{"id":2132,"date":"2022-06-27T15:40:57","date_gmt":"2022-06-27T19:40:57","guid":{"rendered":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2132"},"modified":"2023-05-10T15:16:54","modified_gmt":"2023-05-10T19:16:54","slug":"44-le-travail-de-reve-i-lelaboration-secondaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2132","title":{"rendered":"44- LE TRAVAIL DE R\u00caVE- I &#8211; L&rsquo;\u00e9laboration secondaire."},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>S\u00e9minaire <em>Penser avec Freud<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Ann\u00e9e 2021-2022<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Chap. VI &#8211; Le travail de r\u00eave (suite, section I)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Dominique Scarfone<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>L\u2019\u00e9laboration secondaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/44-LE-TRAVAIL-DE-REVE-I.pdf\">Obtenir version .pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Nous voici donc parvenus \u00e0 la derni\u00e8re section de ce grand chapitre VI, et la d\u00e9sormais tr\u00e8s attendue quatri\u00e8me fonction que Freud n\u2019a cess\u00e9 de nous annoncer. Apr\u00e8s la condensation, le d\u00e9placement et la prise en compte de la pr\u00e9sentabilit\u00e9, il va maintenant traiter de l\u2019\u00e9laboration secondaire.<br>Freud l\u2019\u00e9crit d\u2019embl\u00e9e&nbsp;: il s\u2019agit d\u2019une hypoth\u00e8se totalement nouvelle.<br>Une distinction s\u2019impose aussit\u00f4t&nbsp;: on peut, au cours du r\u00eave, s\u2019\u00e9tonner, s\u2019irriter, se rebeller face \u00e0 un fragment du r\u00eave lui-m\u00eame, mais cela fait encore partie du mat\u00e9riel du r\u00eave. Mais, se demande Freud&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Que signifie p.ex. cette critique, qui n\u2019est pas rare du tout dans le r\u00eave&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mais ce n\u2019est qu\u2019un r\u00eave&nbsp;\u00bb? C\u2019est une v\u00e9ritable critique du r\u00eave, telle que je pourrais l\u2019exercer \u00e0 l\u2019\u00e9tat de veille. (539)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Que vient faire cette critique?<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Elle sert \u00e0 endormir une certaine instance qui, \u00e0 ce moment-l\u00e0, aurait tout motif de se mettre en mouvement et d\u2019interdire la poursuite du r\u00eave [\u2026] Mais il est plus commode de continuer \u00e0 dormir et de tol\u00e9rer le r\u00eave, \u00ab&nbsp;parce que ce n\u2019est malgr\u00e9 tout qu\u2019un r\u00eave&nbsp;\u00bb. (539-540)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et Freud d\u2019avancer l\u2019hypoth\u00e8se que cette critique m\u00e9prisante appara\u00eet quand la censure a \u00e9t\u00e9 prise de court et qu\u2019il lui faut r\u00e9agir au passage d\u2019un contenu qui a \u00e9t\u00e9 admis malgr\u00e9 tout.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>C\u2019est une manifestation de l\u2019<em>esprit d\u2019escalier<\/em> de la part de la censure psychique. (540)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0, conclut Freud, la preuve que tout ce qui se pr\u00e9sente comme r\u00eave n\u2019est pas issu des seules pens\u00e9es de r\u00eave\u2026<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>mais qu\u2019une fonction psychique qu\u2019on ne peut pas diff\u00e9rencier de notre penser vigile peut fournir des contributions au contenu de r\u00eave.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Est-ce quelque chose d\u2019exceptionnel, ou est-ce que cette instance, essentiellement censurante, participe r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 la formation du r\u00eave? Freud r\u00e9pond sans h\u00e9siter en faveur de cette derni\u00e8re \u00e9ventualit\u00e9.<br>Si l\u2019on fait un bref retour en arri\u00e8re, \u00e0 la section sur la condensation (Section A; voir mes notes, p. 7), cette fonction censurante avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e \u00e0 propos du sentiment que le r\u00eave dont on se souvient n\u2019est qu\u2019une partie du r\u00eave tel que r\u00eav\u00e9 (p. 322) et Freud avait alors annonc\u00e9 que cela serait expliqu\u00e9 plus tard. Eh bien, nous y sommes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Il est indubitable que l\u2019instance censurante, dont nous n\u2019avons jusqu\u2019ici reconnu l\u2019influence que dans les restrictions et omissions de contenu de r\u00eave, est aussi responsable d\u2019interpolations et d\u2019accroissements dans celui-ci. (540)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ce sont des \u00e9l\u00e9ments facilement reconnaissables en ceci qu\u2019ils ne peuvent pas avoir \u00e9t\u00e9 produites par le travail de r\u00eave. En effet, nous avons vu, dans les sections pr\u00e9c\u00e9dentes, \u00e0 propos des autres composants du travail de r\u00eave, que celui-ci ne dispose pas des \u00ab&nbsp;et&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;donc&nbsp;\u00bb, etc. autrement dit des particules de connexion logique entre les pens\u00e9es. Freud souligne \u00e0 pr\u00e9sent les \u00ab&nbsp;comme si&nbsp;\u00bb qui apparaissent dans le r\u00e9cit de r\u00eave, servant \u00ab&nbsp;frayer une corr\u00e9lation entre deux parties de r\u00eave&nbsp;\u00bb (540). Mais, ajoute-t-il, ces interpolations disparaissent plus facilement de la m\u00e9moire que le v\u00e9ritable mat\u00e9riel de r\u00eave&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>[\u2026] si le r\u00eave succombe \u00e0 l\u2019oubli, ce sont elles qui disparaissent en premier, et je pr\u00e9sume fortement que notre plainte fr\u00e9quente d\u2019avoir r\u00eav\u00e9 tant de choses, d\u2019en avoir oubli\u00e9 la plus grande partie et de n\u2019en avoir conserv\u00e9 que des fragments, repose pr\u00e9cis\u00e9ment sur la disparition imm\u00e9diate de ces pens\u00e9es qui font joint. (540)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>On peut, ajoute Freud, ramener ces \u00ab&nbsp;pens\u00e9es intercalaires&nbsp;\u00bb au mat\u00e9riel se trouvant dans les pens\u00e9es r\u00eave, mais un mat\u00e9riel qui n\u2019\u00e9tait pas accueilli dans le r\u00eave ni par sa valeur ni par sa surd\u00e9termination (541). Passage quelque peu obscur qui m\u00e9riterait que Freud nous donne un exemple, mais je crois qu\u2019on peut le comprendre r\u00e9trospectivement apr\u00e8s avoir lu paragraphe suivant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Ce qui distingue et trahit cette partie du travail du r\u00eave, c\u2019est sa tendance. Cette fonction proc\u00e8de de la m\u00eame fa\u00e7on que le philosophe, \u00e0 ce qu\u2019affirme m\u00e9chamment le po\u00e8te : avec ses guenilles et ses haillons elle bouche les trous de l\u2019\u00e9difice du r\u00eave. La cons\u00e9quence de son effort est que le r\u00eave perd son apparence d\u2019absurdit\u00e9 et d\u2019incoh\u00e9rence et se rapproche du mod\u00e8le d\u2019une exp\u00e9rience v\u00e9cue compr\u00e9hensible. (541)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>On peut y voir un \u00ab&nbsp;travail de finition&nbsp;\u00bb, et la question est alors&nbsp;: o\u00f9 trouver le mat\u00e9riel pour \u00ab&nbsp;boucher les trous&nbsp;\u00bb&nbsp;? Freud propose que c\u2019est encore dans les pens\u00e9es de r\u00eave, mais des pens\u00e9es dont ni l\u2019importance ni la polyvalence (surd\u00e9termination) n\u2019en avaient promu l\u2019usage. Ces sortes de surplus sont alors r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s aux fins de ce pl\u00e2trage des trous, ce redressement des incoh\u00e9rences n\u00e9cessairement cr\u00e9\u00e9es par les condensations et d\u00e9placements etc.<br>\u00ab&nbsp;O\u00f9 Freud va-t-il chercher \u00e7a&nbsp;?&nbsp;\u00bb, demandera-t-on; je crois qu\u2019il y a une r\u00e9ponse facile&nbsp;: dans son observation minutieuse, avec son esprit cons\u00e9quent et sa parcimonie conceptuelle. D\u2019une part, comme d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, il constate que des expressions du genre \u00ab&nbsp;comme si&nbsp;\u00bb ne sauraient avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sentes dans le r\u00eave tel que r\u00eav\u00e9, puisque ce sont des \u00e9l\u00e9ments de pens\u00e9e secondaire. D\u2019autre part, il a \u00e9tabli que le r\u00eave ne cr\u00e9e pas <em>de novo<\/em> ces \u00e9l\u00e9ments; si donc ils apparaissent, n\u2019allons pas chercher les fruits trop loin de l\u2019arbre (parcimonie th\u00e9orique)&nbsp;: ce sont des pens\u00e9es de r\u00eave de moindre importance et qui n\u2019avaient pas satisfait \u00e0 l\u2019exigence de pr\u00e9sentabilit\u00e9. On pourrait donc dire&nbsp;: ces pens\u00e9es tra\u00eenaient dans le paysage et, selon la logique purement opportuniste que nous avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9e, elles ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es et recycl\u00e9es par cette \u00ab&nbsp;fonction psychique&nbsp;\u00bb qui n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e et dont le r\u00f4le est de parachever le r\u00eave pour le rapprocher autant que possible d\u2019une \u00ab&nbsp;exp\u00e9rience v\u00e9cue compr\u00e9hensible&nbsp;\u00bb.<br>La contribution de cette autre instance \u00e0 la formation finale du r\u00eave, Freud en avait d\u00e9j\u00e0 le mod\u00e8le dans sa conception de la formation du sympt\u00f4me hyst\u00e9rique. Dans son chapitre th\u00e9orique des <em>\u00c9tudes sur l\u2019hyst\u00e9rie<\/em>, il d\u00e9crit en effet le sympt\u00f4me hyst\u00e9rique non comme la manifestation directe de l\u2019\u00e9l\u00e9ment inconscient, mais comme un \u00ab&nbsp;infiltrat&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>L\u2019organisation pathog\u00e8ne ne se comporte pas vraiment comme un corps \u00e9tranger, mais bien plut\u00f4t comme un infiltrat.&nbsp;(O.C. vol. 2, p.&nbsp;277).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La notion d\u2019infiltrat signifie qu\u2019\u00e0 la composante venant du souhait inconscient s\u2019ajoute une contribution de la part du moi, de sa r\u00e9sistance. C\u2019est cela qui fait que le tout ne se comporte pas vraiment comme un corps \u00e9tranger. C\u2019est cela aussi qui nous permet de dire que le sympt\u00f4me, tout comme le r\u00eave d\u2019ailleurs, est une <em>formation de compromis<\/em>. Compromis qui se forme, une fois de plus, selon le mod\u00e8le noyau\/enveloppe&nbsp;: cette enveloppe au corps \u00e9tranger qu\u2019est la source inconsciente du r\u00eave, Freud l\u2019appellera plus tard \u00ab&nbsp;la fa\u00e7ade&nbsp;\u00bb du r\u00eave. Souvenons-nous, comme signal\u00e9 en page 2 des pr\u00e9sentes notes, ce que Freud a dit de la censure, qu\u2019elle ne fait pas qu\u2019\u00e9liminer des contenus mais qu\u2019elle intercale elle-m\u00eame des contenus (540). Nous comprenons mieux ainsi ce qu\u2019il voulait dire. Au fond il s\u2019agit de se rappeler que, comme le sympt\u00f4me, le r\u00eave est formation de compromis \u00e0 plus d\u2019un titre&nbsp;: compromis entre les divers souhaits simultan\u00e9s du r\u00eaveur, mais compromis aussi entre ces souhaits et la censure qui les masque, mais doit n\u00e9anmoins y opposer quelque chose de substantiel.<br>Dans le cas pr\u00e9sent, toutefois, Freud travaille \u00e0 plus fort grossissement. Les nombreux compromis du r\u00eave, nous les avions d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9s quand par exemple nous avons vu que le r\u00eave tente de satisfaire plusieurs souhaits \u00e0 la fois (souhait de dormir+ souhait de r\u00e9soudre un probl\u00e8me rest\u00e9 pendant+ souhait de satisfaire un d\u00e9sir infantile\u2026) Tous ces compromis, le travail de r\u00eave s\u2019en chargeait sans l\u2019intervention de cette \u00ab&nbsp;nouvelle fonction&nbsp;\u00bb. Dans ce que Freud d\u00e9crit \u00e0 pr\u00e9sent, il s\u2019agit de quelque chose en plus; il s\u2019agit d\u2019un effort de rendre l\u2019exp\u00e9rience du r\u00eave aussi proche que possible d\u2019une exp\u00e9rience v\u00e9cue ordinaire. Op\u00e9ration qui ne r\u00e9ussit pas toujours, dit Freud. Certes, dans de rare cas, ces r\u00eaves paraissent \u00e0 premi\u00e8re vue \u00ab&nbsp;d\u2019une logique et d\u2019une correction impeccables&nbsp;\u00bb (541), mais si on les analyse, ajoute Freud, on r\u00e9alise que l\u2019\u00e9laboration secondaire a jongl\u00e9 librement avec le contenu\u2026<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Ce sont des r\u00eaves qui, pour ainsi dire, <em>ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9s une fois<\/em>, avant qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tat de veille nous ne les soumettions \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation. (541)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cette notation sur laquelle Freud n\u2019insiste pas beaucoup, me semble particuli\u00e8rement int\u00e9ressante. D\u2019abord parce qu\u2019elle nous dit que la \u00ab&nbsp;quatri\u00e8me fonction&nbsp;\u00bb qui entre dans la production du r\u00eave est en quelque sorte une \u00ab&nbsp;fonction interpr\u00e9tante&nbsp;\u00bb. \u00c0 ce sujet, quelques remarques&nbsp;:<br>1- Il s\u2019agit alors d\u2019une interpr\u00e9tation sans interpr\u00e8te (sans \u00ab&nbsp;quelqu\u2019un&nbsp;\u00bb qui interpr\u00e8te); c\u2019est la \u00ab&nbsp;quatri\u00e8me puissance&nbsp;\u00bb qui fait le travail alors qu\u2019on est encore endormi.<br>2- L\u2019<em>interpr\u00e9tation<\/em> en question n\u2019\u00e9quivaut pas \u00e0 une <em>analyse<\/em> du r\u00eave, bien au contraire, c\u2019est un effort pour parvenir \u00e0 une <em>synth\u00e8se<\/em> plus achev\u00e9e encore.<br>3- Cela nous indique qu\u2019au moment m\u00eame o\u00f9 le r\u00eave est produit, avec toutes les d\u00e9formations que nous lui connaissons, la \u00ab&nbsp;quatri\u00e8me fonction&nbsp;\u00bb cherche en quelque sorte \u00e0 le \u00ab&nbsp;r\u00e9former&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 en adoucir le caract\u00e8re typiquement onirique, pour le rapprocher de l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue ordinaire. Pour traduire en anglais \u00ab&nbsp;<em>sekund\u00e4re Bearbeitung&nbsp;\u00bb <\/em>(\u00e9laboration secondaire), Strachey a choisi \u00ab&nbsp;<em>secondary revision<\/em>&nbsp;\u00bb, o\u00f9 le mot \u00ab&nbsp;<em>revision<\/em>&nbsp;\u00bb est une traduction moins litt\u00e9rale mais rend bien l\u2019id\u00e9e d\u2019un processus \u00ab&nbsp;r\u00e9visionniste&nbsp;\u00bb, comme on le dit d\u2019une attitude politique, ce qui correspond mieux \u00e0 ce que Freud entend.<br>4- La notion d\u2019interpr\u00e9tation prend un sens tout relatif puisque l\u2019usage qu\u2019en fait Freud ici montre bien que cela est tout le contraire de l\u2019interpr\u00e9tation analytique. Cela devrait nous inciter \u00e0 toujours distinguer entre <em>interpr\u00e9tation<\/em> et <em>analyse <\/em>du r\u00eave. En poussant un peu plus dans cette direction, on se dit que le titre plus exact du livre aurait pu \u00eatre <em>L\u2019analyse du r\u00eave<\/em>. Plus important encore, cela nous rappelle que l\u2019interpr\u00e9tation est du c\u00f4t\u00e9 d\u2019une nouvelle synth\u00e8se, et qu\u2019en ce sens elle op\u00e8re un nouveau refoulement.<br>5- Freud souligne que le travail de cette \u00ab&nbsp;quatri\u00e8me puissance&nbsp;\u00bb ne r\u00e9ussit pas toujours compl\u00e8tement&nbsp;: des r\u00eaves qui commencent en ayant l\u2019air tr\u00e8s coh\u00e9rents deviennent \u00e0 un certain point insens\u00e9s ou confus; parfois ses effets font d\u00e9faut compl\u00e8tement et nous n\u2019avons que des bribes de r\u00eave, sans queue ni t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00eaves nocturnes, r\u00eaves diurnes, fantaisies<\/strong><br>Nous avons vu dans les sections pr\u00e9c\u00e9dentes que parfois une pens\u00e9e peut persister au milieu d\u2019un r\u00eave sans \u00eatre modifi\u00e9e par le travail de r\u00eave. Quelque chose d\u2019analogue est \u00e0 pr\u00e9sent d\u00e9crit par Freud&nbsp;: le cas o\u00f9 le travail de r\u00eave se voit \u00e9pargn\u00e9 l\u2019effort puisqu\u2019il peut reprendre telle quelle une \u00ab&nbsp;fantaisie&nbsp;\u00bb d\u00e9j\u00e0 form\u00e9e&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>[\u2026] il y a un cas o\u00f9 le travail consistant pour ainsi dire \u00e0 construire au r\u00eave une fa\u00e7ade lui reste en grande partie \u00e9pargn\u00e9, du fait que dans le mat\u00e9riel des pens\u00e9es de r\u00eave une telle formation, impatiente d\u2019\u00eatre utilis\u00e9e, se trouve d\u00e9j\u00e0 toute pr\u00eate. (542)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un mat\u00e9riel que, pour \u00e9viter tout malentendu, Freud assimile aussit\u00f4t au \u00ab&nbsp;r\u00eave diurne&nbsp;\u00bb qui, par d\u00e9finition, se produit \u00e0 l\u2019\u00e9tat de veille.<br>S\u2019ouvre ici un territoire dans lequel Freud s\u2019engage en faisant le lien avec la clinique de l\u2019hyst\u00e9rie&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>L\u2019\u00e9tude des psychon\u00e9vroses m\u00e8ne \u00e0 la connaissance surprenante que ces fantaisies ou r\u00eaves diurnes sont les stades pr\u00e9liminaires les plus proches des sympt\u00f4mes hyst\u00e9riques, du moins de toute une s\u00e9rie d\u2019entre eux ; ce n\u2019est pas aux souvenirs eux-m\u00eames mais aux fantaisies \u00e9difi\u00e9es sur la base des souvenirs que se rattachent en premier lieu les sympt\u00f4mes hyst\u00e9riques. (542)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ces fantaisies, ajoute-t-il, peuvent \u00eatre conscientes ou inconscientes. Il importe ici de noter que pour Freud il y a une parfaite continuit\u00e9 quant \u00e0 la nature de ces fantaisies; qu\u2019elles soient conscientes ou non, seul leur contenu les distingue, certaines devant rester inconscientes, dit-il, \u00ab&nbsp;\u00e9tant donn\u00e9 leur contenu et le fait qu\u2019<em>elles proviennent de mat\u00e9riel refoul\u00e9.<\/em>&nbsp;\u00bb (543, italiques ajout\u00e9s). Cette fa\u00e7on qu\u2019a Freud de s\u2019exprimer m\u00e9rite r\u00e9flexion. \u00c0 suivre le mot-\u00e0-mot, ces fantaisies sont inconscientes mais cela est d\u00fb au fait qu\u2019elles \u00ab&nbsp;<em>proviennent<\/em> de mat\u00e9riel refoul\u00e9&nbsp;\u00bb; faut-il en conclure qu\u2019elles ne sont pas elles-m\u00eames du \u00ab&nbsp;mat\u00e9riel refoul\u00e9&nbsp;\u00bb? Ce n\u2019est pas \u00e9vident, sachant ce qu\u2019il \u00e9crira en 1915, dans son texte \u00ab&nbsp;L\u2019inconscient&nbsp;\u00bb, quand il parlera des \u00ab&nbsp;rejetons de motions pulsionnelles <em>ics<\/em>&nbsp;\u00bb qui \u00ab&nbsp;r\u00e9unissent en eux des d\u00e9terminations oppos\u00e9es&nbsp;\u00bb puisque&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;D\u2019une part, ils sont hautement organis\u00e9s, exempts de contradictions, ils ont exploit\u00e9 tout acquis du syst\u00e8me <em>Cs<\/em> et, pour notre jugement, se laisseraient \u00e0 peine diff\u00e9rencier des formations de ce syst\u00e8me&nbsp;\u00bb (OCP XIII, p. 229)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>On peut donc dire que de par leur haute organisation, ils appartiennent au syst\u00e8me <em>Pc-Cs<\/em> (pr\u00e9conscient-conscient). Mais,<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;D\u2019autres part, ils sont inconscients et incapables de devenir conscients. Ils appartiennent donc qualitativement au syst\u00e8me <em>Pcs<\/em>, mais de fait \u00e0 l\u2019<em>Ics<\/em>. Leur provenance reste ce qu\u2019il y a de d\u00e9cisif pour leur destin. [\u2026] c\u2019est de cette sorte que sont, chez les normaux comme chez les n\u00e9vros\u00e9, les formations de la fantaisie, que nous avons reconnues comme stades pr\u00e9liminaires de la formation du r\u00eave, comme de celle du sympt\u00f4me, et qui malgr\u00e9 leur haute organisation, restent refoul\u00e9es et, en temps que telles, ne peuvent devenir conscientes. (<em>Ibid.<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dans des passages comme celui-ci, il faut admirer la capacit\u00e9 de Freud de travailler minutieusement sans se laisser arr\u00eater par une approche sch\u00e9matique qui, par exemple, trancherait brutalement et d\u00e9ciderait qu\u2019une fantaisie doit \u00eatre ou inconsciente ou pr\u00e9consciente, de la m\u00eame fa\u00e7on que selon le fameux truisme, il faut qu\u2019une porte soit ouverte ou ferm\u00e9e. On voit, au contraire, Freud accepter volontiers que les cat\u00e9gories et m\u00eame les syst\u00e8mes <em>Ics <\/em>et <em>Pcs-Cs<\/em> n\u2019imposent pas un \u00ab&nbsp;ou bien\/ou bien&nbsp;\u00bb, et qu\u2019il existe des formations \u00ab&nbsp;m\u00e9tiss\u00e9es&nbsp;\u00bb aux \u00ab&nbsp;d\u00e9terminations oppos\u00e9es&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Parenth\u00e8se<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019attire votre attention sur cette derni\u00e8re expression \u00ab&nbsp;d\u00e9terminations oppos\u00e9es&nbsp;\u00bb. Elle \u00e9voque aussit\u00f4t les pens\u00e9es de r\u00eave \u00ab&nbsp;<em>d\u00e9termin\u00e9e[s] d\u2019un plus ou moins grand nombre de c\u00f4t\u00e9s<\/em>&nbsp;\u00bb (I.R. p. 350-351) et qui, pour cette raison, se pr\u00eatent bien \u00e0 un <em>r\u00f4le de liaison<\/em> (voir mes notes 42-B- Le d\u00e9placement, p. 3). Un m\u00eame processus semble donc \u00e0 l\u2019\u0153uvre qui nous laisse bien entendre que les fantaisies elles-m\u00eames (qu\u2019on nomme habituellement \u00ab&nbsp;fantasmes&nbsp;\u00bb) pourraient tenir ce r\u00f4le de liaison entre le refoul\u00e9 proprement dit et la pens\u00e9e consciente. La notion d\u2019infiltrat que nous \u00e9voquions plus haut \u00e0 propos du sympt\u00f4me serait aussi de cet ordre.<br>Cette r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 quelque chose d\u2019interm\u00e9diaire, \u00e0 cet \u00ab&nbsp;entre-deux&nbsp;\u00bb, est sans doute le domaine o\u00f9 nous \u0153uvrons r\u00e9ellement dans la pratique. J.-B. Pontalis a souvent abord\u00e9 les choses sous cet angle dans plusieurs de ses \u00e9crits, et, avant lui, nous voyons aussi une lointaine inspiration pour ce que d\u00e9veloppera Winnicott (espace et objet transitionnel, p.ex.), si du moins nous prenons s\u00e9rieusement en compte que m\u00eame chez ce dernier, le transitionnel n\u2019est pas de l\u2019ordre du directement observable mais plonge lui aussi ses racines dans le refoul\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Fin de la parenth\u00e8se.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Freud laisse donc entendre que ces fantaisies d\u00e9j\u00e0 form\u00e9es peuvent entrer de plain-pied, pour ainsi dire, dans la formation du r\u00eave. Il avance m\u00eame, chose \u00e9tonnante, que<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>[\u2026] les soumettre \u00e0 investigation aurait pu, \u00e0 vrai dire, nous ouvrir l\u2019acc\u00e8s le meilleur et le plus imm\u00e9diat \u00e0 la compr\u00e9hension des r\u00eaves nocturnes. (543)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Suit tout un plaidoyer en ce sens&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Comme les r\u00eaves elles sont un accomplissement de souhait; comme les r\u00eaves, elles se basent pour une bonne part sur les impressions d\u2019exp\u00e9riences v\u00e9cues infantiles; comme les r\u00eaves, elle jouissent d\u2019un certain rel\u00e2chement de la censure pour ce qui est de leurs cr\u00e9ations. Si l\u2019on cherche \u00e0 d\u00e9celer comment elles sont \u00e9difi\u00e9es, on s\u2019aper\u00e7oit que le motif-souhait, qui est \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la production, a jet\u00e9 p\u00eale-m\u00eale, r\u00e9ordonnanc\u00e9 et agenc\u00e9 en un nouvel ensemble le mat\u00e9riel avec lequel elles sont construites. Elles sont avec les souvenirs d\u2019enfance auxquels elles remontent \u00e0 peu pr\u00e8s dans le m\u00eame rapport que bien des palais baroques de Rome avec les ruines antiques dont les pierres de taille et les colonnes ont fourni le mat\u00e9riel pour la construction dans des formes modernes. (543)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La transition que Freud op\u00e8re ainsi entre l\u2019\u00e9laboration secondaire et les fantaisies et r\u00eaves diurnes peut, \u00e0 une premi\u00e8re lecture, sembler toute naturelle. Si l\u2019on s\u2019arr\u00eate, toutefois, \u00e0 soupeser ce qui est propos\u00e9, un certain nombre de questions surgissent.<br>Une premi\u00e8re question est d\u2019ordre \u00e9pist\u00e9mologique. D\u2019une part Freud semble nous avoir dit jusqu\u2019ici que chaque r\u00eave est le produit d\u2019un travail de r\u00eave fait durant le sommeil, travail qu\u2019il nous a pr\u00e9sent\u00e9 comme accompli activement, <em>in situ<\/em> pourrait-on dire, et soumis aux conditions particuli\u00e8res du moment. D\u2019autre part, il montre un parall\u00e8le convaincant qu\u2019il peut faire entre r\u00eaves et fantaisies diurnes, et cependant, dans le cas de ces derni\u00e8res il semble proposer qu\u2019elles s\u2019accumulent telles quelles, dans le conscient ou l\u2019inconscient, et qu\u2019elles peuvent donc entrer dans la composition du r\u00eave, mais en lui fournissant une fa\u00e7ade d\u00e9j\u00e0 toute pr\u00eate, et \u00ab&nbsp;impatiente d\u2019\u00eatre utilis\u00e9e&nbsp;\u00bb. On pense \u00e0 une sorte de construction modulaire.<br>La question que je pose \u00e0 cet \u00e9gard est donc la suivante&nbsp;: Pourquoi, vu la grande parent\u00e9 entre r\u00eaves nocturnes et r\u00eaves diurnes, y aurait-il un processus de construction diff\u00e9rent? Une premi\u00e8re r\u00e9ponse vient sans doute du fait que le r\u00eave diurne survient alors que le moi est \u00e0 l\u2019\u00e9tat de veille. Certes, il l\u00e2che un peu la bride, son attention est vagabonde, mais il n\u2019est pas v\u00e9ritablement endormi. Le syst\u00e8me <em>Pcpt-Cs <\/em>(perception-conscience) n\u2019est pas coup\u00e9 du monde environnant autant qu\u2019il l\u2019est pendant le sommeil, d\u2019o\u00f9 le plus haut niveau d\u2019organisation de la fantaisie par rapport au r\u00eave, du moins en autant que le r\u00eave n\u2019est pas objet de la \u00ab&nbsp;r\u00e9vision&nbsp;\u00bb qu\u2019est l\u2019\u00e9laboration secondaire.<br>Alors, accordons \u00e0 Freud que ces formations de la fantaisie sont autant de modules pr\u00eats \u00e0 \u00eatre employ\u00e9s dans la formation de certains r\u00eaves. Freud croit d\u2019ailleurs pouvoir les reconna\u00eetre \u00ab&nbsp;comme un tout&nbsp;\u00bb dans ses r\u00eaves, par certaines caract\u00e9ristiques&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Dans mes r\u00eaves surviennent souvent des parties qui se d\u00e9tachent par une impression distincte de celle que donnent les autres. Elles m\u2019apparaissent comme fluides, dot\u00e9es d\u2019une meilleure coh\u00e9rence et en m\u00eame temps plus fugitives que d\u2019autres parties du m\u00eame r\u00eave ; je sais que ce sont des fantaisies inconscientes qui parviennent dans le r\u00eave avec toutes leurs coh\u00e9rence, mais je n\u2019ai jamais r\u00e9ussi \u00e0 fixer une fantaisie de ce genre. (544)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Passage intrigant, o\u00f9 Freud \u00ab&nbsp;sait&nbsp;\u00bb que ce sont des fantaisies, mais du m\u00eame souffle avoue qu\u2019il n\u2019a jamais \u00ab&nbsp;r\u00e9ussi \u00e0 fixer une fantaisie de ce genre&nbsp;\u00bb. Le mot \u00ab&nbsp;fixer&nbsp;\u00bb (<em>fixieren<\/em>) n\u2019est pas limpide en lui-m\u00eame; il est traduit dans la Standard Edition par \u00ab&nbsp;<em>pinning down<\/em>&nbsp;\u00bb qui veut dire \u00ab&nbsp;\u00e9pingler&nbsp;\u00bb. Je le mentionne parce que j\u2019essaie \u00e0 mon tour d\u2019\u00ab&nbsp;\u00e9pingler&nbsp;\u00bb le sens de ce que Freud veut dire. Quel est donc ce \u00ab&nbsp;savoir&nbsp;\u00bb sur les fantaisies qui entrent dans le r\u00eave, savoir qui cependant ne lui permet d\u2019en \u00e9pingler aucune? Nous sommes ici en pr\u00e9sence d\u2019une de ces ambigu\u00eft\u00e9s, h\u00e9sitations ou repentirs dans la pens\u00e9e de Freud \u00e0 propos desquels Laplanche dit qu\u2019il faut les consid\u00e9rer comme des indices \u00e0 investiguer davantage.<br>Les choses se compliquent d\u2019ailleurs quand, d\u00e8s la phrase suivante Freud d\u00e9clare&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Du reste, ces fantaisies, comme tous les autres constituant des pens\u00e9es de r\u00eave, sont compact\u00e9es, condens\u00e9es, l\u2019une \u00e9tant superpos\u00e9e \u00e0 l\u2019autre, etc. mais il y a des transitions, depuis le cas o\u00f9 elles peuvent former, presque sans modification, le contenu du r\u00eave ou du moins la fa\u00e7ade du r\u00eave, jusqu\u2019au cas oppos\u00e9 o\u00f9 elles ne sont repr\u00e9sent\u00e9s dans le contenu du r\u00eave que par un de leurs \u00e9l\u00e9ments ou par une lointaine allusion \u00e0 l\u2019un de ceux-ci. (<em>Ibid.<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Freud nous avait dit que les fantaisies sont reconnaissables de par leur fluidit\u00e9 et meilleure coh\u00e9rence, mais ici il ajoute que celles-ci peuvent elles-m\u00eames faire l\u2019objet de condensation, superposition, etc. bref, elles sont soumises aux trois facteurs abord\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment. Puis il ajoute qu\u2019il existe en fait toute une palette de possibilit\u00e9s&nbsp;: de la pr\u00e9sence sans modification \u00e0 la lointaine allusion.<br>On se demande alors ce qu\u2019apporte tout ce d\u00e9veloppement sur les fantaisies ou r\u00eaves diurnes et les r\u00eaves nocturnes, sinon de nous montrer leurs affinit\u00e9s, la continuit\u00e9 entre eux. Mais on peut pousser la critique plus avant et se demander, \u00e0 partir de la difficult\u00e9 qu\u2019avoue Freud de parvenir \u00ab&nbsp;\u00e9pingler&nbsp;\u00bb une quelconque de ces fantaisies, si celles-ci ne se ram\u00e8nent pas au produit du travail de r\u00eave, mais plus pr\u00e8s de l\u2019\u00e9tat d\u2019\u00e9veil. Cela ouvre une longue parenth\u00e8se pour laquelle je me permets de renvoyer \u00e0 un texte critique que j\u2019ai publi\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es, intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;<span style=\"text-decoration: underline;\"><a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/Scarfone-Fantasme-et-processus.pdf\">Fantasme et processus de fantasmatisation<\/a><\/span>&nbsp;\u00bb.<br>Un des apports serait le suivant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Ce qui reste de toute \u00e9vidence d\u00e9terminant pour le destin des fantaisies dans les pens\u00e9es de r\u00eave, ce sont les avantages qu\u2019elles peuvent offrir vis-\u00e0-vis des revendications de la censure et de la contrainte de condensation. (544)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Autrement dit, elles peuvent plus facilement franchir les cordons de la censure et demandent moins de travail de condensation, d\u2019o\u00f9 la plus grande organisation qui fait qu\u2019elles s\u2019offrent facilement comme \u00ab&nbsp;fa\u00e7ade&nbsp;\u00bb du r\u00eave.<br>Ayant soupes\u00e9 tout cela, j\u2019en viens aux consid\u00e9rations suivante&nbsp;: Peut-\u00eatre faut-il examiner le tout sous un autre angle et trouver que ce qui compte, c\u2019est qu\u2019il entre dans l\u2019\u00e9laboration secondaire un travail <em>de type onirique<\/em> mais plus organis\u00e9, plus coh\u00e9rent, plus marqu\u00e9 par les exigences du moi, et qui de ce fait ne se distingue pas du travail de fantasmatisation. Ce qui n\u2019exige aucunement que des fantaisies soient d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, toutes pr\u00eates \u00e0 \u00eatre \u00ab&nbsp;coll\u00e9es&nbsp;\u00bb \u00e0 la fa\u00e7ade du r\u00eave. On peut tout aussi bien, et avec une plus grande parcimonie th\u00e9orique, <em>poser que l\u2019\u00e9laboration (ou r\u00e9vision) secondaire ressemble au processus de fantasmatisation davantage que les trois autres \u00ab&nbsp;facteurs&nbsp;\u00bb examin\u00e9s par Freud<\/em> (condensation, d\u00e9placement, prise en compte de la pr\u00e9sentabilit\u00e9). Ce quatri\u00e8me facteur, dont le qualificatif \u00ab&nbsp;secondaire&nbsp;\u00bb n\u2019est peut-\u00eatre pas d\u00fb au hasard, se trouve plus pr\u00e8s du moi et donne une \u00ab&nbsp;couche de finition&nbsp;\u00bb \u00e0 ce que produisent les trois autres facteurs dans le travail de r\u00eave; mais c\u2019est un travail de finition qui se produit lui aussi sur le moment m\u00eame et n\u2019exige pas que les fantaisies soient d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes, toutes faites.<br>\u00c0 l\u2019appui de cela on peut citer l\u2019exemple m\u00eame que Freud apporte dans les paragraphes subs\u00e9quents. D\u2019une part, il nous dit qu\u2019il ne peut, dans le r\u00e9cit de r\u00eaves, \u00e9viter totalement les fantaisies, mais dans la suite de l\u2019expos\u00e9 de ce r\u00eave, il est difficile de distinguer entre, par exemple, la \u00ab&nbsp;fantaisie de mariage&nbsp;\u00bb et ce qu\u2019ailleurs il aurait appel\u00e9 \u00ab&nbsp;souhait&nbsp;\u00bb. Mais peut-\u00eatre sommes-nous en train de nous attarder \u00e0 quelque chose de tr\u00e8s\u2026 secondaire.<br>Plus importante est, par contre, la discussion que fait ensuite Freud sur le rapport temporel entre \u00e9laboration secondaire et travail de r\u00eave. S\u2019agissant d\u2019une \u00e9laboration dite <em>secondaire<\/em>, on serait en effet port\u00e9 \u00e0 l\u2019imaginer intervenant dans un second temps, apr\u00e8s que d\u00e9placement, condensation et prise en compte de la pr\u00e9sentabilit\u00e9 aient fait leur \u0153uvre. Or, ce n\u2019est pas ainsi que Freud voit les choses&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Se pourrait-il que les facteurs \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la formation du r\u00eave [\u2026] donne forme en premier, \u00e0 partir du mat\u00e9riel, un contenu de r\u00eave provisoire et que celui-ci soit ensuite transform\u00e9 apr\u00e8s coup jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il satisfasse le plus possible aux revendication d\u2019une seconde instance? (550)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Question \u00e0 laquelle il r\u00e9pond imm\u00e9diatement<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Cela n\u2019est gu\u00e8re vraisemblable. Il faut plut\u00f4t supposer que les exigences de cette instance constituent d\u00e8s le tout d\u00e9but l\u2019une des conditions auxquelles le r\u00eave doit satisfaire, et que cette condition, de m\u00eame que celle de la condensation, de la censure de r\u00e9sistance et de la pr\u00e9sentabilit\u00e9, exerce un effet simultan\u00e9ment inducteur et s\u00e9lectif sur le vaste mat\u00e9riel des pens\u00e9es de r\u00eave. (550)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a dans tout cela aucun myst\u00e8re. Avec son habituelle parcimonie, Freud \u00e9crit qu\u2019il nous suffit de consid\u00e9rer que cette quatri\u00e8me fonction psychique se comporte comme le penser vigile \u00e0 propos du mat\u00e9riel de perception&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Il est dans sa nature de mettre de l\u2019ordre dans un tel mat\u00e9riel, d\u2019y \u00e9tablir des relations, de les soumettre \u00e0 la coh\u00e9rence intelligible \u00e0 laquelle on s\u2019attend. (550)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Freud rappelle alors les effets curieux que cette mise en ordre du per\u00e7u peut provoquer; par exemple&nbsp;: nous emp\u00eacher de voir ce qui ne cadre pas avec nos attentes et nos id\u00e9es pr\u00e9con\u00e7ues.<br>Ce qui conduit Freud vers cette conclusion&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Il n\u2019y a donc bien aucune autre instance psychique que notre penser normal pour aborder le contenu de r\u00eave en revendiquant qu\u2019il soit compr\u00e9hensible, pour le soumettre une premi\u00e8re interpr\u00e9tation et provoquer ainsi une totale m\u00e9compr\u00e9hension de celui-ci. Pour ce qui est de notre interpr\u00e9tation, il reste prescrit de n\u00e9gliger dans tous les cas l\u2019apparente coh\u00e9rence dans le r\u00eave comme \u00e9tant suspect de par sa provenance et, partant de ce qui est clair aussi bien que de ce qui est confus, de s\u2019engager dans la m\u00eame voix de r\u00e9trogradation menant au mat\u00e9riel de r\u00eave. (551)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s important aussi le r\u00e9sum\u00e9 final, incluant la fameuse note de bas de page souvent cit\u00e9e, que je propose, avec un clin d\u2019oeil \u00e0 Calvino, de re-lire int\u00e9gralement en la d\u00e9coupant en segments distincts&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Il m\u2019est arriv\u00e9 autrefois de trouver extraordinairement difficile d\u2019habituer les lecteurs \u00e0 faire la diff\u00e9rence entre le contenu de r\u00eave manifeste et les pens\u00e9es de r\u00eave latentes.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Entendre ici que le r\u00eave manifeste, c\u2019est le r\u00eave tel qu\u2019il se pr\u00e9sente en images; les pens\u00e9es latentes sont ce qu\u2019il appelle aussi \u00ab&nbsp;pens\u00e9es de r\u00eave&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Sans cesse on puisait des arguments et des objections dans le r\u00eave non interpr\u00e9t\u00e9, tel que le souvenir l\u2019a conserv\u00e9, et on ne voulait pas entendre ce qu\u2019exige l\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour pouvoir dire quelque chose du r\u00eave, il faut l\u2019interpr\u00e9ter, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019analyser. C\u2019est du r\u00eave une fois d\u00e9compos\u00e9 par l\u2019analyse qu\u2019on peut d\u00e9duire que c\u2019est un souhait accompli, qu\u2019il y a des processus primaires, etc.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Maintenant que les analystes sont du moins accoutum\u00e9s \u00e0 mettre \u00e0 la place du r\u00eave manifeste son sens trouv\u00e9 par l\u2019interpr\u00e9tation, beaucoup d\u2019entre eux se rendent coupables d\u2019une autre confusion \u00e0 laquelle ils tiennent tout aussi obstin\u00e9ment. Ils cherchent l\u2019essence du r\u00eave dans ce contenu latent, et ainsi ne veulent pas voir la diff\u00e9rence entre les pens\u00e9es de r\u00eave latentes et le travail de r\u00eave.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Autrement dit, on est tent\u00e9 de n\u00e9gliger le travail fait \u00ab&nbsp;d\u00e9tail par d\u00e9tail&nbsp;\u00bb, pour produire le r\u00eave \u00e0 partir des pens\u00e9es de r\u00eave. Postuler les pens\u00e9es de r\u00eave sans voir \u00e0 quel travail de d\u00e9placement, condensation, d\u00e9formation et censure elles ont \u00e9t\u00e9 soumises, c\u2019est risquer de ne se retrouver qu\u2019avec des choses bien banales, puisque\u2026<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le r\u00eave n\u2019est au fond rien d\u2019autre qu\u2019une forme particuli\u00e8re de notre penser, forme qui est rendue possible par les conditions de l\u2019\u00e9tat de sommeil.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ne cherchons donc pas de grands myst\u00e8res dans les pens\u00e9es elles-m\u00eames. En fait, c\u2019est une fois que ces pens\u00e9es sont \u00e0 peu pr\u00e8s connues que commence v\u00e9ritablement\u2026 l\u2019interpr\u00e9tation. Cela parce que\u2026<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;<em>C\u2019est le travail de r\u00eave qui produit cette forme et il est, lui seul, ce qu\u2019il y a d\u2019essentiel dans le r\u00eave, ce qui explique sa particularit\u00e9.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dans ce sens, le r\u00eave ne devrait nous int\u00e9resser que par cette particularit\u00e9, par le fait de nous signaler o\u00f9 se sont produites les \u00ab&nbsp;torsions&nbsp;\u00bb, les d\u00e9placements etc. Donc o\u00f9 se trouvent les points de r\u00e9sistance. Autrement dit, le travail d\u2019analyse d\u2019un r\u00eave s\u2019attache non pas tant \u00e0 arriver \u00e0 un sens donn\u00e9, mais \u00e0 \u00ab&nbsp;voir&nbsp;\u00bb le travail de r\u00eave lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Je dis cela pour donner sa juste valeur \u00e0 la tendance prospective du r\u00eave si mal fam\u00e9e. Le fait que le r\u00eave s\u2019occupe de chercher \u00e0 r\u00e9soudre les t\u00e2ches incombant \u00e0 notre vie d\u2019\u00e2me n\u2019est pas plus remarquable que le fait que notre vie de veille consciente s\u2019en occupe tout autant, et cela se borne \u00e0 ajouter que ce travail peut aussi avoir lieu dans le pr\u00e9conscient, ce qui d\u2019ailleurs nous est d\u00e9j\u00e0 connu.<\/em>&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;557-558, note 2)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Donc, oui, le r\u00eave essaie de r\u00e9soudre des t\u00e2ches dont a charge la vie psychique. En le regardant sous cet angle, il n\u2019y a l\u00e0 rien d\u2019exceptionnel. Ce sont les conditions particuli\u00e8res dans lesquelles la psych\u00e9 s\u2019acquitte de ces t\u00e2ches qui ouvrent des br\u00e8ches par lesquelles on peut apercevoir quelque chose de \u00ab&nbsp;l\u2019autre sc\u00e8ne&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S\u00e9minaire Penser avec Freud Ann\u00e9e 2021-2022 Chap. VI &#8211; Le travail de r\u00eave (suite, section I) Dominique Scarfone L\u2019\u00e9laboration secondaire Obtenir version .pdf Nous voici donc parvenus \u00e0 la derni\u00e8re section de ce grand chapitre VI, et la d\u00e9sormais tr\u00e8s attendue quatri\u00e8me fonction que Freud n\u2019a cess\u00e9 de nous annoncer. Apr\u00e8s la condensation, le d\u00e9placement<a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=2132\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a044- LE TRAVAIL DE R\u00caVE- I &#8211; L&rsquo;\u00e9laboration secondaire.\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2132","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-proposes-a-la-discussion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2132","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2132"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2132\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2196,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2132\/revisions\/2196"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2132"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2132"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2132"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}