{"id":1073,"date":"2018-03-23T08:01:38","date_gmt":"2018-03-23T12:01:38","guid":{"rendered":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1073"},"modified":"2021-12-24T12:39:00","modified_gmt":"2021-12-24T17:39:00","slug":"20-psychologie-de-masse-et-hallucinatoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/?p=1073","title":{"rendered":"20- Psychologie de masse et hallucinatoire"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">On aura compris que si la psychologie de masse repose sur la suggestion et l\u2019identification, c\u2019est-\u00e0-dire sur le \u00ab&nbsp;lien \u00e9rotique&nbsp;\u00bb, comme le nomme Freud, et que si en se fondant sur ce lien \u00e9rotique elle contourne par le fait m\u00eame les processus de pens\u00e9e, alors on voit ais\u00e9ment le lien avec l\u2019hallucinatoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque Freud, \u00e0 propos du cas Schreber, dit de l\u2019hallucination que ce qui est aboli au dedans revient du dehors, ou lorsque Lacan reformule cela en disant que ce qui est forclos du symbolique revient dans le r\u00e9el, ces formulations ont en commun de d\u00e9signer un manque \u00e0 penser. Le penser en effet est de l\u2019ordre du symbolique, et il \u00e9mane du dedans, ou en tout cas se constitue \u00e0 l\u2019encontre de ce qui du dehors tente de l\u2019influencer sans passer par le crible de la critique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le jeu de pendule entre penser et agir, l\u2019hallucinatoire, se situe nettement du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019acte, m\u00eame si l\u2019on ne voit pas l\u2019agir dans le comportement observable. Que voulons-nous dire par l\u00e0? Nous voulons dire que tout comme l\u2019acte, l\u2019hallucinatoire emprunte la voie la plus courte, alors que penser demande un d\u00e9lai, un diff\u00e9r\u00e9 pa rapport \u00e0 la d\u00e9charge imm\u00e9diate de l\u2019acte.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Distinguons l\u2019acte de l\u2019action.<\/em><br>L\u2019<em>acte<\/em>, nous le disions \u00e0 l\u2019instant, est de l\u2019ordre de la d\u00e9charge par les voies les plus courtes. Pourtant, comme on sait, on ne saurait se contenter de seulement penser (sans compter que penser est un acte exp\u00e9rimental, virtuel, \u00e0 faible d\u00e9pense d\u2019\u00e9nergie). Vient un moment o\u00f9 il faut bien agir dans le monde r\u00e9el. Alors o\u00f9 est la diff\u00e9rence entre agir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment et passer \u00e0 l\u2019acte? Il nous faut poser qu\u2019<em>agir apr\u00e8s d\u00e9lib\u00e9ration<\/em>, cela s\u2019appelle une <em>action<\/em>, et que cette action est g\u00e9n\u00e9ralement complexe, polys\u00e9mique et dot\u00e9e d\u2019une intentionnalit\u00e9 consciente. L\u2019action peut, bien entendu, prendre aussi des significations qui d\u00e9passent l\u2019intention consciente, mais elle a n\u00e9anmoins comme particularit\u00e9 d\u2019\u00eatre r\u00e9fl\u00e9chie et donc de comporter aussi la <em>responsabilit\u00e9 <\/em>de celui qui produit cette action.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019agir (<em>agieren<\/em>), tout comme l\u2019hallucinatoire, se pr\u00e9sente d\u2019abord comme ce qui \u00e9chappe au vouloir conscient du sujet. En analyse (mais aussi dans la vie courante) l\u2019enjeu majeur, outre le fait d\u2019en comprendre le sens, devient justement celui de pouvoir reprendre \u00e0 son compte, c\u2019est-\u00e0-dire assumer la responsabilit\u00e9 de l\u2019acte ou de l\u2019hallucinatoire, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019y <em>reconna\u00eetre son propre d\u00e9sir.<\/em> Ce qui revient \u00e0 op\u00e9rer selon la psychologie individuelle! Nous voyons donc la boucle <em>presque<\/em> se boucler: mais des formes qui peuvent \u00e0 prime abord sembler tr\u00e8s proches (acte et action, p. Ex.), se situent en fait aux deux extr\u00e9mit\u00e9s d\u2019un cercle bris\u00e9 (voir illustration).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/HALL-PENS-2018-03-23-08-01.jpg\" alt=\"HALL-PENS-2018-03-23-08-01.jpg\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><\/span><\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce diagramme, j\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 faire visualiser la diff\u00e9rence qui passe entre acte et action sans toutefois poser ces termes comme s\u2019ils \u00e9taient l\u2019un envers l\u2019autre des alternatives absolues. Il y a des continuit\u00e9s, des flous, des ambigu\u00eft\u00e9s. Mais on peut dire qu\u2019il y a aussi des polarit\u00e9s. Dans le sch\u00e9ma, il y a les grandes polarit\u00e9s entre R\u00e9el et Symbolique (pas exactement au sens lacanien, mais s\u2019en approchant), entre Actuel et Histoire (ou temporalit\u00e9), et qui se sp\u00e9cifient de mani\u00e8re de plus en plus d\u00e9taill\u00e9e entre halluciner et penser, ou entre acte et action. J\u2019ai pos\u00e9 ces quatre derniers termes autour d\u2019un cercle ou d\u2019une boucle s\u00e9par\u00e9e par le milieu par une ligne pointill\u00e9e, une fronti\u00e8re poreuse. Mani\u00e8re de souligner qu\u2019il ne s\u2019agit pas de coupure absolue. Ainsi on peut parcourir la circonf\u00e9rence du cercle en partant de l\u2019acte, passer par l\u2019hallucinatoire, puis la pens\u00e9e et aboutir finalement \u00e0 l\u2019action, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 l\u2019intervention assum\u00e9e dans le monde social, parmi les autres humains. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur du cercle, de part et d\u2019autre de la fronti\u00e8re poreuse, mais chevauchant aussi \u00e0 divers degr\u00e9s celle-ci, j\u2019ai nomm\u00e9 un certain nombre de ph\u00e9nom\u00e8nes qui pullulent, pour ainsi dire, dans l\u2019appareil de l\u2019\u00e2me. Certains sont tr\u00e8s polaris\u00e9s; par exemple: la d\u00e9charge vs l\u2019inhibition ou le jugement; la r\u00e9p\u00e9tition vs l\u2019\u00e9laboration ou la d\u00e9lib\u00e9ration. D\u2019autres les sont moins: ainsi on ne saurait pr\u00e9tendre \u00e0 une absence totale de croyance ou de suggestion dans notre examen de r\u00e9alit\u00e9, et il y a toujours une part de fantasme dans nos pens\u00e9es qui se voudraient les plus rigoureuses\u2026 Il y a toujours un mouvement dialectique qui nous fait passer d\u2019un \u00e9l\u00e9ment \u00e0 l\u2019autre. Ainsi, penser ne se fait pas \u00e0 partir de rien: cela commence par le d\u00e9j\u00e0 pens\u00e9, l\u2019opinion, l\u2019id\u00e9e re\u00e7ue (psychologie de masse) qu\u2019il s\u2019agit de soumettre \u00e0 la critique afin de parvenir \u00e0 une pens\u00e9e nouvelle (psychologie individuelle). On commence par fantasmer un projet avant de se mettre \u00e0 concevoir les moyens r\u00e9els avec lesquels on peut le r\u00e9aliser; et ainsi de suite. Reste qu\u2019il est utile de situer tous ces ph\u00e9nom\u00e8nes par rapport aux grandes polarit\u00e9s plus abstraites R\u00e9el\/Symbolique, Actuel\/Historique, Penser\/Halluciner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">***<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019usage du terme \u00ab&nbsp;hallucinatoire&nbsp;\u00bb peut parfois para\u00eetre inappropri\u00e9 ou du moins excessif. N\u2019abuse-t-on pas ici de l\u2019analogie entre une perception sans objet, qui est la d\u00e9finition de l\u2019hallucination, et la constitution d\u2019images, id\u00e9es ou souvenirs effectu\u00e9e sous l\u2019influence de la suggestion, sous le poids de l\u2019autorit\u00e9 ou sous l\u2019illusion de groupe? En fait, il y a plus qu\u2019une analogie entre ces ph\u00e9nom\u00e8nes, ils appartiennent \u00e0 un continuum. Ainsi, la perception d\u2019un objet qui est bien l\u00e0, que nous dirons r\u00e9el, n\u2019est jamais exempte de l\u2019apport de l\u2019imagination, et la construction est toujours \u00e0 l\u2019\u0153uvre sans que nous en soyons conscients. C\u2019est ce qui justifie que nous parlions de la <em>r\u00e9alit\u00e9 psychique<\/em> comme le domaine propre de notre recherche et de notre pratique psychanalytique. Nous dirons que la perception, interne ou externe, qui est essentiellement influenc\u00e9e, d\u00e9form\u00e9e ou d\u00e9tourn\u00e9e par la r\u00e9alit\u00e9 psychique, cette perception a le caract\u00e8re de l\u2019hallucinatoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Par cons\u00e9quent, tout fonctionnement psychique est, \u00e0 divers degr\u00e9s, de quelque fa\u00e7on hallucinatoire. Cependant les effets de l\u2019hallucinatoire peuvent encore \u00eatre filtr\u00e9s par l\u2019<em>examen <\/em> ou <em>\u00e9preuve de r\u00e9alit\u00e9<\/em>, qui consiste \u00e0 distinguer justement ce qui est l\u00e0, dehors, de ce qui ne serait que l\u2019effet du souhait ou de l\u2019influence. Cet examen de r\u00e9alit\u00e9 se subdivise \u00e0 son tour en <em>examen ou \u00e9preuve d\u2019actualit\u00e9<\/em> et <em>examen de r\u00e9alit\u00e9 proprement dit<\/em>. <sup class='footnote'><a href='#fn-1073-1' id='fnref-1073-1' onclick='return fdfootnote_show(1073)'>1<\/a><\/sup> L\u2019examen d\u2019actualit\u00e9 informe la psych\u00e9 que quelque chose est \u00ab&nbsp;actuel&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire effectivement pr\u00e9sent, mais il ne dit pas s\u2019il est pr\u00e9sent seulement au dedans, seulement au dehors ou aux deux endroits; un fantasme peut \u00eatre aussi <em>actuel<\/em> qu\u2019un \u00e9l\u00e9ment ext\u00e9rieur. L\u2019examen de r\u00e9alit\u00e9 complet distingue entre le dehors et le dedans en distinguant entre ce qui est \u00e9prouv\u00e9 passivement et ce qui est obtenu par la recherche active. On comprend d\u00e8s lors que cette seconde distinction (\u00e9preuve de r\u00e9alit\u00e9) <em>s\u2019ajoute<\/em> \u00e0 l\u2019\u00e9preuve d\u2019actualit\u00e9. Mais comment se fait la distinction dehors\/dedans, actif\/passif&nbsp;? C\u2019est le recours aux traces motrices qui en d\u00e9cide. Celles-ci accompagnent ou non les traces de perception et peuvent ou non \u00eatre r\u00e9activ\u00e9es en m\u00eame temps qu\u2019elles. Lorsqu\u2019elles ne le sont pas, on est dans l\u2019hallucinatoire.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/avecfreud.dscarfone.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/ACTREAL-2018-03-23-08-01.jpg\" alt=\"ACTREAL-2018-03-23-08-01.jpg\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>En termes plus g\u00e9n\u00e9raux il s\u2019agit donc d\u2019un probl\u00e8me de distinguer dehors\/dedans doubl\u00e9 de celui de l\u2019activit\u00e9 (traces de perception + traces motrices) vs passivit\u00e9 (traces de perception dont la r\u00e9activation est subie passivement).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">***<\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me de l\u2019hallucinatoire et de la psychologie de masse est encore plus complexe si l\u2019on tient compte du fait que \u00ab&nbsp;psychologie individuelle&nbsp;\u00bb ne signifie aucunement une psychologie encapsul\u00e9e dans un individu, enferm\u00e9e dans sa t\u00eate, ou dans sa psych\u00e9. Une psych\u00e9 isol\u00e9e, cela n\u2019existe pas. Cela se v\u00e9rifie bien entendu d\u00e8s l\u2019origine, lorsque le petit humain d\u00e9pend essentiellement du <em>Nebenmensch,<\/em> c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019autre secourable pour sa survie. Ensuite, retenons que cet autre n\u2019est pas <em>que<\/em> secourable, il est aussi <em>s\u00e9ducteur<\/em>, et par l\u00e0 aux sources de l\u2019inconscient refoul\u00e9. Ajoutons que les situations asym\u00e9triques comme celles-l\u00e0 continuent de se produire tout au long de la vie, comme en fait foi la situation analytique. Cette asym\u00e9trie est cause de transfert, et le transfert est r\u00e9ouverture de la temporalit\u00e9, dans l\u2019apr\u00e8s-coup. Mais le transfert lui-m\u00eame est-il localis\u00e9 \u00ab&nbsp;dans&nbsp;\u00bb la psych\u00e9 du patient? Il est clair que non. Le transfert est transport, et ce transport ne se produit pas strictement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la psych\u00e9 individuelle mais concerne par d\u00e9finition les deux partenaires, le terme de \u00ab&nbsp;contre-transfert&nbsp;\u00bb attestant des effets r\u00e9els du transfert (et cherchant plut\u00f4t maladroitement \u00e0 ramener le processus dans un cadre strictement individuel, en d\u00e9pit des apparences du contraire).<\/p>\n\n\n\n<p>La question est de savoir comment on se d\u00e9brouille avec cet autre. Comment le con\u00e7oit-on, le per\u00e7oit-on, le comprend-on? C\u2019est peut-\u00eatre ici que la psychologie de masse s\u2019av\u00e8re utile. Avec la psychologie de masse, il s\u2019agit de s\u2019adapter, de trouver des patterns, des constantes qui font en sorte que l\u2019on n\u2019a pas \u00e0 se demander chaque fois de qui il s\u2019agit, de quoi il est question. Nous sommes vite habitu\u00e9s et ainsi nous nous ajustons automatiquement \u00e0 la situation habituelle; notre esprit pr\u00e9dit en g\u00e9n\u00e9ral que les choses vont rester les m\u00eames, que ce qui a \u00e9t\u00e9 sera, rien de nouveau sous le soleil&#8230; autrement dit, le monde connu, le monde auquel nous sommes habitu\u00e9s est per\u00e7u avec un minimum d\u2019effort et en ce sens <em>ne vaut pas mieux qu\u2019une hallucination<\/em>. L\u2019effort qui nous est \u00e9pargn\u00e9 est celui de penser. C\u2019est cela la psychologie de masse, d\u2019autant plus efficace si elle est h\u00e9rit\u00e9e d\u2019une figure imposante, le grand homme, Dieu, i.e. des repr\u00e9sentants de l\u2019autorit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Von Helmholtz, chef de file de l\u2019\u00e9cole physicaliste dont Freud \u00e9tait partisan, pensait \u00e0 ces choses en termes d\u2019\u00e9nergie libre et \u00e9nergie li\u00e9e. Pour lui (et pour des neuroscientifiques de renom aujourd\u2019hui), la t\u00e2che de base du SNC est de garder l\u2019\u00e9nergie libre (que Freud appelait aussi \u00e9nergie d\u2019excitation) \u00e0 son plus bas niveau. En termes psychologiques: \u00e9viter la surprise, la tension psychique, ramener le nouveau \u00e0 du d\u00e9j\u00e0 connu. Or, en effet, on peut dire que lorsque tout se pr\u00e9sente comme d\u2019habitude, comme du d\u00e9j\u00e0 connu, nous sommes dans un r\u00e9gime d\u2019\u00e9nergie li\u00e9e. \u00ab&nbsp;Tout baigne&nbsp;\u00bb, comme on dit; tout va son petit bonhomme de chemin&#8230; Mais que se passe-t-il si l\u2019impr\u00e9vu survient, si on est arrach\u00e9 \u00e0 la routine? Dans ce cas, quelque chose fait saillie, apportant une quantit\u00e9 d\u2019\u00e9nergie libre que l\u2019esprit (le cerveau, le SNC) doit se d\u00e9p\u00eacher de comprendre, de situer dans le cadre du connu, afin d\u2019abaisser les plus possible cette \u00e9nergie libre qui cr\u00e9e du d\u00e9sordre. Ce processus de liaison de l\u2019\u00e9nergie n\u2019est pourtant pas simple. On ne peut int\u00e9grer le nouveau dans l\u2019ancien directement: il faut d\u2019abord \u00e9valuer s\u2019il vaut mieux fuir la sc\u00e8ne o\u00f9 ce nouveau a fait irruption, ou s\u2019il faut se pr\u00e9parer \u00e0 combattre. Chose certaine, la nouveaut\u00e9 est \u00e0 la fois inqui\u00e9tante et int\u00e9ressante. Si l\u2019action imm\u00e9diate n\u2019est pas requise, la nouveaut\u00e9 donnera plut\u00f4t \u00e0 penser, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 essayer de lier le nouveau \u00e0 l\u2019ancien, de lui donner un sens, autant que possible sans avoir \u00e0 tout d\u00e9faire le monde ancien.<\/p>\n\n\n\n<p>Voyez nos r\u00e9actions habituelles \u00e0 la nouveaut\u00e9: nous essayons tout d\u2019abord de la ramener au d\u00e9j\u00e0 connu. Ou encore nous la d\u00e9valuons, la rejetons&#8230; C\u2019est la r\u00e9sistance. Mais si cela insiste, et surtout si cela semble aller de pair avec ce qui compte pour nous, en \u00eatre ins\u00e9parable, alors nous tentons de l\u2019int\u00e9grer en op\u00e9rant si n\u00e9cessaire des changements significatifs dans notre monde habituel. Nous venons dans ce cas de penser, nous venons de changer, d\u2019apprendre. C\u2019est cela qui se produit comme effet de l\u2019analyse, par exemple. Nous venons, pour un moment plus ou moins long, de nous soustraire \u00e0 la psychologie de masse, \u00e0 la pens\u00e9e toute pr\u00eate, \u00e0 l\u2019hallucinatoire. Attention, toutefois: en int\u00e9grant le nouveau dans l\u2019ancien, m\u00eame si l\u2019on a d\u00fb pour cela modifier ?\u2019ancien, nous risquons quand m\u00eame de tout simplement reconduire le pr\u00eat-\u00e0-penser. La pens\u00e9e critique, la sortie hors de la pens\u00e9e de masse est un travail \u00e0 toujours recommencer. Nous venons ainsi de dire que, en dehors des situations r\u00e9clamant une action urgente, la t\u00e2che centrale de notre esprit est de ramener le nouveau au connu ou de modifier le connu pour faire place au nouveau, constituant ainsi un nouvel ancien, si l\u2019on peut dire! La psychologie de masse, l\u2019hallucinatoire, le d\u00e9j\u00e0 pens\u00e9, ce n\u2019est donc pas une anomalie. C\u2019est la tendance la plus naturelle du monde. Le difficile est d\u2019en sortir p\u00e9riodiquement pour penser \u00e0 nouveau, pour penser par soi-m\u00eame, \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019opinion. Cela n\u2019est jamais acquis une fois pour toutes.<\/p>\n\n\n\n<p>NOTE<\/p>\n\n\n<div class='footnotes' id='footnotes-1073'><div class='footnotedivider'><\/div><ol><li id='fn-1073-1'> Voir Leclaire &amp; Scarfone, Revue fran\u00e7aise de psychanalyse, 2000. On trouvera l\u2019article dans la section \u00ab&nbsp;Documents&nbsp;\u00bb. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1073-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On aura compris que si la psychologie de masse repose sur la suggestion et l\u2019identification, c\u2019est-\u00e0-dire sur le \u00ab&nbsp;lien \u00e9rotique&nbsp;\u00bb, comme le nomme Freud, et que si en se fondant sur ce lien \u00e9rotique elle contourne par le fait m\u00eame les processus de pens\u00e9e, alors on voit ais\u00e9ment le lien avec l\u2019hallucinatoire. 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