{"id":1856,"date":"2021-08-31T11:30:00","date_gmt":"2021-08-31T15:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1856"},"modified":"2025-09-18T15:22:01","modified_gmt":"2025-09-18T19:22:01","slug":"36-relire-linterpretation-du-reve","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1856","title":{"rendered":"36- RELIRE L\u2019INTERPR\u00c9TATION DU R\u00caVE"},"content":{"rendered":"\n<p><a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/36-RELIRE-LINTERPRETATION-DU-REVE.pdf\">Obtenir version .pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Introduction au s\u00e9minaire de l\u2019ann\u00e9e 2021-2022 : Relire <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave.<\/em><\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Comme la plupart des participants au s\u00e9minaire me l\u2019ont d\u00e9j\u00e0 entendu dire, \u00e0 mes yeux l\u2019\u0153uvre de Freud est d\u00e9sormais un classique au sens o\u00f9 Italo Calvino a d\u00e9fini ce terme <sup class='footnote'><a href='#fn-1856-1' id='fnref-1856-1' onclick='return fdfootnote_show(1856)'>1<\/a><\/sup> Et comme <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave <\/em>est, aux yeux m\u00eames de son auteur, son ouvrage le plus important, c\u2019est donc aussi parmi les textes freudiens le plus classique de tous. C\u2019est pourquoi je n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 donner comme th\u00e8me de cette ann\u00e9e \u201cRelire <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave\u201d<\/em>, puisque, comme Calvino l\u2019affirme avec humour,<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><br><em>Les classiques sont ces livres dont on entend toujours dire : \u00ab&nbsp;Je suis en train de le relire\u2026&nbsp;\u00bb et jamais : \u00ab&nbsp;Je suis en train de le lire\u2026&nbsp;\u00bb <\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><br>et au sujet desquels, de toute fa\u00e7on,<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>Toute premi\u00e8re lecture(\u2026) est en r\u00e9alit\u00e9 une relecture.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><br><\/em>et<\/p>\n<cite><p><em>Toute relecture (\u2026) est une d\u00e9couverte, comme la premi\u00e8re lecture.<\/em><\/p><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p><br>Oui, mais pourquoi relire <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave <\/em>en ce moment&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><br>Il y a sans doute \u00e0 cela des raisons chez moi inconscientes ou pr\u00e9conscientes, mais il y a surtout le sentiment que c\u2019est un livre qui p\u00e2tit d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne paradoxal. D\u2019une part on est d\u2019accord avec Freud lui-m\u00eame que c\u2019est l\u00e0 son plus grand chef d\u2019\u0153uvre, mais d\u2019autre part on fait souvent le constat que c\u2019est un livre en r\u00e9alit\u00e9 peu lu, ou alors lu seulement en partie, ou \u201cparcouru\u201d, ou encore un livre dont la lecture remonte peut-\u00eatre aux premi\u00e8res amours que l\u2019on a pu vivre avec la psychanalyse, mais que l\u2019on a ensuite laiss\u00e9 derri\u00e8re soi, comme si son contenu avait \u00e9t\u00e9 acquis pour de bon. Or, je tiens aussi \u00e0 appliquer \u00e0 <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/em> ces autres \u00e9nonc\u00e9s de Calvino \u00e0 propos des classiques:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>Un classique est un livre qui n\u2019a jamais fini de dire ce qu\u2019il a \u00e0 dire.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>et<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>Est classique ce qui tend \u00e0 rel\u00e9guer l\u2019actualit\u00e9 au rang de rumeur de fond, sans pour autant pr\u00e9tendre \u00e9teindre cette rumeur.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><em><br><\/em><br>Que <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/em> n\u2019ait pas fini de dire ce qu\u2019il avait \u00e0 dire, c\u2019est ce que nous pourrons peut-\u00eatre v\u00e9rifier, tout comme nous aurons \u00e0 voir s\u2019il r\u00e9ussit \u00e0 rel\u00e9guer l\u2019actualit\u00e9 au rang de bruit de fond. En tout cas, c\u2019est le projet qui m\u2019anime, surtout au moment o\u00f9 les \u201c\u00e9coles\u201d psychanalytiques d\u00e9montrent un engouement pour des auteurs qui, aussi g\u00e9niaux soient-ils, sont \u00e9tudi\u00e9s comme s\u2019ils avaient \u00e9merg\u00e9 par g\u00e9n\u00e9ration spontan\u00e9e, sans qu\u2019on per\u00e7oive dans leurs travaux tout ce qui, tr\u00e8s souvent, est un commentaire ou une \u00e9laboration particuli\u00e8re d\u2019un th\u00e8me freudien. Je ne suis pas en train de dire qu\u2019il ne faut pas lire ces auteurs post-freudiens. Je crois cependant que cela ne nous dispense pas de dialoguer avec l\u2019\u0153uvre originale de Freud, pour une autre raison que Calvino a bien indiqu\u00e9e:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>Notre classique est celui qui ne peut pas nous \u00eatre indiff\u00e9rent et qui nous sert \u00e0 nous d\u00e9finir nous-m\u00eame par rapport \u00e0 lui, \u00e9ventuellement en opposition \u00e0 lui.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cette derni\u00e8re citation \u00e9nonce la vis\u00e9e principale de ce s\u00e9minaire depuis le d\u00e9but, mais <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/em> m\u2019appara\u00eet aujourd\u2019hui comme nous appelant avec plus d\u2019insistance encore \u00e0 \u201cnous d\u00e9finir nous-m\u00eame\u201d par rapport \u00e0 Freud, et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u201cen opposition \u00e0 lui\u201d. Pour cela, encore faut-il le (re)lire\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Je m\u2019aper\u00e7ois qu\u2019en proposant cette ann\u00e9e de relire <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/em> de Sigmund Freud, je nous invite \u00e0 nous d\u00e9placer au p\u00f4le oppos\u00e9 de ce que nous avons abord\u00e9 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Nous avons alors trait\u00e9 essentiellement (bien que non exclusivement) du quantitatif, alors qu\u2019avec le r\u00eave nous sommes n\u00e9cessairement du c\u00f4t\u00e9 de la repr\u00e9sentation, de ce qui vient <em>recouvrir<\/em> la quantit\u00e9. M\u00eame si Freud a tenu \u00e0 le faire dater de 1900, <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/em> para\u00eet \u00e0 la fin de 1899, la m\u00eame ann\u00e9e o\u00f9 il publie un article sur \u201cLes souvenirs de couverture\u201d, ce qui n\u2019est peut-\u00eatre pas insignifiant. Avec le r\u00eave, nous sommes aussi du c\u00f4t\u00e9 d\u2019une couverture, d\u2019une enveloppe en apparence toute visuelle. (Et inversement, on pourrait dire que les souvenirs de couverture se pr\u00eatent au m\u00eame type d\u2019analyse que les r\u00eaves.)<\/p>\n\n\n\n<p>Nous occuper de l\u2019aspect repr\u00e9sentation, quoi de plus naturel, dirons-nous. Mais je crois qu\u2019il sera important de retenir ce que nous avons pu saisir du quantitatif, de l\u2019aspect \u201c\u00e9nerg\u00e9tique\u201d. Il est difficile de penser de deux c\u00f4t\u00e9s \u00e0 la fois, mais c\u2019est pourtant ce que nous devons essayer de faire si nous ne voulons pas verser dans l\u2019unilat\u00e9ralisme, qui n\u2019est pas plus souhaitable du c\u00f4t\u00e9 quantit\u00e9 que du c\u00f4t\u00e9 repr\u00e9sentation. Je crois m\u00eame qu\u2019en tenant pr\u00e9sente la question de la quantit\u00e9 et de l\u2019impossibilit\u00e9 qu\u2019elle soit toute convertie en repr\u00e9sentations (de m\u00eame qu\u2019il n\u2019est pas possible de r\u00e9duire une repr\u00e9sentation \u00e0 la seule quantit\u00e9), nous pourrons mieux comprendre certains aspects de ce que Freud va nous pr\u00e9senter dans son grand livre de 1900.<\/p>\n\n\n\n<p>Relire <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/em>, ce n\u2019est pas pour en faire une ex\u00e9g\u00e8se comme on le ferait avec un texte sacr\u00e9. Je vous propose d\u2019en faire une relecture avec, autant que possible, des yeux neufs, m\u00eame en sachant que tant de commentaires savants ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 faits, que tant d\u2019articles se sont \u00e9crits. Mais alors, comment expliquer ce fait \u00e9trange que nous voyons rarement de nos jours un auteur nous proposer une analyse de r\u00eave avec la m\u00e9thode freudienne? Si un r\u00eave est rapport\u00e9, le plus souvent l\u2019analyste s\u2019en tiendra au contenu manifeste et proc\u00e9dera comme si le sens en \u00e9tait facilement d\u00e9celable, mais sans fouiller plus avant. Loin de consid\u00e9rer l\u2019analyse du r\u00eave comme cette \u201cvoie royale pour acc\u00e9der \u00e0 l\u2019inconscient\u201d dont parlait Freud, on a le sentiment que le r\u00e9cit de r\u00eave et son interpr\u00e9tation sommaire ne sont que des \u00e0-c\u00f4t\u00e9s, des choses bien secondaires. Que s\u2019est-il donc pass\u00e9? Comment peut-on \u00e0 la fois continuer de clamer que <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/em> est le livre le plus important de Freud et cependant faire peu de cas de ce qu\u2019il enseigne de plus fondamental: la m\u00e9thode pour analyser les r\u00eaves, qui est d\u2019ailleurs pour Freud la m\u00e9thode pour analyser tout court? Quels changements dans la conception m\u00eame de l\u2019analyse, de la fa\u00e7on dont on la pratique, sous-tendent-ils cette attitude envers un point aussi central?<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons qu\u2019encore dans les ann\u00e9es 1920, Freud d\u00e9finissait la psychanalyse comme tout d\u2019abord une m\u00e9thode d\u2019investigation. Cette m\u00e9thode \u00e9tait toujours celle qu\u2019il avait mise au point dans <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/em>. Cela veut dire que bien apr\u00e8s avoir grandement d\u00e9velopp\u00e9 ses th\u00e9ories (comme les <em>Trois essais<\/em> de 1905, ou la <em>M\u00e9tapsychologie<\/em> de 1915), apr\u00e8s les avoir aussi soumises \u00e0 des r\u00e9visions majeures (<em>Au-del\u00e0 du principe de plaisir<\/em>, 1920), enrichies d\u2019\u00e9tudes au plan des groupes sociaux (<em>Totem et Tabou, <\/em>1912; <em>Psychologie des masses, <\/em> 1921), il n\u2019a pas jug\u00e9 n\u00e9cessaire de modifier quoi que ce soit \u00e0 ce qu\u2019il consid\u00e9rait comme sa d\u00e9couverte principale: une m\u00e9thode d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019inconscient. M\u00e9thode dont la description est si simple\u2026 mais dont la simplicit\u00e9 est trompeuse tant qu\u2019on ne s\u2019aper\u00e7oit pas qu\u2019elle s\u2019affronte \u00e0 tout ce que le sens commun nous dicte de faire et de penser, tout comme elle s\u2019affronte \u00e0 la recherche de proc\u00e9d\u00e9s apparemment plus \u201csavants\u201d parce qu\u2019utilisant des outils et des m\u00e9thodes de recherche sophistiqu\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019<em>exp\u00e9rience<\/em> du r\u00eave, le r\u00eaver, est donc du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019hallucination visuelle ce qui, croit Freud, a d\u00e9tourn\u00e9 ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs da la d\u00e9couverte importante qu\u2019il est en train de faire. En en effet, Freud d\u00e9couvre que le r\u00eave est comparable \u00e0 un <em>r\u00e9bus<\/em>, comme il le dira au d\u00e9but du chapitre VI (que nous \u00e9tudierons en temps voulu). Un r\u00e9bus, cela a toutes les apparences d\u2019une sc\u00e8ne visuelle, mais c\u2019est une <em>\u00e9nigme<\/em> visuelle qui, une fois r\u00e9solue, livre contenu en r\u00e9alit\u00e9 abstrait : un proverbe, une pens\u00e9e, une comptine amusante:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u2026c\u2019est une telle \u00e9nigme en images qu&rsquo;est le r\u00eave et nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs dans le domaine de l&rsquo;interpr\u00e9tation du r\u00eave ont commis l&rsquo;erreur de jugement de voir le r\u00e9bus comme une composition graphique; en tant que tel, il leur est apparu insens\u00e9 et d\u00e9nu\u00e9 de valeur. (I.R., p. 320)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cette analogie entre le r\u00eave et le r\u00e9bus peut nous induire en erreur si elle nous conduit \u00e0 penser que le r\u00eave est une \u00e9nigme comportant une solution pr\u00e9cise, univoque. Malgr\u00e9 tout, elle pr\u00e9sente l&rsquo;avantage de se d\u00e9marquer nettement d\u2019une conception strictement visuelle du r\u00eave et de nous rappeler qu\u2019un r\u00eave, pour un psychanalyste, est un objet qui s\u2019\u00e9coute (comme le r\u00e9bus se lit). La m\u00e9taphore du r\u00e9bus est en cela congruente avec le grand renversement op\u00e9r\u00e9 par Freud lorsqu&rsquo;il a remplac\u00e9 le <em>regard<\/em> clinique des neurologues et des psychiatres par l<em>&lsquo;\u00e9coute<\/em> de l&rsquo;analyste. Cependant, ce passage de l&rsquo;\u0153il \u00e0 l&rsquo;oreille n&rsquo;est jamais acquis une fois pour toutes. Nous \u00e9prouvons constamment le besoin de <em>visualiser<\/em> les objets th\u00e9oriques dont nous nous occupons. Freud lui-m\u00eame, dans <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/em>, a recours \u00e0 des m\u00e9taphores on ne peut plus visuelles pour nous donner une id\u00e9e de l&rsquo;appareil psychique que, par l\u2019\u00e9tude du r\u00eave, il a a \u00e9t\u00e9 conduit \u00e0 concevoir th\u00e9oriquement; appareil qu&rsquo;il compare \u00e0 un microscope ou t\u00e9lescope. \u00c0 la d\u00e9charge de Freud, il ne veut surtout pas dire que nous pouvons <em>voir<\/em> l&rsquo;appareil en question, puisqu&rsquo;il nous met en garde contre toute recherche d&rsquo;une localisation mat\u00e9rielle du dit appareil, que ce soit dans le cerveau ou ailleurs. Il dit bien, aussi, que cet appareil qu&rsquo;il imagine n&rsquo;est qu&rsquo;une <em>fiction th\u00e9orique<\/em>. Cependant, nous ne pouvons que constater que la m\u00e9taphore utilis\u00e9e pour cette fiction, est celle d&rsquo;un appareil visuel. C\u2019est donc un appareil que nous ne saurions voir, encore moins tenir entre nos mains, mais qui, en tant qu\u2019instrument virtuel de visualisation, nous aide \u00e0 imaginer les processus psychiques qui nous int\u00e9ressent et leurs rapports topographiques, dynamiques et \u00e9conomiques\u2026 comme si nous les avions sous les yeux.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais au fait, n&rsquo;est-ce pas l\u00e0 justement toute l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 du r\u00eave, le r\u00eave qui se pr\u00e9sente avant tout comme exp\u00e9rience visuelle, mais qu&rsquo;il s&rsquo;agit pour les analystes de savoir <em>\u00e9couter<\/em> sans le laisser s\u00e9duire par sa forme sc\u00e9nique? C&rsquo;est qu&rsquo;il faut parfois un effort suppl\u00e9mentaire pour simplement affirmer ce qui n\u2019est que l\u2019\u00e9vidence. <em>\u00c9couter<\/em> le r\u00eave, apr\u00e8s tout, c&rsquo;est \u00eatre cons\u00e9quent avec le fait que le seul \u201cdocument\u201d dont nous disposons au sujet du r\u00eave de quelqu\u2019un d&rsquo;autre, c&rsquo;est le <em>r\u00e9cit<\/em> du r\u00eave. Si donc nous sommes tout \u00e0 fait cons\u00e9quents, nous retiendrons le statut essentiellement <em>verbal<\/em> de l&rsquo;objet qui nous est soumis sous le nom de r\u00eave <sup class='footnote'><a href='#fn-1856-2' id='fnref-1856-2' onclick='return fdfootnote_show(1856)'>2<\/a><\/sup>. Pourtant, en entendant les patients nous raconter leurs r\u00eaves, nous ne pouvons nous emp\u00eacher de les traduire en nos propres images, de les visualiser! En fait, nous le faisons tout aussi bien pour les autres r\u00e9cits qui nous sont faits en s\u00e9ance. Qu&rsquo;une patiente nous d\u00e9crive la derni\u00e8re \u201csc\u00e8ne de m\u00e9nage\u201d (dont nous noterons en passant l&rsquo;aspect&#8230; <em>sc\u00e9nique<\/em>), et nous voil\u00e0 fortement tir\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 de la visualisation de la dite sc\u00e8ne, nous exposant ainsi \u00e0 laisser passer des \u00e9l\u00e9ments verbaux qui nous auraient peut-\u00eatre ouvert des chemins autres que ceux qui se pr\u00e9sentent dans les images.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui m\u2019am\u00e8ne \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 parler de nouveau de la <em>m\u00e9thode<\/em> d\u2019\u00e9tude du r\u00eave, m\u00e9thode fondamentale tant du point de vue de la th\u00e9orie psychanalytique et de sa consistance, que du point de vue de la pratique quotidienne de l\u2019analyse. Levons tout de suite un malentendu fr\u00e9quent&nbsp;: m\u00eame si le livre s\u2019intitule <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave, <\/em>la m\u00e9thode centrale invent\u00e9e et expliqu\u00e9e par Freud dans ce livre et ailleurs, <em>ce n\u2019est pas une m\u00e9thode d\u2019interpr\u00e9tation au sens usuel. <\/em>La grande invention de Freud, c\u2019est la m\u00e9thode dite des \u201cassociations libres\u201d, et nous aurons \u00e0 lire ce qu\u2019il en dit de mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e, de m\u00eame que la fameuse illustration que Freud en fait avec le r\u00eave de \u201cl\u2019injection faite \u00e0 Irma\u201d. C\u2019est la m\u00e9thode des libres associations qui rendra possible une interpr\u00e9tation, celle-ci n\u2019\u00e9tant d\u2019ailleurs, comme nous le verrons, jamais univoque, jamais compl\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>La traduction \u201clibres associations\u201d est l\u00e9g\u00e8rement biais\u00e9e; l\u2019expression originale allemande utilis\u00e9e par Freud est freier Einfall, qui litt\u00e9ralement veut dire&nbsp;: \u201clibre irruption\u201d, ou encore, dans une traduction elle-m\u00eame plus libre, \u201c<em>id\u00e9e incidente<\/em>\u201d, celle qui \u201cnous tombe dessus\u201d sans l&rsquo;avoir cherch\u00e9e. C\u2019est dire combien la m\u00e9thode analytique n\u2019est pas, \u00e0 strictement parler, la recherche de l\u2019interpr\u00e9tation au sens habituel du terme. Dans la vie courante, on observe un ph\u00e9nom\u00e8ne et on en cherche imm\u00e9diatement le sens, on \u00e9met bient\u00f4t des hypoth\u00e8ses \u00e0 son sujet\u2026 Rien de cela dans la m\u00e9thode freudienne: Il faut avant tout \u00e9viter de partir \u00e0 la recherche de quelque chose de pr\u00e9cis\u2026 On pourrait dire que Freud nous conseille de \u201c<em>partir en<\/em> <em>nowhere<\/em>\u201d, comme on dit parfois, c&rsquo;est-\u00e0-dire de n\u2019aller nulle part en particulier et de suivre patiemment tous les zig-zag que l\u2019effort d\u2019associer librement nous pr\u00e9sente.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous voyons donc d\u00e8s le chapitre II de <em>L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave <\/em>(et encore plus si on a pris la peine de lire la parfois p\u00e9nible revue de litt\u00e9rature que Freud s\u2019est contraint de faire au chapitre I), que la m\u00e9thode de Freud a peu de choses \u00e0 voir avec les m\u00e9thodes d\u2019interpr\u00e9tation que de grands auteurs allemands avaient progressivement mis au point en fondant la discipline de l\u2019<em>Herm\u00e9neutique<\/em>. On a aussi souvent compar\u00e9 Freud \u00e0 Champollion, celui qui a r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9coder les hi\u00e9roglyphes \u00e9gyptiens. Mais cela aussi comporte une m\u00e9prise pour ce qui concerne la m\u00e9thode freudienne. Cela <span style=\"color: #000000;\">parce que les hi\u00e9roglyphes sont une \u00e9criture avec une grammaire et une syntaxe. Champollion a fait \u0153uvre g\u00e9niale, c\u2019est entendu, mais c\u2019est une \u0153uvre de traducteur d\u2019une langue et d\u2019une forme d\u2019\u00e9criture \u00e0 une autre, aid\u00e9 d\u2019ailleurs en cela par la fameuse pierre de Rosette sur laquelle \u00e9tait sculpt\u00e9 un texte en trois formes d\u2019\u00e9criture, dont le grec ancien. Or, une fois de plus, il faut insister sur ceci : si le r\u00eave, tel que Freud l\u2019a compris, n\u2019est pas un film ou un dessin, <em>il n\u2019est pas non plus un texte qu\u2019il s\u2019agirait de traduire<\/em>. Insister \u00e9galement sur ceci, que contrairement au texte biblique qui fut le premier objet de l&rsquo;herm\u00e9neutique allemande apr\u00e8s Luther, ou encore aux hi\u00e9roglyphes, <em>le r\u00eave n&rsquo;est pas un message<\/em>. Quand nous disons que nous avons affaire au r\u00e9cit du r\u00eave, cela ne veut pas dire qu\u2019il nous suffirait de traduire celui-ci comme on traduit d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre. Cela, c\u2019est ce que les humains ont fait durant des mill\u00e9naires, en \u00e9laborant parfois des \u201cclefs des songes\u201d et autres dictionnaires des symboles. Ce que Freud d\u00e9couvre \u00e0 propos du r\u00eave, c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit de tout autre chose, cela parce que les processus qui proc\u00e8dent \u00e0 la formation du r\u00eave n\u2019ont rien d\u2019une langue.<br><\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><span style=\"color: #000000;\">*<\/span><\/p>\n\n\n\n<p><span style=\"color: #000000;\">Examinons donc de pr\u00e8s le Chapitre II, intitul\u00e9 \u201cLa m\u00e9thode d\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave\u201d.<\/span><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Je me suis propos\u00e9 de montrer que les r\u00eaves sont susceptibles d\u2019une interpr\u00e9tation [\u2026] \u2018interpr\u00e9ter un r\u00eave\u2019, cela veut dire indiquer son \u2018sens\u2019, <em>le remplacer par quelque chose qui s\u2019ins\u00e8re dans l\u2019encha\u00eenement de nos actions animiques comme un maillon d\u2019une importance pleine et enti\u00e8re et de m\u00eame valeur que les autres<\/em>. (OCF-P, IV, p. 131.)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Notons que le premier combat qu\u2019engage Freud, c\u2019est celui contre l\u2019id\u00e9e que les r\u00eaves seraient une sorte de d\u00e9chet produit par l\u2019esprit endormi, quelque chose d\u2019absurde et sans utilit\u00e9. Or, il ne servirait \u00e0 rien d\u2019affirmer le contraire si on ne peut le montrer, et pour cela il faut une m\u00e9thode. Mais avant m\u00eame d\u2019\u00e9noncer sa m\u00e9thode Freud annonce son jeu en expliquant ce qu\u2019il veut dire par \u201cinterpr\u00e9ter\u201d. Car il ne suffit pas de dire qu\u2019interpr\u00e9ter un r\u00eave, c\u2019est \u00ab&nbsp;indiquer son sens&nbsp;\u00bb. Freud ajoute donc que cela veut dire le remplacer, c&rsquo;est-\u00e0-dire mettre \u00e0 la place du r\u00eave des \u201cactions psychiques\u201d, des pens\u00e9es qui s\u2019encha\u00eenent bien avec les autres actions psychiques, alors  que le r\u00eave se pr\u00e9sente comme un visiteur \u00e9tranger, comme une carte bizarre tomb\u00e9e d\u2019une autre table de jeu. Ce travail de <em>substitution<\/em>, ce n\u2019est donc pas une v\u00e9ritable interpr\u00e9tation ou une <em>traduction<\/em> du r\u00eave, ce n\u2019est pas une interpr\u00e9tation du type \u201cceci veut dire cela\u201d. C\u2019est substituer au bloc erratique que pr\u00e9sente le r\u00eave un autre bloc qui, lui, s\u2019ins\u00e8re bien dans la continuit\u00e9 psychique du discours conscient (et nous verrons que c\u2019est m\u00eame plus compliqu\u00e9 que cela). Cette substitution ne se fait pas directement; la m\u00e9thode de Freud consiste plut\u00f4t en une dissolution (c\u2019est d\u2019ailleurs le sens du mot analyse) de ce bloc erratique, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un grumeau. Grumeau dont la version dissoute, d\u00e9construite, ne contiendra pas en elle-m\u00eame le sens en question, mais pr\u00e9sentera des ouvertures vers de pistes inattendues.<sup class='footnote'><a href='#fn-1856-3' id='fnref-1856-3' onclick='return fdfootnote_show(1856)'>3<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Comme on le voit, Freud se d\u00e9marque d\u2019embl\u00e9e des deux m\u00e9thodes les plus courantes, qu\u2019il nomme \u201cm\u00e9thode symbolique\u201d et \u201cm\u00e9thode du chiffre\u201d ou \u201cpar d\u00e9codage\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><br><em>M\u00e9thode symbolique<\/em>: le r\u00eave pris comme un tout et qu\u2019on cherche \u00e0 traduire en un autre contenu compr\u00e9hensible. Exemple, la m\u00e9thode de Joseph interpr\u00e9tant les r\u00eaves de Pharaon. M\u00e9thode d\u2019application difficile quand le r\u00eave est incoh\u00e9rent.<\/p>\n\n\n\n<p><em>M\u00e9thode du chiffre<\/em>: chaque signe dans le r\u00eave est traduit par un signe dont le sens est connu, ce qui se fait \u201cselon une clef bien \u00e9tablie\u201d. Cette deuxi\u00e8me m\u00e9thode ne se soucie pas de la coh\u00e9rence d\u2019ensemble, consid\u00e9rant les \u00e9l\u00e9ments un \u00e0 un.<br>La m\u00e9thode de Freud ne correspond ni \u00e0 l\u2019une ni \u00e0 l\u2019autre. Ce n\u2019est ni le remplacement d\u2019un contenu par un autre, ni un d\u00e9chiffrage \u00e9l\u00e9ment par \u00e9l\u00e9ment. Qu\u2019est-ce donc? [<em>\u00c0 suivre<\/em>]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une br\u00e8ve digression<\/strong><br>Notre s\u00e9minaire porte le titre \u201cPenser avec Freud\u201d entre autres raisons parce qu\u2019il ne s\u2019agit pas tant d\u2019\u00e9tablir ce que Freud a \u201cvraiment\u201d pens\u00e9 ou a \u201cvraiment\u201d voulu dire, que de voir ce que ses \u00e9crits, lorsque nous les examinons d\u2019assez pr\u00e8s, nous permettent de penser aujourd\u2019hui. Pour citer une fois de plus Calvino: \u201cNotre classique est celui qui ne peut pas nous \u00eatre indiff\u00e9rent et qui nous sert \u00e0 nous d\u00e9finir nous-m\u00eame par rapport \u00e0 lui, \u00e9ventuellement en opposition \u00e0 lui.\u201d Le mieux qui peut nous arriver, par cons\u00e9quent, est qu\u2019en (re)lisant Freud \u2013 et dans cas-ci L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave \u2013 nous puissions penser mieux notre objet, la psychanalyse, en particulier sa m\u00e9thode et ses possibilit\u00e9s. Ne nous demandons donc pas si les pens\u00e9es auxquelles nous parvenons en relisant Freud sont les siennes, mais demandons-nous plut\u00f4t si elles sont valables. Parmi les crit\u00e8res pour en juger, demandons-nous si elles r\u00e9solvent certaines contradictions ou \u00e9clairent certaines obscurit\u00e9s; si elles ouvrent de nouvelles pistes; si elles simplifient certains enchev\u00eatrements conceptuels; si elles nous lib\u00e8rent de certaines hypoth\u00e8ses superflues ou m\u00e9taphysiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Retour au deuxi\u00e8me chapitre de L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave<\/strong><br>Quand, au chapitre 2 de L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave, Freud affirme que le r\u00eave est comparable \u00e0 un r\u00e9bus et qu\u2019il explique la m\u00e9thode d\u2019analyse du r\u00eave qu\u2019il a d\u00e9velopp\u00e9e, on serait tent\u00e9 de penser que voil\u00e0 un acquis positif: \u201cRacontez-moi un r\u00eave, semble dire Freud, puis libre-associez \u00e0 partir de lui et avec ma m\u00e9thode nous parviendrons ensemble \u00e0 d\u00e9couvrir le sens de cet \u00e9v\u00e9nement nocturne en apparence absurde. Nous r\u00e9tablirons la continuit\u00e9 dans la vie psychique \u00e0 laquelle le r\u00eave ne semblait pas pouvoir se raccorder harmonieusement. Nous remettrons le r\u00eave sur le droit chemin\u2026\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>Cette interpr\u00e9tation de ce qu\u2019\u00e9crit Freud pourrait \u00eatre appel\u00e9e \u201cversion technologique\u201d et elle est \u00e0 interroger.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9thode d\u2019interpr\u00e9tation ainsi formul\u00e9e est sans aucun doute un acquis majeur, une d\u00e9couverte importante. Sans elle nous resterait ferm\u00e9e cette fen\u00eatre si utile qu\u2019est le r\u00eave sur le fonctionnement psychique particulier \u00e0 l\u2019\u00e9tat de sommeil, \u00e9tat dans lequel n\u2019op\u00e8rent pas les m\u00eames processus de pens\u00e9e qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tait de veille. Cette approche est donc instructive \u00e0 plus d\u2019un titre: elle d\u00e9chire le voile d\u2019obscurit\u00e9 entourant le r\u00eave et du m\u00eame coup elle nous d\u00e9voile des processus de pens\u00e9e que nous sommes en droit de consid\u00e9rer comme op\u00e9rant dans un domaine plus \u00e9tendu encore que le r\u00eave: nous pouvons appeler cela le mode inconscient de penser. N\u2019oublions pas en effet que Freud part \u00e0 la conqu\u00eate du r\u00eave aiguillonn\u00e9 par ce que lui avait sugg\u00e9r\u00e9 le travail de d\u00e9cryptage des sympt\u00f4mes hyst\u00e9riques, et qu\u2019il a ainsi pu \u00e9tablir un parall\u00e8le entre la formation des ces sympt\u00f4mes et la construction des r\u00eaves. Au moment voulu, il tracera ce parall\u00e8le de fa\u00e7on tr\u00e8s nette, en particulier lorsqu\u2019il montrera que de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale r\u00eaves et sympt\u00f4mes sont des formations de compromis entre le souhait inconscient et la censure psychique op\u00e9r\u00e9e par le moi. De plus, on peut dans les deux cas comprendre que ce compromis est rendu possible par la plus grande fluidit\u00e9 des processus primaires de pens\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e de d\u00e9part, en apparence simple et l\u00e9gitime, est de parvenir \u00e0 substituer au bloc erratique que serait le r\u00eave un ensemble de pens\u00e9es coh\u00e9rentes et bien ajust\u00e9es au contexte de l\u2019\u00e9tat de veille. Cependant, on voit bien que l\u2019exemple m\u00eame d\u2019analyse de r\u00eave que Freud nous donne ne satisfait pas pleinement cette vis\u00e9e. Oui, il est vrai qu\u2019au bout du compte nous trouvons des id\u00e9es somme toute \u201cordinaires\u201d, des id\u00e9es qu\u2019il eut \u00e9t\u00e9 possible d\u2019avoir \u00e0 l\u2019\u00e9tait de veille si ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019elles concernaient des faits, des d\u00e9sirs et des personnes avec lesquelles le sujet conscient n\u2019est pas tout \u00e0 fait au clair. Mais nous voyons bien, par ailleurs, que, lorsque soumis au processus de freier Einfall, le r\u00eave semble nous propulser dans de nombreuses directions et que, si l\u2019on peut trouver des th\u00e8mes communs, il reste toujours des incongruit\u00e9s. D\u2019autant plus si l\u2019on tient compte que, de l\u2019aveu m\u00eame de Freud, il ne nous a pas livr\u00e9 toutes les associations qui lui sont venues \u2013 cela afin de pr\u00e9server un peu de son intimit\u00e9&nbsp;\u2013 et que, dans une note de bas de page du chapitre 2, puis \u00e0 nouveau dans un chapitre ult\u00e9rieur, il affirmera que m\u00eame en disposant de toutes les associations qu\u2019on voudra, le r\u00eave ne sera jamais totalement analysable, qu\u2019il conservera un \u201combilic\u201d, c&rsquo;est-\u00e0-dire la trace d\u2019un origine insondable, pointant vers \u201cle non-connu\u201d (p. 146, note 2).<\/p>\n\n\n\n<p>Notons en passant que le mot allemand que Freud emploie pour \u201cnon-connu\u201d est Unerkannten. Cela est significatif, en ce qu\u2019il ne d\u00e9signe pas l\u2019inconscient (pour lequel il aurait vraisemblablement employ\u00e9 le terme usuel de Unbewust). On peut en d\u00e9duire que l\u2019ignorance concernant ce vers quoi pointe l\u2019ombilic est absolue; contrairement \u00e0 celle concernant l\u2019inconscient qui, bien entendu, est toute relative, puisque c\u2019est cette ignorance que la m\u00e9thode freudienne cherche \u00e0 lever. Retenons, par cons\u00e9quent les termes \u201combilic du r\u00eave\u201d et \u201cnon-connu\u201d, parce qu\u2019ils nous seront utiles plus avant.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il y a plus. Une vision de la m\u00e9thode d\u2019analyse du r\u00eave qui serait purement technique semble, au premier regard, isoler le r\u00eave, le circonscrire comme un \u00e9v\u00e9nement discret, comparable \u00e0 un fruit qu\u2019on aurait cueilli de l\u2019arbre et que l\u2019on aurait tout loisir de faire tourner dans nos mains pour l\u2019examiner sous tous les angles. Vision contestable. D\u00e9j\u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019ombilic s\u2019oppose \u00e0 cette vision du r\u00eave comme entit\u00e9 discr\u00e8te, mais d\u2019autres arguments s\u2019ajoutent \u00e9galement. Tout d\u2019abord, le fait que l\u2019on a souvent l\u2019impression de n\u2019avoir retenu qu\u2019une partie du r\u00eave; ensuite, et en toute logique avec ce premier point, l\u2019analyse d\u2019un r\u00eave rapport\u00e9 a parfois vite fait de ramener \u00e0 la m\u00e9moire des fragments de ce r\u00eave que l\u2019on avait oubli\u00e9s ou encore d\u2019autres r\u00eaves de la m\u00eame nuit. On sent bien alors que le r\u00eave, en apparence bien d\u00e9limit\u00e9, n\u2019est en fait que la pointe \u00e9merg\u00e9e d\u2019un ensemble plus \u00e9tendu et plus complexe. Freud reviendra sur cela au cours des chapitre ult\u00e9rieurs. Le chapitre VII commence d\u2019ailleurs par le probl\u00e8me de l\u2019oubli des r\u00eaves. Nous aurons donc \u00e0 en reparler.<br>Pour le moment, nous pouvons quand m\u00eame nous attarder \u00e0 cet aspect pour une raison tout autre que technique, en nous rappelant que nous n\u2019avons sous la main, pour l\u2019analyser, que le r\u00e9cit d\u2019un r\u00eave, et cela m\u00eame quand il s\u2019agit de nos propres r\u00eaves. Dans ce dernier cas, si l\u2019on veut pouvoir appliquer la m\u00e9thode de Freud, nous sommes oblig\u00e9s de nous raconter \u00e0 nous-m\u00eames le r\u00eave en question, en l\u2019\u00e9crivant par exemple, pour ensuite mettre sur la page les associations que nous sommes en mesure de laisser venir le plus librement possible. Nous voyons alors se produire le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne que Freud d\u00e9crit \u00e0 propos de son r\u00eave de l\u2019injection \u00e0 Irma&nbsp;: le r\u00e9cit de r\u00eave peut n\u2019occuper qu\u2019un paragraphe, mais les associations peuvent s\u2019\u00e9tendre sur plusieurs pages.<\/p>\n\n\n\n<p>Prenons donc le cas d\u2019une tentative d\u2019auto-analyse du r\u00eave, ce qui est justement ce que Freud fait dans son livre. Si nous nous en tenons \u00e0 ce qui est observ\u00e9, nous voyons bien qu\u2019un r\u00eave, sans les associations, serait bien peu de choses. Qu\u2019il ne prend des dimensions respectables que lorsque suivi de sa longue tra\u00eene de pens\u00e9es, obtenues plus ou moins p\u00e9niblement quand nous parvenons \u00e0 faire taire en nous la censure et que nous \u201claissons venir\u201d ces autres pens\u00e9es plut\u00f4t que d\u2019aller les chercher ave un plan pr\u00e9con\u00e7u. Alors, qu\u2019est-ce qu\u2019un r\u00eave pour la psychanalyse? Est-ce le bref r\u00e9cit \u00e0 lui seul, ou est-ce l\u2019ensemble form\u00e9 avec les pens\u00e9es qui nous sont venues \u00e0 sa suite?<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 ce qui nous a conduit la fois pr\u00e9c\u00e9dente \u00e0 reprendre ce que Freud a \u00e0 dire sur la m\u00e9thode en question (p. 136-141).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019attention et la critique<\/strong><br>Nous avons vu que quand vient le temps de nous pr\u00e9senter sa m\u00e9thode, Freud fait mention d\u2019une \u201cpr\u00e9paration psychique\u201d du patient; pr\u00e9paration qui concerne ce qu\u2019on pourrait intituler: du bon usage l\u2019attention quand vient le temps de la tourner vers les perceptions de donn\u00e9es psychiques, venant du dedans.<\/p>\n\n\n\n<p>Il signale que notre attention \u2013&nbsp;qui est d\u00e9j\u00e0 normalement s\u00e9lective lorsque tourn\u00e9e vers l\u2019ext\u00e9rieur, cherchant surtout dans l\u2019environnement ce qui peut \u00eatre utile \u00e0 l\u2019organisme ou ce qui, venant d\u2019ailleurs, peut repr\u00e9senter un danger\u2013 cette attention, lorsque tourn\u00e9e vers l\u2019int\u00e9rieur i.e. vers les pens\u00e9es qui viennent \u00e0 la conscience, se double d\u2019une critique qui filtre, elle aussi, les pens\u00e9es, mais cette fois en rejetant celles qui ne font pas plaisir au moi. On peut dire qu\u2019au bout du compte, le but est le m\u00eame que celui de la s\u00e9lection op\u00e9r\u00e9e dans la perception du monde ext\u00e9rieur \u2013&nbsp;la recherche d\u2019un plaisir ou l\u2019\u00e9vitement d\u2019un d\u00e9plaisir&nbsp;\u2013 sauf qu\u2019ici, puisque ce qui est mal venu vient de l\u2019int\u00e9rieur, il s\u2019agit surtout de ne pas en tenir compte. Notons ici que l\u2019\u00e9vitement de ce qui fait d\u00e9plaisir, le fait de ne pas en tenir compte, est plus facilement obtenu dans la n\u00e9vrose, bien que ce ne soit jamais parfaitement r\u00e9ussi puisque l\u2019effet de retour du refoul\u00e9 impose quand m\u00eame au moi un d\u00e9plaisir sous forme d\u2019une angoisse inexpliqu\u00e9e. Dans la psychose, les choses se passent diff\u00e9remment: la source interne du d\u00e9plaisir est toujours m\u00e9connue, mais cette fois elle se pr\u00e9sente comme venant de l\u2019ext\u00e9rieur et c\u2019est alors une peur qui se pr\u00e9sente, dont la cause est attribu\u00e9e au monde environnant: il y a alors retour par le dehors de ce qui a \u00e9t\u00e9 aboli au dedans, comme le souligne Freud dans ses textes sur la psychose tels Le pr\u00e9sident Schreber ou \u201cLa perte de r\u00e9alit\u00e9 dans la n\u00e9vrose et la psychose\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais revenons \u00e0 la m\u00e9thode d\u2019analyse des r\u00eaves. Nous avons donc un filtrage qui s\u2019op\u00e8re \u00e9galement sur ce qui vient de l\u2019ext\u00e9rieur. Pour contrer ce filtrage, Freud demande au patient d\u2019intensifier son attention pour tenter de ne rien \u00e9chapper de ce qui lui vient \u00e0 l\u2019esprit, mais tout en mettant \u201chors circuit\u201d la critique. Cette suspension de la critique ne doit pas \u00eatre confondue avec la lev\u00e9e du refoulement, puisque le refoulement ne peut pas \u00eatre lev\u00e9 par une simple d\u00e9cision. Ce que Freud demande au patient ici c\u2019est de rel\u00e2cher son sens critique, sa biens\u00e9ance, ses bonnes mani\u00e8res sociales et d\u2019oser dire tout ce qui lui vient, autrement dit de surmonter sa r\u00e9ticence ordinaire \u00e0 \u00e9viter certains sujets, certaines fa\u00e7ons de s\u2019exprimer.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette simple modification de la mani\u00e8re de faire spontan\u00e9e devrait nous int\u00e9resser grandement. D\u2019une part, elle nous invite \u00e0 examiner l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 de la \u201csurface psychique\u201d, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 recueillir le plus de \u201cdonn\u00e9es\u201d possible. Notons, encore une fois, que cela ne signifie pas une lev\u00e9e automatique du refoulement. Ce que cette cueillette plus compl\u00e8te nous permet, c\u2019est d\u2019avoir plus d\u2019occasions de voir les effets du retour du refoul\u00e9 sur les pens\u00e9es du moi du sujet. Nous entrons alors dans le pr\u00e9conscient, cette zone tampon o\u00f9 se retrouvent les \u201cformations hybrides\u201d que Freud d\u00e9crira quinze ans plus tard dans son texte intitul\u00e9 \u201cL\u2019inconscient\u201d (1915). Or, exposer plus souvent cette zone o\u00f9 peuvent se pr\u00e9senter les formations et d\u00e9formations de la pens\u00e9e, les id\u00e9es que le moi lui-m\u00eame qualifie de \u201cridicules\u201d, \u201cinsens\u00e9es\u201d ou \u00e0 tout le moins inattendues, voil\u00e0 qui nous met sur des pistes plus prometteuses\u2026 La r\u00e9ticence \u00e0 communiquer ces choses appara\u00eet alors comme l\u2019indice d\u2019une r\u00e9sistance plus fondamentale, qui est la r\u00e9sistance du refoulement.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autre part, cette fa\u00e7on de faire nous dit que l\u2019inconscient \u2013 le refoul\u00e9 \u2013 n\u2019est apr\u00e8s-tout pas \u00e0 imaginer comme \u201cenfoui\u201d, m\u00eame si la m\u00e9taphore peut bien continuer \u00e0 \u00eatre utilis\u00e9e. Elle nous montrera qu\u2019en fait le refoulement c\u2019est bien moins un enfouissement qu\u2019une rupture des liens entre les pens\u00e9es de m\u00eame qu\u2019entre les pens\u00e9es et les affects. Ces liens \u00e9tant rompus, les mat\u00e9riaux ainsi disloqu\u00e9s peuvent bien se montrer \u00e0 la surface, comme des \u00e9l\u00e9ments \u00e0 la d\u00e9rive&nbsp;: l\u2019effet \u201crefoulement\u201d se produit quand m\u00eame. Le refoulement s\u2019av\u00e8re ainsi, par cette rupture des liens, ce que Laplanche appelle une \u201cd\u00e9signification\u201d: le refoul\u00e9 c\u2019est un ensemble de \u201csignifiants d\u00e9signifi\u00e9s\u201d, c&rsquo;est-\u00e0-dire ramen\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tat de traces, sans signification inh\u00e9rente, mais pouvant prendre de nouvelles significations lorsque de nouveaux liens seront cr\u00e9\u00e9s au cours de l\u2019\u00e9laboration psychique. Par ailleurs, pour ces m\u00eames raisons, on voit que le travail d\u2019analyse est bien un \u201ctraitement des surfaces\u201d, comme l\u2019exprime Laurence Kahn dans son livre L\u2019\u00e9coute de l\u2019analyste.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais attention! Ne confondons pas l\u2019id\u00e9e de \u201csurface\u201d avec celle de \u201cr\u00eave manifeste\u201d. Le r\u00eave manifeste, c\u2019est une exp\u00e9rience de type figuratif (visuel) qui donnera lieu \u00e0 un r\u00e9cit de r\u00eave, r\u00e9cit que nous pourrions qualifier de \u201cna\u00eff\u201d au sens o\u00f9 le r\u00eaveur nous raconte tout naturellement ce qu\u2019il a \u201cvu en r\u00eave\u201d. Son r\u00e9cit \u2013 qui, je le rappelle, est la seule chose dont nous (i.e. tant le r\u00eaveur que l\u2019analyste) disposons pour proc\u00e9der \u00e0 l\u2019analyse du r\u00eave&nbsp;\u2013 doit \u00eatre \u00e9cout\u00e9 comme toute autre parole de l\u2019analysant et donc \u201cmis \u00e0 plat\u201d et enrichi par les autres id\u00e9es qui viennent \u00e0 l\u2019esprit par association\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>La mise \u00e0 plat, c\u2019est ce \u00e0 quoi proc\u00e8de l\u2019\u00e9coute de l\u2019analyste avec son \u201cattention en \u00e9gal suspens\u201d que l\u2019on pourrait aussi dire \u201cattention \u00e9galement distribu\u00e9e\u201d parce que l\u2019analyste s\u2019efforce de ne rien privil\u00e9gier dans ce qu\u2019il entend et de ne pas se laisser attirer par les accents, les \u201csoulign\u00e9s\u201d pr\u00e9sents dans la prosodie du r\u00e9cit entendu; ni non plus perdre de vue ce que le r\u00e9cit tend \u00e0 n\u00e9gliger comme insignifiant. L\u2019attention \u00e9galement distribu\u00e9e \u201cabaisse\u201d ce qui est dit avec emphase et \u201crel\u00e8ve\u201d ce qui est pass\u00e9 comme n\u00e9gligeable, ne d\u00e9cidant rien sur le moment. C\u2019est \u00e9videmment un travail difficile \u00e0 faire, parce que bien des choses dans le r\u00eave se pr\u00e9senteront comme plus int\u00e9ressantes, plus significatives. C\u2019est ainsi que nous aurons parfois affaire \u00e0 ce que Freud appellera des \u201cr\u00eaves de complaisance\u201d ou encore \u201cr\u00eaves de confirmation\u201d, c&rsquo;est-\u00e0-dire dont le r\u00e9cit semble fait sur mesure pour plaire \u00e0 l\u2019analyste, pour le confirmer dans ce qu\u2019il croit avoir compris la fois pr\u00e9c\u00e9dente, sans qu\u2019il soit toujours possible de dire quand la confirmation en question est une complaisance\u2026 L\u2019important, me semble-t-il, est de ne rien prendre a priori comme allant de soi dans un r\u00eave lorsqu\u2019on proc\u00e8de \u00e0 son analyse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><br>*<\/p>\n\n\n\n<p>Or que va-t-on trouver si l\u2019on proc\u00e8de ainsi&nbsp;? Rien de n\u00e9cessairement spectaculaire. Les m\u00eames d\u00e9formations, les m\u00eames \u201cabsurdit\u00e9s\u201d, les m\u00eames r\u00e9ticences concernant les pens\u00e9es \u00e0 premi\u00e8re vue \u201cincongrues\u201d qui viennent \u00e0 l\u2019analysant. Compar\u00e9 aux autres choses que nous communique un patient en analyse, le r\u00eave se pr\u00e9sente avant tout comme un \u201ccondens\u00e9\u201d, comme un point de plus forte concentration des ph\u00e9nom\u00e8nes qui sont tout aussi pr\u00e9sents, quoique plus dispers\u00e9s, dans le reste du discours de l\u2019analysant. Le r\u00eave se compare donc \u00e0 un filon plus riche en minerai, si l\u2019on peut dire, ce qui ne devrait pas nous surprendre. Il n\u2019y a l\u00e0 aucune magie: c\u2019est en bonne partie d\u00fb au fait que le r\u00eaveur\u2026 est endormi, de sorte que le travail de filtrage et de censure est dans un premier temps att\u00e9nu\u00e9 et ne reprend ses droits que lorsque le r\u00eaveur cherche \u00e0 raconter son r\u00eave. Lors de ce passage \u00e0 la forme r\u00e9cit, le moi du r\u00eaveur a beau jeu de n\u2019y rien comprendre et donc de disqualifier \u00e0 l\u2019avance toute pens\u00e9e qui lui vient, et d\u2019abord l\u2019exp\u00e9rience m\u00eame du r\u00eave.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette exp\u00e9rience onirique a plusieurs effets sur nous. Tout d\u2019abord, si nous racontons le r\u00eave (ne serait-ce qu\u2019\u00e0 nous-m\u00eames), c\u2019est que l\u2019exp\u00e9rience nous a suffisamment marqu\u00e9s pour que nous en \u00e9prouvions le besoin. Ensuite, des \u00e9l\u00e9ments du r\u00eave semblent s\u2019imposer \u00e0 nous avec plus d\u2019insistance: pensons ici \u00e0 la formule de la trim\u00e9thylamine \u2013&nbsp;que Freud voit dans l\u2019espace devant lui \u201cen caract\u00e8res gras\u201d. Il y a aussi un sentiment d\u2019\u00e9vidence, comme lorsque Freud dit que dans son r\u00eave \u201cNous [Freud et ses amis m\u00e9decins] savons imm\u00e9diatement d\u2019o\u00f9 provient l\u2019infection.\u201d<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>NOTES<\/p>\n\n\n<div class='footnotes' id='footnotes-1856'><div class='footnotedivider'><\/div><ol><li id='fn-1856-1'> <a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Calvino-Pourquoi-lire-les-classiques-Extraits.pdf\">Voir le texte \u201cPourquoi lire les classiques\u201d dans la section \u201cDocuments\u201d.<\/a> <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1856-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-1856-2'> Pour cela, il faut constamment nous d\u00e9faire de notre tendance \u00e0 postuler des choses op\u00e9rant \u201cderri\u00e8re\u201d les ph\u00e9nom\u00e8nes, ce qui pour nous qui cherchons \u00e0 penser ce qui justement \u00e9chappe \u00e0 la conscience, est une t\u00e2che particuli\u00e8rement difficile. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1856-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-1856-3'> Parmi toutes les m\u00e9taphores qu\u2019il nous vient d\u2019employer \u00e0 propos du r\u00eave, je crois qu\u2019il n\u2019y en a pas qui fassent parfaitement l\u2019affaire, mais nous verrons dans un chapitre ult\u00e9rieur que celle des champignons et de leur myc\u00e9lium est peut-\u00eatre la plus utile. Nous y reviendrons. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1856-3'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Obtenir version .pdf Introduction au s\u00e9minaire de l\u2019ann\u00e9e 2021-2022 : Relire L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave. Comme la plupart des participants au s\u00e9minaire me l\u2019ont d\u00e9j\u00e0 entendu dire, \u00e0 mes yeux l\u2019\u0153uvre de Freud est d\u00e9sormais un classique au sens o\u00f9 Italo Calvino a d\u00e9fini ce terme 1 Et comme L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave est, aux yeux m\u00eames<a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1856\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a036- RELIRE L\u2019INTERPR\u00c9TATION DU R\u00caVE\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1856","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-proposes-a-la-discussion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1856","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1856"}],"version-history":[{"count":42,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1856\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2702,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1856\/revisions\/2702"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1856"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1856"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1856"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}