{"id":1196,"date":"2019-08-17T11:01:35","date_gmt":"2019-08-17T15:01:35","guid":{"rendered":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1196"},"modified":"2021-12-25T12:14:11","modified_gmt":"2021-12-25T17:14:11","slug":"25-letre-en-question-perception-traduction-et-transduction","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1196","title":{"rendered":"25- L&rsquo;\u00caTRE EN QUESTION:  PERCEPTION, S\u00c9DUCTION, TRADUCTION"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">L\u2019expression \u00ab\u00a0l\u2019\u00eatre en question\u00a0\u00bb ne vise pas ici une interrogation philosophique sur l\u2019\u00eatre. Elle d\u00e9signe surtout un \u00eatre qui questionne, se questionne et \u00ab\u00a0<em>se<\/em> remet en question\u00a0\u00bb; poussant plus loin, on peut dire qu\u2019est ainsi remis en question le concept m\u00eame d\u2019\u00eatre, mais n\u2019ayant pas les comp\u00e9tences voulues pour m\u2019avancer sur ces aspects philosophiques, je soulignerai surtout que dans l\u2019expression \u00ab\u00a0\u00eatre en question\u00a0\u00bb, c\u2019est le \u00ab\u00a0en question\u00a0\u00bb qui est central. Le mot \u00ab\u00a0\u00eatre\u00a0\u00bb, pour sa part, d\u00e9signera non une entit\u00e9 m\u00e9taphysique, mais la vie psychique, <em>le syst\u00e8me vivant psychique<\/em>, le r\u00e9seau mn\u00e9sique postul\u00e9 par Freud dans son <em>Projet<\/em> (voir le texte d\u2019introduction au s\u00e9minaire). On pourrait objecter qu\u2019avec \u00ab\u00a0syst\u00e8me vivant\u00a0\u00bb on tombe, sinon dans l\u2019essentialisme, du moins dans la substance; en r\u00e9ponse \u00e0 cela, je renvoie \u00e0 la d\u00e9finition tr\u00e8s minimaliste que j\u2019ai donn\u00e9e du mot \u00ab\u00a0syst\u00e8me\u00a0\u00bb dans le texte d\u2019introduction, en me fondant sur la th\u00e9orie des syst\u00e8mes vivants autopo\u00ef\u00e9tiques. Pour le dire en deux mots, il y a syst\u00e8me (et donc aussi environnement) d\u00e8s qu\u2019il y a une ligne, une limite qui marque une diff\u00e9rence. En poussant un peu plus loin la logique de ce mode de penser, on trouve que ce qui est d\u00e9terminant, c\u2019est en fait la ligne de d\u00e9marcation elle-m\u00eame et non un ensemble qu\u2019elle encerclerait dans un rapport contenant\/contenu\u2026 Nous aurons l\u2019occasion de revenir sur cet aspect plus tard, puisque j\u2019ai l\u2019intention de proposer, en parlant du moi, quelques id\u00e9es sur la notion de \u00ab\u00a0surfaces\u00a0\u00bb. Des surfaces, dirai-je tout de suite, dont il n\u2019y a pas vraiment \u00e0 se demander s\u2019il y a quelque chose \u00ab en dessous\u00a0\u00bb&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">***<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00eatre en question, on peut pr\u00eater des questions assez \u00e9l\u00e9mentaires: \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce qui se passe&nbsp;? Qu\u2019y a-t-il&nbsp;? Que me veut-on&nbsp;?&nbsp;\u00bb En tenant compte de la notion de trace mn\u00e9sique, on voit que nous avons affaire au rapport entre le psychique (qui est essentiellement m\u00e9moire) et l\u2019appareil de perception-conscience. Ce rapport serait donc \u00e0 concevoir \u00ab&nbsp;en forme de question&nbsp;\u00bb. Qu\u2019est-ce \u00e0 dire&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Comme on sait, je me base volontiers sur la th\u00e9orie de la s\u00e9duction g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de Laplanche qui se fonde sur la primaut\u00e9 de l\u2019autre en psychanalyse. Je dirais que la primaut\u00e9 \u00e0 l\u2019autre, cela met la psych\u00e9 infantile dans une position de <em>r\u00e9activit\u00e9<\/em> \u00e0 l\u2019impact des \u00ab&nbsp;messages compromis&nbsp;\u00bb provenant de cet autre. Ce mot de <em>r\u00e9activit\u00e9<\/em> m\u00e9rite qu\u2019on le d\u00e9plie un peu. Il renvoie \u00e0 une <em>activit\u00e9<\/em>, mais une activit\u00e9 \u00ab&nbsp;en r\u00e9ponse \u00e0&nbsp;\u00bb\u2026 Laplanche consid\u00e8re en effet que l\u2019enfant est un \u00eatre en g\u00e9n\u00e9ral actif (pensons aux \u00ab&nbsp;comp\u00e9tences&nbsp;\u00bb du nouveau-n\u00e9 d\u00e9montr\u00e9es par Brazelton, Stern et d\u2019autres), mais qu\u2019il est cependant dans une position de passivit\u00e9 <em>pour ce qui concerne le sexuel<\/em> (ou le <em>Sexual<\/em>, comme il l\u2019appelle \u00e0 la fin de son \u0153uvre). La s\u00e9duction g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e r\u00e9sulte selon lui de ce d\u00e9calage entre l\u2019adulte et l\u2019enfant, puisque l\u2019enfant est litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;sans paroles&nbsp;\u00bb (<em>in-fans<\/em>) devant l\u2019excitation due au sexuel de l\u2019autre. Mais ce mot de \u00ab&nbsp;passivit\u00e9&nbsp;\u00bb peut induire en erreur si on ne tient pas compte de la pr\u00e9cision qu\u2019apporte Laplanche quant \u00e0 son emploi. Il utilise le mot \u00ab&nbsp;passif&nbsp;\u00bb au sens que lui donnait le philosophe Spinoza quand il qualifiait d\u2019<em>actif<\/em> celui qui a des \u00ab&nbsp;id\u00e9es ad\u00e9quates&nbsp;\u00bb et <em>passif<\/em> celui qui n\u2019a pas des id\u00e9es ad\u00e9quates. Or on peut avoir des \u00ab&nbsp;id\u00e9es ad\u00e9quates&nbsp;\u00bb sur certains aspects de la relation \u00e0 l\u2019autre, mais pas sur certains autres aspects. Ainsi, dans la relation d\u2019attachement, on peut dire que l\u2019enfant acquiert avec le temps des \u00ab&nbsp;id\u00e9es ad\u00e9quates&nbsp;\u00bb sur tout ce qui concerne le vital&nbsp;: il apprend vite \u00e0 appeler quand il a faim, il devient comp\u00e9tent \u00e0 t\u00e9ter, etc. Mais il n\u2019a pas d\u2019\u00ab&nbsp;id\u00e9es ad\u00e9quates&nbsp;\u00bb en ce qui concerne le sexuel, c\u2019est-\u00e0-dire la dimension qui donne aux rapports avec l\u2019autre une allure \u00e0 la fois excitante et \u00e9nigmatique. Excitante parce que l\u2019enfant est dou\u00e9 d\u2019un corps excitable, \u00e9rog\u00e8ne. \u00c9nigmatique, tout simplement parce que le sexuel qui \u00ab&nbsp;contamine&nbsp;\u00bb la relation d\u2019attachement est re\u00e7u en l\u2019absence de tout code pour l\u2019interpr\u00e9ter, cela d\u2019autant plus qu\u2019il est \u00e9mis inconsciemment \u2013 et qu\u2019il est donc \u00e9nigmatique pour l\u2019adulte lui-m\u00eame. <em>C\u2019est dans ce rapport \u00e0 l\u2019\u00e9nigme du sexuel qui compromet les messages des adultes que r\u00e9side la \u00ab&nbsp;passivit\u00e9&nbsp;\u00bb de l\u2019infans.<\/em> J\u2019utilise pour ma part le mot \u00ab&nbsp;r\u00e9activit\u00e9&nbsp;\u00bb pour maintenir pr\u00e9sente la notion que l\u2019enfant deviendra tout de m\u00eame actif face au sexuel, quoique <em>dans un second temps<\/em>, quand il devra bien tenter de trouver des r\u00e9ponses \u00e0 l\u2019\u00e9nigme du sexuel, puisque cette \u00e9nigme le taraude. Il faut en effet tenir compte du fait que nous ne parlons pas d\u2019un \u00e9v\u00e9nement unique, mais de l\u2019exposition r\u00e9p\u00e9t\u00e9e aux messages compromis, sous diverses formes et sur une p\u00e9riode assez longue de la petite enfance et au-del\u00e0&nbsp;; de sorte que la psych\u00e9 ne saurait demeurer indiff\u00e9rente \u00e0 cette dimension dont le caract\u00e8re \u00e9nigmatique est d\u00e9j\u00e0 apte \u00e0 la rendre s\u00e9duisante et s\u00e9ductrice.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec ce mot de r\u00e9activit\u00e9, je ne crois pas contredire la th\u00e9orie de Laplanche, dans la mesure o\u00f9 ce que je propose d\u2019examiner, c\u2019est l\u2019autre face du processus de s\u00e9duction, ce qu\u2019on pourrait appeler la pr\u00e9disposition, ou mieux, la <em>disponibilit\u00e9<\/em> de la psych\u00e9 infantile \u00e0 \u00eatre s\u00e9duite. L\u2019autre mot que j\u2019utilise volontiers, c\u2019est celui avanc\u00e9 par Lyotard: <em>passibilit\u00e9.<\/em> L\u2019<em>infans <\/em>est disponible \u00e0 \u00eatre s\u00e9duit ou mieux: <em>passible de<\/em> <em>s\u00e9duction<\/em> du fait 1- d\u2019un corps-psych\u00e9 excitable; 2- d\u2019une fonction traductive qui pourrait aussi bien s\u2019appeler fonction \u00ab&nbsp;interrogative&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;questionnante&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La notion de <em>disponibilit\u00e9 \u00e0 la s\u00e9duction<\/em> \u00e9voque \u00e0 son tour une notion freudienne un peu n\u00e9glig\u00e9e. Je parle de la notion de \u00ab&nbsp;complaisance somatique&nbsp;\u00bb par laquelle Freud expliquait le choix d\u2019une partie du corps pour la formation d\u2019un sympt\u00f4me de conversion hyst\u00e9rique. Le terme de \u00ab&nbsp;complaisance&nbsp;\u00bb est cependant une traduction insatisfaisante. Particuli\u00e8rement int\u00e9ressant est le terme original allemand employ\u00e9 par Freud, qui est celui d\u2019\u00ab&nbsp;<em>Entgegenkommen<\/em>&nbsp;\u00bb. Traduit litt\u00e9ralement, il signifie le \u00ab&nbsp;venir \u00e0 la rencontre&nbsp;\u00bb, mais peut prendre le sens de \u00ab faire une concession&nbsp;\u00bb. Pour Freud, le \u00ab&nbsp;choix&nbsp;\u00bb du sympt\u00f4me de conversion d\u00e9pendait donc d\u2019une pr\u00e9disposition accidentelle de telle ou telle partie du corps \u00e0 \u00ab&nbsp;venir \u00e0 la rencontre de&nbsp;\u00bb \u2013&nbsp;\u00e0 se pr\u00eater opportun\u00e9ment \u00e0\u2013, conc\u00e9der un instrument \u00e0&nbsp;\u2013 l\u2019expression du conflit inconscient. Dans la th\u00e9orie de l\u2019hyst\u00e9rie, ce rapport est assez <em>contingent,<\/em> accidentel. Pour ma part, je reviens \u00e0 ce terme d\u2019<em>Entgegenkommen <\/em>pour parler plut\u00f4t d\u2019un rapport <em>n\u00e9cessaire<\/em> entre l\u2019effet s\u00e9ducteur de l\u2019\u00e9nigme sexuelle de l\u2019autre (l\u2019adulte) et la disposition de la psych\u00e9 enfantine \u00e0 offrir, \u00e0 conc\u00e9der, pour ainsi dire, une structure d\u2019accueil au message compromis. La fonction traductive inn\u00e9e vient ainsi \u00e0 la rencontre du message \u00e9nigmatique.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le mod\u00e8le traductif<\/em><br>Dans le mod\u00e8le propos\u00e9 par Freud dans sa lettre \u00e0 Fliess du 6 d\u00e9cembre 1896 (lettre 112, anciennement d\u00e9sign\u00e9e \u00ab&nbsp;lettre 52&nbsp;\u00bb), il est question de transcription ou de traduction des traces mn\u00e9siques laiss\u00e9es par la perception. Et Freud pr\u00e9cisera que ce qu\u2019on appelle en clinique \u00ab&nbsp;refoulement&nbsp;\u00bb correspond \u00e0 un \u00ab&nbsp;refusement [ou d\u00e9faut] de la traduction&nbsp;\u00bb. C\u2019est l\u2019origine de ce qu\u2019on appelle le \u00ab&nbsp;mod\u00e8le traductif&nbsp;\u00bb de l\u2019appareil psychique, mod\u00e8le important en ce qu\u2019il rend compte du refoulement d\u2019une fa\u00e7on beaucoup plus dynamique que l\u2019image m\u00e9canique sugg\u00e9r\u00e9e d\u2019habitude par le mot \u00ab&nbsp;refoulement&nbsp;\u00bb. Le mod\u00e8le s\u2019acquitte aussi d\u2019une autre t\u00e2che, soit celle d\u2019expliquer comment op\u00e8re l\u2019<em>apr\u00e8s-coup<\/em>, puisque toute nouvelle traduction, \u00e9checs inclus, signifie une attribution de sens apr\u00e8s coup, qui peut agir en direction temporelle oppos\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire remanier les sens pr\u00e9existants et leur faire acqu\u00e9rir une nouvelle capacit\u00e9 d\u2019action, p. ex. une valeur traumatique, ou au contraire un d\u00e9samor\u00e7age de cette valeur traumatique Ce mod\u00e8le a en outre l\u2019avantage, et ce n\u2019est pas le moindre, de se centrer sur le rapport perception\/m\u00e9moire et donc de tenir compte \u00e0 la fois de l\u2019ext\u00e9rieur du syst\u00e8me psychique (via la perception) et de l\u2019int\u00e9rieur (via les traces mn\u00e9siques). Pour Laplanche, qui a repris et d\u00e9velopp\u00e9 ce mod\u00e8le, nous avons l\u00e0 ce qu\u2019il faut pour d\u00e9crire le refoulement originaire, c&rsquo;est-\u00e0-dire la scission primordiale de l\u2019appareil psychique corr\u00e9lative de la naissance simultan\u00e9e du moi (c\u00f4t\u00e9 r\u00e9ussi de la traduction) et de l\u2019inconscient refoul\u00e9 (c\u00f4t\u00e9 \u00e9chou\u00e9 de la traduction).<\/p>\n\n\n\n<p>Je souhaite cependant m\u2019attarder un peu plus longuement au sch\u00e9ma propos\u00e9 par Freud et au commentaire qu\u2019il en fait, parce que je crois qu\u2019il y a lieu de raffiner davantage notre compr\u00e9hension du mod\u00e8le. Voici les deux pages o\u00f9 il est question de cela:<br><span style=\"font-size: 12pt; color: #000000;\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/page1image45758896-2019-08-17-11-01.png\" alt=\"page1image45758896-2019-08-17-11-01.png\"><br><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/page1image45759104-2019-08-17-11-01.jpg\" alt=\"page1image45759104-2019-08-17-11-01.jpg\"><br><\/span><\/p>\n\n\n\n<p>On notera que Freud dit que le <em>Spc<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire le \u00ab&nbsp;signe de perception&nbsp;\u00bb, correspond \u00e0 la premi\u00e8re inscription des perceptions, \u00ab&nbsp;tout \u00e0 fait incapable de conscience&nbsp;\u00bb (bas de la p. 264) alors que les traces <em>Ics<\/em> et <em>Pcs<\/em> sont respectivement la deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me inscription. Il est aussi remarquable que Freud emploie les mots \u00ab&nbsp;r\u00e9ordonnancement&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;retranscription&nbsp;\u00bb et finalement \u00ab&nbsp;traduction&nbsp;\u00bb, seulement \u00e0 propos de ces inscriptions <em>Ics<\/em> et <em>Pcs<\/em>, aussi appel\u00e9es <em>traces mn\u00e9siques<\/em>. Remarquons cependant qu\u2019il <em>ne dit rien du passage de la perception (Pc) \u00e0 la premi\u00e8re inscription, soit le Spc (signe de perception)<\/em>. Or j\u2019attire l\u2019attention sur cette premi\u00e8re inscription parce que justement, il ne peut pas s\u2019agir l\u00e0 de transcription (puisque c\u2019est une <em>premi\u00e8re<\/em> inscription) et encore moins de traduction: le signe de perception c\u2019est l\u00e0 d\u2019abord pour dire \u00ab&nbsp;<em>you\u2019ve got mail<\/em>&nbsp;\u00bb, mais sans rien dire du contenu du message<sup class='footnote'><a href='#fn-1196-1' id='fnref-1196-1' onclick='return fdfootnote_show(1196)'>1<\/a><\/sup>. En effet, une traduction op\u00e8re entre deux langues (traduction inter-linguistique) ou entre deux ensembles de signes (traduction inter-s\u00e9miotique). De quoi s\u2019agit-il alors dans la premi\u00e8re inscription? On peut banalement se contenter de ce dernier mot, \u00ab&nbsp;inscription&nbsp;\u00bb, mais il faut dans ce cas se demander <em>comment<\/em> cela s\u2019inscrit, tout en \u00e9vitant de postuler un \u00ab&nbsp;scribe&nbsp;\u00bb qui inscrirait le per\u00e7u tel quel ou suivant un code fourni d\u2019avance. Le per\u00e7u, en effet, ne nous arrive pas d\u2019embl\u00e9e avec ce qu\u2019il faut pour que nous l\u2019enregistrions de mani\u00e8re utilisable. De quoi s\u2019agit-il donc quand nous parlons d\u2019inscription&nbsp;? Qu\u2019est-ce qui est ainsi \u00ab&nbsp;inscrit&nbsp;\u00bb&nbsp;? Est-ce que ce qui s\u2019inscrit a \u00e9t\u00e9 transmis dans une forme pr\u00e9\u00e9tablie et pr\u00eate \u00e0 l\u2019usage&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Un indice de ce qu\u2019en pense Freud nous vient du fait qu\u2019il dit que le produit de cette premi\u00e8re inscription, le <em>Spc<\/em> ou signe de perception, est \u00ab&nbsp;tout \u00e0 fait incapable de conscience&nbsp;\u00bb. Le signe de perception devra donc \u00eatre soumis \u00e0 un travail, \u00e0 une retranscription et une traduction avant de parvenir au dernier mode d\u2019enregistrement, \u00ab&nbsp;<em>Consc<\/em>.&nbsp;\u00bb, la conscience. Qui plus est, ce travail peut \u00e9chouer en partie, et cet \u00e9chec correspond \u00e0 ce que nous appelons \u00ab&nbsp;refoulement&nbsp;\u00bb. C\u2019est l\u00e0 le sens de ce diagramme et de ces deux pages. Mais si tout ce travail est n\u00e9cessaire une fois la premi\u00e8re inscription acquise, nous n\u2019avons toujours rien sur les modalit\u00e9s de cette inscription. Comment l\u2019inscription rend-elle le signe de perception apte \u00e0 \u00eatre transcrit, traduit et en partie refoul\u00e9&nbsp;? Et d\u2019abord qu\u2019est-ce donc qui est per\u00e7u et doit \u00eatre traduit&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il s\u2019agit de la perception des objets vitaux qui s\u2019offrent aux organes des sens, il n\u2019est pas douteux que l\u2019\u00e9volution s\u2019est charg\u00e9e d\u2019\u00e9quiper l\u2019organisme de ce qu\u2019il faut pour \u00ab&nbsp;comprendre&nbsp;\u00bb assez vite. Il y a, comme nous savons, des montages instinctuels inn\u00e9s qui, bien que relativement d\u00e9ficients, orientent n\u00e9anmoins un nouveau-n\u00e9 vers des \u00ab&nbsp;valeurs&nbsp;\u00bb significatives: le son de la voix de la m\u00e8re, le sein \u00e0 t\u00e9ter etc. Ces perceptions s\u2019inscrivent dans la dur\u00e9e en donnant lieu \u00e0 un processus d\u2019ajustement mutuel entre l\u2019enfant et ceux qui en ont soin: c\u2019est ce qu\u2019on \u00e9tudie sous le nom d\u2019attachement. Mais si on ne retenait que cet aspect des choses, on diviserait artificiellement le domaine de l\u2019exp\u00e9rience pour ne privil\u00e9gier que l\u2019aspect biologique, ou mieux <em>\u00e9thologique<\/em>, dans le sens o\u00f9, sur ce plan, les comportements humains ne diff\u00e8rent pas beaucoup des comportements des autres mammif\u00e8res. Les sons, les gestes, les parfums, le tonus musculaire\u2026 tout ce qui accompagne ce que Freud appelle l\u2019exp\u00e9rience de satisfaction des besoins vitaux, s\u2019inscrit comme frayage, c&rsquo;est-\u00e0-dire interconnexion durable des traces laiss\u00e9es par leur perception, traces durables parce que facilement compr\u00e9hensibles, puisque produits d\u2019une longue \u00e9volution de l\u2019esp\u00e8ce. C\u2019est le c\u00f4t\u00e9 par lequel on peut dire qu\u2019on arrive \u00ab&nbsp;tout \u00e9quip\u00e9&nbsp;\u00bb pour entrer en relation. C\u2019est de ce c\u00f4t\u00e9 que s\u2019amorce l\u2019organisation objective d\u2019un \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb, par contraste avec un fond psychique indiff\u00e9renci\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, l\u2019\u00e9volution humaine semble avoir pris un curieux d\u00e9tour, causant un long retard (par comparaison aux autres esp\u00e8ces) avant que n\u2019arrive l\u2019autonomie pour la survie, et un retard encore plus grand dans la survenue de la maturit\u00e9 sexuelle (pubert\u00e9).Ce retard chez le petit humain n\u2019emp\u00eache toutefois pas qu\u2019il soit expos\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but au sexuel des adultes qui en prennent soin, d\u2019autant plus que les corps \u00e9rog\u00e8nes, tant de l\u2019infans que des adultes, sont engag\u00e9s dans la situation d\u2019ensemble. La description purement \u00e9thologique est donc insuffisante du fait de ne pas tenir compte de cette particularit\u00e9 humaine. Les adultes sont porteurs de d\u00e9sirs et de fantasmes sexuels qui \u2013 le plus souvent inconsciemment&nbsp;\u2013 \u00ab&nbsp;colorent&nbsp;\u00bb leurs \u00e9changes ordinaires avec l\u2019enfant. Cette \u00ab&nbsp;coloration&nbsp;\u00bb constitue pour la psych\u00e9 de l\u2019enfant un \u00ab&nbsp;surplus&nbsp;\u00bb, un \u00ab&nbsp;exc\u00e8s&nbsp;\u00bb dans la communication pour lequel il n\u2019y a pas de code traductif, puisque fait d\u00e9faut le \u00ab&nbsp;vocabulaire sexuel&nbsp;\u00bb. Mais notons maintenant que <em>les soins eux-m\u00eames<\/em> avec tout ce qui les accompagnent (mots, gestes, sourires, chant\u2026) offrent \u00e0 l\u2019enfant des <em>formes<\/em> linguistiques et autres par lesquels il pourra progressivement se \u00ab&nbsp;bricoler&nbsp;\u00bb un sens au sujet de ce surplus. C\u2019est ainsi qu\u2019il se formera des th\u00e9ories sexuelles qu\u2019on dit infantiles et dont on ne sera pas surpris de voir qu\u2019elles utilisent les formes m\u00eames per\u00e7ues lors des \u00e9changes d\u2019ordre vital (th\u00e9ories sexuelles orales, anales, phalliques etc.) Mais notons que cela ne constitue pas v\u00e9ritablement une traduction, puisque s\u2019il y a bien un \u00ab&nbsp;langage&nbsp;\u00bb utilis\u00e9 par l\u2019enfant, ce langage n\u2019a pas de correspondant (ni linguistique ni s\u00e9miotique) dans l\u2019exc\u00e8s, dans la quantit\u00e9 d\u2019excitation v\u00e9hicul\u00e9e par les \u00ab&nbsp;messages&nbsp;\u00bb des adultes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sexuel \u00e0 quoi est confront\u00e9e la psych\u00e9 de l\u2019infans lui arrive en effet sous une forme d\u00e9symbolis\u00e9e&nbsp;: c\u2019est un <em>signifiant<\/em>, mais seulement dans le sens de \u00ab&nbsp;signifier \u00e0&nbsp;\u00bb et non dans celui de \u00ab&nbsp;signifier que&nbsp;\u00bb, de sorte qu\u2019il y a bien <em>signe<\/em>, mais l\u2019enfant ne peut savoir signe de quoi; il n\u2019y a donc pas de traduction au sens strict. Ce qui arrive au p\u00f4le de la perception de l\u2019infans est pour la psych\u00e9 de ce dernier totalement h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, d\u2019autant plus que, comme d\u00e9j\u00e0 dit, l\u2019\u00e9metteur lui-m\u00eame n\u2019est pas au fait de ce qu\u2019il \u00e9met. Pourtant, la psych\u00e9 de l\u2019infans est affect\u00e9e par l\u2019arriv\u00e9e de cette \u00ab&nbsp;chose&nbsp;\u00bb puisque celle-ci voyage au sein de messages tout \u00e0 fait essentiels pour lui; des messages qui concernent le soin, l\u2019amour tendre, l\u2019attachement et donc, \u00e0 terme, la survie. La psych\u00e9 du r\u00e9cepteur ne peut tout simplement pas ignorer ces messages ni par cons\u00e9quent le surplus, l\u2019exc\u00e8s qu\u2019ils v\u00e9hiculent. Cet exc\u00e8s est d\u2019autant plus difficile \u00e0 ignorer qu\u2019il fait saillie, qu\u2019il se d\u00e9tache en tant que <em>probl\u00e8me<\/em> \u00e0 r\u00e9soudre sur le fond de ce qui devient rapidement la routine des soins quotidiens. Le seul <em>hic<\/em> est que, comme d\u00e9j\u00e0 dit, l\u2019infans ne dispose pas des \u00ab&nbsp;codes&nbsp;\u00bb, du vocabulaire qui lui permettrait de se faire un compte-rendu \u00ab&nbsp;ad\u00e9quat&nbsp;\u00bb de ce \u00e0 quoi il est expos\u00e9, de ce qui ainsi l\u2019excite. Que peut-il donc faire dans ce cas, sinon \u00ab&nbsp;bricoler&nbsp;\u00bb du sens avec les moyens dont il dispose, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec les termes qui sont ceux des messages dont il a la compr\u00e9hension, le vocabulaire de la part relativement bien adapt\u00e9e de l\u2019interaction avec les adultes. <sup class='footnote'><a href='#fn-1196-2' id='fnref-1196-2' onclick='return fdfootnote_show(1196)'>2<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>On se souviendra que Ferenczi a tent\u00e9 une th\u00e9orisation \u00e0 ce sujet en parlant de \u00ab&nbsp;confusion de langues entre les adultes et l\u2019enfant&nbsp;\u00bb. Bien que son article se soit limit\u00e9 aux cas d\u2019abus pathologiques, et bien qu\u2019il parle de \u00ab&nbsp;langues&nbsp;\u00bb, on voit bien qu\u2019il a saisi que la langue passionnelle des adultes est intraduisible dans la \u00ab&nbsp;langue tendre&nbsp;\u00bb de l\u2019enfant. Il y a \u00ab&nbsp;confusion&nbsp;\u00bb parce qu\u2019il ne peut y avoir de vraie traduction. Dans les cas consid\u00e9r\u00e9s dans l\u2019article de Ferenczi, il finit par y avoir un traumatisme massif avec paralysie de l\u2019appareil psychique. Dans le mod\u00e8le plus g\u00e9n\u00e9ral qui concerne la s\u00e9duction ordinaire, disons \u00ab&nbsp;b\u00e9nigne&nbsp;\u00bb, il y a trauma, mais <em>a minima<\/em>, de sorte qu\u2019une telle paralysie ne se produit pas. Les surplus qui voyagent avec les messages bien form\u00e9s de l\u2019adulte, l\u2019infans sera capable d\u2019en&nbsp;faire quelque chose, mais \u00e0 sa fa\u00e7on. Mais alors que les messages bien form\u00e9s sont objet de traduction, ce n\u2019est pas le cas avec les surplus qui sont h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes \u00e0 la langue d\u2019arriv\u00e9e dont dispose l\u2019enfant.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Traduction et \u00ab&nbsp;transduction&nbsp;\u00bb<\/em><br>Il existe un terme pour nommer l\u2019op\u00e9ration par laquelle se fait le passage entre deux domaines h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes par o\u00f9 transite le \u00ab&nbsp;signifier \u00e0&nbsp;\u00bb sans \u00ab&nbsp;signifier que&nbsp;\u00bb&nbsp;: il s\u2019agit de la \u00ab&nbsp;<em>transduction<\/em>&nbsp;\u00bb. Le terme est utilis\u00e9 dans plusieurs domaines et n\u2019a donc pas toujours le m\u00eame sens. Il nous faut donc pr\u00e9ciser ce que nous en faisons dans notre domaine sp\u00e9cifique \u00e0 partir de la situation adulte-infans que nous venons de d\u00e9crire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les usages du mot \u00ab&nbsp;transduction&nbsp;\u00bb qui me semblent les plus utiles \u00e0 consid\u00e9rer sont ceux op\u00e9rant dans le domaine de la physiologie r\u00e9tinienne <sup class='footnote'><a href='#fn-1196-3' id='fnref-1196-3' onclick='return fdfootnote_show(1196)'>3<\/a><\/sup> et plus encore dans celui de la t\u00e9l\u00e9phonie, puisque celle-ci est enti\u00e8rement consacr\u00e9e \u00e0 la communication inter-humaine. Les ondes a\u00e9riennes (sons) qui frappent le r\u00e9cepteur t\u00e9l\u00e9phonique ne sont pas <em>transmises<\/em> telles quelles, mais sont d\u2019abord <em>transduites <\/em>en impulsions \u00e9lectro-magn\u00e9tiques. Autrement dit, \u00e0 chacun des domaines, h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes l\u2019un par rapport \u00e0 l\u2019autre, correspond sa propre \u00ab&nbsp;langue&nbsp;\u00bb, mais une partie de cette \u00ab&nbsp;langue&nbsp;\u00bb est <em>totalement<\/em> <em>\u00e9trang\u00e8re<\/em>, ne se pr\u00eate pas \u00e0 une traduction terme \u00e0 terme comme c\u2019est le cas dans la traduction inter-linguistique ou inter-s\u00e9miotique. Or qu\u2019arrive-t-il quand du c\u00f4t\u00e9 r\u00e9cepteur on ne dispose pas de la langue n\u00e9cessaire pour traiter <em>tout<\/em> ce qui est re\u00e7u, c&rsquo;est-\u00e0-dire, dans le cas qui nous concerne, traiter \u00e0 la fois les messages d\u2019attachement <em>et <\/em>les messages sexuels&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on voulait poursuivre l\u2019analogie t\u00e9l\u00e9phonique, on peut dire que le sexuel correspond pour l\u2019infans \u00e0 ce qui, dans le domaine des communications, est nomm\u00e9 \u00ab&nbsp;bruit&nbsp;\u00bb par contraste avec le \u00ab&nbsp;signal&nbsp;\u00bb. Le \u00ab&nbsp;bruit&nbsp;\u00bb est en exc\u00e8s par rapport au signal que l\u2019on voudrait le plus clair possible. Dans la communication adulte-infans la clart\u00e9 ne peut pas \u00eatre atteinte parce que l\u2019\u00e9metteur lui-m\u00eame, ne sachant pas <em>tout<\/em> ce qu\u2019il \u00e9met, ne peut pas r\u00e9duire le bruit. Or, on a vu que de son c\u00f4t\u00e9, la psych\u00e9 de l\u2019infans ne peut pas ignorer le \u00ab&nbsp;bruit&nbsp;\u00bb dans les messages du monde adulte, parce que ce bruit semble le concerner au plus haut point. Comme le note Laplanche, <em>toute \u00e9nigme est par essence s\u00e9ductrice<\/em>. Ce que l\u2019on peut surtout retenir des d\u00e9finitions courantes du terme \u00ab&nbsp;transduction&nbsp;\u00bb, c\u2019est que ce terme d\u00e9crit un passage entre deux domaines h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, mais que pourtant quelque chose passe et qu\u2019au p\u00f4le r\u00e9cepteur une <em>forme<\/em> sera donn\u00e9e \u00e0 ce qui pourtant n\u2019avait pas les caract\u00e9ristiques formelles propres \u00e0 ce r\u00e9cepteur. Il importe cependant de noter que la forme ainsi donn\u00e9e n\u2019est pas une forme libre\u2026 elle est contrainte par les lois propres au syst\u00e8me r\u00e9cepteur; dans notre cas il s\u2019agit d\u2019une part de ce qui est transmis en \u00ab&nbsp;clair&nbsp;\u00bb \u00e0 travers les soins bien adapt\u00e9s, les formes des exp\u00e9riences du corps propre de l\u2019enfant etc. D\u2019autre part, cela inclut ce qu\u2019Aulagnier a r\u00e9uni sous le terme \u00ab&nbsp;violence primaire&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;violence de l\u2019interpr\u00e9tation&nbsp;\u00bb. La m\u00e8re qui prend soin et qui est aussi une adulte s\u00e9ductrice malgr\u00e9 elle, est aussi la \u00ab&nbsp;porte-parole&nbsp;\u00bb. L\u2019enfant tra(ns)ducteur, en effet, n\u2019est pas seul dans la mise en \u0153uvre du sens, et il y aura, de ce fait, des enjeux critiques dans la possibilit\u00e9 m\u00eame pour l\u2019enfant de former ses th\u00e9ories sexuelles et ses fantasmes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">***<\/p>\n\n\n\n<p>On aura reconnu dans ce qui pr\u00e9c\u00e8de une r\u00e9f\u00e9rence implicite aux syst\u00e8mes autopo\u00ef\u00e9tiques esquiss\u00e9s au chapitre pr\u00e9c\u00e9dent, en particulier leur \u00ab&nbsp;cl\u00f4ture op\u00e9rationnelle&nbsp;\u00bb faisant en sorte que ce qui vient de l\u2019ext\u00e9rieur est <em>a priori<\/em> \u00e9tranger, sauf pour ce qui peut se n\u00e9gocier \u00e0 travers des \u00ab&nbsp;couplages structurels&nbsp;\u00bb. Les soins, l\u2019attachement seraient ici des exemples de couplage structurel \u00e0 travers lequel se glissent comme des passagers clandestins les excitants sexuels. Mais pour ce qui concerne le sexuel, le couplage structurel exige autre chose, soit la transduction.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce mot de transduction, je n\u2019entends pas en faire un th\u00e8me ou un concept majeur du s\u00e9minaire de cette ann\u00e9e. Il sert surtout \u00e0 rappeler <em>qu\u2019il n\u2019y a pas passage direct du sens<\/em> des adultes \u00e0 l\u2019<em>infans<\/em>, particuli\u00e8rement en ce qui concerne le sexuel. D\u00e9j\u00e0 dans dans la traduction \u2013&nbsp;&nbsp;la traduction litt\u00e9raire, par exemple&nbsp;\u2013, il est difficile de faire passer exactement le m\u00eame sens d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre. Il y a toujours des restes (\u00ab&nbsp;<em>lost in translation<\/em>&nbsp;\u00bb, dit-on en anglais). La transduction, de son c\u00f4t\u00e9, signale qu\u2019il y a <em>cr\u00e9ation<\/em> de sens, cr\u00e9ation rendue n\u00e9cessaire parce que le sexuel qui arrive m\u00eal\u00e9 \u00e0 l\u2019attachement ne trouve pas \u00e0 se laisser traduire directement, mais que d\u2019autre part la psych\u00e9 ne tol\u00e8re pas cet afflux d\u2019excitation sans tenter de le ma\u00eetriser.<\/p>\n\n\n\n<p>Il vaut la peine de noter que le verbe latin <em>transducere<\/em> veut dire simplement \u00ab&nbsp;conduire \u00e0 travers&nbsp;\u00bb, ce qui n\u2019implique pas d\u2019embl\u00e9e l\u2019id\u00e9e de sens, ou alors seulement celle de \u00ab&nbsp;sens de la direction&nbsp;\u00bb, mais un simple transport d\u2019un lieu \u2013ou d\u2019un milieu\u2013 \u00e0 un autre. On peut retenir que transduction est un terme plus g\u00e9n\u00e9ral que traduction, qui inclut la traduction comme cas particulier. On pourrait ainsi postuler une s\u00e9rie:<br>\u2022transduction(passage d\u2019un signal entre deux domaines h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes)<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style=\"font-size: 16pt;\">\u2013&gt;<\/span>\u2022traduction (passage d\u2019un sens entre deux langues ou deux syst\u00e8mes de signes)<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style=\"font-size: 16pt;\">\u2013&gt;<\/span>\u2022interpr\u00e9tation (passage d\u2019un sens \u00e0 un autre \u00e0 propos des m\u00eames signifiants).<\/p>\n\n\n\n<p>On s\u2019aper\u00e7oit vite que d\u2019autres mots en \u00ab&nbsp;trans-&nbsp;\u00bb se pr\u00e9sentent \u00e0 nous, notamment le transfert, qu\u2019on ne saurait consid\u00e9rer comme une simple traduction: il y a de la transduction dans le transfert dans la mesure o\u00f9 il est une \u00ab&nbsp;r\u00e9ponse&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9nigme dont est porteur l\u2019analyste.<\/p>\n\n\n\n<p>La notion de transduction s\u2019av\u00e8re utile dans la lecture de Freud pour d\u2019autres raisons: on peut ainsi remarquer qu\u2019elle s\u2019applique au rapport entre le quantum d\u2019affect et la repr\u00e9sentation, puisque rien dans le quantitatif lui-m\u00eame ne pr\u00e9dit la forme repr\u00e9sentationnelle qui lui sera donn\u00e9e. Plus g\u00e9n\u00e9ralement encore, cela concerne le rapport somatique\/psychique, puisque le somatique lui-m\u00eame ne parle pas&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le sympt\u00f4me somatique [par opposition au sympt\u00f4me hyst\u00e9rique] est b\u00eate&nbsp;\u00bb, \u00e9crit de M\u2019Uzan. On retrouve ici l\u2019<em>Entgegenkommen <\/em>dont nous avons dit quelques mots, que l\u2019on pourrait d\u00e9crire comme une rencontre de transduction. Soulignons qu\u2019il s\u2019agit ici du rapport <em>soma<\/em>\/psych\u00e9, et non <em>corps<\/em>\/psych\u00e9, puisque nous r\u00e9servons au mot \u00ab&nbsp;corps&nbsp;\u00bb le sens de \u00ab&nbsp;corps-psych\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois ces pr\u00e9cisions apport\u00e9es concernant traduction et transduction, je propose n\u00e9anmoins de continuer \u00e0 parler de \u00ab&nbsp;mod\u00e8le traductif&nbsp;\u00bb, comme dans la \u00ab&nbsp;lettre 52&nbsp;\u00bb, \u00e0 condition de ne pas y inclure la premi\u00e8re inscription. Je vais parfois utiliser une appellation un peu biscornue en parlant de mod\u00e8le \u00ab&nbsp;tra(ns)ductif&nbsp;\u00bb quand je voudrai signaler que les deux modalit\u00e9s, traduction et traduction, pourraient s\u2019appliquer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">***<\/p>\n\n\n\n<p><em>Retour \u00e0 l\u2019\u00eatre en question<\/em><br>Comme Laplanche l\u2019\u00e9crit, si on pouvait mettre des mots dans la bouche de l\u2019enfant, sa r\u00e9action \u00e0 la part \u00e9nigmatique ou \u00ab&nbsp;compromise&nbsp;\u00bb du message pourrait se formuler par exemple ainsi: \u00ab&nbsp;Que me veut ce sein?&nbsp;\u00bb Or, il m\u2019appara\u00eet que cette question qui vient en r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019excitation est tout aussi importante que l\u2019excitation elle-m\u00eame pour la suite des \u00e9v\u00e9nements, puisque cela concerne le refoulement originaire qui se produit du fait des efforts de l\u2019infans pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, efforts destin\u00e9s \u00e0 \u00e9chouer en partie. L\u2019importance, voire la fonction centrale du refoulement originaire ne doit pas \u00eatre sous-estim\u00e9e, puisqu\u2019il fait en sorte de commencer \u00e0 structurer la psych\u00e9. Il le fait en tra\u00e7ant une limite entre:<\/p>\n\n\n\n<p>1- d\u2019une part ce qui s\u2019organise du c\u00f4t\u00e9 des \u00ab&nbsp;r\u00e9ponses&nbsp;\u00bb ou des \u00ab&nbsp;traductions&nbsp;\u00bb de l\u2019\u00e9nigme, aussi incompl\u00e8tes soient-elles: nous avons l\u00e0 les premiers noyaux du moi, et par le fait m\u00eame une premi\u00e8re diff\u00e9renciation psychique;<\/p>\n\n\n\n<p>2- d\u2019autre part ce qui reste en suspens, non-traduisible mais qui est n\u00e9anmoins d\u00e9sormais inscrit \u00e0 demeure dans la psych\u00e9. Ce sont les noyaux de l\u2019inconscient; un refoul\u00e9 primordial qui constituera d\u00e9sormais cet aiguillon perp\u00e9tuel venant s\u2019immiscer dans tous les rapports significatifs du sujet. Cela fait en sorte que les \u00ab&nbsp;questions&nbsp;\u00bb ne cesseront plus de se poser&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Notons aussi combien tant le moi que l\u2019inconscient r\u00e9sultent du rapport avec l\u2019autre, mais faisons un pas de plus pour voir que la fonction tra(ns)ductive n\u2019est pas seulement tourn\u00e9e vers ce qui vient de l\u2019ext\u00e9rieur. \u00c9tant donn\u00e9 qu\u2019elle finit par constituer le moi lui-m\u00eame, il faut \u00e0 pr\u00e9sent se demander ce qui change avec cette advenue du moi. Soulignons d\u2019abord que le moi n\u2019est pas l\u2019<em>agent<\/em>, mais le <em>produit,<\/em> le r\u00e9sultat du processus tra(ns)ductif. Cela nous ram\u00e8ne au processus autopo\u00ef\u00e9tique. En effet, le moi, d\u00e8s qu\u2019il commence \u00e0 prendre forme comme syst\u00e8me vivant (et le moi est assur\u00e9ment un syst\u00e8me vivant), on va le voir prendre \u00e0 son compte la fonction tra(ns)ductive et s\u2019engager dans un processus sans fin d\u2019auto-traduction, ou auto-th\u00e9orisation, dans la mesure o\u00f9 produire du sens \u00e0 propos des excitations provenant de ce qui est d\u00e9sormais de son environnement le plus imm\u00e9diat (le refoul\u00e9), c\u2019est du m\u00eame coup, pour le moi, produire un sens \u00e0 propos de lui-m\u00eame, de sorte que toute nouvelle excitation provenant de cet environnement (l\u2019inconscient refoul\u00e9) modifiera quelque chose dans le moi lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pars donc de la pr\u00e9misse formul\u00e9e par Laplanche au d\u00e9but de ses <em>Nouveaux fondements pour la psychanalyse<\/em> (1987), selon laquelle l\u2019humain auquel s\u2019int\u00e9resse la psychanalyse c\u2019est l\u2019humain en tant qu\u2019<em>auto-th\u00e9orisant<\/em> ou <em>auto-symbolisant<\/em>, autant dire <em>auto-traduisant<\/em>. Laplanche ne dit pas explicitement que c\u2019est \u00ab&nbsp;le moi&nbsp;\u00bb qui est auto-th\u00e9orisant. Il parle de l\u2019humain tout entier. Mais nous savons que de par la constitution libidinale du moi, de par son investissement et son statut narcissique, ce moi finit par se croire et se sentir le repr\u00e9sentant de tout l\u2019organisme. On doit donc tenir compte du fait que l\u2019auto-th\u00e9orisation, bien qu\u2019elle soit faite <em>gr\u00e2ce<\/em> \u00e0 la fonction tra(ns)ductive ant\u00e9rieure au moi, se voit pour ainsi dire endoss\u00e9e et reprise \u00e0 son compte par le moi. Cela n\u2019est pas sans rappeler la d\u00e9finition que donne Aulagnier du Je <sup class='footnote'><a href='#fn-1196-4' id='fnref-1196-4' onclick='return fdfootnote_show(1196)'>4<\/a><\/sup> :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le Je n\u2019est pas autre chose qu\u2019un savoir que le Je peut avoir sur le Je.&nbsp;\u00bb <sup class='footnote'><a href='#fn-1196-5' id='fnref-1196-5' onclick='return fdfootnote_show(1196)'>5<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Si cette formule parait circulaire, c\u2019est qu\u2019elle l\u2019est; mais on ne saurait \u00e9chapper \u00e0 cette circularit\u00e9. Il va de soi que sous tous ces \u00ab&nbsp;auto-&nbsp;\u00bb se profile \u00e9galement l\u2019auto-\u00e9rotisme, pr\u00e9curseur du narcissisme et qui, plus profond\u00e9ment renvoie \u00e0 l\u2019auto-engendrement, postulat de l\u2019originaire selon Aulagnier, mais qui, comme on l\u2019a vu, reprend lui-m\u00eame \u00e0 son compte le principe fondamental du vivant, l\u2019autopo\u00ef\u00e8se.<\/p>\n\n\n\n<p>On aurait ainsi une sorte d\u2019embo\u00eetement conceptuel:<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Emboitements-auto-.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Emboitements-auto-300x300-2019-08-17-11-01.jpg\" alt=\"Emboitements-auto-300x300-2019-08-17-11-01.jpg\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong><\/strong><\/span><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat de d\u00e9finir ainsi \u00ab&nbsp;l\u2019espace de travail&nbsp;\u00bb de la psychanalyse (de l\u2019autopo\u00ef\u00e8se \u00e0 l\u2019humain auto-th\u00e9orisant ou auto-symbolisant) est d\u2019<em>interroger<\/em> \u00e0 notre tour cet \u00eatre qui a tendance \u00e0 formuler sa propre auto-d\u00e9finition. Force nous est alors de constater qu\u2019afin d\u2019op\u00e9rer cette auto-th\u00e9orisation ou auto-symbolisation, cet \u00eatre doit auparavant s\u2019\u00eatre lui-m\u00eame \u00ab&nbsp;pos\u00e9 des questions&nbsp;\u00bb, bien que ce ne soient pas des questions qui seraient d\u00e9j\u00e0 articul\u00e9es, verbalement ou autrement. Je parle d\u2019une <em>disposition<\/em> fondamentale qui correspond \u00e0 la fonction autopo\u00ef\u00e9tique, et par l\u00e0 <em>structurante<\/em> puisque, comme on l\u2019a vu, toute traduction est aussi refoulement, et que nous assistons donc \u00e0 l\u2019<em>auto-production<\/em> non seulement du sens (qui s\u2019int\u00e8gre au moi ou au je) mais aussi des restes inarticulables qui continuent d\u2019exciter la fonction traductive op\u00e9rant \u00e0 la fronti\u00e8re moi\/refoul\u00e9. La production auto-th\u00e9orisante est donc en m\u00eame temps source de ce qui restera toujours \u00e0 th\u00e9oriser.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0 un donn\u00e9 de base de la condition humaine: pas de sens final, pas de connaissance d\u00e9finitive et exhaustive de soi. \u00ab&nbsp;R\u00e9pondre de soi&nbsp;\u00bb, pourrait-on dire, n\u2019est possible que comme effort d\u2019auto-th\u00e9orisation, mais effort qui par lui-m\u00eame refoule quelque chose de soi et qui reste par cons\u00e9quent un projet toujours inachev\u00e9. On n\u2019est jamais entier, il y a toujours un reste. Je ne sais plus quel philosophe a propos\u00e9 que d\u00e8s que nous avan\u00e7ons une id\u00e9e ou faisons un geste, nous sommes en train de r\u00e9pondre \u00e0 une question, explicite ou implicite. On pense aussit\u00f4t \u00e0 la maxime: \u00ab&nbsp;La r\u00e9ponse est le malheur de la question&nbsp;\u00bb (Maurice Blanchot).<\/p>\n\n\n\n<p>D.S. (Ao\u00fbt-Septembre 2019)<\/p>\n\n\n<div class='footnotes' id='footnotes-1196'><div class='footnotedivider'><\/div><ol><li id='fn-1196-1'> On peut dire que cela correspond \u00e0 ce que Freud avait postul\u00e9 dans le <em>Projet<\/em> en tant que neurones ? (om\u00e9ga), dont la fonction \u00e9tait de simplement signaler qu\u2019il y a eu perception. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1196-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-1196-2'> Reste \u00e0 expliquer comment \u00e0 partir de ces formes bien adapt\u00e9es l\u2019enfant construira n\u00e9anmoins des th\u00e9ories <em>sexuelles<\/em> infantiles. Notons tout de suite qu\u2019il ne produit pas <em>que<\/em> des th\u00e9ories sexuelles. L\u2019enfant <em>th\u00e9orise<\/em> comme l\u2019adulte et \u00e0 propos de tout: une th\u00e9orie est apr\u00e8s tout une fa\u00e7on de relier entre eux de mani\u00e8re coh\u00e9rente une grand nombre de faits. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1196-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-1196-3'> Ainsi, les c\u00f4nes et b\u00e2tonnets de la r\u00e9tine sont affect\u00e9s par des grains de lumi\u00e8re (photons), mais ce qu\u2019ils transmettent \u00e0 leur tour \u00e0 travers le nerf optique ce ne sont pas les photons eux-m\u00eames, mais des impulsions \u00e9lectro-chimiques propres au fonctionnement neuronal. Il y a passage (transduction) d\u2019un \u00ab&nbsp;message&nbsp;\u00bb de lumi\u00e8re valable dans le milieu r\u00e9tinien, \u00e0 une version \u00e9lectro-chimique en \u00ab&nbsp;langue&nbsp;\u00bb neuronale. Ce n\u2019est donc pas la lumi\u00e8re elle-m\u00eame qui voyage dans les r\u00e9seaux c\u00e9r\u00e9braux relatifs \u00e0 la vision. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1196-3'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-1196-4'> Je n\u00e9glige pour le moment le diff\u00e9rence entre Je et moi. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1196-4'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><li id='fn-1196-5'> <em>La violence de l\u2019interpr\u00e9tation<\/em>, p. 169. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1196-5'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019expression \u00ab\u00a0l\u2019\u00eatre en question\u00a0\u00bb ne vise pas ici une interrogation philosophique sur l\u2019\u00eatre. Elle d\u00e9signe surtout un \u00eatre qui questionne, se questionne et \u00ab\u00a0se remet en question\u00a0\u00bb; poussant plus loin, on peut dire qu\u2019est ainsi remis en question le concept m\u00eame d\u2019\u00eatre, mais n\u2019ayant pas les comp\u00e9tences voulues pour m\u2019avancer sur ces aspects philosophiques, je<a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1196\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a025- L&rsquo;\u00caTRE EN QUESTION:  PERCEPTION, S\u00c9DUCTION, TRADUCTION\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1196","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-proposes-a-la-discussion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1196","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1196"}],"version-history":[{"count":27,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1196\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2034,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1196\/revisions\/2034"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1196"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1196"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1196"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}