t\u00e2che pratique, de l\u2019exp\u00e9rience empirique et des m\u00e9canismes que nous pouvions en d\u00e9gager. Questions donc de m\u00e9thode et de description. Mais le chapitre qui s\u2019ouvre par ces trois pages introductives portera sur autre chose:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;Et voil\u00e0 maintenant que nous nous heurtons \u00e0 ce r\u00eave qui n\u2019impose pas de t\u00e2che \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation, dont le sens est donn\u00e9 sans dissimulation, et nous devenons attentifs au fait que ce r\u00eave conserve encore les caract\u00e8res essentiels par lesquels un r\u00eave d\u00e9vie de mani\u00e8re frappante de notre penser vigile et active note besoin d\u2019explication.&nbsp;\u00bb (562)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cette remarque devrait nous frapper tout particuli\u00e8rement. Freud d\u00e9montre une fois de plus sa rigueur \u00e9pist\u00e9mologique; il nous laisse comprendre pourquoi ce r\u00eave dont il n\u2019a connaissance que par des voies tr\u00e8s indirectes lui para\u00eet n\u00e9anmoins digne d\u2019attention. <em>C\u2019est que ce r\u00eave semble faire exception \u00e0 la r\u00e8gle<\/em>. Il ne semble pas comporter de probl\u00e8me d\u2019interpr\u00e9tation, au sens d\u2019avoir \u00e0 surmonter les obstacles de d\u00e9formation\/censure que le chapitre VI a bien document\u00e9s: condensation, d\u00e9placement, exigence de pr\u00e9sentabilit\u00e9, \u00e9laboration secondaire. Et c\u2019est en cela que le r\u00eave int\u00e9resse Freud. C\u2019est en tant qu\u2019il semble aller \u00e0 contre-courant de tous les exemples de r\u00eave qu\u2019il a utilis\u00e9s dans les chapitres pr\u00e9c\u00e9dents. Or cela est une constante chez Freud. Le cas qui fait exception est toujours \u00e0 prendre au s\u00e9rieux \u2013&nbsp;que ce soit un r\u00eave ou un cas clinique, par exemple&nbsp;: \u00ab&nbsp;Communication d\u2019un cas de parano\u00efa contredisant la th\u00e9orie psychanalytique&nbsp;\u00bb (OCP, XII, p. 305-317)\u2013 parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une <em>mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve<\/em> de la th\u00e9orie. Freud ne peut absolument pas se permettre d\u2019esquiver ce qui semble, \u00e0 premi\u00e8re vue, mettre en \u00e9chec ses hypoth\u00e8ses. En th\u00e9oricien rigoureux, plut\u00f4t que d\u2019ignorer le probl\u00e8me (ou de le traiter comme la proverbiale exception qui confirme la r\u00e8gle) il l\u2019affronte et essaie de voir ce que le cas en question peut lui apprendre de neuf, en quoi il l\u2019oblige \u00e0 plus de pr\u00e9cision dans la th\u00e9orie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est donc pas par hasard que ce r\u00eave, qui contraste avec tous les autres par le fait ne pas sembler pr\u00e9senter de s\u00e9rieux probl\u00e8me d\u2019interpr\u00e9tation (et qui semble rendre par l\u00e0 superflus tous les d\u00e9veloppements des chapitres pr\u00e9c\u00e9dents!), que ce r\u00eave d\u00e9viant est pr\u00e9sent\u00e9 en ouverture du chapitre conclusif de <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/em>. C\u2019est que ce r\u00eave d\u00e9gage l\u2019horizon&nbsp;; il permet de voir clairement d\u2019autres probl\u00e8mes que ceux affront\u00e9s jusqu\u2019ici:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;C\u2019est seulement apr\u00e8s la mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart de tout ce qui regarde le travail d\u2019interpr\u00e9tation que nous pouvons remarquer combien notre <em>psychologie du r\u00eave<\/em> est rest\u00e9e incompl\u00e8te.&nbsp;\u00bb (562-563, italiques ajout\u00e9s par moi.)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Phrase capitale en ce qu\u2019elle distingue entre le travail d\u2019interpr\u00e9tation, c&rsquo;est-\u00e0-dire la t\u00e2che pratique, et la \u00ab&nbsp;psychologie du r\u00eave&nbsp;\u00bb. Qu\u2019est-ce \u00e0 dire?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>N\u00e9cessaire fondation<br><\/strong>D\u2019une part, nous voyons ici la diff\u00e9rence constamment affirm\u00e9e par Freud entre la psychanalyse comme m\u00e9thode et la psychanalyse comme ensemble d\u2019hypoth\u00e8ses ou de th\u00e9ories. Jusqu\u2019ici, semble dire Freud, nous avons d\u00e9montr\u00e9 comment on peut interpr\u00e9ter un r\u00eave et nous avons d\u00e9gag\u00e9 un certain nombre de m\u00e9canismes d\u00e9crivant la formation des r\u00eaves. Notre d\u00e9construction du r\u00eave op\u00e9rait comme une sorte de \u00ab&nbsp;<em>reverse engineering<\/em>&nbsp;\u00bb, nous permettant de deviner comment le r\u00eave s\u2019\u00e9tait construit. Mais cela reste encore \u00e0 ins\u00e9rer dans un paysage plus vaste, celui de la psychologie du r\u00eave.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce mot de \u00ab&nbsp;psychologie&nbsp;\u00bb doit nous arr\u00eater un instant. Souvenons-nous d\u2019abord que le <em>Projet<\/em> ou <em>Esquisse<\/em> de 1895 devait s\u2019appeler \u00ab&nbsp;Projet de psychologie&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Projet d\u2019une psychologie&nbsp;\u00bb et que Freud semble utiliser ce mot \u00e0 la suite de son professeur de philosophie, Franz Brentano, qui avait publi\u00e9 en 1874 un trait\u00e9 intitul\u00e9 <em>Psychologie du point de vue empirique <\/em>(<em>Psychologie vom empirischen Standpunkt<\/em>) et dont il est clair qu\u2019il a influenc\u00e9 la pens\u00e9e de Freud. Il faut donc tenir pr\u00e9sent que \u00ab&nbsp;psychologie&nbsp;\u00bb ne signifie pas \u00e0 l\u2019\u00e9poque exactement la m\u00eame chose qu\u2019aujourd\u2019hui, surtout pour les psychanalystes qui y opposent une <em>m\u00e9tapsychologie<\/em>. Le mot a n\u00e9anmoins le sens d\u2019une formulation g\u00e9n\u00e9rale du fonctionnement psychique. Freud est donc en train de nous inviter \u00e0 le suivre alors qu\u2019il s\u2019appr\u00eate \u00e0 op\u00e9rer, dans le chapitre VII, le passage d\u2019une <em>\u00e9tude empirique<\/em> de l\u2019analyse de r\u00eaves (m\u00e9thode d\u2019interpr\u00e9tation et m\u00e9canismes du travail de r\u00eave) \u00e0 une <em>formulation th\u00e9orique<\/em> bas\u00e9e sur ce que l\u2019\u00e9tude empirique lui a appris, mais allant au-del\u00e0 de celle-ci. C\u2019est pour cela que le chapitre VII s\u2019intitule \u00ab&nbsp;Sur la psychologie des processus de r\u00eave&nbsp;\u00bb. Le mot \u00ab&nbsp;psychologie&nbsp;\u00bb est donc, me semble-t-il, \u00e0 prendre au sens \u00e9tymologique: <em>psuch\u00e8<\/em>+ <em>logos<\/em> = <em>discours g\u00e9n\u00e9ral sur la psych\u00e9<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Que ce discours g\u00e9n\u00e9ral soit inaugur\u00e9 \u00e0 partir d\u2019un r\u00eave rendant apparemment inutiles toutes les observations men\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment, cela montre, \u00e0 mon avis, que Freud entend bien d\u00e9velopper le dit discours de mani\u00e8re \u00e0 cerner le fonctionnement psychique dans son ensemble, de sorte que m\u00eame un r\u00eave semblant faire exception devrait pouvoir contribuer \u00e0 cette formulation g\u00e9n\u00e9rale, voire y contribuer de fa\u00e7on sp\u00e9ciale. Autrement dit, jusqu\u2019ici Freud s\u2019en \u00e9tait tenu \u00e0 des descriptions empiriques, coll\u00e9es \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience pratique. Il s\u2019agit maintenant de s\u2019\u00e9lever au-dessus de cela pour voir le panorama plus large, et pour cela quelle meilleure fa\u00e7on que d\u2019affronter une situation qui a contribu\u00e9 \u00e0 \u00ab&nbsp;la mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart de tout ce qui regarde le travail d\u2019interpr\u00e9tation&nbsp;\u00bb ?<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut comprendre en effet que Freud se m\u00e9fie en quelque sorte de lui-m\u00eame, ou mieux, de la trop facile concordance entre le travail d\u2019interpr\u00e9tation et les hypoth\u00e8ses qu\u2019il en a d\u00e9gag\u00e9es, collant de trop pr\u00e8s au travail fait. Le danger d\u2019une telle coh\u00e9rence, c\u2019est qu\u2019elle peut laisser \u00e9chapper les situations qui, justement, ne \u00ab&nbsp;collent&nbsp;\u00bb pas et qui pourraient raconter une autre histoire, justifier un autre discours (<em>logos<\/em>) et donc une psychologie diff\u00e9rente. Trouver le cas qui fait contraste est donc une occasion \u00e0 ne pas rater.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud en est conscient, qui \u00e9crit:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;\u2026nous allons faire halte et regarder en arri\u00e8re pour savoir si sur notre parcours nous n\u2019avons pas jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent laiss\u00e9 inaper\u00e7u quelque chose d\u2019important.&nbsp;\u00bb<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><strong>N\u00e9cessit\u00e9 du cas contraire<br><\/strong>Quand les faits confirment les hypoth\u00e8ses, quand une m\u00e9thode semble bien fonctionner, on ne va certes pas se plaindre. Mais il faut prendre garde. Ces confirmations ou ces convergences, aussi nombreuses soient-elles, peuvent tout simplement signifier que nous n\u2019avons per\u00e7u (ou que nous avons inconsciemment s\u00e9lectionn\u00e9 et retenu) que les cas qui nous conviennent. La vraie connaissance \u00e9merge quand la nature, ou les faits, nous <em>r\u00e9sistent<\/em>. C\u2019est donc, une fois encore, le probl\u00e8me et la valeur inestimable de la r\u00e9sistance qui est en jeu ici. \u00ab&nbsp;Popperien&nbsp;\u00bb avant la lettre, Freud sait qu\u2019une pens\u00e9e scientifique authentique ne peut se contenter des seuls faits qui la confirment. Vient un moment o\u00f9 la confirmation ne nous apprend plus rien. Le cas qui r\u00e9siste, qui s\u2019objecte, est, lui, bien plus instructif. \u00c9videmment, cela demande plus d\u2019efforts&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;Car il doit \u00eatre clair pour nous que la partie ais\u00e9e et plaisante de notre chemin est derri\u00e8re nous. Jusqu\u2019ici, tous les chemins suivis, \u00e0 moins que je ne me trompe beaucoup, mous ont conduits \u00e0 la lumi\u00e8re, vers l\u2019\u00e9claircissement et vers la compr\u00e9hension totale; \u00e0 partir du moment o\u00f9 nous allons p\u00e9n\u00e9trer plus profond\u00e9ment dans les processus animiques du r\u00eaver, tous les sentiers d\u00e9boucheront dans l\u2019obscurit\u00e9.&nbsp;\u00bb (563)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cela, parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9laborer une <em>nouvelle psychologie,<\/em> puisque de toute \u00e9vidence le discours psychologique g\u00e9n\u00e9ral existant ne permet pas d\u2019inclure ce que la t\u00e2che pratique rapport\u00e9e par Freud nous a montr\u00e9:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;\u2026il nous est impossible d\u2019arriver \u00e0 \u00e9claircir le r\u00eave en tant que processus psychique, car <em>expliquer veut dire ramer \u00e0 du connu<\/em>, et il n\u2019y a pas pour l\u2019instant de connaissance psychologique \u00e0 laquelle nous puissions subordonner ce qui se laisse inf\u00e9rer comme base d\u2019explication \u00e0 partir de l\u2019examen psychologique des r\u00eaves.&nbsp;\u00bb (563, italiques ajout\u00e9s.)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Donc, on ne peut pas <em>expliquer psychologiquement<\/em> ce que nous montrent les r\u00eaves, parce que rien de correspondant ne se trouve dans la psychologie existante:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;Nous serons au contraire oblig\u00e9s de poser une s\u00e9rie de nouvelles hypoth\u00e8ses qui effleurent de leurs suppositions la construction de l\u2019appareil animique et le jeu de forces actives en lui\u2026&nbsp;\u00bb (563)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Mais attention, ce sont des<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;\u2026hypoth\u00e8ses que nous devrons prendre garde de ne pas d\u00e9rouler trop loin au-del\u00e0 de la premi\u00e8re articulation logique, parce qu\u2019autrement leur valeur se perd dans l\u2019ind\u00e9terminable.&nbsp;\u00bb (563)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ces nouvelles hypoth\u00e8ses, aussi in\u00e9dites soient-elles, ne sont donc pas \u2013&nbsp;comme on le dit parfois \u2013 de la pure sp\u00e9culation. Freud prendra soin de ne pas aller trop \u00ab&nbsp;au-del\u00e0 de la premi\u00e8re articulation logique&nbsp;\u00bb, il voudra rester toujours au plus pr\u00e8s des faits. D\u2019o\u00f9, une fois de plus, l\u2019int\u00e9r\u00eat du r\u00eave de l\u2019enfant qui br\u00fble, en tant qu\u2019il <em>ne semble pas confirmer<\/em> les premi\u00e8res observations de Freud. Encore une fois, c\u2019est que Freud est conscient de la fragilit\u00e9 de la construction du mod\u00e8le th\u00e9orique de l\u2019appareil de l\u2019\u00e2me s\u2019il ne tient pas compte, en cours de route, de \u00ab&nbsp;toutes les possibilit\u00e9s&nbsp;\u00bb. Il lui faudra donc<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;rassembler (\u2026) ce qui dans <em>l\u2019\u00e9tude comparative<\/em> de toute une s\u00e9rie d\u2019op\u00e9rations psychique se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre constamment exigible.&nbsp;\u00bb (563, italiques ajout\u00e9s.)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 donc le principal motif d\u2019accorder de l\u2019importance \u00e0 un r\u00eave qui semble d\u00e9sob\u00e9ir \u00e0 la r\u00e8gle: il permet une <em>\u00e9tude comparative<\/em>, autrement dit, il permet de voir ce qui demeure valable, constant, malgr\u00e9 des situations tr\u00e8s contrast\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab&nbsp;Ainsi les hypoth\u00e8ses psychologiques que nous puisons dans l\u2019analyse des processus de r\u00eave devront attendre en quelque sorte \u00e0 une station, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elles aient fait leur jonction avec les r\u00e9sultats d\u2019autres investigations qui, en partant d\u2019un autre point d\u2019attaque, veulent avancer jusqu\u2019au noyau du m\u00eame probl\u00e8me.&nbsp;\u00bb (563)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>C\u2019est une pr\u00e9caution m\u00e9thodologique constante chez Freud. Comme lors du creusement d\u2019un tunnel sous une montagne, il s\u2019agit de voir si deux \u00e9quipes partant des versants oppos\u00e9s sauront parvenir au point de rencontre. Ce travail de <em>forage<\/em> suppose de travailler (a<em>rbeiten<\/em>) contre la r\u00e9sistance et permettre de passer \u00e0 travers (<em>durch<\/em>) ce qui s\u2019oppose \u00e0 une appr\u00e9hension psychologique imm\u00e9diate. Voil\u00e0 qui pr\u00e9figure ce que Freud, quelques quinze ans plus tard, appellera <em>durcharbeiten, <\/em> c&rsquo;est-\u00e0-dire <em>perlaboration<\/em>, <em>working-through<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S\u00c9MINAIRE \u00ab&nbsp;PENSER AVEC FREUD&nbsp;\u00bb ANN\u00c9E 2022-2023 RELIRE L\u2019INTERPR\u00c9TATION DU R\u00caVE Document 45 CHAPITRE VII PAGES INTRODUCTIVES Dominique Scarfone Obtenir version .pdf Le parcours que nous avons fait l\u2019an dernier, des chapitres II \u00e0 VI de L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave, nous a montr\u00e9 en quoi il \u00e9tait possible \u00e0 Freud de faire la lumi\u00e8re sur les processus<a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2143\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a045- Chap. VII &#8211; Pages introductives\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2143","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-proposes-a-la-discussion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2143","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2143"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2143\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2202,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2143\/revisions\/2202"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2143"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2143"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2143"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}