{"id":1223,"date":"2019-08-18T11:46:53","date_gmt":"2019-08-18T15:46:53","guid":{"rendered":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1223"},"modified":"2021-12-25T12:13:30","modified_gmt":"2021-12-25T17:13:30","slug":"26-les-questions-et-les-reponses-le-refoulement-pierre-angulaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1223","title":{"rendered":"26- LES QUESTIONS&#8230; ET LES R\u00c9PONSES. LE REFOULEMENT, PIERRE ANGULAIRE."},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Pour \u00ab&nbsp;l\u2019\u00eatre en question&nbsp;\u00bb, un probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9soudre est que les questions tendent \u00e0 \u00e9lever la tension psychique et donc \u00e0 provoquer un d\u00e9plaisir, d\u2019o\u00f9 la tendance naturelle \u00e0 trouver le plus t\u00f4t possible des r\u00e9ponses (principe de plaisir). Seul un entra\u00eenement prolong\u00e9, une longue exp\u00e9rience et une m\u00e9ditation patiente peut corriger la situation et faire en sorte que l\u2019on donne priorit\u00e9 \u00e0 la position \u00ab&nbsp;questionnante&nbsp;\u00bb et qu\u2019on y trouve m\u00eame du plaisir; mais cette position est toujours d\u00e9rangeante et l\u2019on sait que de grands questionneurs, tel Socrate, Giordano Bruno et bien d\u2019autres l\u2019ont pay\u00e9e cher.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9mission d\u2019une r\u00e9ponse quelle qu\u2019elle soit, a tendance \u00e0 abaisser le niveau de tension, et donc \u00e0 \u00eatre ressentie comme plaisante; d\u2019o\u00f9 des solutions pr\u00e9cipit\u00e9es, des th\u00e9ories h\u00e2tives, des r\u00e9ponses parfois b\u00e2cl\u00e9es. Non qu\u2019on puisse jamais totalement \u00e9chapper \u00e0 cette tendance, mais en tout cas il faut noter que rester du c\u00f4t\u00e9 des questions plut\u00f4t que des r\u00e9ponses est plus fatigant et qu\u2019il faut bien, de temps en temps, avoir l\u2019impression d\u2019avoir \u00ab&nbsp;trouv\u00e9&nbsp;\u00bb. On attribue \u00e0 Picasso la phrase \u00ab&nbsp;Je ne cherche pas, je trouve&nbsp;\u00bb, mais dans la mesure o\u00f9 cela est possible, \u00ab&nbsp;trouver sans chercher&nbsp;\u00bb peut signifier qu\u2019en tant qu\u2019artiste on peut se permettre de r\u00e9pondre \u00e0 des questions qui sont demeur\u00e9es inconscientes, et que ce sera le spectateur qui se posera (ou non) des questions devant l\u2019\u0153uvre; c\u2019est l\u2019\u0153uvre qui nous interroge, nous spectateurs. L\u2019artiste aurait donc trouv\u00e9\u2026 de bonnes fa\u00e7ons de poser des questions non articul\u00e9es en mots. Tandis que pour \u00e9laborer une pens\u00e9e, il convient d\u2019expliciter les questions et de les articuler de mani\u00e8re ouvertement partageable. Non que l\u2019\u00e9laboration d\u2019une pens\u00e9e aboutisse seulement \u00e0 des contenus manifestes&nbsp;: les grandes \u0153uvres de pens\u00e9e continuent de nous interroger, m\u00eame apr\u00e8s des si\u00e8cles, et n\u2019ont jamais fini de nous livrer de nouvelles fa\u00e7ons de les lire. Que ce soit en art ou dans les \u0153uvres de pens\u00e9e, il faut travailler \u00e0 non seulement poser les bonnes questions, mais aussi \u00e0 les poser <em>de la bonne fa\u00e7on<\/em>. Pour l\u2019artiste ce sera une affaire de formes plastiques, sensorielles. Pour le travail de pens\u00e9e, il s\u2019agit de trouver des formes d\u2019expression qui stimulent la r\u00e9flexion tou en veillant \u00e0 ne pas l\u2019\u00e9garer sur des chemins sans issue.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est, je crois, une fa\u00e7on de comprendre ce qu\u2019exigeait Karl Popper \u00e0 propos des hypoth\u00e8ses et th\u00e9ories scientifiques. Pour lui le probl\u00e8me n\u2019est pas d\u2019abord de savoir si une th\u00e9orie est vraie ou fausse: \u00e0 cela, l\u2019exp\u00e9rimentation et la r\u00e9flexion sur les r\u00e9sultats de l\u2019exp\u00e9rimentation pourront r\u00e9pondre, m\u00eame si de fa\u00e7on provisoire. Le probl\u00e8me que soul\u00e8ve Popper est plut\u00f4t de savoir si la th\u00e9orie envisag\u00e9e <em>r\u00e9pond<\/em> <em>\u00e0 une question bien pos\u00e9e<\/em>. Selon lui, une question bien pos\u00e9e est celle dont la r\u00e9ponse peut en principe \u00eatre r\u00e9futable, falsifiable. Par exemple, en science \u00ab&nbsp;Dieu existe-t-il &nbsp;?&nbsp;\u00bb est une question mal pos\u00e9e, parce que la r\u00e9ponse, n\u00e9gative ou positive, n\u2019est pas r\u00e9futable.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement aux scientifiques, les artistes, \u00e9crivains et cr\u00e9ateurs ne sont pas soumis \u00e0 ce crit\u00e8re de r\u00e9futabilit\u00e9. Un artiste qui vient \u00e0 la suite de Picasso peut apprendre les <em>techniques<\/em> picturales de celui-ci, mais il n\u2019a pas acc\u00e8s aux questions implicites qui motivaient chez Picasso la production d\u2019un tableau ou d\u2019une sculpture, et de toute fa\u00e7on ce serait bien triste si cet artiste ne visait qu\u2019\u00e0 arriver aux m\u00eames r\u00e9ponses que le grand ma\u00eetre espagnol! L\u00e0 o\u00f9 en science il s\u2019agit, apr\u00e8s avoir pos\u00e9 de bonnes questions, de pouvoir <em>reproduire<\/em> les r\u00e9sultats \u00e0 l\u2019identique pour s\u2019assurer de leur validit\u00e9, en art, la reproduction d\u2019une \u0153uvre de ma\u00eetre n\u2019est tout au plus que la manifestation d\u2019une habilet\u00e9 technique. Il y manquera ce que Walter Benjamin appelle l\u2019<em>aura<\/em> propre \u00e0 une \u0153uvre originale<sup class='footnote'><a href='#fn-1223-1' id='fnref-1223-1' onclick='return fdfootnote_show(1223)'>1<\/a><\/sup> L\u2019<em>aura<\/em>, \u00e9crit Benjamin, \u00ab&nbsp;[o]n pourrait la d\u00e9finir comme l\u2019unique apparition d\u2019un lointain, si proche soit-il&nbsp;\u00bb (p. 278). Beaucoup de commentaires ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits \u00e0 propos de ce texte important de W. Benjamin, et je ne me risquerai pas \u00e0 y ajouter le mien. J\u2019ajoute cette r\u00e9f\u00e9rence pour mieux faire appara\u00eetre ce qui me semble la position originale de la psychanalyse, dans la ligne de pens\u00e9e que je poursuis en ce moment.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre art et science, la psychanalyse, de par sa m\u00e9thode et sa position <em>m\u00e9tapsychologique<\/em>, se situe en position <em>autre<\/em>: ni science au sens strict, ni seulement art. On pourrait dire que son caract\u00e8res sp\u00e9cifique est celui d\u2019une attention dirig\u00e9e <em>autrement<\/em> que les sciences ou les arts. Ni attention dirig\u00e9e et soutenue, comme il sied aux sciences vou\u00e9es \u00e0 la reproductibilit\u00e9 des r\u00e9sultats, ni pure cr\u00e9ativit\u00e9 comme dans les arts. L\u2019analyste ne travaille pas sur un objet dont on contr\u00f4lerait les variables et ne vise pas des r\u00e9sultats reproductibles. Dans ce sens elle semblerait tourn\u00e9e plut\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 de \u00ab&nbsp;l\u2019unique apparition d\u2019un lointain&nbsp;\u00bb, de l\u2019aura dont parle Benjamin. Cependant, il n\u2019est pas possible non plus de faire valoir le travail analytique comme \u0153uvre d\u2019art. Cela parce que l\u2019analyse se passe dans un rapport essentiellement priv\u00e9, nullement destin\u00e9 \u00e0 l\u2019exposition publique. Certains moments analytiques semblent pourtant dot\u00e9s de cette aura, de cette \u00ab&nbsp;unique apparition d\u2019un lointain&nbsp;\u00bb dont parle Benjamin. Mais on fait tous, je crois, l\u2019exp\u00e9rience suivante: lorsqu\u2019on essaie de raconter \u00e0 d\u2019autres ces moments analytiques uniques, on constate que leur aura s\u2019est \u00e9vanouie. La narration a beau \u00eatre \u00e9crite de la plus belle plume \u2013&nbsp;comme dans les histoires de cas de Freud \u2013, elle ne reconduira pas l\u2019exp\u00e9rience analytique en tant que telle, tandis que l\u2019\u0153uvre d\u2019art, si l\u2019on se donne les conditions propices pour la rencontrer, poss\u00e8dera l\u2019aura unique qui est la sienne et qui nous affectera, chacun diff\u00e9remment, en pointant vers \u00ab&nbsp;un lointain&nbsp;\u00bb dont nous pourrons plus ou moins obscur\u00e9ment t\u00e9moigner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, nous sentons, en psychanalyse, le besoin d\u2019articuler de fa\u00e7on rigoureuse une th\u00e9orie qui soit communicable \u00e0 d\u2019autres psychanalystes, qui puisse \u00e9clairer la pratique et stimuler une \u00e9laboration ult\u00e9rieure. Pour cette raison, bien que ne nous r\u00e9clamant pas des \u00ab&nbsp;sciences dures&nbsp;\u00bb, nous ne saurions non plus pr\u00e9tendre jouir du privil\u00e8ge de Picasso, ou de tout autre artiste, et d\u00e9clarer (comme l\u2019a fait Lacan) que nous ne faisons que trouver.<\/p>\n\n\n\n<p>Un aspect particulier \u00e0 notre discipline est que la pratique nous am\u00e8ne des sujets dont les \u00ab&nbsp;r\u00e9ponses&nbsp;\u00bb tent\u00e9es au cours de leur existence sont l\u2019aspect qui nous est le plus accessible: r\u00e9ponses qui, du fait m\u00eame que le sujet vient demander une analyse, doivent avoir \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;insuffisantes&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;inad\u00e9quates&nbsp;\u00bb face aux situations rencontr\u00e9es jusque-l\u00e0. Mais au fait, ces r\u00e9ponses ne seraient-elles pas probl\u00e9matiques avant tout parce que les questions qui les ont suscit\u00e9es <em>ne pouvaient pas<\/em> \u00eatre bien formul\u00e9es&nbsp;? Non que, dans notre existence, nous devions nous formuler des questions sujettes \u00e0 r\u00e9futabilit\u00e9&nbsp;! La vie n\u2019est pas une exp\u00e9rience scientifique&nbsp;! Non, le probl\u00e8me est que nous sommes confront\u00e9s \u00e0 des questions <em>non-formul\u00e9es<\/em>, ou encore que nous h\u00e9ritons \u00e0 la fois de <em>questions obscures<\/em> (qui ne sont pas formul\u00e9es chez les \u00e9metteurs eux-m\u00eames) et de <em>r\u00e9ponses toutes faites<\/em>, de mod\u00e8les, de mani\u00e8res de faire, de dire et de penser d\u00e9j\u00e0 constitu\u00e9es que tout nous pousserait \u00e0 reproduire, si possible, \u00e0 l\u2019identique. Cela est observable tant dans la pratique avec des individus qu\u2019au plan social. La psychologie de masse se caract\u00e9rise, entre autres choses, par l\u2019\u00e9vitement de l\u2019esprit critique, de la capacit\u00e9 de (se) poser des questions.<\/p>\n\n\n\n<p>La production de r\u00e9ponses aux questions dont nous nous occupons est \u00e9videmment modul\u00e9e par la position du sujet soumis aux dites questions. Revenons bri\u00e8vement \u00e0 la situation de l\u2019<em>infans<\/em>, dans la mesure o\u00f9, comme on sait, le mot m\u00eame d\u2019<em>infans<\/em> concerne, pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019incapacit\u00e9 de parler, de formuler en mots questions et r\u00e9ponses. Quand la position de base de l\u2019infans \u2013&nbsp;son \u00ab&nbsp;<em>going on being<\/em>&nbsp;\u00bb, comme le formule Winnicott&nbsp;\u2013 est perturb\u00e9e par l\u2019impact de ce qui vient de l\u2019autre, on a vu au chapitre pr\u00e9c\u00e9dent que deux modalit\u00e9s principales s\u2019ouvrent devant lui. Soulignons une fois de plus que ces deux modalit\u00e9s ne sont pas en r\u00e9alit\u00e9 ind\u00e9pendantes l\u2019une de l\u2019autre et que seule une division artificielle par domaine de connaissance les distingue. La m\u00e9thode analytique exige en effet d\u2019exclure une de ces deux modalit\u00e9s afin de rendre l\u2019autre plus op\u00e9rante en cours de s\u00e9ance.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a d\u2019une part la modalit\u00e9 que nous disions <em>\u00e9thologique,<\/em> celle o\u00f9 des m\u00e9canismes \u00e9labor\u00e9s au cours de l\u2019\u00e9volution de l\u2019esp\u00e8ce permettent un ajustement plus ou moins optimal entre l\u2019infans et l\u2019adulte qui en a soin: c\u2019est, comme on l\u2019a vu pr\u00e9c\u00e9demment, le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019attachement. Si l\u2019on examine cette modalit\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment, on peut dire qu\u2019elle comporte des questions pour lesquelles l\u2019\u00e9volution aura d\u00e9j\u00e0 fourni sinon des r\u00e9ponses compl\u00e8tes, au moins des prototypes de r\u00e9ponses, l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue par l\u2019infans \u00e9tant alors soutenue par les soins, la patience et la tendresse de l\u2019adulte. \u00c0 la question v\u00e9cue par le nouveau-n\u00e9 en tant que \u00ab&nbsp;faim&nbsp;\u00bb, il y a des r\u00e9ponses pr\u00e9vues du c\u00f4t\u00e9 maternel. De m\u00eame, c\u00f4t\u00e9 m\u00e8re, \u00e0 la question: \u00ab&nbsp;Que suis-je pour cet enfant&nbsp;?&nbsp;\u00bb le nouveau-n\u00e9 apportera bient\u00f4t des r\u00e9ponses sous forme de cris qui s\u2019entendent comme des appels, etc. L\u2019accordage (<em>attunement<\/em>) se fera progressivement, profitant de la compl\u00e9mentarit\u00e9 entre les pr\u00e9dispositions inn\u00e9es et l\u2019apprentissage progressif par essais et erreurs. Ainsi, un nouveau-n\u00e9 est dot\u00e9 de certains m\u00e9canismes inn\u00e9s le portant \u00e0 t\u00e9ter le sein (r\u00e9flexe du <em>rooting<\/em>, p. ex.), mais toute m\u00e8re aura fait l\u2019exp\u00e9rience que cela ne fonctionne pas parfaitement au premier essai et qu\u2019il faudra quelques jours d\u2019ajustement avant que la chose semble aller de soi. Vues sous cet angle, quand tout se passe assez bien, questions et r\u00e9ponses semblent se succ\u00e9der et se compl\u00e9menter sans trop de probl\u00e8mes. Tableau id\u00e9al, voire idyllique, mais en partie faux, puisque rien chez l\u2019humain ne se passe au simple plan \u00e9thologique ou de l\u2019attachement. La th\u00e9orie de l\u2019attachement elle-m\u00eame a bien d\u00fb poser des styles d\u2019attachement vari\u00e9s et parfois probl\u00e9matiques (attachement anxieux, \u00e9vitant, ambivalent d\u00e9sorganis\u00e9, etc.), mais tout cela rel\u00e8ve du plan <em>psychologique<\/em> des comportements observables.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autre modalit\u00e9 est celle du <em>sexuel<\/em> au sens psychanalytique du terme (<em>Sexual<\/em>, chez Laplanche). La prise en compte de cette autre modalit\u00e9 n\u2019est pas une lubie th\u00e9orique. Elle r\u00e9sulte de la consid\u00e9ration \u2013&nbsp;assez banale, mais ais\u00e9ment n\u00e9glig\u00e9e&nbsp;\u2013 que la relation de l\u2019adulte \u00e0 l\u2019enfant est de part en part travers\u00e9e par un courant sexuel. Ainsi, pour revenir \u00e0 la t\u00e9t\u00e9e, Laplanche demande: comment peut-on ignorer que le sein de la m\u00e8re est non seulement un organe nourricier, mais un organe sexuel tr\u00e8s investi par la m\u00e8re&nbsp;? Qui plus est, ajoutera de M\u2019Uzan, le mamelon est un organe <em>\u00e9rectile<\/em> dont la stimulation, y compris par la t\u00e9t\u00e9e de l\u2019enfant, peut conduire jusqu\u2019\u00e0 l\u2019orgasme. Mais attention&nbsp;: il n\u2019est nul besoin que la m\u00e8re \u00e9prouve un orgasme pour que la situation soit charg\u00e9e de <em>Sexual<\/em>. Le plus important est ailleurs: c\u2019est le fait que la m\u00e8re, le p\u00e8re ou tout adulte qui interagit avec l\u2019infans est aux prises avec un inconscient, c\u2019est-\u00e0-dire avec son propre <em>Sexual<\/em> refoul\u00e9, fait de d\u00e9sirs et de fantasmes \u2013&nbsp;cela, c\u2019est l\u2019exp\u00e9rience analytique qui nous l\u2019apprend. Les interactions adulte-enfant ne peuvent manquer de solliciter quelque chose de ce sexuel refoul\u00e9 de l\u2019adulte, qui viendra s\u2019immiscer dans la relation d\u2019attachement, \u00ab&nbsp;contaminant&nbsp;\u00bb, si l\u2019on peut dire, les m\u00e9canismes adaptatifs de la modalit\u00e9 que nous avons qualifi\u00e9e d\u2019\u00e9thologique. On peut dire que ce courant est une fa\u00e7on de \u00ab&nbsp;passer&nbsp;\u00bb les questions&nbsp;de l\u2019adulte \u00e0 l\u2019enfant; questions non-formul\u00e9es en tant que telles, y compris chez l\u2019adulte; transmission qui transcende les individus, les g\u00e9n\u00e9rations et les \u00e9poques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Je reviens ainsi, comme on voit, \u00e0 la s\u00e9duction au sens g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de Laplanche. Mais il y a lieu, comme annonc\u00e9 la fois pr\u00e9c\u00e9dente, d\u2019y ajouter des observations venant d\u2019une autre th\u00e9oricienne de la psychanalyse, Piera Aulagnier, qui s\u2019est attard\u00e9e \u00e0 la relation m\u00e8re-<em>infans<\/em> sous un autre angle. Dans un article intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Demande et identification&nbsp;\u00bb <sup class='footnote'><a href='#fn-1223-2' id='fnref-1223-2' onclick='return fdfootnote_show(1223)'>2<\/a><\/sup>, Aulagnier d\u00e9crit avec minutie le va-et-vient entre besoin, d\u00e9sir et demande qui se produit entre m\u00e8re et enfant. Avec des formules telles que \u00ab&nbsp;La m\u00e8re d\u00e9sire que l\u2019enfant demande&nbsp;\u00bb, de m\u00eame que par le constat que l\u2019offre maternelle pr\u00e9c\u00e8de la demande de l\u2019enfant, nous nous trouvons sur une voie qui, pour \u00eatre parall\u00e8le \u00e0 celle de Laplanche, d\u00e9crit ce qu\u2019on peut appeler l\u2019aspect narcissique et identificatoire de la s\u00e9duction. Mais on aurait tort, \u00e0 mon avis, d\u2019y voir deux lectures contrast\u00e9es de la m\u00eame situation. Ainsi, le <em>d\u00e9sir<\/em> de la m\u00e8re que l\u2019infans demande le sein n\u2019inclut-il pas par d\u00e9finition son \u00eatre <em>sexu\u00e9<\/em> autant que son <em>id\u00e9al<\/em> d\u2019\u00eatre une bonne m\u00e8re? Un id\u00e9al qui s\u2019obtient par une d\u00e9sexualisation relative et la transformation du pulsionnel en libido narcissique. Sans utiliser ni le terme ni le concept d\u2019attachement, Aulagnier montre que les m\u00e9canismes inn\u00e9s n\u2019op\u00e8rent pas ind\u00e9pendamment de la dimension sexuelle, ni dans sa version directe (qui chez Laplanche se nomme s\u00e9duction g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e) ni dans sa version indirecte (d\u00e9sir d\u2019\u00eatre objet de demande; refoulement de ses propres d\u00e9sirs \u0153dipiens, identification de l\u2019enfant et besoin d\u2019\u00eatre identifi\u00e9e par celui-ci, chez Aulagnier).<\/p>\n\n\n\n<p>Ne manquons pas de noter \u00e9galement que dans les formulations de ces deux auteurs surgit n\u00e9cessairement la dimension de la \u00ab&nbsp;question&nbsp;\u00bb. En effet, on a vu que chez Laplanche, l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019infans \u2013&nbsp;qui se trouve au p\u00f4le r\u00e9cepteur des messages compromis \u2013 pourrait se formuler ainsi : \u00ab&nbsp;Que me veut-il&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Dans la description faite par Aulagnier il est pareillement notable que le d\u00e9sir de la m\u00e8re d\u2019\u00eatre l\u2019objet de la demande de l\u2019enfant rel\u00e8ve de l\u2019univers des questions, comme le mot \u00ab&nbsp;demande&nbsp;\u00bb le sugg\u00e8re&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qui\/que suis-je pour toi&nbsp;?&nbsp;\u00bb en serait une formulation possible. R\u00e9p\u00e9tons-le, ces questions ne sont pas formul\u00e9es verbalement, ni les r\u00e9ponses qu\u2019elles suscitent d\u2019ailleurs. Cette absence d\u2019articulation verbale constitue d\u00e9j\u00e0 leur caract\u00e8re non conscient, quoique pas n\u00e9cessairement refoul\u00e9. Le refoulement, lui, viendra ensuite, en tant que l\u2019avers des r\u00e9ponses qui seront tent\u00e9es par l\u2019<em>infans<\/em>; cela selon le mod\u00e8le traductif introduit par Freud et que nous avons examin\u00e9. Ces traductions s\u2019inscrivent d\u2019une part comme des r\u00e9ponses, mais constituent aussi de nouvelles questions. Cela parce qu\u2019aucune r\u00e9ponse finale ne peut \u00eatre trouv\u00e9e aux \u00e9nigmes du d\u00e9sir de l\u2019autre qui se pr\u00e9sentent dans la \u00ab&nbsp;situation anthropologique fondamentale&nbsp;\u00bb. Situation caract\u00e9ris\u00e9e d\u2019une part par la dissym\u00e9trie entre adulte et enfant: adulte dot\u00e9 d\u2019un inconscient refoul\u00e9; enfant port\u00e9 \u00e0 traduire l\u2019exc\u00e8s de sens v\u00e9hicul\u00e9 par le message compromis \u00e0 l\u2019aide des instruments que lui auront transmis les m\u00eames adultes-s\u00e9ducteurs malgr\u00e9 eux. Ces instruments incluent, avec le langage, les formes mytho-symboliques propres \u00e0 la culture ambiante; ces formes op\u00e8rent des effets qu\u2019Aulagnier nomme \u00ab&nbsp;violence primaire&nbsp;\u00bb, formes qui viennent \u00ab&nbsp;informer&nbsp;\u00bb les v\u00e9cus corporels, psychiques et relationnels de l\u2019<em>infans<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces formes traductives, faut-il noter, sont d\u00e9j\u00e0 <em>elles-m\u00eames marqu\u00e9es par les refoulements propre \u00e0 la culture qui les porte<\/em> et ne sauraient donc offrir de traduction int\u00e9grale aux \u00e9nigmes auxquelles l\u2019<em>infans<\/em> est confront\u00e9. C\u2019est ce qui fait que chaque traduction op\u00e9r\u00e9e par l\u2019enfant op\u00e8re en m\u00eame temps un refoulement, par un \u00e9chec au moins partiel de traduction. Nous nous trouvons ainsi devant un processus en spirale&nbsp;: un refoulement en entra\u00eene un autre, et c\u2019est sans doute ainsi qu\u2019il faut concevoir la notion de <em>refoulement originaire<\/em>. Rappelons que le mot \u00ab&nbsp;originaire&nbsp;\u00bb ne signifie pas \u00ab&nbsp;premier&nbsp;\u00bb&nbsp;; l\u2019origine dont il est question dans ce concept c\u2019est la <em>r\u00e9it\u00e9ration permanente<\/em> du couple traduction\/\u00e9chec de traduction. Mais puisque la traduction incompl\u00e8te n\u2019est pas le seul fait de l\u2019enfant \u2013&nbsp;la culture elle-m\u00eame manquant \u00e0 donner \u00e0 l\u2019infans la possibilit\u00e9 d\u2019une traduction int\u00e9grale&nbsp;\u2013 on en conclut que <em>cet \u00e9chec est<\/em> <em>inscrit dans le rapport fondamental individu\/culture<\/em>. C\u2019est peut-\u00eatre dans ce sens que l\u2019on peut affirmer que le refoulement est \u00ab&nbsp;d\u2019origine&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;\u00e0 l\u2019origine&nbsp;\u00bb. Oserons-nous faire un pas de plus et d\u00e9clarer que <em>l\u2019origine, c\u2019est le refoulement<\/em>&nbsp;? Nous avions vu qu\u2019il faut poser \u00e0 l\u2019origine le trac\u00e9 d\u2019une limite, d\u2019une marque diff\u00e9rentielle. Et Jacques Mauger avait alors signal\u00e9 que c\u2019est seulement \u00e0 partir d\u2019une limite qu\u2019il est possible de penser l\u2019illimit\u00e9. On pourrait m\u00eame dire que c\u2019est du fait de la limite qu\u2019il est possible de penser tout court. Tout cela m\u00e9rite discussion et r\u00e9flexion, mais affirmer la proximit\u00e9, voire l\u2019\u00e9quivalence entre refoulement et originaire, n\u2019est pas si surprenant si on s\u2019accorde avec Freud pour dire que <em>la th\u00e9orie du refoulement est la pierre angulaire de la th\u00e9orie psychanalytique<\/em>. Ce statut de pierre angulaire peut s\u2019entendre de deux fa\u00e7ons&nbsp;: pierre angulaire <em>parmi<\/em> les autres \u00ab&nbsp;pierres&nbsp;\u00bb constitutives de la th\u00e9orie, mais aussi, et peut-\u00eatre surtout, <em>pierre angulaire de la possibilit\u00e9 m\u00eame de th\u00e9oriser<\/em>!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p><em>Difficult\u00e9 de la question et trivialit\u00e9 des r\u00e9ponses<\/em><br>Chose int\u00e9ressante, le philosophe Ludwig Wittgenstein a \u00e9crit que \u00ab&nbsp;la philosophie d\u00e9noue des noeuds dans notre pens\u00e9e&nbsp;\u00bb <sup class='footnote'><a href='#fn-1223-3' id='fnref-1223-3' onclick='return fdfootnote_show(1223)'>3<\/a><\/sup>. Devant une question difficile, qui nous taraude, on peut s\u2019impatienter et tenter de \u00ab&nbsp;trancher le n\u0153ud&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire de \u00ab&nbsp;prendre un parti unilat\u00e9ral&nbsp;\u00bb, \u00e9crit Descombes en rapportant la pens\u00e9e de Wittgenstein. Or&nbsp;: \u00ab&nbsp;la bonne m\u00e9thode est de faire preuve de patience et de d\u00e9tacher les fils progressivement. On parvient alors \u00e0 une r\u00e9ponse qui para\u00eet triviale et qui, en effet, est triviale. Pourtant, si notre question \u00e9tait bien philosophique, nous ne sommes nullement d\u00e9\u00e7us, car ce que nous cherchions n\u2019\u00e9tait pas vraiment cette r\u00e9ponse (nous la connaissions d\u00e9j\u00e0), mais un moyen de l\u2019accepter comme bonne r\u00e9ponse. Et c\u2019est justement cela que le noeud conceptuel nous emp\u00eachait de faire. La r\u00e9ponse est triviale, mais le chemin vers cette r\u00e9ponse ne l\u2019est pas.&nbsp;\u00bb <sup class='footnote'><a href='#fn-1223-4' id='fnref-1223-4' onclick='return fdfootnote_show(1223)'>4<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Il me semble que c\u2019est l\u00e0 une r\u00e9flexion tout a fait applicable \u00e0 la d\u00e9marche psychanalytique.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la question de la trivialit\u00e9 de la r\u00e9ponse, on pense ici \u00e0 ce qu\u2019\u00e9crit Freud dans \u00ab&nbsp;Rem\u00e9moration, r\u00e9p\u00e9tition et perlaboration&nbsp;\u00bb (O.C. vol. XII), quand il note qu\u2019apr\u00e8s une interpr\u00e9tation l\u2019analysant d\u00e9clare: \u00ab&nbsp;je l\u2019ai \u00e0 vrai dire toujours su, mais je n\u2019y ai pas pens\u00e9&nbsp;\u00bb ( p. 188). La chose \u00e9tait donc connue, encore fallait-il y penser! Or qu\u2019est-ce que \u00ab&nbsp;y penser&nbsp;\u00bb&nbsp;? Sans vouloir nous pr\u00e9cipiter vers une r\u00e9ponse globale, je propose que cela signifie entre autres faire le travail de d\u00e9nouement des n\u0153uds dont parle Wittgenstein. Cela n\u2019est pas sans \u00e9voquer la question de la patience n\u00e9cessaire \u00e0 la perlaboration en analyse <sup class='footnote'><a href='#fn-1223-5' id='fnref-1223-5' onclick='return fdfootnote_show(1223)'>5<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il se trouve que le m\u00eame Wittgenstein, que l\u2019on pr\u00e9sente souvent comme un ennemi de la psychanalyse, a <em>nomm\u00e9ment<\/em> compar\u00e9 sa fa\u00e7on de travailler \u00e0 celle da la psychanalyse:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Notre m\u00e9thode ressemble en un sens \u00e0 la psychanalyse. Pour le dire \u00e0 sa fa\u00e7on, on peut dire qu\u2019un \u00e9l\u00e9ment \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans l\u2019inconscient est rendu inoffensif par le fait d\u2019\u00eatre articul\u00e9. Et cette comparaison avec l\u2019analyse pourrait \u00eatre pouss\u00e9e plus loin. (Et cette analogie n\u2019est certainement pas une co\u00efncidence.)&nbsp;\u00bb <span style=\"color: #000000;\"><sup class='footnote'><a href='#fn-1223-6' id='fnref-1223-6' onclick='return fdfootnote_show(1223)'>6<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p><span style=\"color: #000000;\">Que Wittgenstein compare sa m\u00e9thode philosophique \u00e0 la psychanalyse et dise que l\u2019analogie n\u2019est s\u00fbrement pas une coincidence et qu\u2019elle peut m\u00eame \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9e davantage, cela devrait nous int\u00e9resser. Notons au passage sa claire compr\u00e9hension du m\u00e9canisme par lequel c\u2019est <em>l\u2019articulation<\/em> de ce qui est inconscient qui rend ce dernier \u00ab&nbsp;<em>harmless<\/em>&nbsp;\u00bb. C\u2019est l\u00e0, j\u2019ose dire, une bonne description du circuit qui part des \u00ab&nbsp;n\u0153uds&nbsp;\u00bb pathog\u00e8nes qui sont \u00e0 d\u00e9faire, pour parvenir \u00e0 une articulation par\/dans la parole. Sauf que ce circuit passe par la confrontation \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019inconscient qui ne parle pas&nbsp;\u00bb <sup class='footnote'><a href='#fn-1223-7' id='fnref-1223-7' onclick='return fdfootnote_show(1223)'>7<\/a><\/sup> et qu\u2019il ne s\u2019agit pas de \u00ab&nbsp;faire parler&nbsp;\u00bb en tant que tel (cet inconscient restera inarticulable). Ce qui se passe, c\u2019est qu\u2019au moment o\u00f9 les r\u00e9ponses pr\u00e9existantes sont \u00ab&nbsp;remises en question&nbsp;\u00bb ou si l\u2019on veut \u00ab&nbsp;soumises \u00e0 la question&nbsp;\u00bb par le travail d\u2019analyse, le caract\u00e8re <em>in-fans<\/em> (qui ne parle pas) de ce plan de l\u2019inconscient se manifestera dans sa capacit\u00e9 \u00e0 exciter et \u00e0 d\u00e9ranger, for\u00e7ant \u00e0 produire de nouvelles \u00ab&nbsp;r\u00e9ponses&nbsp;\u00bb.<br><\/span><br>Je reviens \u00e0 pr\u00e9sent sur ceci, que ce qui est dit par Wittgenstein de la m\u00e9thode philosophique ou psychanalytique se ram\u00e8ne en d\u00e9finitive \u00e0 une description de ce que c\u2019est que penser. Pour Aristote, la capacit\u00e9 d\u2019\u00e9tonnement est aux sources de la pens\u00e9e. Le regard \u00e9tonn\u00e9 que l\u2019on peut porter sur le monde familier, on peut appeler cela, me semble-t-il, la remise en question de ce que l\u2019on croit acquis, voire banal. Penser, c\u2019est penser \u00e0 nouveau, et pour qui craint de verser ainsi dans l\u2019intellectualisme ou dans la pure abstraction, rappelons qu\u2019il n\u2019y a pas de pens\u00e9e digne de ce nom qui soit exempte d\u2019investissement libidinal <sup class='footnote'><a href='#fn-1223-8' id='fnref-1223-8' onclick='return fdfootnote_show(1223)'>8<\/a><\/sup>. Par cons\u00e9quent, la m\u00e9thode analytique n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une m\u00e9thode de pens\u00e9e, une m\u00e9thode pour parvenir \u00e0 penser, c&rsquo;est-\u00e0-dire non pas tant trouver des r\u00e9ponses que poser de bonnes questions, se les poser de la bonne mani\u00e8re. C\u2019est ce qui nous permet d\u2019affirmer par ailleurs l\u2019\u00e9troite solidarit\u00e9 entre la m\u00e9thode analytique employ\u00e9e en s\u00e9ance et la m\u00e9tapsychologie que nous mettons au travail pour penser apr\u00e8s-coup l\u2019exp\u00e9rience psychanalytique.<\/p>\n\n\n<div class='footnotes' id='footnotes-1223'><div class='footnotedivider'><\/div><ol><li id='fn-1223-1'> W. Benjamin (1939) \u00ab&nbsp;L\u2019\u0153uvre d\u2019art \u00e0 l\u2019\u00e9poque de sa reproductibilit\u00e9 technique&nbsp;\u00bb, in <em>\u0152uvres<\/em>, Vol. III, Paris, Gallimard, Coll. Folio Essais, p. 269-316. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1223-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-1223-2'> in <em>Un interpr\u00e8te en qu\u00eate de sens, <\/em>Paris, Rivages, 1986. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1223-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-1223-3'> Cit\u00e9 par Vincent Descombes in <em>Le compl\u00e9ment du sujet<\/em>, Paris, Gallimard, 2004, p. 11. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1223-3'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-1223-4'> Descombes, <em>op. cit.<\/em> p. 12. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1223-4'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-1223-5'> Voir le texte de J. Andr\u00e9 dans la section \u00ab&nbsp;documents&nbsp;\u00bb. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1223-5'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-1223-6'> \u00ab<\/span>&nbsp;Our method resembles psychoanalysis in a certain sense. To use its way of putting things, we could say that a <em>simile<\/em> at work in the unconscious is made harmless by being articulated. And this comparison with analysis can be developed even further. (And this analogy is certainly no coincidence.)&nbsp;\u00bb Ludwig Wittgenstein, <em>Diktat f\u00fcr Schlick <\/em>28, Cit\u00e9 dans : <em>Wittgenstein, Key Concepts.<\/em> Sous la direction de Kelly Dean Jolley, Routledge, 2014. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1223-6'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-1223-7'> Nous\u2026 parlerons de cet aspect dans un prochain texte. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1223-7'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-1223-8'> Fait corrobor\u00e9 du point de vue neuroscientifique par les travaux d\u2019Antonio Damasio rapport\u00e9s dans son livre <em>L\u2019erreur de Descartes<\/em> (Paris, \u00c9d. Odile Jacob, 1994). <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1223-8'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour \u00ab&nbsp;l\u2019\u00eatre en question&nbsp;\u00bb, un probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9soudre est que les questions tendent \u00e0 \u00e9lever la tension psychique et donc \u00e0 provoquer un d\u00e9plaisir, d\u2019o\u00f9 la tendance naturelle \u00e0 trouver le plus t\u00f4t possible des r\u00e9ponses (principe de plaisir). Seul un entra\u00eenement prolong\u00e9, une longue exp\u00e9rience et une m\u00e9ditation patiente peut corriger la situation et<a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1223\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a026- LES QUESTIONS&#8230; ET LES R\u00c9PONSES. 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