{"id":1747,"date":"2021-05-17T09:31:21","date_gmt":"2021-05-17T13:31:21","guid":{"rendered":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1747"},"modified":"2023-05-11T09:19:04","modified_gmt":"2023-05-11T13:19:04","slug":"35-quelques-propositions-provisoires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1747","title":{"rendered":"35- QUELQUES PROPOSITIONS PROVISOIRES"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\"><span style=\"color: #000000;\">Parvenus au terme de cette ann\u00e9e que nous avons d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la r\u00e9flexion sur la quantit\u00e9 en psychanalyse, il me faut bien constater que le sujet non seulement est loin d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9puis\u00e9, mais ouvre sur de nombreuses autres dimensions de la pens\u00e9e freudienne.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai pens\u00e9 que plut\u00f4t que d\u2019\u00e9crire un texte, je vous proposerais quelques \u00ab&nbsp;conclusions&nbsp;\u00bb provisoires. Les guillemets, comme vous verrez, sont n\u00e9cessaires parce que je ne peux que formuler quelques g\u00e9n\u00e9ralisations, toutes soumises \u00e0 votre lecture critique et \u00e0 la discussion qui s\u2019ensuivra. Je les avance donc comme des th\u00e8ses qui ne pr\u00e9tendent \u00e0 rien d\u2019autre qu\u2019\u00e0 re-parcourir certains aspects de nos r\u00e9flexions de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><span style=\"color: #000000;\">La quantit\u00e9 en psychanalyse n\u2019est pas de l\u2019ordre du mesurable; <\/span>il persiste n\u00e9anmoins une certaine id\u00e9e de calcul, d\u2019intensit\u00e9, et tout particuli\u00e8rement la notion d\u2019<em>exc\u00e8s<\/em>.<\/li>\n\n\n\n<li>Exc\u00e8s par rapport \u00e0 quoi? Qu\u2019est-ce qui du psychique est exc\u00e9d\u00e9, qu\u2019est-ce qui l\u2019exc\u00e8de&nbsp;? Une r\u00e9ponse sommaire consiste \u00e0 dire qu\u2019il peut y avoir de l\u2019\u00e9nergie d\u2019excitation <em>en exc\u00e8s par rapport \u00e0 la capacit\u00e9 de liaison<\/em>. Il faudra donc discuter de 1- qu\u2019est-ce que la liaison; 2- qu\u2019est-ce que l\u2019\u00e9nergie.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c0 la question de la liaison, retenons l\u2019id\u00e9e de Freud \u00e0 propos de la <em>repr\u00e9sentance<\/em> psychique de la pulsion. Elle suppose que la pulsion se laisse repr\u00e9senter psychiquement par deux repr\u00e9sentants: le <em>quantum d\u2019affect<\/em> li\u00e9 \u00e0 une <em>repr\u00e9sentation<\/em>.<\/li>\n\n\n\n<li>Le quantum d\u2019affect correspond-il \u00e0 ce que Freud d\u00e9signait par quantit\u00e9? Et si oui, est-il alors synonyme d\u2019\u00e9nergie, puisque celle-ci \u00e9galement se rapporte \u00e0 la quantit\u00e9?<\/li>\n\n\n\n<li>Quel rapport entre quantum d\u2019affect et quantit\u00e9 d\u2019excitation?<\/li>\n\n\n\n<li>La quantit\u00e9 d\u2019excitation peut r\u00e9sulter d\u2019un \u00e9v\u00e9nement ext\u00e9rieur, mais, si cet \u00e9v\u00e9nement n\u2019est pas tel qu\u2019il d\u00e9truise ou endommage l\u2019organisme gravement, il n\u2019agira que par l\u2019entremise de ce qu\u2019il suscite \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Cela d\u00e9coule de la conception de l\u2019organisme comme <em>autopo\u00ef\u00e9tique<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire auto-organisateur et fonctionnant selon ses propres r\u00e8gles internes. Pour qu\u2019un \u00e9v\u00e9nement soit significatif, il doit donc provoquer une r\u00e9organisation interne.<\/li>\n\n\n\n<li>La r\u00e9organisation interne \u00e0 l\u2019organisme (ici: la psych\u00e9), c\u2019est ce qui constitue une <em>information<\/em> pour cet organisme. Mais notons que ce terme d\u2019information doit \u00eatre pris au sens objectif et non du point de vue personnel. Ce n\u2019est pas une prise de connaissance subjective comme lorsqu\u2019on s\u2019informe en \u00e9coutant les nouvelles. C\u2019est une in-formation, c&rsquo;est-\u00e0-dire une \u00ab\u00a0prise de forme\u00a0\u00bb qui modifie par cons\u00e9quent la psych\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li>Cette \u00ab&nbsp;prise de forme&nbsp;\u00bb c\u2019est le r\u00e9sultat de la fonction <em>transductive<\/em> (ou traductive) qui, selon la \u00ab&nbsp;lettre 52&nbsp;\u00bb de Freud pr\u00e9side \u00e0 l\u2019\u00e9volution de l\u2019appareil psychique <em>et<\/em> au <em>refoulement<\/em>.<\/li>\n\n\n\n<li>Toute r\u00e9organisation suppose une <em>d\u00e9sorganisation<\/em> relative, une d\u00e9composition (analyse) des formes d\u00e9j\u00e0 existantes.<\/li>\n\n\n\n<li>Par cons\u00e9quent, puisque tout syst\u00e8me a pour premier souci de se maintenir dans son organisation (inertie du syst\u00e8me), toute d\u00e9sorganisation\/r\u00e9organisation rencontrera une <em>r\u00e9sistance<\/em>.<\/li>\n\n\n\n<li>La d\u00e9sorganisation ou d\u00e9liaison, pour permettre en m\u00eame temps la continuit\u00e9 du syst\u00e8me, ne peut \u00eatre que partielle. Prototype: le travail du deuil, qui proc\u00e8de \u00e0 un d\u00e9tachement <em>d\u00e9tail par d\u00e9tail<\/em>.<\/li>\n\n\n\n<li>Le travail du deuil peut \u00eatre aussi vu comme prototype de la perlaboration (<em>Durcharbeitung<\/em>). Dans les deux cas, un travail (<em>labor, Arbeit<\/em>) est exig\u00e9, et ce travail suppose que l\u2019\u00e9nergie qui est lib\u00e9r\u00e9e par le d\u00e9tachement d\u2019avec l\u2019objet (dans le cas du deuil) ou du fait de la d\u00e9liaison analytique, puisse \u00eatre <em>r\u00e9affect\u00e9e<\/em> \u00e0 autre chose.<\/li>\n\n\n\n<li>Ce travail est n\u00e9cessaire pour surmonter la r\u00e9sistance au changement, l\u2019inertie du syst\u00e8me. L\u2019\u00e9nergie du sujet <em>se d\u00e9pense<\/em> dans cette lutte interne entre d\u00e9liaison et maintien de la liaison existante. Du c\u00f4t\u00e9 de la r\u00e9sistance on peut voir un travail de n\u00e9gation (comme dans deuil ordinaire) ou de d\u00e9ni (comme dans la m\u00e9lancolie). Un autre travail, le travail du r\u00eave, semble aller en sens contraire du travail du deuil: il rend pr\u00e9sent ce que le deuil cherche \u00e0 accepter comme absent (Pontalis).<\/li>\n\n\n\n<li>La notion d\u2019<em>\u00e9nergie<\/em> est \u00e0 regarder de plus pr\u00e8s, intimement associ\u00e9e \u00e0 celle de <em>libido<\/em> dans des notions d\u2019\u00e9nergie libidinale ou \u00e9nergie pulsionnelle.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00ab&nbsp;\u00c9nergie&nbsp;\u00bb vient du Grec ancien <em>energeia<\/em> qui, chez Aristote, signifie la \u00ab&nbsp;force inh\u00e9rente&nbsp;\u00bb \u00e0 quelque chose. Selon certaines interpr\u00e9tations, l\u2019<em>energeia <\/em>c\u2019est \u00ab&nbsp;l\u2019\u00eatre-au-travail&nbsp;\u00bb. Ce n\u2019est donc pas \u00ab&nbsp;quelque chose&nbsp;<em>\u00bb<\/em> qu\u2019on va d\u00e9penser, <em>c\u2019est la d\u00e9pense elle-m\u00eame<\/em>, c\u2019est le mouvement, l\u2019activit\u00e9 elle-m\u00eame. (Nous reparlerons plus loin d\u2019une \u00e9nergie gard\u00e9e en r\u00e9serve: \u00e9nergie potentielle.)<\/li>\n\n\n\n<li>Longtemps les physiciens (dans la physique classique) ont consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019<em>\u00e9nergie<\/em> et <em>moment<\/em> (<em>momentum<\/em>) \u00e9taient parfaitement synonymes. Aujourd\u2019hui on les distingue par le fait que le <em>moment<\/em> d\u00e9crit la <em>quantit\u00e9 de mouvement<\/em> dans une certaine direction, dans la distance donc; tandis que l\u2019<em>\u00e9nergie<\/em> sert \u00e0 mesurer la <em>quantit\u00e9 de travail<\/em> dans le temps.<\/li>\n\n\n\n<li>Si nous reportons ces notions sur l\u2019\u00e9nergie libidinale on peut dire que celle-ci correspond bien \u00e0 la d\u00e9finition donn\u00e9e par Freud de la pulsion en g\u00e9n\u00e9ral: \u00ab&nbsp;mesure de l\u2019exigence de travail impos\u00e9e <em>\u00e0 l\u2019animique<\/em> (<em>seelische<\/em>) par suite de sa corr\u00e9lation avec le corps&nbsp;\u00bb. Non pas, donc, la pulsion comme faisant travailler autre chose qu\u2019elle-m\u00eame, mais la pulsion comme ce qui se manifeste dans l\u2019appareil de l\u2019\u00e2me lorsqu\u2019il\u2026 s\u2019anime, lorsqu\u2019il travaille.<\/li>\n\n\n\n<li>La pulsion ce n\u2019est donc pas une \u00e9nergie qui <em>alimente<\/em> l\u2019appareil psychique. C\u2019est la <em>force inh\u00e9rente<\/em> des composantes de l\u2019appareil, c\u2019est l\u2019appareil au travail. La libido, c\u2019est l\u2019\u00e2me en tant qu\u2019elle <em>se d\u00e9pense<\/em> dans sa recherche de l\u2019abaissement d\u2019une tension interne. On ne conna\u00eet donc la pulsion, ou la libido, que par le travail qui s\u2019observe. On parle \u00e0 juste titre de \u00ab&nbsp;<em>motion pulsionnelle<\/em>&nbsp;\u00bb (<em>Triebregung<\/em>). (Nous parlerons plus tard du moi comme \u00ab&nbsp;r\u00e9servoir de libido&nbsp;\u00bb en rapport avec l\u2019\u00e9nergie potentielle.)<\/li>\n\n\n\n<li>Toutefois, on se surprend \u00e0 noter que lorsque Freud introduit pour la premi\u00e8re fois officiellement le terme de <em>libido<\/em> \u2013 d\u00e8s le premier paragraphe du premier des <em>Trois essais sur la th\u00e9orie sexuelle<\/em> (1905)&nbsp;\u2013, il n\u2019en parle pas en termes d\u2019\u00e9nergie. Il propose que \u00ab&nbsp;libido&nbsp;\u00bb d\u00e9signe pour la sexualit\u00e9 ce que le mot \u00ab&nbsp;faim&nbsp;\u00bb d\u00e9signe pour la nutrition. Si libido d\u00e9signe la sensation d\u2019un besoin comme la faim, et comme on ne dira pas que la faim c\u2019est l\u2019\u00e9nergie qui pousse \u00e0 manger, comment concilier libido et \u00e9nergie?<\/li>\n\n\n\n<li>On notera que la faim constitue un <em>motif <\/em>pour la recherche de nourriture; un <em>motif<\/em>, dans lequel on retrouve la <em>motion<\/em>, la <em>mise<\/em> <em>en mouvement.<\/em> La libido, m\u00eame lorsqu\u2019on la met en parall\u00e8le avec la faim, est donc une mise en mouvement de l\u2019appareil psychique. Le propos de Freud dans les <em>Trois essais<\/em> est d\u2019autant plus compr\u00e9hensible si l\u2019on remarque que le mot allemand <em>lust<\/em> \u2013\u00a0qui se rapproche de <em>libido<\/em> \u2013, d\u00e9crit \u00e0 la fois le <em>d\u00e9sir<\/em> (le motif) et le <em>plaisir <\/em>(la sensation). La libido est donc bien, tout \u00e0 la fois, la mise en mouvement de l\u2019organisme <em>et<\/em> l\u2019\u00e9prouv\u00e9 qui l\u2019oriente vers une action susceptible d\u2019apaiser cet \u00e9prouv\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li>Une diff\u00e9rence notable entre la faim et la libido c\u2019est que la faim a pour objet quelque chose de sp\u00e9cifique: la nourriture. La libido (la faim sexuelle) peut avoir \u00e0 la limite n\u2019importe quoi comme objet. L\u2019<em>energeia<\/em> libidinale est donc d\u00e9s le d\u00e9part moins li\u00e9e \u00e0 un objet sp\u00e9cifique que celle des besoins vitaux<\/li>\n\n\n\n<li>Nous disons aussi que la libido, en tant qu\u2019<em>energeia<\/em> i.e. en tant que force inh\u00e9rente, n\u2019est donc pas <em>ext\u00e9rieure<\/em> \u00e0 l\u2019appareil psychique. Cela aura une certaine importance quand on comparera les deux dualismes pulsionnels chez Freud (voir les deux points suivants). Le fait que cette \u00e9nergie soit intrins\u00e8que au corps-psych\u00e9, cela permet de comprendre en quoi ce n\u2019est pas un <em>carburant,<\/em> mais une \u00ab&nbsp;mesure de l\u2019<em>exigence<\/em> de travail&nbsp;\u00bb, comme Freud l\u2019\u00e9crit \u00e0 propos de la pulsion, en 1915, dans \u00ab&nbsp;Pulsions et destins de pulsions&nbsp;\u00bb.<\/li>\n\n\n\n<li>Avant 1920, dans un texte comme \u00ab&nbsp;Pulsions et destins de pulsion&nbsp;\u00bb, la pulsion se pr\u00e9sente comme \u00ab&nbsp;concept limite entre le psychique et le somatique&nbsp;\u00bb, comme \u00ab&nbsp;repr\u00e9sentant psychique des stimulus issus de l\u2019int\u00e9rieur du corps et parvenant \u00e0 l\u2019\u00e2me&nbsp;\u00bb, et aussi comme \u00ab&nbsp;exigence de travail impos\u00e9e \u00e0 la psych\u00e9 du fait de sa liaison avec le corps&nbsp;\u00bb. Autrement dit, du fait de la nature au fond corporelle de la psych\u00e9, se pr\u00e9senterait \u00e0 la fronti\u00e8re du psychique une quantit\u00e9 \u00ab&nbsp;x&nbsp;\u00bb qui impose \u00e0 la psych\u00e9 un certain travail. \u00c0 partir de cette d\u00e9finition, et peut-\u00eatre surtout \u00e0 partir de la notion de \u00ab&nbsp;mesure de l\u2019exigence de travail&nbsp;\u00bb, on a cru pouvoir parler de la pulsion comme \u00ab&nbsp;cette force qui <em>attaque l\u2019organisme de l\u2019int\u00e9rieur<\/em> et le pousse \u00e0 accomplir certaines actions&nbsp;\u00bb (Laplanche &amp; Pontalis, p. 361, italiques ajout\u00e9s par nous). Mais \u00e0 la lumi\u00e8re de ce que nous avan\u00e7ons ici sur le statut de l\u2019\u00e9nergie pulsionnelle comme \u00ab&nbsp;inh\u00e9rente&nbsp;\u00bb, on peut discuter cette fa\u00e7on de poser le probl\u00e8me. Ce qui est attaqu\u00e9, ce n\u2019est pas l\u2019organisme en tant que tel, mais un certain \u00e9tat de l\u2019organisme. L\u2019<em>attaque<\/em> refl\u00e8te la n\u00e9cessit\u00e9 propre \u00e0 l\u2019organisme de constamment se recomposer, de constamment reconduire sa <em>diff\u00e9rence<\/em> par rapport \u00e0 son environnement. Cela, \u00e0 quelque niveau d\u2019organisation qu\u2019on le consid\u00e8re, puisque \u201corganisme\u201d peut d\u00e9signer le moi (face au refoul\u00e9), la psych\u00e9 (face au soma) ou l\u2019individu somatopsychique tout entier (face au monde environnant).<\/li>\n\n\n\n<li>Selon cette autre fa\u00e7on de voir, il n\u2019y a pas contradiction entre le premier et le dernier dualisme pulsionnel chez Freud. L&amp;P \u00e9crivent que dans la derni\u00e8re th\u00e9orie des pulsions, les deux grands types de pulsion \u00ab&nbsp;sont postul\u00e9s moins comme des motivations concr\u00e8tes du fonctionnement m\u00eame de l\u2019organisme que comme des principes fondamentaux r\u00e9glant en derni\u00e8re analyse l\u2019activit\u00e9 de celui-ci.&nbsp;\u00bb Ils citent alors l\u2019<em>Abr\u00e9g\u00e9 de psychanalyse<\/em>, dernier ouvrage inachev\u00e9 de Freud o\u00f9 il \u00e9crit: \u00ab&nbsp;Nous donnons le nom de pulsions aux forces que nous postulons \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan des tensions g\u00e9n\u00e9ratrices de besoins du \u00e7a&nbsp;\u00bb. Mais, selon nous, cette d\u00e9finition est au contraire parfaitement en accord avec la d\u00e9finition d\u2019avant 1920 si l\u2019on retient que l\u2019\u00e9nergie pulsionnelle (libido) y est tout aussi <em>inh\u00e9rente<\/em>. (La question se complique \u00e0 propos de \u00ab&nbsp;besoins du \u00e7a&nbsp;\u00bb, mais nous ne discuterons pas cet aspect pour le moment.)<\/li>\n\n\n\n<li>Retour \u00e0 la quantit\u00e9. Dans le premier mod\u00e8le pulsionnel, une des quatre caract\u00e9ristiques de la pulsion selon Freud \u00e9tait la <em>pouss\u00e9e<\/em>. Dire que la pulsion a une pouss\u00e9e peut sembler une tautologie, mais je crois qu\u2019il faut entendre par l\u00e0 non simplement le fait que \u00ab&nbsp;\u00e7a pousse&nbsp;\u00bb, mais aussi, et surtout, qu\u2019il s\u2019agit du <em>moment<\/em> de la pulsion, au sens que donne \u00e0 ce mot la physique au chapitre de la m\u00e9canique (d\u00e9riv\u00e9 du latin <em>momentum<\/em>, contraction du latin <em>movimentum, et<\/em> que la langue anglaise a conserv\u00e9 tel quel). Le <em>moment<\/em> se dit aussi <em>moment angulaire<\/em> et d\u00e9nomme, comme vu au point 16, une grandeur physique, la <em>quantit\u00e9 de mouvement<\/em> d\u2019un objet. En fin de compte, tout est question de mouvement.<\/li>\n\n\n\n<li>Nous sommes donc dans l\u2019univers de pens\u00e9e d\u2019H\u00e9raclite. Freud lui-m\u00eame, sans surprise, semble de cet avis. Dans son texte sur les pulsions de 1915, lorsqu\u2019il parle de la \u00ab&nbsp;pouss\u00e9e&nbsp;\u00bb il \u00e9crit ce qui suit: \u00ab&nbsp;Par pouss\u00e9e d\u2019une pulsion, on entend le <em>facteur moteur <\/em>de celle-ci, la somme de force ou la mesure d\u2019exigence de travail\u2026&nbsp;\u00bb (PdP, p. 167). Mais il importe de savoir que dans l\u2019original allemand Freud parle non de \u00ab&nbsp;facteur&nbsp;\u00bb mais de \u00ab&nbsp;<em>moment<\/em> moteur&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;<em>motorisches Moment, die Summe von Kraft\u2026<\/em>&nbsp;\u00bb)<em>, <\/em>ce qui \u00e0 mon avis correspond tout \u00e0 fait \u00e0 la notion de moment physique.<\/li>\n\n\n\n<li>Le <em>moment<\/em> (la quantit\u00e9 de mouvement) qu\u2019est la pouss\u00e9e, c\u2019est sans doute ce qui d\u00e9crit la \u00ab&nbsp;mise en branle&nbsp;\u00bb de la psych\u00e9; et toute mise en branle cr\u00e9e une certaine instabilit\u00e9. C\u2019est ainsi que la psych\u00e9, par l\u2019entremise du moi, \u00e9prouve la pulsion, c&rsquo;est-\u00e0-dire <em>son propre mouvement<\/em>, comme attaquant interne. Cela signifie que la mise en mouvement comporte toujours une remise en question du statu quo. La mise en mouvement est acquisition d\u2019information, et celle-ci est ins\u00e9parable d\u2019une d\u00e9liaison-reliaison (cf. le point 7).<\/li>\n\n\n\n<li>L\u2019\u00e9branlement puis la recomposition nous ram\u00e8nent \u00e0 la nature autopo\u00ef\u00e9tique de la psych\u00e9. En acqu\u00e9rant de l\u2019information sur ce qui lui arrive, la psych\u00e9 ne produit pas seulement des repr\u00e9sentations du monde; elle est aussi toujours en train de se recomposer elle-m\u00eame. Cela ouvre sur une autre dimension qui d\u00e9passe un peu le probl\u00e8me du quantitatif, qui est le double mouvement libidinal, ins\u00e9parablement allo- et auto-\u00e9rotique.<\/li>\n\n\n\n<li>Mais au fait, pourquoi lier? Pourquoi ne pas simplement laisser les \u00e9nergies se d\u00e9charger librement, s\u2019\u00e9couler \u00e0 travers soi&nbsp;? La r\u00e9ponse est d\u00e9j\u00e0 chez Freud quand il remarque, \u00e0 propos du \u00c7a, que par lui-m\u00eame, il ne survivrait pas un seul instant. C\u2019est en effet une question de maintien de la vie. Lier l\u2019\u00e9nergie, cela peut se dire en termes plus quotidiens: c\u2019est pr\u00e9voir, c\u2019est tenir compte de l\u2019environnement, de ses dangers comme de ses richesses. Sans cette fonction pr\u00e9dictive r\u00e9gneraient les seules forces, les quantit\u00e9s se d\u00e9chargeant dans ce qui pour l\u2019organisme serait un chaos mortif\u00e8re.<\/li>\n\n\n\n<li>Pour \u00e9viter ce chaos, l\u2019organisme doit trouver une fa\u00e7on d\u2019inhiber le libre mouvement. Freud, d\u00e8s 1895, dans le <em>Projet<\/em>, attribue cette fonction inhibitrice \u00e0 la simple pr\u00e9sence du moi, r\u00e9sultat de frayages diff\u00e9renci\u00e9s au sein d\u2019un tout psychique jusque-l\u00e0 indiff\u00e9renci\u00e9. En 1938, l\u2019\u00e9pist\u00e9mologue Gaston Bachelard, qui, vu la date, n\u2019avait certainement pas lu le <em>Projet<\/em>, \u00e9crit: \u00ab&nbsp;\u00c0 notre point de vue, la seule intuition l\u00e9gitime en Psychologie est l\u2019intuition d\u2019une inhibition.&nbsp;\u00bb (Bachelard, 1938, <em>La formation de l\u2019esprit scientifique, <\/em>Vrin, 1989).<\/li>\n\n\n\n<li>Les frayages constitutifs de cette fonction d\u2019inhibition qu\u2019on appelle \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb, notons qu\u2019ils sont les pr\u00e9curseurs, dans un langage diff\u00e9rent, de l\u2019investissement durable de libido dans le moi que Freud nommera <em>narcissisme<\/em>. Si la t\u00e2che fondamentale de la psych\u00e9 est de maintenir, entretenir, r\u00e9parer et si possible enrichir sa propre organisation, comment ne pas penser que nous parlons ainsi de la fonction normale du narcissisme ? De fait, on se souviendra que Freud, lorsqu\u2019il revise sa th\u00e9orie des pulsions en 1920, est conduit \u00e0 placer les pulsions d\u2019auto-conservation (du moi) sous l\u2019\u00e9gide d\u2019\u00c9ros, donc en accentuant leur nature de \u00ab&nbsp;pulsions du moi&nbsp;\u00bb. De ce moi, Freud dira qu\u2019il est lui aussi investi de libido, qu\u2019il se pr\u00e9sente en fait aux pulsions du \u00e7a comme leur premier objet, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme leur premi\u00e8re <em>liaison\u2026 <\/em>Le moi, sous cet angle, c\u2019est donc du mouvement libidinal, pulsionnel, mais inhib\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li>Inhibition ne signifie pas immobilisation totale. Le moi correspond \u00e0 une sorte de \u00ab&nbsp;cristallisation&nbsp;\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la formation d\u2019une structure durable. Mais cette structure est vivante, et donc ne saurait \u00eatre compl\u00e8tement rigidifi\u00e9e.<\/li>\n\n\n\n<li>D\u2019autre part, il convient de retenir que le moi est aussi consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab&nbsp;grand r\u00e9servoir de libido&nbsp;\u00bb (Cf. Th\u00e9orie de la libido, 1923). Devant une telle expression on pourrait s\u2019en tenir \u00e0 l\u2019image toute simple et voir le moi comme un \u00ab&nbsp;contenant&nbsp;\u00bb, comme un sac; la <em>v\u00e9sicule<\/em> vivante serait ici plut\u00f4t <em>utricule<\/em>, qui, agrandie, deviendrait une <em>outre<\/em>\u2026 Mais je crois que ce serait ne pas faire suffisamment justice \u00e0 la pens\u00e9e de Freud.<\/li>\n\n\n\n<li>L\u2019\u00e9nergie libidinale est bien contenue dans le moi, mais souvenons-nous que le Freud qui \u00e9crit cela est le m\u00eame qui, parlant de psycho-analyse, le fait par analogie \u00e0 l\u2019analyse chimique. En chimie, les liens entre les atomes qui forment une mol\u00e9cule que l\u2019on veut analyser contiennent en effet une \u00e9nergie. Pour rendre la mol\u00e9cule d\u00e9composable (analysable) il faut rendre ces liens moins stables par un apport d\u2019\u00e9nergie suppl\u00e9mentaire, par exemple, par l\u2019exposition \u00e0 un agent r\u00e9actif. Cela conduit l\u2019ensemble mol\u00e9cule-r\u00e9actif \u00e0 l\u2019\u00e9tat de \u00ab&nbsp;complexe activ\u00e9&nbsp;\u00bb, \u00e9tat de haute \u00e9nergie \u00e0 partir duquel deux nouvelles mol\u00e9cules r\u00e9sulteront lors de la fin de la r\u00e9action, le tout retournant \u00e0 des niveaux d\u2019\u00e9nergie plus bas.<\/li>\n\n\n\n<li>On peut dire, par analogie, que les liens qui forment le moi sont aussi de l\u2019\u00e9nergie li\u00e9e. Mais n\u2019oublions pas que toute formation de structure, toute transduction, toute traduction, comporte simultan\u00e9ment un refoulement. Dans un autre langage, celui de Gilbert Simondon, le processus d\u2019individuation r\u00e9sulte en un individu plus un environnement pr\u00e9-individuel. Cela est important, sans quoi une structure cristallis\u00e9e, qui ne serait jamais d\u00e9rang\u00e9e par son environnement (le refoul\u00e9 pour le moi, le pr\u00e9-individuel pour l\u2019individu) serait une entit\u00e9 morte. Donc, \u00e9nergie li\u00e9e d\u2019un c\u00f4t\u00e9, mais \u00e9nergie non li\u00e9e autour, si l\u2019on peut dire. Et l\u2019\u00e9nergie li\u00e9e elle-m\u00eame, peut se trouver en partie d\u00e9li\u00e9e, comme l\u2019analogie de la r\u00e9action chimique le sugg\u00e8re.<\/li>\n\n\n\n<li>Le moi vu sous l\u2019angle du narcissisme (normal), de la liaison de la libido qui le forme, c\u2019est donc une r\u00e9serve de libido d\u2019abord par le fait de la libido fix\u00e9e dans les liens internes, dans le \u00ab&nbsp;ciment&nbsp;\u00bb du moi. Mais quand nous parlons des liens internes qui constituent le moi, nous voulons dire les liens entre les <em>repr\u00e9sentations<\/em>, la <em>m\u00e9moire<\/em> et les <em>affects<\/em> qui, ensemble, contribuent \u00e0 donner un profil particulier au moi de chacun.<\/li>\n\n\n\n<li>Demandons-nous \u00e9galement si, lorsque Freud parle du moi comme r\u00e9serve de libido, il entend strictement le moi comme instance distincte au sein de l\u2019appareil psychique ou s\u2019il d\u00e9signe le moi comme repr\u00e9sentant <em>tout<\/em> l\u2019\u00eatre psychique. On peut aussi se poser la question autrement: faut-il obligatoirement choisir entre ces deux sens possibles du mot moi? Notre sch\u00e9ma de l\u2019embo\u00eetement pr\u00e9sent\u00e9 l\u2019an dernier peut nous \u00eatre utile ici:<object data=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Fig.6B-2020-12-11-09-31.pdf\" type=\"application\/pdf\" width=\"357\" height=\"226\"><a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Fig.6B-2020-12-11-09-31.pdf\">https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Fig.6B-2020-12-11-09-31.pdf<\/a><\/object><\/li>\n\n\n\n<li>Nous avions, \u00e0 l\u2019aide de ce diagramme, pos\u00e9 que la cl\u00f4ture du moi signifiait du m\u00eame coup la cl\u00f4ture de tout l\u2019appareil psychique, cela parce que le moi et les autres instances sont dans un rapport d\u2019embo\u00eetement qui n\u2019est pas concentrique, mais <em>tangentiel<\/em>. Autrement dit toutes les instances se touchent au moins en un point.<\/li>\n\n\n\n<li>Certes, nous avons de bonnes raisons de distinguer entre le moi et le \u00e7a ou le moi et le surmoi, ou encore le moi et l\u2019inconscient etc. Mais notre besoin de distinguer nous expose aussi \u00e0 une possible m\u00e9prise: celle de croire que ces instances existent effectivement en tant qu\u2019entit\u00e9s discr\u00e8tes. Je vais donc citer Freud \u00e0 ce sujet:<\/li>\n\n\n\n<li>\u00ab&nbsp;Dans cette partition de la personnalit\u00e9 en moi, sur-moi, \u00e7a, vous ne pensez pas bien s\u00fbr \u00e0 des fronti\u00e8res tranch\u00e9es, telles qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 trac\u00e9es artificiellement en g\u00e9ographie politique. Nous ne pouvons faire droit \u00e0 la sp\u00e9cificit\u00e9 du psychique par des contours lin\u00e9aires comme dans le dessin ou la peinture primitive, mais plut\u00f4t par des champs de couleur qui se fondent comme chez les peintre modernes. Apr\u00e8s avoir s\u00e9par\u00e9, il nous faut lasser de nouveau confluer ce qui a \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9.\u201d (Freud, 1932, \u201cLa d\u00e9composition de la personnalit\u00e9 psychique&nbsp;\u00bb, in: <em>Nouvelle suite de le\u00e7ons d\u2019introduction \u00e0 la psychanalyse<\/em>, OC XIX, p. 162.)<\/li>\n\n\n\n<li>Cette remarque nous laisse bien entendre la difficult\u00e9 de tenir en m\u00eame temps pr\u00e9sents \u00e0 l\u2019esprit une conception unitaire et une conception \u00ab&nbsp;d\u00e9compos\u00e9e&nbsp;\u00bb de la personnalit\u00e9 psychique. Pour ma part, j\u2019y vois une raison de plus de penser en termes de processus et de fonctions plut\u00f4t que de structures. Mais cela ne signifie pas qu\u2019il faut se d\u00e9barrasser de la notion de structure. Je pr\u00e9f\u00e8re alors poser qu\u2019une structure est un processus tr\u00e8s lent (son <em>moment<\/em> est petit), alors qu\u2019un processus est une structure en transformation rapide (<em>moment <\/em>plus important)\u2026<\/li>\n\n\n\n<li>Nous dirons que de la cristallisation du psychique en une structure appel\u00e9e \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb, d\u2019une part ne signifie pas que toute l\u2019\u00e9nergie y a \u00e9t\u00e9 li\u00e9e, puisque nous avons vu que toute organisation, toute prise de forme, entra\u00eene du m\u00eame coup du pr\u00e9-individuel, de l\u2019informe, bref ce qu\u2019en psychanalyse nous appelons le refoul\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li>D\u2019autre part, l\u2019existence de ce moi ne fait pas qu\u2019exprimer sa propre stabilit\u00e9; sa seule existence stabilise la psych\u00e9 tout enti\u00e8re. Dans le vaste champ non-diff\u00e9renci\u00e9 o\u00f9 l\u2019\u00e9nergie d\u2019excitation pouvait circuler librement et trouver les voies les plus courtes pour se d\u00e9penser, la pr\u00e9sence du moi exerce un r\u00f4le d\u2019inhibition (voir les points 30 et 31).<\/li>\n\n\n\n<li>On pourrait dire cela \u00e0 l\u2019envers: la possibilit\u00e9 d\u2019une inhibition, c\u2019est ce que nous appelons \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb. Voil\u00e0 donc que la pr\u00e9sence du moi institue un r\u00e9gime d\u2019<em>\u00e9nergie potentielle<\/em>, mais qui ne correspond pas exactement \u00e0 l\u2019\u00e9nergie li\u00e9e dans le moi. Celle-ci a \u00e9t\u00e9, pour ainsi dire, \u00ab&nbsp;d\u00e9pens\u00e9e&nbsp;\u00bb en cr\u00e9ation de liens structurels. Mais cette pr\u00e9sence, avec ses frayages, signifie du m\u00eame coup que toute \u00e9nergie qui n\u2019est pas fix\u00e9e dans ses liens internes n\u2019est plus aussi libre qu\u2019elle l\u2019aurait \u00e9t\u00e9 en absence du moi.<\/li>\n\n\n\n<li>La structure qu\u2019est le moi est constamment expos\u00e9e \u00e0 la pouss\u00e9e (au \u00ab&nbsp;moment moteur&nbsp;\u00bb) du refoul\u00e9, mais remarquons que la r\u00e9ciproque est aussi vraie: la pr\u00e9sence du moi entra\u00eene une <em>relative<\/em> <em>stabilisation<\/em> du refoul\u00e9. Cette \u00e9nergie qui n\u2019est pas li\u00e9e au moi n\u2019est pas non plus de l\u2019\u00e9nergie compl\u00e8tement libre. Elle constitue ainsi une \u00e9nergie potentielle, pr\u00eate \u00e0 se manifester d\u00e8s que, pour une quelconque raison, le moi cesse de veiller au grain ou, pour le dire plus positivement, d\u00e8s que le moi se laisse aller \u00e0 admettre une relative turbulence, une excitation qui, faut-il souligner, ne manque pas de provoquer du plaisir au moi lui-m\u00eame.<\/li>\n\n\n\n<li>Dans notre approche de la quantit\u00e9, il convient de partir d\u2019un point de vue interne au syst\u00e8me psychique et non de l\u2019ext\u00e9rieur. Je veux dire que la quantit\u00e9, en fin de compte, ne se con\u00e7oit que <em>du point de vue du moi<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire du point de vue des <em>processus lents<\/em> que nous appelons \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb et qui contrastent avec les <em>processus rapides<\/em> de d\u00e9pense plus intempestive de la quantit\u00e9 que nous appelons \u00e9nergie pulsionnelle ou libido.<\/li>\n\n\n\n<li>Or nous avons vu \u00e9galement que les perturbations qui affectent la psych\u00e9, qui l\u2019obligent \u00e0 se r\u00e9organiser en r\u00e9ponse au d\u00e9sordre que ces perturbations causent, c\u2019est en fait ce qui constitue pour cette psych\u00e9 une <em>information<\/em>.<\/li>\n\n\n\n<li>Serions-nous donc en train de dire que, finalement, la quantit\u00e9 dont nous parlons en psychanalyse ne serait autre que la quantit\u00e9 d\u2019information?<\/li>\n\n\n\n<li>C\u2019est tout \u00e0 fait possible, mais pour cela il est n\u00e9cessaire de consid\u00e9rer que l\u2019information se d\u00e9double elle-m\u00eame en signal clair et en bruit. Le signal clair, c\u2019est ce avec quoi l\u2019appareil psychique, appareil transduction ou traductif, sait se d\u00e9brouiller. La quantit\u00e9 qui vraiment le perturbe se pr\u00e9sente plut\u00f4t comme bruit dans la communication.<\/li>\n\n\n\n<li>La quantit\u00e9 dont nous parlons, serait-ce donc tout simplement le \u201cbruit\u201d du monde, ce monde \u201cfull of sound and fury\u201d (plein de bruit et de fureur) dont parle Shakespeare? J\u2019ose croire que ce que je dis l\u00e0 n\u2019est pas seulement une rumeur&nbsp;!<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p><br>D.S.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Parvenus au terme de cette ann\u00e9e que nous avons d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la r\u00e9flexion sur la quantit\u00e9 en psychanalyse, il me faut bien constater que le sujet non seulement est loin d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9puis\u00e9, mais ouvre sur de nombreuses autres dimensions de la pens\u00e9e freudienne. J\u2019ai pens\u00e9 que plut\u00f4t que d\u2019\u00e9crire un texte, je vous proposerais<a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1747\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a035- QUELQUES PROPOSITIONS PROVISOIRES\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1747","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-proposes-a-la-discussion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1747","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1747"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1747\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2391,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1747\/revisions\/2391"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1747"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1747"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1747"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}